mardi 28 juillet 2026

il en reste toujours aux choses du chemin (Anna de Noailles – 4)

Une tendre langueur s'étire dans l'espace ; sens-tu monter vers toi l'odeur de l'herbe lasse ? Le vent mouillé du soir attriste le jardin ;  l'eau frissonne et s'écaille aux vagues du bassin et les choses ont l'air d'être toutes peureuses ; une étrange saveur vient des tiges juteuses…

Suite de ma série sur Anna de Noailles. Série qui n’a recueilli aucun commentaire. Peut-être parce que poésie. Peut-être parce qu’un peu daté. Mais peut-on dire que la poésie peut être surannée ? À mes yeux, non. Et à mon esprit non plus. La poésie, c’est ce qui me restera, quand je n’aurai plus rien d’autre. Car il n’y a pas meilleur moyen de s’évader du quotidien que de voyager dans les vers des autres. Bref, Anna de Noailles a même été la première femme Commandeur de la Légion d’honneur. Et la première à être reçue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises en Belgique.

Ta main retient la mienne, et pourtant tu sens bien que le mal de mon rêve et la douceur du tien nous ont fait brusquement étrangers l'un à l'autre ; quel cœur inconscient et faible que le nôtre !... Les feuilles qui jouaient dans les arbres ont froid, vois-les se replier et trembler, l'ombre croît, ces fleurs ont un parfum aigu comme une lame...

S’il y a bien un point avec lequel nous aurions eu des différends, Anna et Noailles et moi, c’est sur celui des parfums : tous les gens qui l’ont connue ont témoigné qu’elle aimait les parfums presque plus que de raison. Les parfums et les fleurs fraîches. Elle voulait vivre dans un univers où tous les sens pouvaient être sollicités et surtout la vue et l’odorat.  Elle avait une forte personnalité car elle parlait en faisant de grands gestes et pouvait très vite passer de l’enthousiasme aux larmes. Elle vivait ses émotions au maximum. D’aucuns la trouvaient fascinante et d’autres, un peu excessive.

Le douloureux passé se lève dans mon âme, et des fantômes chers marchent autour de toi. L'hiver était meilleur, il me semble ; pourquoi faut-il que le printemps incessamment renaisse ? Comme elle sera simple et brève, la jeunesse !...

Anna de Noailles me semble avoir été une très belle femme si j’en crois les quelques portraits, tableaux ou photographies qui circulent sur Internet. Et c’était manifestement une épicurienne qui aimait les choses de la vie, surtout celles que la nature nous offrait. Plus tard, François Mauriac a dit d’elle, qu’elle possédait une manière unique de célébrer le « bonheur d’être vivant. » Je suis ravi d’avoir passé du temps avec elle et dans mon cœur, elle a repris sa place de grande poétesse, celle de la joie de vivre et de la lumière alors qu’en général, les poètes sont souvent bien mélancoliques.

Tout l'amour que l'on veut ne tient pas dans les mains ; il en reste toujours aux choses du chemin. Viens, rentrons dans le calme obscur des chambres douces ; tu vois comme l'été durement nous repousse ; là-bas nous trouverons un peu de paix tous deux.

— Mais l'odeur de l'été reste dans tes cheveux et la langueur du jour en mon âme persiste : où pourrions-nous aller pour nous sentir moins tristes ?...

Soir d'été

Recueil : Le cœur innombrable (1901).

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lundi 27 juillet 2026

il y aura un avant, il y aura un après

162 interpellations depuis le début des incendies, en France. 162 personnes qui ont été négligentes ou qui ont volontairement mis le feu. 162 personnes qui ont fumé, fait des barbecues et/ou fait des feux d’artifice privés dans des zones où elles n’auraient pas dû car de toute façon, toutes les zones sont à risques quand on subit une telle sécheresse et autant de canicules successives. Je sais, je me répète mais je sais aussi que les choses se répètent et qu’elles se répèteront encore et encore et toujours. Même si, comme à chaque fois que de tels événements arrivent, on entend les mêmes voix pour dire qu’il y a eu un avant et qu’il y aura un après. Déjà en 2022, lors des précédents gros incendies en Gironde, on nous avait servi la même soupe. Et cette année. Et on le sait d’ores et déjà, lors des prochains feux.

Les prochains feux ? L’année prochaine, peut-être. Ou dans deux ans. Ou dans cinq ans. Quoiqu’il en soit, on nous ressortira les mêmes poncifs : c’est inadmissible, ça ne doit plus se reproduire, il y a eu un avant et il y aura un après. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais c’est la même chose avec les violences (sexuelles ou non) sur les enfants quand on apprend des faits de grande ampleur ; avec les féminicides ou quand ça concerne les violences sexuelles faites aux femmes (souvenez-vous de Gisèle Pélicot – ça ne devait plus arriver et pourtant, il y a eu d’autres cas, depuis) ; avec les enlèvements et les meurtres et/ou les assassinats d’enfants (Lihanna, il y a peu) et quand il y a des inondations ou un pont qui s’écroule ou tout autre catastrophe. À chaque fois, ça ne doit plus jamais se reproduire. Jamais.

Et à chaque fois, ça se reproduit. Et cette année, rien qu’autour de chez moi, en Gironde et dans les Landes : 42 000 hectares, plus de 220 000 évacués (réfugiés, plutôt) et 84 pompiers blessés, pour ne citer que ces trois chiffres majeurs. N’oublions jamais les deux pompiers décédés à Mérignac, la semaine dernière et un autre en Savoie, début juillet. Trois morts de trop pour quelques saucisses et quelques merguez, pour quelques mégots, pour quelques tirs de mortier de toutes les couleurs et pour quelques étincelles d’appareils ou de véhicules. C’est cher payé mais que tout le monde soit rassuré, il y a eu un avant et il y aura un après. Cette fois, c’est sûr et certain, c’est moi qui vous le dis. Ça ne se reproduira pas. Ça ne se reproduira plus. Jamais. Jusqu’à la prochaine fois. Faut pas déconner, non plus, hein ‽

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dimanche 26 juillet 2026

ça n’arrive qu’aux autres

Je suis triste et je sais que les mots sont bien faibles pour définir ce que je ressens précisément parce que je ne suis pas que triste, je suis aussi en colère et je suis admiratif, en même temps. Je suis pétri de sentiments contradictoires car ce qui se passe chez moi, en Gironde et dans les Landes, ça me fend le cœur et ça me donne aussi envie d’aller casser la gueule à tous ces cons, tous ces inconscients qui ne pensent qu’à leur petit plaisir solitaire ou pas : faire un barbecue car il n’a rien de mieux, en été mais non, pas de risques, je maîtrise, tout est sous contrôle et ça n’arrive qu’aux autres. Ou encore, fumer car si je veux m’empoisonner, j’ai le droit, je n’emmerde personne. Eh bien si, mon gars, quand tu fumes, tu nous pollues. Quand tu fumes, tu choisis l’option d’avoir un jour une maladie grave pour laquelle tu seras soigné gratuitement si tu vois ce que je veux dire.

Quand tu fumes, tu jettes ton mégot par la vitre de ta voiture car tu ne vas pas perdre dix secondes à pour freiner et le mettre dans un récipient ad hoc. Ou alors, tu vas le jeter par terre, en pleine nature, dans un sentier, en forêt. Ou alors, dans une poubelle. Dans tous les cas, tu te dis que ça ne risque rien, ça n’arrive qu’aux autres. Et puis personne ne te voit. Que tu crois. Et puis il y a les gens pour ramasser tes déchets, en forêt ou en ville. Les autres. Les autres que tu prends pour tes bonniches. Car tu te penses être le roi. Le roi dans ton royaume, celui des gros cons. Incurables. Et d’autres, alors que c’est interdit d’aller en forêt, non seulement ils y vont mais en plus, avec leur moto trial. Non, ça ne craint rien, ils savent ce qu’ils font. Ça n’arrive qu’aux autres. Ouais, qu’aux autres. Et partout en surtout en Gironde et dans les Landes, c’est la fin du monde.

Et moi, je suis en colère mais heureusement, le sentiment qui prend le dessus, c’est l’admiration et le respect. Pour les pompiers. Pour la gendarmerie et la police. Pour les équipes municipales et les gens réquisitionnés pour accueillir les centaines de milliers de réfugiés. Pour les bénévoles. Pour ces évacuations successives qui se passent dans le calme, sans drame. Parce que le drame, il est ailleurs, au cœur des flammes. À Biscarrosse, la maison n’est pas touchée mais celle de Carole et Stéphane, oui. Ils ont tout perdu. Tout est réduit en cendres. Et la forêt… Et les animaux, surtout les petits, ceux qui n’ont pas pu fuir. Et la végétation. Et l’écosystème. Tout ça parce qu’on est entouré de cons égoïstes. Il y a eu un avant et il y aura un après ? Tu parles, rien ne changera. On a les électeurs qu’on mérite. Ici, à Bordeaux, c’est irrespirable. Pourtant, les gens continuent de manger en terrasse.

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samedi 25 juillet 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (19)

Dieu ? Oui, mortel ? Dis donc, tu réponds vite, ce matin. Tu étais en train de ne rien faire ? Nous sommes le septième jour, mon fils. Ah oui, on est dimanche, j’avais oublié. Tu as une petite tête, mortel. Tu sais, moi, le dimanche, c’est un peu un jour comme les autres. Et ? Et toi, outre le fait que tu te reposes, tu y vas, toi à la messe, le dimanche ? Et toi, mortel, tu y vas ? Ben, euh, non, ça fait longtemps que je n’y vais plus. Mais toi, Dieu ? Moi, J’y suis tout le temps. Mortel, je te rappelle que Je suis partout. En tout lieu et en tout temps. La petite lumière qui luit, au-dessus des autels, dans les églises… On m’a dit que c’était Jésus, la petite lampe rouge. Oui, c’est que Jésus est réellement présent mais qui dit Jésus, dit Dieu, donc, Moi. Je suis partout. Et ça ne t’ennuie pas la messe ? Tu veux que Je sois franc, mortel ? Je n’en attends pas moins de toi, Dieu.

Eh bien, ça m’amuse, toutes les simagrées de tous ceux qui se disent « Mes fidèles » car non seulement ils y croient mais en plus, ils se prennent très au sérieux pour ne pas dire qu’ils se la pètent. Oh, mon Dieu, comme tu y vas, ce matin. Je ne Te connaissais pas ainsi. Soit-il. Tu es loin de tout savoir sur Moi, mortel. De tout comprendre de Moi. Et heureusement. Et tu en penses quoi de la quête ? Comme tu le sais, Mes pensées sont impénétrables. Ah non, ce sont Tes voies qui sont réputées pour être impénétrables. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, mortel. Si tu M’avais bien lu et bien compris, tu saurais que la citation exacte, est : « Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! » (Psaume 139-17.) Si tu le dis, Dieu. Et la communion avec l’hostie et tout et tout ? Je t’ai déjà dit, mortel que Mes pensées t’étaient impénétrables.

Et sache aussi qu’il y a un deuxième verset qui explique cela : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que Ses jugements sont insondables et Ses voies incompréhensibles ! Car qui a connu la pensée du Seigneur ou qui a été son conseiller ? » (Romains – 11-33.) Et alors, Dieu ? Et alors ? Il me semble que Je ne peux pas être plus clair, non ? Tu sais, Dieu, moi, je voulais juste savoir si le dimanche, tu allais à la messe, c’est tout. Le reste… Je t’écoute, mortel, le reste ? Moi, je n’ai jamais été fou de la messe, alors… C’est peut-être bien là une grande partie du problème, mortel. C’est que tu sembles tant avoir perdu la foi. Non, Dieu, je crois toujours en Toi. Tu parles… La preuve, je viens discuter de temps en temps avec Toi. Je pourrais ne pas le faire. Tu parles, Je ne suis pas dupe. Tu as toujours une idée derrière la tête. Si tu le dis, Dieu, je Te crois.

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vendredi 24 juillet 2026

la poubelle du monde

Bonjour, je vous appelle parce que ma poubelle noire a disparu. Je l’ai sortie hier soir et ce matin, elle n’est plus dans la rue. J’ai même fait le tour du quartier pour voir si elle avait été déplacée mais non et puis je n’ai pas les moyens de faire le tour de Bordeaux… Monsieur, je vous arrête, ici, vous êtes à l’accueil des services municipaux et je n’ai pas besoin de connaître tous les détails de votre problème. J’ai compris qu’il s’agissait de votre poubelle, je vous mets en relation avec les bonnes personnes. Ne quittez pas, merci. Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… (Oh, ces musiques d’attente sont insupportables...) Allo ? Oui, allo ? Je vous écoute. Bonjour, je vous appelle parce que ma poubelle a disparu, je l’ai sortie hier soir et… Poubelle verte ou poubelle noire ? Poubelle noire. Ah, désolée mais vous n’êtes pas au bon service, je vous passe celui des poubelles noires.

Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… (Ils pourraient choisir autre chose que la Lettre à Élise, surtout en version synthétiseur, c’est à chier…) Allo ? Oui, allo ? Je vous écoute. Bonjour, je vous appelle parce que ma poubelle noire a disparu, je l’ai sortie hier soir et ce matin, elle n’était plus dans ma rue ni dans celles, alentour et… Vous habitez dans quel quartier ? J’habite près de la mairie, dans une petite rue qui donne sur la place Pey Berland… Je vous arrête, je ne m’occupe pas de ce secteur-là, je vous passe mes collègues dans l’autre bâtiment, surtout, ne raccrochez pas. Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… (On devrait faire une loi pour interdire des musiques d’attente aussi désagréables…) Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… (Ah, ça ne répond pas et c’est vachement long, c’est pénible…) Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… Clic. Titati tatitati tatitati tata…

Allo ? Oui, allo ? Je vous écoute. Voilà, comme je viens de le dire à vos collègues, je n’ai pas retrouvé ma poubelle noire, ce matin et… Vous êtes revenu à l’accueil, je vous passe le service concerné, ne quittez pas. Titati tatitati tatitati tatitati titati tatitati… (Décidément…) Allo ? Oui, allo ? Je vous écoute. Je vous appelle car je n’ai pas retrouvé ma poubelle noire, ce matin, rue Cabirol et… Quel est son numéro d’identification ? Son numéro d’identification ? Oui, sous la poubelle, c’est sur un autocollant. Mais je ne le savais pas, ça, moi… Sans numéro d’identification, je ne vais rien pouvoir faire pour vous, monsieur. Comment je fais alors ? Vous regardez sous votre poubelle et vous nous rappelez. Mais elle a disparu, ma poubelle, comment je peux récupérer son numéro d’identi… Vous nous envoyez un courrier et on verra ce qu’on pourra faire. Il y a du délai. Clic. Comment ça, clic ?

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jeudi 23 juillet 2026

Bisca, Bisca rage

Cette année, ça semble très compliqué pour nous cinq, d’aller à Biscarrosse. En vérité, moi, je vous le dis, on aurait dû y aller avec maman (tous les six, donc, avec elle) quand elle est venue en juin mais comme elle a dû avancer sa venue sur Bordeaux pour cause d’installation d’une pompe à chaleur chez elle à la date initialement prévue, on a annulé. Oui, je sais, installer une pompe à chaleur en période de canicules successives, il n’y a que ma mère pour décider ça mais bon, on lui pardonne tout car à son âge…  Je disais donc qu’on aurait dû y aller mais ça ne s’est pas fait. Ensuite, juin a laissé la place à juillet mais là, comme on devait recevoir de la petite famille (petit neveu, sa femme et leur fils) du président, on s’est dit que non, ça ne serait pas possible avant ni avec eux. Pas de siège bébé dans ma voiture. Et pas envie de craindre pour la piscine. Si elle reçoit le gamin par inadvertance…

Et comme de toute façon, Kali a eu un problème à l’anus - juste à côté mais c’est pour vous donner une idée de la localisation du problème – et qu’on ne savait pas si c’était tumoral ou traumatique et qu’il fallait la désinfecter deux fois par jour après jour et si on allait à Biscarrosse, on aurait eu du mal à lui faire comprendre qu’elle n’avait pas le droit d’aller passer des heures dans le jardin, sans surveillance car avec sa plaie (elle avait été un peu incisée), le risque, c’était que des mouches pondent sur elle et vous imaginez la suite. Et moi, en prévision de mon P.R.P. (voir billet d’avant-hier, le 22), comme je savais que j’allais être limité dans mes temps de marche pour que je puisse bénéficier au mieux de cette infiltration très douloureuse… Parce que là-bas, entre les deux promenades des chiens hors du jardin et les courses que je fais toujours tout seul… Vous voyez le tableau, hein oui ‽

Ensuite, on avait envisagé d’y aller du 22 au 27 juillet, entre deux rendez-vous médicaux du président mais compte tenu de ma propre convalescence (qui va durer encore quelques semaines), on a reporté à une date qui ne pourra pas être avant août, foi d’animal. Et compte tenu que c’est le patron qui a deux rendez-vous médicaux pendant la première semaine, si on espère pouvoir nous rendre à Biscarrosse, ça ne sera pas avant le 10 ou le 11, dans tous les cas. Et ce qui nous pousse un peu au cul, c’est que j’ai deux lecteur et trice qui envisagent justement de venir à Biscarrosse à partir du 11. Vous me suivez ? L’occasion faisant les larrons, pourquoi ne pas se décider à y aller enfin, là-bas, dans nos chères Landes ? Allez savoir ce qui nous attend ? Parce que si canicule il doit y avoir, ça sera encore compromis. Si j’ai trop mal au pied gauche, idem. Et avec tous ces incendies dans le coin,  itou. Bisca, Bisca rage.

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mercredi 22 juillet 2026

P.R.P.

Ça fait maintenant une semaine pleine (ou une pleine semaine ?) que j’ai reçu une injection de P.R.P. dans mon talon gauche et je peux vous dire que je continue d’avoir mal mais on m’avait prévenu que pendant un certain temps pouvant aller de quelques jours à quelques semaines, la douleur ne disparaîtrait pas d’un simple claquement d’orteil. Et que pour la convalescence après cette intervention, j’en avais pour deux à trois mois à faire très attention à ne pas trop marcher (ou à ne pas marcher trop ?) car il faut laisser les plaquettes agir et ne pas les bousculer plus que de raison. Déjà qu’elles ont été bien turbinées avant l’injection. Ça, c’est sûr, je n’aurais pas aimé être à leur place. Parce que les grands 8, à côté, c’est de la roupette de Samsonite. Ah vous ne comprenez pas de quoi je parle ?

Eh bien, pour les plus fidèles d’entre vous, je souffre d’une aponévrosite plantaire depuis près de deux ans mais en juillet 2025, on m’a injecté un corticoïde dans le talon et ça m’a fait très mal mais ça m’a énormément soulagé car très rapidement, je n’ai plus rien ressenti de douloureux et j’ai pu reprendre mes 15 000 pas quotidiens (en moyenne.) Sauf que fin avril dernier, ça a recommencé à me faire très mal. Et là, le verdict est tombé, quand j’ai consulté le spécialiste du pied sur Bordeaux : il faut passer par une injection de P.R.P. D’accord mais ça fait mal ? Oui. Bon. Et on m’a donné un rendez-vous pour le 15 juillet et si j’y suis allé, autant vous dire que c’était comme si j’allais à l’échafaud. Mais j’y suis allé et on m’a pris du sang pour le mettre dans une centrifugeuse pendant environ 5 minutes.

Là, j’ai vu que mon sang était en trois couches : rouge-bordeaux, en bas / jaune pisseux, au milieu et blanc-sperme, en haut. Cette dernière partie, blanchâtre et peu appétissante, c’était mes plaquettes qu’on a mis dans une seringue et qu’on m’a injectée. Parce que P.R.P., ça veut dire Plasma Riche en Plaquettes. Ouais, je sais, ça n’apporte rien à ce billet mais j’avais envie de l’écrire, ça. De toute façon, quand j’écris des choses comme ça, ça me permet de bien les fixer dans mon esprit. Cependant, sachez aussi que ça n’a pas été fixé que dans mon esprit, je peux vous dire que je l’ai bien sentie, l’injection, dans mon talon. J’ai failli abandonner en cours de route. Et comme j’ai toujours (un peu) mal, il faut que je prenne ce dernier en patience. Pas plus de 15 minutes de marche consécutives par jour pendant…

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il en reste toujours aux choses du chemin (Anna de Noailles – 4)

Une tendre langueur s'étire dans l'espace ; sens-tu monter vers toi l'odeur de l'herbe lasse ? Le vent mouillé du soir attri...