lundi 16 mars 2026

rue Málaga

Alors, comment vous dire ? Je continue d’aller plus ou moins régulièrement au cinéma mais là, oui, là, j’ai vu un film extraordinaire. À mes yeux, il relève du chef d’œuvre mais ce n’est que mon opinion, que mon sentiment. Il s’agit de Rue Málaga tourné par Maryam Touzani dont j’avais déjà beaucoup aimé Le bleu du caftan, en 2023. C’est une réalisatrice qui a un talent indéniable sur les regards, les silences, les gestes lents et la lumière, la photographie car les images de chacun de ses films sont de toute beauté. Et là, ça n’a pas manqué. Je pense que c’est la meilleure cinéaste actuelle dans ce domaine-là. L’histoire ? C’est un peu de la sienne dont il est question, ça se passe à Tanger, là où beaucoup d’espagnols ont émigré au vingtième siècle. Et il y a un savoureux mélange entre les marocains et les ibères. Tout le monde s’entend bien et ça génère des complicités à tous les niveaux.

Maria-Angeles a 80 ans. Elle vit dans un appartement dont le balcon garni de géraniums donne sur la rue Málaga et de chez elle, elle fait signe à ceux qu’elle connaît, elle peut même leur parler du haut de chez elle. Elle reçoit sa fille, retournée vivre à Madrid, jeune divorcée qui a des problèmes d’argent et cette dernière veut que sa mère vende l’appartement et aille en maison de retraite. Maria-Angeles fait tout ce qu’on lui demande : elle vend ses meubles, ses souvenirs et part s’installer là où on lui promet  une (fin de) vie heureuse sauf que… Sauf que Maria-Angeles n’aime pas qu’on lui donne des ordres. Elle décide de reprendre sa vie en main et ne va rien rater jusqu’à trouver l’amour. Difficile de ne pas trop en raconter car il faut laisser du plaisir à ceux qui n’ont pas encore vu le film.

Ce que j’ai aimé ? La beauté sidérante de Carmen Maura, elle-même 80 ans ; ses chignons très élaborés, son allure, sa façon de s’habiller… J’ai aimé la relation qu’elle a avec tous ses voisins, tous les boutiquiers de la rue. J’ai aimé la voir cuisiner avec une caméra qui prend son temps. J’ai aimé la voir aimer et être aimée, il n’y a pas d’âge pour ça. J’ai aimé ses œillades complices voire coquines. J’ai aimé les scènes d’amour, magnifiquement filmées, notre regard étant une caresse de plus sur les deux corps devant nous. J’ai aimé les ambiances. Il ne m’a manqué qu’une chose : qu’on ait également les odeurs de cette rue Málaga, de la cuisine de Maria-Angeles… J’ai aussi beaucoup aimé les conversations qu’elle a avec sa meilleure amie, bonne sœur ne parlant plus car elle a fait vœu de silence. On rit, parfois. On est émus, souvent. Et que j’aurais aimé la connaître en vrai, Maria-Angeles.



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