Moi, j’ai été sidéré, hier, en apprenant la nouvelle. Je venais de recevoir Télérama en temps et en heure (comment se fait-il que la Poste soit capable de bien distribuer le courrier la première semaine d’août mais pas en temps normal ?) et je me suis jeté sur les premières pages et là, j’ai découvert que Marie-Paule Belle était morte. Ça m’a fait un choc. Parce que même si elle n’était pas une idole, elle aussi m’a accompagné et pas seulement parce qu’elle a peu ou prou raconté mon histoire dans La parisienne, en 1976 (alors que moi, je ne suis devenu parisien que trois ans plus tard mais cette femme talentueuse avait également des dons de voyance – un comble pour quelqu’un comme moi qui n’y croit pas.) mais aussi parce qu’elle a écrit bien d’autres chansons moins emblématiques.
Son écriture faisait penser à une poétesse car si on oublie les textes amusants, il y avait une véritable plume dans son écriture. Elle était capable de me toucher. A contrario de Barbara, elle ne m’a jamais fait pleurer mais malgré tout, elle m’a ému. Et j’ai eu la chance de la voir sur une scène bordelaise, il y a une quinzaine d’années et elle m’avait emporté. Seule avec son piano, elle attrapait toute la salle d’une main de maître. Il suffit d’écouter attentivement Celui ou J’ai l’âme à la vague pour comprendre que Marie-Paule Belle n’était pas qu’une chanteuse humoriste, une artiste de cabaret. Elle avait tant de choses à dire. Peut-être a-t-elle souffert de voir son œuvre réduite à quelques tubes pourtant joliment tournés. Marie-Paule a été une artiste simple, un peu comme une cousine.
Mais si vous avez envie de vous amuser, vous pouvez aussi écouter Mais où est-ce qu’on les enterre ?, une chanson sur les cimetières qui sont remplis d’épitaphes évoquant des gens parfaits, vertueux voire extraordinaires et la question qu’elle se pose, c’est où enterre-t-on les autres, les méchants et les pervers. Un petit bijou de drôlerie avec une musique bien enlevée. Moi, malgré tout, j’ai un complément d’histoire avec son tube, la Parisienne car je l’ai fait chanter à trois copines le jour de mon mariage, en juin 2014 et la chanson nous a servi, à Bernard et à moi, pour le premier entracte de notre dernier spectacle en mars dernier. Comme quoi, quand une chanson vous colle à la peau, c’est comme un tatouage mais en mieux. Madame Belle, oui, vous allez aussi me manquer.
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