Et si tu n’existais pas, à coup sûr, j’aurais vécu tout autrement. Parce que si tu n’avais pas existé, nous ne nous serions jamais rencontrés et je serais peut-être quelqu’un un peu différent. Et c’est amusant de penser à ça car je n’aurai évidemment jamais aucune réponse à mes questionnements existentiels : si j’avais fait d’autres choix, où serais-je, aujourd’hui ? Par exemple, si je n’avais pas quitté Saint-Maixent, mes parents, à 19 ans, presque 20, pour aller à Paris où je pensais que quelqu’un m’attendait pour me révéler au monde comme son plus grand écrivain de la fin du siècle, où vivrais-je, maintenant ? Si je n’étais pas parti à Paris, je serais peut-être resté dans les Deux-Sèvres et je serais toujours membre des Pibolous et on m’aurait même décerné une médaille pour bons et loyaux longs services rendus à la tradition locale.
Et j’habiterais probablement une petite maison avec pierres apparentes sur la façade mais, avec le temps, il est clair que je l’aurais modernisée, que j’y aurais tout le confort et même la WiFi avec la fibre. Chose qu’à l’époque, nous ne pouvions pas soupçonner. Ni que ça allait changer nos vies. Ou alors, je serais parti habiter à Niort, dans la préfecture et j’y aurais fait carrière, petitement mais sûrement. Et j’y serais propriétaire d’un appartement, que j’espère bel, avec un grand balcon et je n’aurais pas perdu de vue tant d’amis d’enfance et d’adolescence alors que là, en m’étant fait naturaliser parisien, si. Et quand j’en revois, je suis souvent, presque toujours un peu, beaucoup déçu, tant d’eaux ont passé sous tant d’autres ponts. Rares sont celles et/ou ceux que je continue de voir au bout de 45 ans. C’est très bien comme ça.
Et si j’étais parti habiter dans un autre département, une autre région, voire un autre pays (j’ai hésité à partir en Allemagne, en 1982), c’est tellement évident que toute ma vie aurait été à l’opposé de celle que j’ai vécue à Paris puis à Bordeaux. Et je n’aurais pas connu celles et ceux qui me sont les plus chers, aujourd’hui. Et je n’aurais pas eu le bonheur de côtoyer Kali et Shuka, tous les jours, depuis une dizaine d’années. Les amours de ma vie. Je n’aurais pas créé les Vamps fatales avec mon acolyte de scène. J’aurais sans doute continué d’écrire car j’ai commencé si jeune (vers 11 ans) mais là encore, peut-être que j’aurais été moins fumiste et que j’aurais été publié. Ah, si tu n’existais pas, comment aurais été ma vie ? Comme serait ma vie ? Non, finalement, je ne peux pas imaginer que tu n’aies pas existé. Car sans toi, non, ça n’existe pas.
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