mardi 21 juillet 2026

urgence agricole et perpétuité

Je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir. Si je ne prends que deux exemples récents, à l’Assemblée Nationale, la loi qui avait prévu d’instaurer la perpétuité pour les violeurs d’enfants et celle de l’urgence agricole avec l’autorisation de se servir de nouveau de deux pesticides dangereux pour la santé. À travers le premier exemple, on voit bien la coupe ultra-partisane entre les gauches et les droites, dans l’hémicycle. Parce que tous ceux de droite et du centre ont voté pour afin de tenter de protéger les enfants du pays mais ceux des différentes gauches ont voté contre et pour ne citer qu’eux, notez que chez LFI, pas moins que Manuel Bompard, Éric Coquerel, Danièle Obono et Mathilde Panot (pour les plus connus) ; chez les socialistes, Jérôme Guedj, candidat à la présidence en 2027 aussi et chez les écolos, aucun nom connu.

Tout ça m’amène à penser qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Imaginons un enfant violé par un adulte, puis un autre enfant par le même adulte et encore et encore. On ne pourrait donc pas l’enfermer à perpétuité sous prétexte que peut-être, on aurait pu envisager de le soigner ? OK. Alors moi, je propose une chose : que les violeurs d’enfants ne s’en prennent qu’à ceux qui sont dans les familles de ces gens car comme ils ne craignent rien, autant qu’ils en profitent, non ? Après tout, tant qu’à faire des clivages et tant qu’à vouloir toujours être contre ce qui semble être plutôt bon pour le pays… C’est comme le fait d’instaurer une présomption de légitime défense chez les policiers. Mesdames et messieurs des gauches, non la police ne fait pas que tuer. Parfois, elle se fait tuer. Ou presque. Voyez à Marseille, tout récemment.

Pour le second exemple, comme par hasard, ce sont les gauches qui ont voté contre la loi agricole d’urgence alors que les droites ont voté pour et que le centre s’est déchiré sur le sujet, ce qui est désolant. Entre autres, il y est question de deux pesticides l’acétamipride et le flupyradifurone qui pourraient être très toxiques, pour les humains et les insectes dont les abeilles. Je pense que nos élus n’ont rien compris à d’autres urgences que celle, agricole. Et comment peut-on autoriser de nouveau ces deux pesticides qui risquent de nous tuer à petit feu et être contre l’euthanasie qui permet de partir rapidement quand c’est validé ? Nous sommes vraiment un pays où on aime être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour. C’est navrant car avec tout ce qui se passe, on continue de faire n’importe quoi. Où est l’intérêt collectif dans tout ça ?

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lundi 20 juillet 2026

je n’étais pas faite pour être mort… (Anna de Noailles – 3)

C'est un brûlant accablement, l'espace, par chaude bouffée, descend sur la plaine étouffée, sur le taillis lourd et dormant. Il semble que la nue ardente, que l'azur, que l'argent du jour, tombent du poids d'un grand amour sur toute la terre odorante, sur la terre ivre de couleurs, où tendre, verte, soleilleuse, la primevère, aimable, heureuse, luit comme une laitue en fleurs…

Anna de Noailles a donc été une star avant l’heure et lorsqu’elle entrait dans un salon littéraire, on venait autant pour la voir que pour l’écouter car c’était une femme brillante. Marcel Proust disait d’elle qu’elle possédait une conversation d’une richesse inépuisable. Et pourtant, elle souffrait de problèmes respiratoires et de douleurs chroniques, ce qui ne l’empêchait pas de parler beaucoup, beaucoup, avec une vivacité extraordinaire.

… Je songe aux villes éclatantes, à des soleils mornes et forts pesant comme une rouge mort sur les rivières haletantes. Ô divin étourdissement dans la douce île de Formose, lorsque, le soir, le paon des roses fait son amoureux sifflement ! Langueur des villages de paille, où, chaude comme l'âpre été, la danseuse aux doigts écartés est un lis jaune qui tressaille…

Star tout en étant écolo, Anna de Noailles a chanté la nature avec une vérité que nul n’a pu égaler car tous les autres poètes le faisaient de façon abstraite. Son amour pour les fleurs, les oiseaux, les saisons et tout ce que Dame Nature peut offrir à nos yeux et plus généralement à nos sens la ravissait. Anna de Noailles disait ressentir une véritable ivresse devant le printemps. Et elle ne s’en lassait jamais, année après année après année…

… Moiteur des nuits du Sénégal, corps noirs brûlants comme une lave, herbe où le serpent met sa bave, sanglots du désir animal ! … Tristesse, quand la nuit s'avance avec ses bonds, ses cris déments, de songer à des soirs charmants dans la Gascogne ou la Provence ; et soudain, salubre parfum d'un navire aux joyeux cordages qui glisse vers de frais rivages avec ses voiles de lin brun !

Anna de Noailles a eu beaucoup d’admirateurs. J’ai déjà cité Marcel Proust mais il ne faut pas oublier Colette, cette autre grande dame de la littérature française ; Paul Valéry, un autre poète, lui aussi un peu tombé dans un certain oubli ; Jean Cocteau, probablement le plus proche de ceux de ma génération… Quoi qu’il en soit, Anna de Noailles a beaucoup impressionné ses pairs à une époque où pour les femmes, c’était presque mission impossible.

O beauté de toute la terre, visage innombrable des jours, voyez avec quel sombre amour mon cœur en vous se désaltère ! Et pourtant il faudra nous en aller d'ici, quitter les jours luisants, les jardins où nous sommes, cesser d'être du sang, des yeux, des mains, des hommes, descendre dans la nuit avec un front noirci, descendre par l'étroite, horizontale porte où l'on passe étendu, voilé, silencieux ; ne plus jamais vous voir, ô Lumière des deux ; hélas ! Je n'étais pas faite pour être morte...

Les terres chaudes, Anna de Noailles dans Les éblouissements (1907.)

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dimanche 19 juillet 2026

pipi, les dents et au lit

Oui, chez moi, avec moi, il faut savoir que je suis plein de principes et que j’ai tout un tas de routines. Une pour chaque moment de la journée. Ça commence par aller me chauffer de l’eau dans la bouilloire dès que je suis levé pour me faire un mug de chicorée-café et un autre d’infusion. Et ensuite, je prends mes traitements, uniquement des compléments alimentaires, à cette heure-là (en moyenne, entre 4 et 6h) et après seulement, je retourne faire pipi (car j’ai déjà fait au moins une fois dans la nuit) et seulement là, j’allume mon ordinateur. Et si je n’ai pas publié de billet dans le blog la veille au soir, je le fais en tout premier lieu car il ne faut pas perdre de temps, mes fans surnuméraires attendent tant après moi… Et après, je consulte mes éventuels mails et après, après seulement je vais faire caca.

Ensuite, je prends une douche, je m’habille, je me lave et me soigne les dents (brossage, bain de bouche et gel) et je finis par me chausser car je dois porter mes baskets avec amorti avec mes semelles orthopédiques du matin au soir (aponévrosite plantaire oblige) et quand c’est l’heure, vers 7h, je file chez le patron et là, j’ouvre tout pour aérer et donner le cachet à Kali (il faut qu’elle le prenne au moins une heure avant sa gamelle) et ensuite, je perds un peu le fil de mes routines, les choses s’enchaînent selon les besoins. En revanche, dès la fin de journée, mes habitudes reprennent le dessus. Quand viennent 18 heures (voire un peu plus), j’allume la télévision et j’écoute C dans l’air d’un œil distrait, sur France 5. Et je fais mes comptes. Ou j’écris. Ou je fais du tri dans mon ordinateur. Je donne dans l’utile.

Après, si le dîner n’est pas prêt, je m’en occupe et au moment ad hoc, nous prenons notre dernier repas de la journée, le président et moi.  Ensuite, c’est le moment de ranger, de faire la vaisselle et d’aller préparer les oreillers sur le lit, de se mettre en tenue légère (caleçon et tee-shirt dédiés pour la nuit) avant de me passer une brossette entre toutes les dents qui l’acceptent, de toutes me les laver, de faire un nouveau bain de bouche et un doigté de gel  buccal. En général, aux alentours de 21h30, même en été, au moment où les jours peuvent encore être les plus longs, je file au lit pour bouquiner au moins un quart d’heure. Et j’éteins et je m’endors. Jusqu’au lendemain. Sauf qu’hier soir, au lieu de faire pipi, les dents et au lit, je me suis brossé le zizi et je suis allé mettre du dentifrice dans les WC. J’ai tout mélangé. C’est grave ?

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samedi 18 juillet 2026

elle était si jolie

Elle était si jolie que je n'osais l'aimer ; elle était si jolie, je ne peux l'oublier ; elle était trop jolie quand le vent l'emmenait, elle fuyait ravie et le vent me disait… Bonjour ma belle. Ça fait longtemps que je ne t’avais pas vue, hein ?... Six ans ? Quand même, hein ‽ Ah ce que je vois tu es toujours aussi jolie. Toujours aussi jolie ? Toujours aussi jolie ? Non mais, il a pris un sacré coup dans l’aile, le tonton, là ‽ Ce n’est pas possible, il ne l’a pas bien regardée, ma femme. Toujours aussi jolie, non mais c’est du grand n’importe quoi. Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, qu’il disait, l’autre, là, celui qui habitait près de la fontaine, sur la place du village… Non mais quand j’entends des conneries pareilles, moi, ça me fait sortir du Mékong. Ma femme, trop jolie ‽ Ma femme trop jolie ‽ Pffft…

Elle est bien trop jolie et toi je te connais : l'aimer toute une vie, tu ne pourras jamais. Oui mais elle est partie, c'est bête mais c'est vrai, elle était si jolie, je n'oublierai jamais… Ah ça, il avait raison Alain, le garde-barrière, l’aimer toute une vie, si j’avais su, je ne sais pas si j’aurais signé. Parce qu’il faut se la coltiner, ma femme, depuis tant d’années.  Il faut se la cogner, ouais. Pardon ? Non, quand je dis qu’il faut se la cogner, ça ne veut pas dire que je la bats, c’est juste une expression. Comme le café de George Clooney. Une expression. Pour revenir sur  ma femme, mettons qu’elle a pu être un peu jolie le premier soir, quand je l’ai connue. Puis le jour de notre mariage. Pourtant, sa robe la boudinait un peu. Déjà. Non mais c’est surtout dans la vie de tous les jours, en plus, elle est vite insupportable.

Aujourd'hui c'est l'automne et je pleure souvent ; aujourd'hui c'est l'automne, qu'il est loin le printemps ; dans le parc où frissonnent les feuilles au vent mauvais, sa robe tourbillonne puis elle disparaît… Ouais, si seulement elle pouvait disparaître. Pardon ? Non, non, je ne cherche pas à la tuer. Ni à trouver quelqu’un qui pourrait le faire pour moi. Non, quand même pas. Mais si elle pouvait disparaître. Une bonne maladie. Non, pas une longue, ça traîne trop. Une courte maladie, un truc foudroyant. Peut-être qu’à la maison funéraire, ils arriveraient à lui redonner une certaine beauté parce que là, vivante, ce n’est pas gagné. Jolie, ma femme ? Sur une échelle de 1 à 10, par rapport à Adriana Karembeu, elle serait à moins 100. Je vous le dis, elle a  vachement morflé, ouais.

https://www.youtube.com/watch?v=h5QJyjqdUd8

 

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vendredi 17 juillet 2026

bonne mort

Qui que vous soyez, si vous êtes contre, c’est votre droit mais pas avec des arguments à trois sous. Ce n’est pas une loi qui permettra de se débarrasser de ceux qu’on ne veut plus avoir dans les pattes, bien au contraire. Ce n’est pas une loi pour tuer papy, mamy, papa, maman ou tantine afin de récupérer un héritage plus rapidement. Ce n’est pas une loi pour ne plus avoir ses parents en charge. Ce n’est pas une loi pour faire sa propre justice soi-même. C’est une loi pour permettre à celles et ceux qui souffrent inutilement et très fortement de pouvoir décider d’en finir avec la vie, d’avoir une aide médicalisée afin de partir dignement et non pas de continuer comme un légume à cause d’un acharnement thérapeutique. Qui n’a jamais vu ou entendu des malades en souffrance absolue devrait s’intéresser à eux.

Cette loi n’est pas une obligation à l’utiliser. En effet, seul(e)s celles et ceux qui n’en peuvent plus pourront demander à ce qu’elle leur soit appliquée. Elle ne pourra jamais être imposée à qui que ce soit. D’autant moins que la version qui vient d’être adoptée en France ne le permet qu’aux malades qui peuvent en faire expressément la demande. En gros, si vous êtes devenu un légume mais que vous aviez néanmoins fait part de vos directives anticipées comme quoi vous ne vouliez pas qu’on s’acharne sur vous, si votre état ne vous permet plus de parler, l’aide à mourir ne pourra pas être appliquée. Un non-sens absolu, non ? Et n’oubliez pas que personne ne pourra décider seul, qu’il faudra toujours un accord médical à l’application de cette loi sur une personne qui le demande. C=ça ne pourra jamais être imposé.

Bien sûr, on préfère laisser à ceux qui en ont les moyens, le soin d’aller se faire aider en Belgique ou en Suisse, ce qui est encore plus terrible pour les proches. Mais enfin et surtout, je n’en peux plus d’entendre les arguments des gens épris de religion qui nous assènent leur idéologie à tout bout de champ (Europe 1, CNews…) : d’après l’Église catholique (pour ne nommer qu’elle), l’euthanasie volontaire (pourquoi ajouter « volontaire », hein ?), quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. Eh, Ducon, moi, je n’en fais pas partie de ta secte, alors fous-moi la paix et laisse-moi mourir tranquille si j’en ai envie, d’accord ? Non mais c’est vrai ça, de quoi ils se mêlent les pédophiles et consorts, hein ?

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jeudi 16 juillet 2026

pain au chocolat versus chocolatine (Joe Dassin)

Tous les matins, il achetait sa petite chocolatine-tine-tine-tine-tine… Non, la chanson de Joe Dassin n’aurait pas été tout à fait la même si elle avait parlé d’une marchande de chocolatines au lieu de petits pains au chocolat-la-la-la-la. Non, je vous le dis. En mille comme en cent. Mais tout ça m’amène à me poser une question très pertinente (et je me remercie de me l’avoir posée) : qui était là avant ? Et qui a raison ? Le pain au chocolat ou la chocolatine ? Il paraît, en tout cas, c’est ce qu’on m’a dit, que les deux acceptions sont possibles et donc, bonnes. Le pain au chocolat, comme quand j’étais petit (je n’ai pourtant jamais aimé ça – ce qui est plutôt cohérent vu que je n’aime pas le chocolat), c’est la terminologie la plus répandue en France. La chocolatine, surtout dans le grand Sud-Ouest – dont je fais partie depuis plus de 26 ans.

Et c’est amusant, cette bagarre linguistique autour d’une simple viennoiserie car il y a d’autres exemples, dans le français parlé, celui de tous les jours et pas forcément dans ce qui touche à la nourriture ou à la bouffe. Tiens, par exemple, la poche ou le sac. Moi, quand j’étais adolescent, dans les Deux-Sèvres, on parlait de poche pour mettre les choses qu’on achetait. Et à 18 ans, quand j’ai quitté ma province pour découvrir Paris, j’ai continué à demander des poches pour ranger mes courses. Sauf qu’on me regardait bizarrement. « Une poche ? Un sac, vous voulez dire ? » Oui, un sac, bien sûr. Et je détestais qu’on me prenne pour un provincial car moi, je voulais être parisien, comme ceux qui le sont de pure souche. Et en revenant dans le Sud-Ouest, au début de l’an 2000, j’ai dû me réhabituer à demander des poches au lieu des sacs.

Mais pour en revenir aux viennoiseries, il y en a une autre qui porte plusieurs noms. Joe Dassin en avait fait une autre chanson, nettement moins connue voire totalement ignorée de tout le monde, même de ses descendants mais néanmoins héritiers : tous les matins, il achetait son petit pain au raisins-zin-zin-zin-zin… La boulangère lui souriait en voyant arriver son voisin-zin-zin-zin-zin… Eh bien, figurez-vous que maintenant, dans de nombreux endroits (boulangerie, supermarchés ou autres lieux pour acheter de quoi grignoter), on parle d’escargots (aux raisins.) Pour moi, il n’est question que de pain et là, à la différence de celui au chocolat, j’aime bien celui aux raisins-zin-zin-zin-zin… Mais je ne peux pas en abuser car sinon, je risque de vomir. Pardon ? Il vaut mieux dire « rendre ? » Dans quelle région ? Eh bien dites donc, toutes ces particularités, hein ‽

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mercredi 15 juillet 2026

quand tu me plaisais tant… (Anna de Noailles – 2)

Quand tu me plaisais tant que j'en pouvais mourir, quand je mettais l'ardeur et la paix sous ton toit, quand je riais sans joie et souffrais sans gémir, afin d'être un climat constant autour de toi ; quand ma calme, obstinée et fière déraison te confondait avec le puissant univers, si bien que mon esprit te voyait sombre ou clair selon les ciels d'azur ou les froides saisons…

À la demande générale, je vais de nouveau parler d’Anna de Noailles, cette poétesse (le mot n’est pas très joli, il me semble) de la Belle Époque et ce matin, c’est un poème que je vais publier intégralement tant j’ai la sensation qu’elle l’a peut-être écrit pour moi… Non, elle l’a plutôt écrit en pensant à moi. En pensant à ce que j’allais vivre au moins une fois (une dernière fois ?) dans ma vie. Ce magnifique texte composé de quatrains, il faut le visualiser en vers mais moi, pour la mise en page, j’ai préféré ne pas le publier dans ce format-là. C’est trop compliqué.

Je pressentais déjà qu'il me faudrait guérir du choix suave et dur de ton être sans feu, j'attendais cet instant où l'on voit dépérir l'enchantement sacré d'avoir eu ce qu'on veut : instant éblouissant et qui vaut d'expier, où, rusé, résolu, puissant, ingénieux, l'invincible désir s'empare des beaux pieds, et comme un thyrse en fleur s'enroule jusqu'aux yeux !

Anna de Noailles… Je me rends compte que j’aurais aimé la connaître. Comme quelques autres auteurs ou artistes, morts ou vivants. Comme Prévert, comme Stéphane Mallarmé, comme Barbara, comme Zola ou comme John Boyne, auteur irlandais récemment « découvert… » J’aurais aimé la connaître car c’était une femme à la fois traditionnelle et avant-gardiste. Une femme qui a marqué son époque et qui aurait largement mérité qu’on ne l’oublie pas. Peut-on dire d’elle qu’elle fut une espèce d’idole en son temps ? Oui, je peux le dire. Et moi, je suis un de ses fans.

Peut-être ton esprit à mon âme lié se plaisait-il parmi nos contraintes sans fin, tu n'avais pas ma soif, tu n'avais pas ma faim, mais moi, je travaillais au désir d'oublier ! — Certes tu garderas de m'avoir fait rêver un prestige divin qui hantera ton cœur, mais moi, l'esprit toujours par l'ardeur soulevé, et qu'aurait fait souffrir même un constant bonheur…

Je peux même avancer que de son vivant, elle a vendu des dizaines de milliers d’exemplaires de ses recueils, ce qui était plutôt exceptionnel pour de la poésie. Même à son époque où cet art avait encore toutes ses lettres de noblesse. Et de ce fait, les auteurs étaient tout aussi connus que les acteurs peuvent l’être aujourd’hui. Alors même qu’il n’existait pas les réseaux sociaux. Comme quoi, hein ‽ Et comme je suis très fier et très heureux de vous avoir présenté ce poème, je vous laisse imaginer ce que sera le troisième épisode consacré à Anna de Noailles. Bientôt…

Je ne cesserai pas de contempler sur toi, qui me fus imposant plus qu'un temple et qu'un dieu, l'arbitraire déclin du soleil de tes yeux et la cessation paisible de ma foi !

Recueil : Poèmes de l'amour (1924).

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urgence agricole et perpétuité

Je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir. Si je ne prends que deux exemples récents, à l’Assemblée Nationale, la loi qui avait prévu d...