dimanche 8 mars 2026

le retour de la bête

Ah non, ce n’est pas la bête du Gévaudan, dont je vais parler. Ni de celle, bébête qui monte, qui monte, qui monte même si celle dont il est question commence toujours subrepticement avant de monter, monter, monter. Pendant quarante ans (peut-être même un peu plus), elle m’a accompagné pendant des éternités, ça a été ma compagne la plus fidèle, ça a été mon deuxième moi. La migraine. J’ai commencé mes premières crises fortes vers l’âge de 15 ans. À la puberté. Comme si ça pouvait avoir un rapport. Et pourquoi pas, hein ? Et ça a continué pendant des lustres et des lustres. Et j’ai tout connu : les migraines avec aura, les ophtalmiques, les olfactives, celles liées au stress négatif, celles liées à de trop grandes émotions même positives, toutes les sortes de migraine, je les ai subies. Et j’en ai vu des spécialistes.

J’ai même servi de cobaye à un grand professeur de l’hôpital Cochin. Qui m’avait donné un traitement de cheval, curatif et préventif. Et qui m’avait demandé de tenir un journal de mes migraines. Et ça, ça a été le pire conseil de toute ma vie : à force de m’écouter, je m’auto-générais des crises et je prenais des médications en plus de mes traitements quotidiens. Tellement shooté que je me suis abîmé le foie. Et un jour, j’ai dit stop à la chimie et quelques temps après, j’ai déménagé à Bordeaux et je suis reparti sur une base un peu plus saine. Avec encore des crises et des crises jusqu’à ce que je rencontre un hypnothérapeute qui m’a beaucoup aidé mais aussi un psychiatre et là, sans que je m’en rende vraiment compte, les migraines ont disparu. Je n’ai plus connu que des maux de tête sporadiques.

Sauf que depuis dix jours, c’est le retour de la bête. Deux crises de près de trois jours en dix jours, ça me semble un peu démesuré. Lors de la première crise, je me suis dit : « j’espère que ce n’est pas le début d’une nouvelle série » et là, depuis vendredi, jusqu’à hier soir, je me suis dit « non, c’est juste une coïncidence, ça ne peut pas recommencer comme avant… » Il faut que je me calme. Il faut que je relativise. Il faut que je me désintéresse de tout ce qui me provoque du stress. Même pas peur. Même pas mal. Si seulement… Non, je ne veux pas être de nouveau adopté par la bête. Je n’en veux pas comme animal de compagnie, comme animal de mauvais augure. Je la méprise car je sais que je  ne peux pas me contenter de l’ignorer, elle est trop présente quand elle est là. Impossible de faire semblant. De faire comme si.

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samedi 7 mars 2026

nouvelle instruction civique

Bonjour, contrôle des billets. Vous pouvez me montrer votre titre de transport, mademoiselle ? Vous n’en avez pas ? Vous savez que vous vous exposez à une amende forfaitaire de 72 euros si vous la payez dans les 72 heures sinon, ce sera 122 euros. Vous avez une pièce d’identité, s’il vous plaît, mademoiselle ? Comment ça, non ? D’accord, donnez-moi votre nom, votre prénom, votre adresse et votre numéro de téléphone, s’il vous plaît ? Comment ça, non ? Vous refusez ? Si j’insiste, vous sortez un couteau et vous me plantez ? Vous savez, moi, je ne fais que mon travail. Et vous, vous n’avez pas d’argent à gaspiller dans des tickets pour un tram qui devrait être gratuit avec tous les impôts qu’on paie ? Vous payez beaucoup d’impôts, vous ? Ah, vous parlez pour les autres ? C’est bien, la solidarité. Rangez-votre couteau, s’il vous plaît, je vous donne un passe gratuit.

Bonjour, je peux savoir pourquoi vous venez de laisser en plein milieu du quai du tram la trottinette que vous aviez empruntée ? Parce que là, elle empêche les gens de passer. Si, si. Les gens à mobilité réduite, c’est compliqué pour eux. Pardon ? Vous pensiez que c’était votre tram qui arrivait mais vous vous êtes rendu compte que ce n’était pas le bon et que vous deviez attendre le suivant ? Mais alors, vous avez le temps de bouger votre trottinette ? Comment ça, non ? Mais si elle gêne. Elle est complètement en travers. Comment ? Je n’ai qu’à le faire moi-même ? Mais ce n’est pas moi qui l’ai laissée là, enfin ? Comment ? Si je ne suis pas content, vous sortez un couteau ? Non, non, vous m’avez mal compris, je vais la ranger, moi, la trottinette. Mais je n’ai pas d’abonnement, je ne vais pas pouvoir la faire rouler jusqu’au parking, là-bas. OK, je vais m’abonner. Bonne journée.

Excusez-moi, les jeunes mais ce serait bien que vous retiriez vos pieds du siège en face de vous car je voudrais m’asseoir. Comment ça, non ? S’il vous plaît, je suis désolé, j’ai oublié de vous dire « s’il vous plaît… » Ah même avec un mot magique, vous ne voulez pas ? Mais vous savez, j’ai plus de 80 ans, j’ai réellement besoin de m’asseoir car je tiens mal sur mes jambes, avec les mouvements du bus. Comment ? Je n’ai qu’à prendre le bus le matin, quand vous, vous dormez, vous les jeunes ? Oui, mais moi, j’ai rendez-vous chez mon cardiologue et ça fait des mois que j’attends ce rendez-vous… Comment, ça ? Je n’ai qu’à crever tout de suite ? Ce n’est pas très gentil, ça, messieurs. C’est quoi, ça ? Un couteau ? Ah, mais il y a confusion. Vous m’avez mal compris. Je voulais savoir si vous voulez que je vous nettoie vos Nike. Ah, vous voulez ? Avec ma langue. Pas de problème, je le fais.

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je n’aime pas les cygnes

Fais-moi un signe, c’est une chanson de Gérard Palaprat. J’avais le disque 45 tours et je l’aimais beaucoup. Ainsi que celle de l’autre face Pour la fin du monde. Que j’ai pu les chanter, dans ma chambre d’adolescent, ces deux titres. Je les connaissais par cœur. Aujourd’hui, ça fait si longtemps que je ne les ai pas entendues… Je serais incapable de les fredonner. Sauf si on me mettait le vinyle sur une platine, peut-être que ça me reviendrait. C’est souvent comme ça avec les chansons, les ritournelles et les rengaines. Ça nous a pénétrés et ça reste bien au chaud, dans notre cœur et dans un coin de notre cerveau. Bon, ce qui me dérange le plus dans Fais-moi un signe, c’est sa connotation religieuse, période hippie, peace and love, tunique à fleurs, cheveux longs et pattes d’éléphant. Cette grande période post-soixante-huitarde.  

À l’époque, même en connaissant les paroles par cœur, ça ne m’avait pas frappé. Ou alors, comme ça faisait partie de l’air du temps d’alors… Il faut bien que jeunesse se passe. Et 21 ans après, c’est Jean-Jacques Goldman qui a parlé d’un signe dans une chanson, un tube : il suffira d’un signe. Cette fois, aucune connotation spirituelle. Bon, là, je n’ai jamais connu les paroles par cœur même si je peux la fredonner. J’aime bien l’artiste mais ce n’est pas celle que je préfère de lui. Bref, fais-moi un signe, il suffira d’un signe et même Hoshi, qui a écrit, composé et chanté Fais-moi signe. Que personnellement, je n’ai a priori jamais entendue. Autant de titres qui ont un point commun. Ils parlent d’un signe. Du signe. Mais de quel signe ? Ce ne sont certainement pas les mêmes. C’est juste une simple coïncidence de vocabulaire.

Et si je n’ai rien contre les signes, en général, je dois vous avouer que je n’aime pas les cygnes, en particulier. Bien sûr, je n’irai jamais en attaquer un sauf si c’est lui qui me provoque. Et même si j’ai pu leur trouver de la grâce (ou un truc comme ça) quand j’étais jeune, une fois ado, j’ai réalisé que ça n’avait pas d’autre intérêt que visuel car c’est un animal qui est loin d’être pacifiste. Qui est même rancunier. Il paraît que si on n’a pas été gentil avec un cygne, il s’en souvient. Il est même capable de donner votre signalement à la police des cygnes. Capable de faire un portrait-robot de celui qui l’aurait agressé. De toute façon, les cygnes ne sont jamais consentants, ils ne savent faire que se plaindre de nous, les humains. Et en plus, c’est beaucoup plus fade que le veau, à manger. Enfin moi, je n’en mange pas, je ne les aime pas. Même cuits.

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jeudi 5 mars 2026

mauvaise influence

C’est certainement parce que je n’en suis aucun que ça me hérisse un peu le poil. Pourquoi n’en suis-je aucun ? Eh bien, parce que ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas besoin d’aller voir et/ou écouter un(e) influenceur(se) pour bien vivre. C’est vrai que je ne suis sur aucuns réseaux sociaux hormis mon blog mais là, je me suis moi-même. Ah tiens, c’est bien, comme formule, ça : je me suis moi-même. Ça tombe bien puisque je suis moi-même. Puisque je m’auto-suis. Bon, revenons à nos moutons (ou à nos  brebis galeuses ?) et parlons de celles et ceux qui préfèrent qu’on les appelle « créateurs de contenu » (tout compte fait, ça veut dire que j’en suis un, moi aussi, alors ‽) et si, a priori, je n’ai rien contre eux tant qu’on ne m’impose pas d’en suivre (chacun chez soi et les moutons seront bien gardés), cette semaine, un peu quand même.

Et quand je dis que j’en ai un peu quand même contre eux, vous l’aurez compris, c’est un euphémisme. Parce que quand j’en vois et en entends une qui gueule comme une furie : « Bordel, que fait la France, il faut venir me chercher, il faut venir me chercher, il faut venir me chercher » mais d’accord, ma (presque) belle (surtout refaite), mais d’abord, pourquoi es-tu partie vivre à Dubaï ? Parce que tu t’y sentais mieux que dans ton pays natal, la France ? Parce que tu n’y payais pas d’impôts sur le revenu ? Parce que tu voulais être avec tous tes collègues qui sont partis là-bas parce qu’ils s’y sentaient mieux qu’en France et accessoirement, parce qu’ils ne payaient pas d’impôts en France ? Eh bien, laisse-moi réfléchir… Déjà, est-ce que tu es une personne vulnérable ? « Oui, je suis suivie par des millions de followers et donc… »

Et donc quoi ? « Et donc, s’il m’arrive quelque chose, que vont-ils devenir, mes followers ? » Ah oui, c’est vrai, je n’avais pas pensé à ça. Effectivement, ça change la donne. Donc, tu considères que tu es prioritaire sur les personnes âgées, sur les enfants, sur les gens qui n’étaient qu’en vacances dans le secteur ? « Ben oui, évidemment. » Oui, évidemment. Alors, si OK, je suis d’accord pour qu’on te fasse rapatrier en urgence mais tu es prête à payer combien pour ça ? « Mais rien du tout, je suis ressortisseuse française, ne l’oubliez pas. » Ressortisseuse française ? Alors, ce sera 99 000 euros pour toi. « Mais je ne veux rien payer, moi. Je vais attaquer la France en injustice. » Voui, voui. Je comprends. Ça doit être très difficile d’être dans ta situation. Je ne t’envie pas, moi, qui n’ai jamais fui mes devoirs dans mon pays natal. Comment ? Je suis réac ? Pas du tout. Je suis lucide. Et j’ai juste envie qu’on ne vous entende plus vous plaindre.

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mercredi 4 mars 2026

Bernadie et Stéphanette (9)

Le retour de la confiance. Il était temps. Car la dernière fois que nous avons répété, avec mon acolyte, ça avait été de l’ordre de la catastrophe. C’était notre première fois en costume et quand nous avions voulu procéder au changement pour passer de la provinciale à la parisienne, en ce qui me concerne, rien ne s’était passé comme prévu. Et ça m’avait fait perdre tous mes moyens. Entre temps, nous avons abandonné, amélioré notre changement de costume et nous avons travaillé chacun de son côté. Mais hier, on s’est retrouvés et on a travaillé uniquement le texte, la première fois et ensuite, avec les mouvements. Et on s’est bien amusés. On a même beaucoup ri. Surtout quand on a répété la première scène lorsqu’on n’arrête pas de donner des coups de coude à ma cousine, l’héroïne du spectacle.

Oui, parce que pour ceux qui ne le sauraient pas ou qui l’auraient oublié, ce show est créé pour le départ en retraite d’Isabelle. Bien sûr, 60 à 70% du spectacle lui sont dédiés. Avec force méchancetés mais bienveillantes, on ne châtie bien que ceux qu’on aime bien. Non, qui aime bien, châtie bien, plutôt. Et nous avons trouvé quelques nouvelles idées pour la mise en scène et nous savons aussi que le 28 mars, il y aura deux cinéastes amateurs bénévoles pour filmer le show afin qu’on puisse en avoir un souvenir et qu’on puisse s’autocritiquer. D’autant que rien ne dit qu’il y aura une troisième fois. C’est vrai, ça, on commence notre carrière, notre duo quand on a soixante-quinze ans, pour lui et 66 ans passés, pour moi. C’est un peu tardif pour jouer les jeunes premiers, non ? D’où nos personnages féminins de vieilles peaux.

En même temps, c’est vrai que les hommes qui se déguisent en femme (je ne parle pas des drag-queens, car là, c’est carrément autre chose, une autre dimension), ça a toujours un ressort comique assez fort. En plus, quand ce sont des mecs moyenâgeux… Bien sûr, j’ai conscience que nous serons ridicules aux yeux d’une partie du public mais peu nous chaut, l’essentiel, c’est que ça nous amuse et que ça amuse la majorité des gens qui seront présents. Il nous reste cinq répétitions avant le jour J et je peux vous dire que tout d’un coup, j’espère que nous serons prêts à temps. Parce que ça fait des mois que ce projet a été initié et on s’est très longtemps dit que « on a le temps » mais tu parles, Charles, du temps, on en a de moins en moins. Mais ça va aller. Il faut le croire. Sinon, on ne fait rien si on n’a pas au moins cette espérance-là

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mardi 3 mars 2026

réunion(s) préélectorale(s) - extraits

Mesdames et euh… Messieurs, je vous, euh… Je vous remercie… Euh, d’être venus aussi nombr…euh… Ça m…euh… fait chaud au cœur de vous voir, euh… De vous voir aussi chaleur…euh… envers mes équipes et, euh… et moi. Nous avons, euh… Vous avez fourni, euh… Un travail remarquabl…euh… Et grâce à vous, euh… La victoire est, euh… La victoire est au bout du, euh… Du tunnel. Je sais que dimanch…euh 15, euh…, dimanche 15 mars, dans 11, euh… jours, nous pourrons, euh… Nous pourrons fêter ma réélection à la mairie. Et cette victoir…euh, c’est à vous que je, euh… que je la dois. Sans vous, euh… Je n’y serai pas arrivé… Mais ne mettons pas la, euh… La charrue avant les b…euh… Car on ne fait pas d’omelette, euh… Sans casser d…euh… Vous me connaissez, euh… Je suis un homme, euh… De décision. Je suis, euh… L’homme de la situation, euh…

Mesdames et messieurs, je vous remercie d’être venus me soutenir aussi nombreux. Il faut montrer que nous sommes les meilleurs et nous devons prendre la mairie à celui qui a négligé notre ville pendant si longtemps… Nous ne pouvons plus accepter les incivilités. Nous ne pouvons plus tolérer les points de vente de drogue. Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant les actes de délinquances dans les transports en commun. Nous ne pouvons plus nous permettre de tout laisser aller à vau-l’eau. Ni à vélo. Mon programme : rien de ce qui a déjà été fait. Tout est à reprendre. Pardon ? Comme quoi ? Comme le contraire de tous nos prédécesseurs. Nous irons plus loin que notre maire actuel. Il nous a mis au bord du gouffre financier. Nous irons plus loin que lui. Toujours mieux que les autres, toujours plus loin, toujours plus fort, ça, c’est mon programme.

Mesda-dames et messieurs, je vou-vous remercie d’être venus nus (mais habillés, heureusement-ment) à ce dernier mee-meeting avant le premier tou-tour de scrutin-tin. Nous avons les moyens de ga-gagner la mai-mairie et c’est à vou-vous que je le dois-dois. Vous avez choisi-zi la di-différence et je vai-vais vous prouver-vé que vous avez raison-zon. Je serai le premier mai-maire bé-bègue de France. Avec moi, pas de pa-paroles en l’air, pa-pas de discou-cours intermi-minables, enfin, si, si, à cau-cause de mon handi-dicap mais vous sa-savez que c’est une force. Les choses allaient de mal en pi-pis. Avec moi, elles iron-ront mieux. Je ne serai pas le pépère comme notre mai-mère actuel, je serai votre mai-maire mo-moderne et dy-dynamique-que. Voté-tez pour moi et vous ne le regretterez pa-pas. Car oui, je-je suis un ca-cas. Votre héro-ros. Merci à tou-tous.

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lundi 2 mars 2026

mes revenentes

Il y a des matins plus compliqués que d’autres et depuis quelques semaines, depuis quelques mois, probablement parce que j’ai effectivement peut-être un peu vieilli, j’ai des réveils de plus en plus lourds, douloureux et sans motivation. Oh, ça ne dure jamais car dès que je suis debout, malgré toute la misère du monde sur mes épaules, il me suffit d’aller dans la cuisine après un bon gros pipi des familles, boire  un grand verre d’eau et allumer l’ordinateur pour que toute la machine de mon esprit se remette en marche. Et quand mon esprit s’active, souvent, le corps suit parce que le corps sait que c’est mon cerveau qui dirige ma petite personne. Et là, ce matin, j’ai eu envie d’OuLiPo. Ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de littérature potentielle. Et que je n’en ai pas fait, moi-même. Là, j’ai choisi d’écrire un monovocalisme en E. Pas facile.

Un monovocalisme, c’est un lipogramme dont on a banni toutes les voyelles sauf une. Et moi, à l’instar de Georges Perec, en son temps, en 1972, je crois, qui a écrit un livre de plus de 140 pages avec toutes les consonnes de notre alphabet mais uniquement des E. Bon, il s’était permis des pirouettes pour tenter de faire des phrases qui tiennent la route mais moi, ce matin, malgré mon réveil difficile, j’ai choisi d’en faire, à mon tour sans une seule entorse orthographique. Quand je vous dis que mon esprit est capable du meilleur (comme du pire) même si je me lève à 4h du matin. Quand il fait encore bien nuit et même un peu froid, dehors… Que voulez-vous, je suis comme ça, moi. Quand il s’agit de faire fonctionner mon imaginaire, il n’y a rien qui n’aille pas. Alors, bonne lecture sur le récit de mon réveil un peu difficile. Voire pénible.

Se lever. Être hébété. Se lever et se rendre en WC et entreprendre et embrener. Rester éthéré. Perdre le temps. Le temps de se remettre. Se remettre de ses rêves. Le cheptel de ses rêves, désespérément désertés. L’entendement est délétère. Les regrets se pressent en sept degrés : embêtement, rejet, regrets, spleen, revers, démerde et tempête en tête. Me reprendre en dextre et m’entendre, ne m’étendre. Céder le crème nègre, fervent et sévère. Être le ventre en détresse. Espérer vendre ses sens et les excepter et cesser crevé. Se mettre en selle et se mettre en scène : se rendre en trempette et se réserver net. Se révéler : le remède est très clément. Et se mettre en recherche, bel exemple, excepté le verre vert, descellé et être blessé, en espèces. Perler en tête et espérer les vêpres, les vénérer en prétexte et les pensées éternelles.

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le retour de la bête

Ah non, ce n’est pas la bête du Gévaudan, dont je vais parler. Ni de celle, bébête qui monte, qui monte, qui monte même si celle dont il est...