Quand je suis sur le canapé des chiens, celui du côté de la terrasse et du jardin, ça suffit à mon bonheur de m’y allonger et de regarder dehors. Avec un peu de chance, Kali ou Shuka ou les deux viennent me rejoindre et alors là, c’est l’extase même si je n’ai pas toujours assez de mes deux mains pour les caresser en même temps. Leur faire des gratouillis sur le ventre, par exemple. Et hier encore, entre deux grosses averses, je me suis repu de ce que j’avais sous les yeux : cet enchantement de tous les instants ou presque. Déjà, en premier plan, c’est le prunier. Quand je pense qu’on le disait moribond quand le patron a acheté la maison, il y a plus de quinze ans. On ne donnait pas cher de son écorce et pourtant, tous les ans, il donne un bon peu de fruits, certes, acides mais c’est la nature qui nous les offre.
Et dans ce cas, personne ne boude son plaisir. Avec ce prunier, ce qui est toujours incroyable, c’est son apparente bonne santé : son feuillage tous les ans de plus en plus touffu. Ses branches qui ne cessent pas de pousser vers le haut, vers les côtés voire vers le bas pour les plus fragiles d’entre elles après une bonne grosse pluie. Autour de lui, du prunier, c’est un florilège de végétaux en terre ou en pots, des bananiers (eux, un peu trop envahissants, il faut régulièrement les couper au niveau de la racine), des arbustes, des plantes vertes, d’autres, fleuries et une palette de différentes teintes de vert comme on ne peut même pas les imaginer dans son esprit. Il y a aussi les oiseaux qui vont et viennent, qui virevoltent, qui cherchent des vers de terre dans le sol et qui, pour ça, grattent un peu partout et en envoie partout aussi.
Ensuite, un peu plus loin, on devine l’allée principale, celle qui mène au cabanon et au portail, après un virage vers la droite. D’où je suis, sur le canapé des chiens, je ne vois pas les grands géraniums ni les autres grandes plantes dont on profite évidemment moins. Bientôt, il y aura les pots de pourpier multicolore, il faut attendre encore une dizaine de jours. Et au tout premier plan, c’est la table basse en marbre, sur laquelle il y a toujours un vase avec des fleurs coupées. En saison, ce sont des tulipes mais sinon, celles qui viennent. J’aime tant regarder à travers ces baies vitrées et voir toutes ces nuances de vert comme déchirées par le double tronc du prunier, bien sombre, bien noir. Et parfois, même quand je ferme les yeux, allongé sur le canapé des chiens, je peux somnoler mais je la vois encore cette végétation luxuriante.
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