mercredi 4 mars 2026

Bernadie et Stéphanette (9)

Le retour de la confiance. Il était temps. Car la dernière fois que nous avons répété, avec mon acolyte, ça avait été de l’ordre de la catastrophe. C’était notre première fois en costume et quand nous avions voulu procéder au changement pour passer de la provinciale à la parisienne, en ce qui me concerne, rien ne s’était passé comme prévu. Et ça m’avait fait perdre tous mes moyens. Entre temps, nous avons abandonné, amélioré notre changement de costume et nous avons travaillé chacun de son côté. Mais hier, on s’est retrouvés et on a travaillé uniquement le texte, la première fois et ensuite, avec les mouvements. Et on s’est bien amusés. On a même beaucoup ri. Surtout quand on a répété la première scène lorsqu’on n’arrête pas de donner des coups de coude à ma cousine, l’héroïne du spectacle.

Oui, parce que pour ceux qui ne le sauraient pas ou qui l’auraient oublié, ce show est créé pour le départ en retraite d’Isabelle. Bien sûr, 60 à 70% du spectacle lui sont dédiés. Avec force méchancetés mais bienveillantes, on ne châtie bien que ceux qu’on aime bien. Non, qui aime bien, châtie bien, plutôt. Et nous avons trouvé quelques nouvelles idées pour la mise en scène et nous savons aussi que le 28 mars, il y aura deux cinéastes amateurs bénévoles pour filmer le show afin qu’on puisse en avoir un souvenir et qu’on puisse s’autocritiquer. D’autant que rien ne dit qu’il y aura une troisième fois. C’est vrai, ça, on commence notre carrière, notre duo quand on a soixante-quinze ans, pour lui et 66 ans passés, pour moi. C’est un peu tardif pour jouer les jeunes premiers, non ? D’où nos personnages féminins de vieilles peaux.

En même temps, c’est vrai que les hommes qui se déguisent en femme (je ne parle pas des drag-queens, car là, c’est carrément autre chose, une autre dimension), ça a toujours un ressort comique assez fort. En plus, quand ce sont des mecs moyenâgeux… Bien sûr, j’ai conscience que nous serons ridicules aux yeux d’une partie du public mais peu nous chaut, l’essentiel, c’est que ça nous amuse et que ça amuse la majorité des gens qui seront présents. Il nous reste cinq répétitions avant le jour J et je peux vous dire que tout d’un coup, j’espère que nous serons prêts à temps. Parce que ça fait des mois que ce projet a été initié et on s’est très longtemps dit que « on a le temps » mais tu parles, Charles, du temps, on en a de moins en moins. Mais ça va aller. Il faut le croire. Sinon, on ne fait rien si on n’a pas au moins cette espérance-là

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mardi 3 mars 2026

réunion(s) préélectorale(s) - extraits

Mesdames et euh… Messieurs, je vous, euh… Je vous remercie… Euh, d’être venus aussi nombr…euh… Ça m…euh… fait chaud au cœur de vous voir, euh… De vous voir aussi chaleur…euh… envers mes équipes et, euh… et moi. Nous avons, euh… Vous avez fourni, euh… Un travail remarquabl…euh… Et grâce à vous, euh… La victoire est, euh… La victoire est au bout du, euh… Du tunnel. Je sais que dimanch…euh 15, euh…, dimanche 15 mars, dans 11, euh… jours, nous pourrons, euh… Nous pourrons fêter ma réélection à la mairie. Et cette victoir…euh, c’est à vous que je, euh… que je la dois. Sans vous, euh… Je n’y serai pas arrivé… Mais ne mettons pas la, euh… La charrue avant les b…euh… Car on ne fait pas d’omelette, euh… Sans casser d…euh… Vous me connaissez, euh… Je suis un homme, euh… De décision. Je suis, euh… L’homme de la situation, euh…

Mesdames et messieurs, je vous remercie d’être venus me soutenir aussi nombreux. Il faut montrer que nous sommes les meilleurs et nous devons prendre la mairie à celui qui a négligé notre ville pendant si longtemps… Nous ne pouvons plus accepter les incivilités. Nous ne pouvons plus tolérer les points de vente de drogue. Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant les actes de délinquances dans les transports en commun. Nous ne pouvons plus nous permettre de tout laisser aller à vau-l’eau. Ni à vélo. Mon programme : rien de ce qui a déjà été fait. Tout est à reprendre. Pardon ? Comme quoi ? Comme le contraire de tous nos prédécesseurs. Nous irons plus loin que notre maire actuel. Il nous a mis au bord du gouffre financier. Nous irons plus loin que lui. Toujours mieux que les autres, toujours plus loin, toujours plus fort, ça, c’est mon programme.

Mesda-dames et messieurs, je vou-vous remercie d’être venus nus (mais habillés, heureusement-ment) à ce dernier mee-meeting avant le premier tou-tour de scrutin-tin. Nous avons les moyens de ga-gagner la mai-mairie et c’est à vou-vous que je le dois-dois. Vous avez choisi-zi la di-différence et je vai-vais vous prouver-vé que vous avez raison-zon. Je serai le premier mai-maire bé-bègue de France. Avec moi, pas de pa-paroles en l’air, pa-pas de discou-cours intermi-minables, enfin, si, si, à cau-cause de mon handi-dicap mais vous sa-savez que c’est une force. Les choses allaient de mal en pi-pis. Avec moi, elles iron-ront mieux. Je ne serai pas le pépère comme notre mai-mère actuel, je serai votre mai-maire mo-moderne et dy-dynamique-que. Voté-tez pour moi et vous ne le regretterez pa-pas. Car oui, je-je suis un ca-cas. Votre héro-ros. Merci à tou-tous.

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lundi 2 mars 2026

mes revenentes

Il y a des matins plus compliqués que d’autres et depuis quelques semaines, depuis quelques mois, probablement parce que j’ai effectivement peut-être un peu vieilli, j’ai des réveils de plus en plus lourds, douloureux et sans motivation. Oh, ça ne dure jamais car dès que je suis debout, malgré toute la misère du monde sur mes épaules, il me suffit d’aller dans la cuisine après un bon gros pipi des familles, boire  un grand verre d’eau et allumer l’ordinateur pour que toute la machine de mon esprit se remette en marche. Et quand mon esprit s’active, souvent, le corps suit parce que le corps sait que c’est mon cerveau qui dirige ma petite personne. Et là, ce matin, j’ai eu envie d’OuLiPo. Ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de littérature potentielle. Et que je n’en ai pas fait, moi-même. Là, j’ai choisi d’écrire un monovocalisme en E. Pas facile.

Un monovocalisme, c’est un lipogramme dont on a banni toutes les voyelles sauf une. Et moi, à l’instar de Georges Perec, en son temps, en 1972, je crois, qui a écrit un livre de plus de 140 pages avec toutes les consonnes de notre alphabet mais uniquement des E. Bon, il s’était permis des pirouettes pour tenter de faire des phrases qui tiennent la route mais moi, ce matin, malgré mon réveil difficile, j’ai choisi d’en faire, à mon tour sans une seule entorse orthographique. Quand je vous dis que mon esprit est capable du meilleur (comme du pire) même si je me lève à 4h du matin. Quand il fait encore bien nuit et même un peu froid, dehors… Que voulez-vous, je suis comme ça, moi. Quand il s’agit de faire fonctionner mon imaginaire, il n’y a rien qui n’aille pas. Alors, bonne lecture sur le récit de mon réveil un peu difficile. Voire pénible.

Se lever. Être hébété. Se lever et se rendre en WC et entreprendre et embrener. Rester éthéré. Perdre le temps. Le temps de se remettre. Se remettre de ses rêves. Le cheptel de ses rêves, désespérément désertés. L’entendement est délétère. Les regrets se pressent en sept degrés : embêtement, rejet, regrets, spleen, revers, démerde et tempête en tête. Me reprendre en dextre et m’entendre, ne m’étendre. Céder le crème nègre, fervent et sévère. Être le ventre en détresse. Espérer vendre ses sens et les excepter et cesser crevé. Se mettre en selle et se mettre en scène : se rendre en trempette et se réserver net. Se révéler : le remède est très clément. Et se mettre en recherche, bel exemple, excepté le verre vert, descellé et être blessé, en espèces. Perler en tête et espérer les vêpres, les vénérer en prétexte et les pensées éternelles.

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dimanche 1 mars 2026

Philippe de Villiers et l’euthanasie

Il m’est déjà arrivé d’écouter ou d’entendre Philippe de Villiers, sur Europe 1, le samedi ou le dimanche matin mais je vous assure que c’est à mon esprit défendant car je ne suis pas du tout d’accord sur… Je ne suis pas d’accord sur… Sur tout ce qu’il dit, en réalité. Il se prend pour une espèce d’apôtre de la bien-pensance de la droite pour ne pas dire l’extrême et si c’est quelqu’un de cultivé, au niveau de ses arguments, on est dans le fallacieux avec un grand F. Ou comment faire de la propagande auprès des auditeurs d’une station qui n’a plus rien à prouver en termes de partialité politique. Et qui n’a rien à envier à d’autres médias comme France Inter, à l’autre bout de la chaîne d’information. Au passage, moi, ce que j’aimerais, c’est écouter une radio qui soit la plus neutre possible. Il semble que ça n’existe pas.

Samedi matin, Philippe de Villiers a été interrogé au sujet de la loi sur la fin de vie. Pour lui, ce n’est qu’une loi sur l’euthanasie. C’est tout ce qu’il en retient. Et ses propos ont été édifiants. À ses yeux de vieillard qui radote, cette loi est une légalisation du meurtre, comme l’avortement en son temps. Oui, parce que se faire avorter, c’est tuer un fœtus, un être vivant. Même s’il a moins de 10 ou 12 semaines. Ben oui, un fœtus de cet âge-là, c’est un être doué de pensée. Et capable de comprendre qu’on va l’assassiner de sang-froid. Peu importe les conditions dans lesquelles il a été conçu. Et l’aide à mourir, c’est également un bon moyen de se débarrasser des gens qu’on ne veut plus autour de soi. Parce qu’il y aura forcément des dérives, des abus. Des gens qu’on va faire tuer alors qu’ils vont plutôt bien. Mais ils sont encombrants.

Que dire de son argument sur ces abus ? Aux Pays-Bas, l’euthanasie est légalement appliquée et il paraît que de plus en plus d’habitants émigrent en Allemagne où une telle loi n’existe pas car ils ont peur qu’on les euthanasie sans leur accord. Bien sûr, et c’est la marmotte qui enveloppe le chocolat dans du papier aluminium. Et Elvis Presley n’est pas mort. Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle. D’abord, j’aimerais savoir quels sont les chiffres officiels pour cette info hollandaise. Enfin, Philippe de Villiers, de son ton de cureton en train de nous faire un sermon avant d’aller peloter des enfants de chœur, a également sorti une énormité : quand un patient sera hospitalisé, qu’il verra un homme en blouse blanche entrer dans sa chambre, il ne saura pas si c’est pour le soigner ou le tuer. C’est terrifiant, non ?

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samedi 28 février 2026

De Groodt

Parfois, dans la vie, il y a des hasards qui sont heureux. Des heureux hasards. Et ce que j’ai vécu, hier après-midi, vers 17h, alors que nous sortions faire un tour pour profiter du soleil, avec le patron. Nous étions place Pey Berland, nous entendions encore un peu les chants pro-iraniens devant le palais de justice et nous nous dirigions vers le centre St Christoly afin d’y faire quelques emplettes de première nécessité : de la confiture, des noix et une tablette de chocolat, tout ça, bio car le patron préfère. Et en passant devant les terrasses du Café Français et consorts, c’est là que je l’ai croisé, Stéphane De Groodt. Quelle ne fut pas ma surprise. Car cet homme fait partie de mes personnalités préférées. C’est un grand humoriste, c’est un excellent acteur et il est belge. Que des qualités, en somme.

Et là, deux choix se sont présentés à moi : le saluer et lui dire combien je l’admirais avec le remords de l’avoir probablement dérangé ou le laisser passer en ayant le regret de ne pas l’avoir salué. J’ai dit au patron « Tiens, Stéphane De Groodt… » « Tu es sûr ? » « Ah oui, j’en suis certain. » « Ce n’est pas un sosie ? » « Non, absolument pas. C’est le vrai. » « Il n’a même pas réagi quand tu as prononcé son nom en t’écriant. » « Il était peut-être perdu dans ses pensées. Ou alors, il fait celui qui n’entend pas car il préfère passer le plus incognito possible. Ou alors, il est devenu sourd. » En réalité, je n’ai eu aucune réponse à tous ces questionnements existentiels. Tout ce que je sais, tout ce que je peux affirmer sans l’ombre d’un seul doute, c’est que j’ai croisé Stéphane De Groodt. Une de mes idoles. Oui, oui.

Euh… Vous avez raison, le mot « idole » est peut-être un peu fort. Ce que j’aurais aimé lui dire si j’avais osé l’aborder ? « J’aime beaucoup ce que vous faites. » Non, c’est trop banal. Pas à sa hauteur. « Vous habitez chez vos parents ? » Non, complètement déplacé. « Je m’appelle Stéphane, moi aussi. Mais pas De Groodt. » Non, peut-être un peu nul. « Saperlipopette, ma salopette ‽ » Non, trop personnel. « Les petits poissons volants nagent dans l’eau gazeuse des fontaines des nuages et du vent. » Il m’aurait alors regardé, un peu interloqué. « C’est de moi. Je pensais que vous aimiez l’absurde. » J’aurais été un peu gêné de sa réaction jusqu’à ce qu’il se mette à me sourire et me dise : « Je peux faire une photo avec vous, j’aime beaucoup ce que vous faites. » On était faits pour se rencontrer.

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vendredi 27 février 2026

annonciation

Mais docteur, vous êtes sûr ? Vous êtes sûr de vous ? Parce que ça m’étonne, moi. Non seulement, je n’ai rien fait mais en plus, vous connaissez mon âge, non ?  Je dis ça parce qu’il pourrait y avoir eu une confusion entre deux dossiers, entre deux patients parce que là, vraiment, comment vous dire ? Pardonnez ma grossièreté mais ça me troue le cul, comme on dit. Et quand je dis que ça me troue le cul, ce n’est qu’une image, c’est pour illustrer ma sidération. Parce que franchement, j’ai eu 66 ans en décembre dernier, autant vous dire que j’étais loin de m’imaginer que j’apprendrais une telle nouvelle à un âge presque aussi avancé. Vous vous rendez compte ? Non, je pense que vous ne pouvez pas vous en rendre compte, docteur. C’est la première fois que vous annoncez une telle chose à un homme de mon âge ?

C’est bien ce que je vous disais, vous ne vous rendez pas compte. Mais c’est une véritable déflagration, cette nouvelle au sujet de ma santé. Je me demande si je n’aurais pas préféré avoir une bonne grosse maladie de derrière les fagots, un truc de mon âge, un truc de mec, un truc à la prostate, par exemple mais là, ce que vous venez de m’annoncer, non, ce n’est vraiment pas possible pour moi de vous croire. Il y a forcément une erreur. Vous me dites que non. Mais moi, comment je vais faire ? Je ne vais jamais supporter ça. Je suis un mec, moi. En plus, je suis le champion du monde des douillets alors vous imaginez bien que ça ne va pas se passer sans douleur et sans larmes. Pfou… Et qu’est-ce que je vais dire autour de moi ? Vous comprenez bien que le président, il va tomber des nues, lui aussi. Il ne va jamais me croire.

Et ce n’est pas tout ça mais comment je vais faire, moi, au quotidien. Vous savez que je marche beaucoup, est-ce que ça va m’empêcher de marcher autant que ce que je fais tous les jours ? Est-ce que ça va m’obliger à suivre un régime particulier ? Et si c’est trop lourd à porter, comment je vais gérer ça avec mon dos ? Avec ma lombalgie chronique ? Et vous ne le savez pas mais je me produis sur scène le 28 mars. Je jouerai la comédie, je chanterai et je danserai et je termine le show en tenue un peu sexy, vous croyez que ça va se voir ? Parce que question glamour, déjà que là, en tant qu’homme mûr un peu travesti, ça va être le pompon. Trois mois, vous dites ? Mais non, ça n’est définitivement pas possible. Vous pouvez me croire. Et comment je vais annoncer à ma mère que je suis enceinte ? Non, ce n’est pas possible.

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jeudi 26 février 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (13)

Dieu ? Hmmm, oui, mortel ? Excuse-moi de te déranger, encore une fois mais bon, parfois, j’ai besoin de te parler. Je suis là pour ça aussi, mortel. Je te remercie, Dieu, de bien vouloir m’écouter. Je t’en prie et Je t’écoute. Alors voilà, ce matin, en me levant, je me suis posé une question qui m’a semblé importante… Ah ? Non, pas importante, essentielle. Je t’écoute, mortel. Sauf que là, je ne m’en souviens plus. Eh bien tu n’as qu’à faire ce qu’il faut pour t’en souvenir et revenir vers moi quand ce sera le moment ad hoc. Comme le capitaine ? … Elle est bonne, celle-là, Dieu, non ? … Dieu ? … Dieu, tu es parti ? … Dieu ? … Oui, mortel ? Tu étais parti ? En effet, J’étais parti. Sache que Je ne suis pas là pour écouter tes vannes. Tu Me fais perdre Mon temps. Je pensais que la notion du temps n’existait pas, chez toi.

Non, le temps n’a pas la même notion pour Moi que pour toi, mortel et justement, comme ça, tu ne peux pas le comprendre, autant que tu restes à ta place et que tu gardes tes jeux de mots pour tes congénères. Tu es un peu soupe au lait, ce matin, Dieu, non ? Je me trompe ? … Dieu ? … Dieu ? … Ohé, Dieu ? Oui, mortel ? Bon, allez, je te jure que je ne blaguerai plus. Tu as une question à me poser ? J’en ai plein, Dieu. Tu as une question pertinente à me poser, mortel ? Comment je fais pour savoir si mes questions sont pertinentes ? À mes yeux, elles le sont mais aux tiens ? Tu Me fatigues, mortel, tu Me fatigues. M’enfin, Dieu, je n’ai rien dit. Je ne t’ai pas titillé, à ce que je sache. Tu ne fais que ça, Me titiller. Sauf qu’on ne titille pas Dieu. Allez… Ou alors, il faut le faire intelligemment mais là, J’en doute.  

Ta question de ce matin t’est revenue, mortel ? Ben non, Dieu. Je ne comprends pas mais depuis quelques temps, j’oublie souvent des choses. Il te faudrait peut-être consulter, mortel. Tiens, l’autre jour, j’étais en train de m’engueuler avec ma femme et… Et ? Et je ne sais plus pourquoi. C’est intéressant. Et à un moment, je lui ai dit que… Tu  lui as dit quoi ? Ben justement, Dieu, je ne sais plus non plus. Décidément, mortel, tu t’améliores de jour en jour. Tu vas bientôt atteindre des sommets. C’est vrai, tu es sérieux, Dieu ? Mortel, sache que Dieu ne plaisante jamais. Ou alors avec des intentions et un humour qui ne peuvent que te dépasser. Je ne comprends pas ce que tu veux dire, Dieu. Tu vois, c’est exactement ce que Je te disais. Pourquoi tu me dis ça, Dieu ? Au fait, on parlait de quoi, déjà, au départ ?

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Bernadie et Stéphanette (9)

Le retour de la confiance. Il était temps. Car la dernière fois que nous avons répété, avec mon acolyte, ça avait été de l’ordre de la catas...