mardi 31 mars 2026

remettre sa mère sur les rails

Ma mère ne s’appelle pas Micheline mais Monique. Il n’en demeure pas moins que je l’ai ramenée chez elle, hier après-midi et que je vais rentrer chez moi, ce matin. Parce que la fête est finie. Et parce que je suis content qu’elle soit venue assister à mon nouveau spectacle et parce que comme c’était une fête de famille, elle a pu voir une partie de ses neveux et nièce. Et je suis super content qu’elle ait pu en profiter. Et d’après ce qu’elle m’en a dit, elle a passé une bonne journée. Et j’espère une bonne semaine mais elle avait besoin de rentrer pour régler certaines affaires personnelles. Je comprends, même à près de 90 ans, on peut avoir des choses à faire. La preuve. Et donc, nous avons décidé de son retour pour hier. Et du mien pour aujourd’hui. Et reprendre une vie un peu plus normale.

Alors, je l’ai raccompagnée pour la remettre sur les rails de son quotidien. Et nous allons retrouver chacun, elle et moi, nos routines respectives. Et nous allons reprendre nos appels du matin, entre 8h30 et 9h, de sa part et entre 16h et 18h, de la mienne. Bien sûr, nous serons amenés à passer de nouveau du temps ensemble sur Bordeaux, on connaît déjà une date à laquelle elle doit impérativement revenir ici, le 11 juin. J’irai donc la chercher quelques jours avant et si elle veut bien rester quelques jours après, peut-être irons-nous passer un peu de temps à Biscarrosse. Depuis la fin août, ça nous semble si loin, ça aussi. Et entre temps, nous nous reverrons chez elle, dans 23 jours puisque nous irons lui fêter ses 90 ans. Parce que 90 ans, ça se fête. Et si on ne le fait pas cette année, hein ‽

Oui, si ma mère s’était prénommée Micheline, j’aurais pu la remettre vraiment sur les rails mais disons que ça marche aussi avec Monique. Là, on ne s’était pas vus depuis le mois de novembre et il était temps que quelque chose se passe. Je me souviens quand je lui ai demandé si elle voulait venir voir le spectacle, elle m’avait tout de suite dit oui. J’ai sauté sur l’occasion. Et je ne le regrette pas. C’était bien aussi de jouer sur une véritable scène devant elle aussi. C’est bien de partager des choses avec elle. Un jour, je me dirai que j’ai bien fait. Pas comme hier quand j’écrivais que je n’aurais peut-être pas dû. Pas avec elle, non. Et tout à l’heure, nous partirons en même temps, elle avec mon frère aîné, pour aller faire leurs courses hebdomadaires et moi, pour prendre le chemin de chez moi, en sens inverse.

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lundi 30 mars 2026

je n’aurais peut-être pas dû

Toute réflexion faite et toute honte bue, je sais maintenant que je n’aurais peut-être pas dû. Parce que je pense que j’ai cassé quelque chose de très fragile. En l’appelant, quelques années après (combien ? Trois ? Quatre ? Plus ?), j’ai ravivé des souvenirs qui m’ont un peu tourneboulé après m’avoir ravi. Et il s’en est fallu de peu que je n’arrive pas à sécher ce début d’humidité. Un début d’humidité dans les yeux. Dans les yeux, vraiment ? Oui, dans les yeux, vraiment. Le reste ne regarde que moi. Je sais que je suis très, trop émotif et je m’en doutais qu’en l’appelant, j’allais jouer avec le feu. Parce que ça n’était pas la première fois que j’en avais envie. Oh que non. Mais c’est la première fois depuis cette éternité qui nous sépare que j’ai osé le faire et là, je sais que je n’aurais peut-être pas dû.

Mais c’est comme ça, quand l’envie est vraiment irrépressible. Quand on fait un caprice comme je l’ai fait, la semaine dernière mais c’était un moment un peu anormal dans ma vie avec cette espèce de tension en prévision de mon spectacle et j’ai eu besoin d’un coup de nostalgie. Comme si j’allais en sortir quelque chose. Comme si j’allais me retrouver à côté de toi, comme si de rien n’était. Comme si nous allions passer un moment ensemble, devant une tasse, dans un café ou chez toi, dans ton salon. Comme si j’allais voir comment allaient tes plantations sur ton balcon. Ou ta terrasse. Sauf si tu as déménagé. Comme le fil a été totalement rompu entre nous, je ne sais plus rien de toi. Et là, qu’est-ce qui m’a pris ? À part le plaisir immédiat d’entendre ta voix, ça a juste remué un couteau dans la plaie.

Je n’aurais certainement pas dû te recontacter. Te laisser au chaud de mon cœur, dans mes meilleurs souvenirs. Garder cette image de l’être idéal que je connaissais à l’époque. Oui, l’être idéal. Parce que j’aime avoir cette notion de piédestal sur lequel se trouveraient les gens que j’aime le plus. Et quand je n’ai pas la chance de les connaître sans aucune rupture, il ne me reste plus que ça. Plus qu’une image sublimée. Sublimée parce que sublime. Bon, maintenant que je sais que je n’aurais peut-être pas dû, je peux bien te le dire, j’ai tant voulu entendre ta voix que je me suis convaincu que je t’avais passé un coup de fil. Comme ça. Juste pour t’entendre. T’entendre à défaut de te regarder droit dans les yeux. Comme dans mes souvenirs les plus beaux avec toi. Je ne t’ai pas appelé car je ne sais que je ne devrais pas.

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dimanche 29 mars 2026

encore Bernadie et Stéphanette (13)

Bon, cette fois, c’est peut-être la dernière fois que je vais parler de ces deux nanas, Bernadie et Stéphanette. Enfin, la dernière fois avant la prochaine. Ah bon, il y aura une prochaine ? Une suivante ? Ben non, ce n’est pas encore à l’ordre du jour. Pas à l’ordre d’un jour. Pas encore. Mais s’il ne tenait qu’à moi, autant vous dire que je suis déjà partant, je suis prêt à signer pour un troisième spectacle à condition qu’on me laisse quelques mois pour le préparer, comme celui que nous venons de faire. Et à l’autre condition qu’on ait au moins autant de public qu’avant-hier, soit un peu plus de cent personnes car maintenant que j’ai goûté aux applaudissements nourris, je ne pourrai pas me contenter de moins. Et pour toute personne qui aimerait faire appel à nos services, sachez que de toute façon, il y a plusieurs semaines d’écriture et plusieurs semaines de répétition à prévoir.

Hier, j’ai eu la chance de voir quelques extraits de vidéos qui ont été faites avant et pendant le spectacle. Et je peux vous dire, en toute modestie, que je me suis fait rire tout seul mais que j’ai aussi vu plein de défauts et c’est heureux que le public n’ait rien vu mais moi, que je regrette de ne pas le refaire en enlevant toutes les erreurs et en modifiant deux ou trois choses mais si je le refaisais, il n’y aurait plus de surprise et si je le faisais devant d’autres gens qui n’étaient pas concernés, ça n’aurait pas le même impact, donc pas le même côté rigolo et donc, pas le même succès. En tout cas, dans le film, on entend le public réagir chaleureusement, parfois, en riant, parfois en rouspétant car nous avons eu quelques saillies qui étaient plus que provocatrices et je peux comprendre que ça puisse énerver. Surtout les simples d’esprit. Tiens, vous voyez, je recommence, je ne peux pas m’en empêcher.

Enfin, encore une fois, tout ça, c’est du passé et hier, on a débriefé avec ma mère et le président. Mais aussi avec le patron, à midi. Et en fin de journée, avec mon acolyte et sa moitié. Et si tout le monde est content, nous aussi. Et ça tombe bien car lui et moi, nous sommes satisfaits malgré tout de ce que nous avons fait. Et lui aussi, il a trouvé que les 45 minutes de spectacle étaient passées trop vite. Les minutes étaient plus longues lors des répétitions. C’est incompréhensible. Non, pas tant que ça, c’est juste que le jour J, nous étions portés par une énergie, par une espèce d’adrénaline et de plaisir à le faire pour de vrai, enfin. Et puis, le dimanche a filé et nous sommes lundi matin et là, j’ai tous les costumes et les accessoires à trier et à ranger. Ça va me faire un peu de peine. Oui, oui. Parce que je ne sais pas quand je vais les retrouver, Bernadie et Stéphanette, mes deux copines.

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samedi 28 mars 2026

triomphe

Un triomphe. Je ne vois pas ce qu’on pourrait dire d’autre. Un triomphe. Une salle enchantée, un public ravi, enthousiaste, je crois qu’on aura marqué les esprits, hier après-midi pour notre show Les vamps fatales à Saint-Médard de Guizières. Quelques couacs qui n’ont pas été repérés par les spectateurs. Des envolées. Des rires.

Des partenaires au top (on avait choisi deux mecs pour être nos victimes et ils ont bien joué le jeu, on a même dû les freiner pour qu’ils n’en fassent pas trop) et beaucoup de surprises. Tant visuelles que musicales. Non, vraiment, j’ai beaucoup aimé travailler avec mon acolyte, Bernard et je dois même avouer que si j’en avais l’occasion, je créerais bien un autre spectacle, pour dans un an ou deux (comme il nous faut environ cinq à six mois pour écrire, répéter et mettre en scène…)

Et ce matin, pas trop de texte, juste trois photos parmi les premières que j’ai pu récupérer. Déjà des souvenirs. En tout cas, ça a passé si vite, sur scène que là, je me sens un peu frustré. Voire en manque. Mais des images plein la tête. Et une espèce de plaisir à la limite de l’autosatisfaction. Comme quoi, il m’en faut peu, hein ?

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vendredi 27 mars 2026

RTT (ou rien de spécial)

Aujourd’hui, je n’ai rien de prévu. Rien de spécial à faire. C’est samedi. Je pense que je vais apprécier cette journée de RTT. Ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé d’avoir du temps libre devant moi. De ne rien avoir à faire du tout. Bien sûr, après avoir écrit ce billet, je vais aller me doucher, me laver les dents et surfer sur Internet en attendant d’aller chez le patron pour donner le cachet du cœur à Kali et préparer sa gamelle et celle de Shuka pour une heure plus tard (il faut qu’elle attende une heure entre le comprimé et le repas) et après, j’attendrai que le patron descende de sa nuit car je reste toujours à discuter avec lui quand il commence son petit-déjeuner. Arber arrivera vers 9h et il va nous raconter sa semaine. Ensuite, Marise viendra chercher les fauves pour les sortir et comme il pleut, il va falloir leur enfiler leur manteau.

Seulement après, je rentrerai chez moi où je prendrai un deuxième mais néanmoins second petit déjeuner car j’ai souvent plus faim vers 9h30 et là, je vaquerai à mes occupations ménagères ou intellectuelles (rarement les deux en même temps) et je retournerai chez le patron vers 11h car comme chaque samedi, nous déjeunerons chez lui et là, nous prendrons l’apéritif sans alcool et nous mangerons et je rentrerai me reposer vers 14h ou 14h30 avant de… Avant de… Mais non, putain, mais non, pas du tout. Aujourd’hui, c’est le jour de mon spectacle. Le deuxième. Oh la, la, j’ai failli oublier. Heureusement que je me suis levé tôt, comme la plupart du temps, sinon, j’aurais été à la bourre. Non, en réalité, tout mon emploi du temps reste le même jusqu’à l’arrivée d’Arber et ensuite, je rentrerai chez moi pour 9h15…

Car nous prendrons la route à 9h30 précises afin de nous rendre sur le lieu où nous sommes attendus. Nous n’aurons pas assez d’environ deux heures pour tout finaliser : ranger nos costumes (trois housses chacun) et nos accessoires dans la coulisse qui nous revient, Bernard côté cour et moi, côté jardin. Puis, les essais de son (de son quoi ? De son son) et un bon gros filage muet afin de prendre possession de l’espace. La scène fait 7 mètres sur 7,5 mètres et ça n’a rien à voir avec mon séjour où nous répétons depuis des semaines. Et nous ferons tous les mouvements sans réciter notre texte car il y aura sans doute du monde et nous ne voulons rien déflorer. Et ensuite, ce sera le repas, l’auberge espagnole et après, petit à petit, le temps passera jusqu’à 15h15, quand nous irons nous habiller. Et ensuite… On en saura plus que demain.

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jeudi 26 mars 2026

Bernadie et Stéphanette (11)

Je ne sais pas si je vais être capable de parler d’autre chose, ce matin. Rendez-vous compte que demain, c’est le jour J, le jour du show. Demain après-midi, Stéphanette et Bernadie se produiront sur la scène de la salle des Fêtes de Saint-Médard de Guizières, près de Libourne. Et demain, ce sera « ça passe ou ça casse. » Je ne parle pas du succès évident que nous allons faire. Succès ? Triomphe, plutôt, oui. Non, je plaisante mais je commence à n’en pas mener bien large. Mais oui, ce n’est pas parce que ça nous fait rire que ça fera rire tout le monde dans le public. Et on n’est pas à l’abri d’un trou de mémoire, que ce soit pour le texte ou les chorégraphies. En effet, si nous ne sommes pas ensemble, pendant une chanson, ça va friser le ridicule. Déjà qu’on n’en sera jamais loin avec nos costumes peu discrets.

Mais non, on va surtout essayer de procurer (un peu) du plaisir à l’assistance. D’ailleurs, à ce sujet, j’ai appris qu’il y aura près de 120 personnes dans la salle. Ça n’est pas rien. En décembre 2024, il y avait 15 personnes chez moi pour notre premier show. Cette fois, il y en aura 8 fois plus. Mais alors, si  c’est exponentiel, la troisième fois, ce sera 960 personnes ? Il nous faudra le théâtre Femina, à Bordeaux. Et ensuite, La France a un incroyable talent. Et puis Danse avec les Stars et enfin, la cérémonie des J.O. de 2030, dans les Alpes françaises. Les Vamps fatales font du ski. Les Vamps fatales à la mer. Les Vamps fatales à la ferme… Et on vendra plein de produits dérivés : des mugs, des porte-clés, des tee-shirts… Et nous serons invités à la Maison Blanche et nous déclinerons car si c’est Trump… Non, il ne le fera pas.

En attendant, demain, départ à 9h30 pour faire les quelques 50 kilomètres qui nous séparent de notre scène. Et comme nous devrons faire une ultime répétition-filage (sans le texte, juste les mouvements) et des essais son avant midi, on aura du pain sur la planche. Et il nous faudra prendre possession des coulisses, Bernard du côté cour et moi du côté jardin, y installer nos costumes sur des portants et nous aménager notre coin pour que tout soit le plus pratique possible. Et ensuite, nous participerons au repas, à cette auberge espagnole qui nous attend et à partir de 15h, nous commencerons à nous préparer mentalement et à 15h15, habillage si nous respectons l’horaire annoncé de 15h30, ce qui serait parfait. Et ensuite, ce sera parti pour 45 minutes (environ) de show que je souhaite le plus réussi possible.

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mercredi 25 mars 2026

41 ans

Forcément, fatalement (que je n’aime pas cet adverbe – je ne crois pas au destin), ça devait arriver. Ça devait arriver que tu atteignes les 41 ans. Mais que deviens-tu ? Quand je pense que quand nous nous sommes connus, je m’étais imaginé que nous resterions en contact et que je pourrais te souhaiter un bon anniversaire pour tes 41 ans. Marquer le coup. Quand nous nous sommes connus, c’était dans une espèce d’euphorie et je me souviens d’un jour où tu m’as demandé : « où crois-tu que tu seras dans dix ans ? » En gros, j’avais pris cette question pour « serons-nous toujours amis dans dix ans ? » Et je t’avais répondu que je serai toujours là. Sauf que depuis au moins trois ans, je ne suis plus là. Et toi non plus. Enfin, tu n’es plus là, dans ma vie et moi, je ne suis plus dans la tienne. Sauf que ça ne veut pas dire que tu n’es jamais dans mes pensées.

Forcément, fatalement (je n’aime toujours pas cet adverbe), ça devait arriver. Un jour, tu allais atteindre les 50 ans. Bon, d’accord, ce n’est pas pour tout de suite, c’est pour dans un mois et demi mais comme je suis dans les célébrations, dans les hommages, ce matin, tu fais partie de ceux que j’avais envie d’honorer. 50 ans, eh bien dis donc. Quand je pense que je t’ai vu naître (ou presque), que je t’ai langé, que je t’ai donné à manger, que j’ai joué avec toi avant d’aller vivre ma vie à Paris. Quand je pense que tu es toujours là, toujours le même mais devenu si différent, si grand, si adulte, si papa. Quand je pense que je ne m’étais jamais imaginé qu’un jour, tu aurais 50 ans. Tu restes un enfant à mes yeux et pourtant, le résultat est bien différent de ce que j’ai dans ma tête, tu es devenu un autre que celui que j’ai toujours connu. Et je suis fier de toi, si, si.

Forcément, fatalement (je peux arrêter avec cet adverbe, oui ou non ?), ça devait arriver. Ou pas. Ça pouvait arriver, plutôt mais ça aurait très bien pu ne jamais se produire. Dans pile un mois, tu auras 90 ans et ça, ça reste un événement. Ça restera un des événements de cette année 2026. Quand même, 90 ans, ça en jette, non ? Tu es devenue une vieille dame mais qui peut se douter que tu entames bientôt une nouvelle dizaine ? Une nouvelle décennie. Qui peut se douter que tu as déjà vécu tout ça ? Ça me paraît tellement abstrait, là, ce matin. Un peu irréel. Et pourtant, tu y arrives à ces nonante années de faites. Bon, je suppose qu’on en reparlera dans quatre semaines mais en attendant, moi, ce matin, j’ai trois anniversaires dans la tête. Ah mais de qui parlé-je ? Chacun, chacune se reconnaîtra. Ou pas. Surtout si l’un de vous ne me lit plus.

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mardi 24 mars 2026

qu’en pense Panurge ?

Tiens, je me suis posé une question, cette nuit, alors que je venais de me lever pour faire pipi, il devait être environ 2h57 et quelques secondes et que je me suis recouché et avant de sombrer de nouveau, je me suis rendu compte que j’avais oublié de débrancher mes neurones. Et la question en question, c’est celle-ci : est-ce que c’est arrivé à Panurge de compter les moutons pour s’endormir ? Ah oui, quand même, il y en a qui connaissent son nom, à Panurge mais ils ne savent pas qui c’est, en réalité. Bon, je vais tout reprendre depuis le début. Panurge, c’est un très bon ami de Pantagruel, le héros de Rabelais. Et pour se venger d’un marchand de moutons, Panurge décide de lui acheter le plus beau de son troupeau afin de le jeter par-dessus bord, dans la mer et par instinct grégaire, les autres moutons ont suivi le premier. Ouais, en gros, c’est ça. Et par ricochet, on parle des moutons de Panurge pour ceux qui suivent aveuglément les autres, sans réfléchir par eux-mêmes. 

Bon, si on oublie Panurge mais qu’on reste dans les moutons, chacun sait qu’on peut les compter si on a du mal à trouver le sommeil mais que sait-on de ces ovins, ces animaux qui nous fournissent tant de laine ? Que sait-on de leur propre sommeil, à eux ? Est-ce que les moutons comptent les humains pour s’endormir ? C’est une véritable question. C’est comme quand les enfants jouent à chat perché (j’adorais ça, moi, quand j’étais gamin), est-ce qu’on a seulement imaginé un jour que les chats pouvaient jouer à humain perché, eux ? Parce que tout le monde le sait, les chats aiment bien les endroits en hauteur. Et certains êtres humains aussi. Et, comme vous commencez à me connaître, vous vous doutez bien que je ne vais pas m’arrêter, là, ce matin. Tiens, par exemple, plus tard, je vais donner à manger aux poissons, chez le patron. Et je me dirai qu’ils sont heureux comme des poissons dans l’eau. Mais eux, ils pensent que nous sommes heureux comme des humains hors de l’eau.

Et les chiens, hein ? Tiens, par exemple, allez savoir si parfois, les chiens, quand ils se rencontrent, après s’être reniflé le cucul, ils ne se disent pas « ouais, j’ai eu envie de sortir mon humain » alors que quand on les qualifie de fidèles amis de l’homme, cette fois, l’inverse n’est pas vrai. 100% des chiens ne peuvent pas dire que l’homme est le plus fidèle ami des chiens. J’en veux pour preuve tous ceux qui sont maltraités et/ou qui sont abandonnés. Et outre les prenons les plantes vertes, tiens, par exemple. Quand on décide de les mettre près d’une source de lumière, si ça se trouve, elle-même, elle se dit « je préfère me mettre là pour que mon humain ait un peu d’oxygène, chez lui. » Et dans le genre, l’homme aime à regarder les étoiles (enfin, surtout l’homme d’avant les téléphones portables car les nouvelles générations ne les regardent que sur les réseaux sociaux) mais encore une fois, si peut-être que ce sont les étoiles qui nous observent, elles-mêmes. Tu parles d’un spectacle.

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lundi 23 mars 2026

passons à autre chose, peut-être

Maintenant que les municipales sont terminées, je propose que nous passions à autre chose, peut-être, non ? Si vous souhaitez qu’on procède par un vote afin de savoir si nous pouvons passer à autre chose, je suggère qu’on le fasse à main levée. Ah ben non, suis-je ballot ‽ Je vais être obligé de faire un vote par bulletin car à main levée, à distance, moi, je suis désolé mais je ne vous vois pas et je ne peux rien contrôler. Ou alors, sans besoin de faire quelque alliance que ce soit avec qui que ce soit, je vais certainement décider tout seul du sujet dont il va être question ce matin. Après tout, on vient d’avoir notre dose de démocratie, là, je trouve. Et le sujet du jour, ça va être… Le sujet du jour, ça va être… Ça va être… Et quand je pense qu’il ne me reste plus que quatre fois dormir avant de monter sur scène, samedi qui vient…

Alors, le sujet du jour. Tiens, pourquoi pas les tourteaux fromagers, une spécialité bien de chez moi. Justement, hier, en arrivant chez maman, j’en ai acheté six. Parce que ma cousine m’en a demandé trois ou quatre pour la fête de samedi, justement. Et moi, j’en ai pris deux de plus afin d’en offrir un au patron (qui aime beaucoup ça – et quand je dis « qui aime beaucoup ça », c’est beaucoup plus plus) et d’en garder un pour moi mais ne le répétez pas car si je peux le manger en douce, je ne m’en priverai pas. Le tourteau fromager, c’est un « petit » gâteau à base de fromage de chèvre frais qui a vu le jour à la Mothe Saint-Héray, à une dizaine de kilomètres de Saint-Maixent. De forme bien rebondie, il a la surface noire comme du charbon. Il tient son nom du poitevin « tourterie » qui veut justement dire « gâteau » en patois d’ici.

Ouais, je sais que le tourteau fromager, comme sujet de billet pour mon blog, ça n’est pas forcément très croustillant. Ce n’est pas avec ça que je vais faire le buzz. Oh, je ne le sais que trop bien, vous savez. Mais je ne vais pas encore parler de mon spectacle de samedi prochain. Non, ça pourrait vous laisser penser que je me fais de l’auto-publicité gratuitement. De toute façon, même si je vous dis que c’est à 15h30 à la salle des Fêtes de Saint-Médard de Guizières, comme c’est déjà complet, vous ne pourriez pas entrer pour venir me soutenir et m’applaudir. Oui, c’est dommage, hein ? Bon, vous n’avez qu’à me trouver une date près de chez vous. Et je pourrais apporter des tourteaux fromagers. Et nous pourrions alors reparler de ces municipales qui auront fait beaucoup parler, non ? Ah, vivement la présidentielle, moi, je dis…

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dimanche 22 mars 2026

et le gagnant est…

Et le gagnant est… Thomas Cazenave. Ah, enfin une bonne nouvelle à l’international. Non, pardon, au niveau national. Ah bon, j’exagère ? Au niveau local, ça va comme ça ? Alors, je reprends : enfin une bonne nouvelle. Non, j’ai oublié le « ah » qui va avec. Je reprends encore une fois : Ah, enfin une bonne nouvelle au niveau local. Pardon, c’est aussi un signe au niveau national ? Il faudrait savoir ce que vous voulez. Si je dis « national », vous me reprenez et si je dis « local », vous me reprenez aussi. Alors, je reprends mais je vous préviens, c’est la dernière fois : Ah, enfin une bonne nouvelle au niveau intersidéral. Ça va, comme ça ? Eh bien, je suis fort content de le savoir. Parce que vraiment, un nouveau maire pour Bordeaux, de moins de 50 ans, qui plus est, ça reste quelque chose que je n’oublierai pas.

Et le gagnant est… Pierre Hurmic. Merde. On aurait dû s’en douter. Quelle triste nouvelle au niveau local, quand même, hein ‽ Pardon, j’ai visé trop large en parlant du niveau local ? Vous voulez que je dise quoi pour le secteur concerné ? OK, je vais essayer pour voir si ça fonctionne bien à l’oreille : quelle triste nouvelle pour le niveau hyper-central. Non, ça ne convient pas non plus ? Attendez, je vais essayer autre chose : quelle triste nouvelle pour le niveau micro-central. Là, c’est top ? Vous parlez de sa défaite ou de ma phrase ? Parce que là, je suis un peu perdu, moi. Vous parlez de l’ensemble. Eh bien, pour une fois, il semble que nous soyons tombés d’accord. Ce n’est pas comme les politiciens. Bon, je crois que pour le discours de notre maire sortant, on est bon, on n’attend plus que les résultats.

Et le gagnant pourrait être… Avec entre 50 et 51%, ça pourrait être… Hier soir, j’ai passé mon temps devant la télé et devant mon ordinateur. J’étais connecté sur plusieurs sites en même temps et à 21h30, il n’y avait toujours aucun chiffre officiel. Alors, j’ai failli aller me coucher et soudain… Soudain, j’ai ressenti quelque chose de fort. Comme si j’avais été touché par une espèce de grâce divine. Et soudain… soudain, j’y ai cru. Alors, à 21h35, j’ai vu 50.8%. C’est une victoire même si celle-ci est un peu courte car le septuagénaire a quand même reçu 49.2% des voix. Les voix des autres. Bon, j’ai pu aller me coucher. Et là, je peux enfin le dire, je peux enfin le crier haut et fort : ah, quelle bonne nouvelle au niveau intergalactique et même au-delà. Parfois, on peut quand même avoir un peu de chance.

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samedi 21 mars 2026

à qui le tour ?

Ah, comme ça me plaît, les jours d’élection. Peu m’importe qu’elles soient municipales, législatives ou présidentielles, j’aime aller voter car je me sens investi d’une mission et j’aime regarder et écouter les résultats, à partir de 20h, à la télé. Tant qu’à faire, je privilégie France Télévisions. Je suis de la vieille école, moi.  Il m’arrive même de regarder à partir de 19h mais souvent, ce n’est que du remplissage, que du bavardage et du nananananère. C’est quoi, le nananananère ? C’est quand les journalistes nous disent qu’ils ont des infos sur les résultats mais ils ne peuvent rien nous dire avant 20h. Nananananère, nous on sait mais pas vous. En même temps, on s’en fout, on saura tout au moment voulu. Moi aussi, je peux chantonner nananananère. Mais je ne le ferai pas. Je ne suis pas comme ça, moi.

Donc, ce soir, je vais me faire un plateau télé devant France 2 et attendre les résultats de quelques villes qui m’importent ou qui ont piqué ma curiosité : Bordeaux, bien sûr, Paris, Nice, Toulouse… Et voir chaque représentant de chaque parti politique se pavaner en se glorifiant d’avoir gagné ces élections. Comme si on pouvait gagner des municipales. Que l’on remporte des mairies, oui. Qu’on gagne des municipales, non, merci, pas pour moi. Et de toute façon, chaque politicien qui va venir fanfaronner ne peut et ne sait pas faire autrement car s’il venait pour dire « on a perdu, c’est un échec… » Non, il ne pourra jamais prononcer ces mots. Il n’en a pas le droit alors qu’il devrait en avoir le devoir. Reconnaître ses défaites, c’est aussi voire plus important que ses victoires car ça permet d’apprendre.

En tout cas, ici, à Bordeaux, c’est Cazenave contre Hurmic. Non, pas Kramer contre Kramer, Cazenave contre Hurmic. Pas non plus comme dans le film Pillion (comprenne qui pourra) mais bel et bien Cazenave contre Hurmic. Pas même Hurmic contre Cazenave, non, encore une fois, Cazenave contre Hurmic. De toute façon, sans chercher à faire du jeunisme, déjà, je préfère avoir un maire de 48 ans qu’un de 70 ans. Rien que cet argument-là… Et justement, Pierre Hurmic, c’est un maire sous étiquette écologiste même s’il n’est pas toujours soutenu par la bande de Marine Tondelier. Ni par ses amis de L.F.I. Mais justement, pour un écologiste de cet âge-là, je pense qu’il est temps d’aller se mettre au vert. Ça serait la meilleure cohérence avec ses idées. Et ça, c’est important, de ce mettre en accord avec ses idées.

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vendredi 20 mars 2026

manège de printemps

Ah, je peux vous dire que j’en ai fait des tours et des tours de manège, hier mais à aucun moment, je n’ai réussi à attraper la queue du Mickey. Ni même celle du diable, d’ailleurs. Ça me fait penser que les Témoins de Jéhovah ont laissé un mot dans la boîte aux lettres pour nous inviter au Mémorial de la mort de Jésus, le 2 avril prochain. Malheureusement, je ne peux pas, j’ai spectacle le même jour. Ouais, je sais, ce n’est pas tout à fait vrai parce que le spectacle, c’est le 28 mars mais ils ne le savent pas, eux. Oui, j’ai menti. Et alors, je suis apostat, ça n’aura aucune conséquence sur mon avenir, ni sur ma mort, si sur mon éternité. Mon éternité ? La belle affaire, tiens. Bref, je disais que je n’avais attrapé aucune queue. Est-ce que j’ai seulement cherché à en agripper une ? Joker. Non, finalement, je n’ai rien cherché du tout, pourquoi le cacher ?

Je disais donc que j’ai fait plusieurs tours de manège. Parce que c’était le premier jour du printemps et si je ne l’avais pas fait hier, j’aurais dû attendre un an de plus mais qui sait où je serai dans un an ? Comment je serai dans un an ? Dans quel état ? Et donc, ça m’a pris comme une envie de pisser quand on a des soucis de prostate : c’était tout de suite ou jamais. Et je m’y suis mis. Et j’ai fait ce qu’il fallait. Et je suis fier de moi. Ah zut, je viens de me rendre compte que j’ai fait une dyslexie depuis le début de ce billet, titre compris. Ce n’est pas manège de printemps, que je voulais écrire mais ménage de printemps. C’est aussi pour ça que je n’ai pas pu attraper quelque queue que ce soit car à part le manche du balai, éventuellement… Non, j’ai fait du ménage de printemps et pas qu’un peu. Pensez donc, deux placards de la cuisine.

Et pas n’importe lesquels, celui avec tous les compléments alimentaires, mes médicaments, les huiles essentielles et tout ce genre de choses dont je peux avoir besoin à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et celui de l’épicerie. Quatre étagères bien remplies, sans aucun tri, le sucré mélangé avec le salé (tout le monde n’aime pas) et là, j’ai décidé de tout mettre par catégorie. Dans le placard pharmacie, les traitements officiels en cours devant et les réserves, derrière. Ce dont je n’ai besoin que ponctuellement, tout à fait en bas. Dans le placard de l’épicerie, à la première étagère, tout le salé du quotidien, sur celle juste dessus, tout ce qui est petit déjeuner et sucré, infusions comprises, sur la troisième, tout ce qui est salé mais qui ne sert pas tous les jours et tout en haut, les papiers essuie-tout et aluminium. C’est mieux rangé, non ?

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jeudi 19 mars 2026

y a le printemps qui chante

Viens à la maison, y a le printemps, qui chante ; viens à la maison, tous les oiseaux, t’attendent… Les pommiers sont en fleurs, ils berceront ton cœur… Souvenirs de mon adolescence et des chansonnettes du hit-parade. Et aujourd’hui, c’est jour d’équinoxe. Ça n’arrive que deux fois par an, une fois pour le printemps et une fois pour l’automne. Dans six mois, on parlera d’automne et on se plaindra des jours qui auront bien trop raccourci aux yeux de tout un chacun. Et l’automne, c’est un autre style de chanson alors que le printemps, ce matin, ça me fait penser à Claude François. Toi qui es tout en pleurs, ne reste pas dans la ville, viens à la maison, y a le printemps qui chante… Après, des artistes de variétés françaises qui ont célébré la saison du renouveau, il y a en a eu pléthore. Parfois avec de l’humour. Parfois, avec enthousiasme.

Tiens, Pierre Perret, par exemple, dans les années 80, si je ne m’abuse : c’est le printemps, le chaperon rouge en moins d’un quart d’heure découvre les vertus du beurre dont elle usait tout autrement… Rhôôô. Oui, oui. Mais que se passe-t-il ? Bernadette, Stéphanie, sortez de mon cœur. Aujourd’hui, c’est le printemps, ce n’est pas encore le soir de mon spectacle. Quand même, le Pierrot du Perret, il a osé des choses que moi, je n’aurais jamais… Fontaine, fontaine… C'est l'printemps, y a la tour Eiffel qui s'emballe, qui se penche sur le trou des Halles pour lui faire un jardin d'enfants… Ben oui, la sève monte en ce moment. Tout ne va être que luxe, calme et volupté. Et tout amour. Regardez la fin de campagne pour le second tour des municipales… Tout le monde s’est aimé, tout le monde s’aime, un peu, beaucoup, à la folie…

Mais pour revenir à mon adolescence, il y a eu aussi Michel Fugain : le printemps est arrivé, sors de ta maison ; le printemps est arrivé, la belle saison ; l'amour et la joie sont revenus chez toi. Vive la vie et vive le vent, vivent les filles en tablier blanc, vive la vie et vive le vent et vive le printemps… Alors là, ça pétillait. Ça chantait, ça dansait, c’était plein de couleurs. C’est une époque que j’ai tant aimée. Avec le Big Bazar. J’ai beaucoup décroché de Fugain, après. Peut-être parce que j’ai vieilli, peut-être parce que j’ai découvert d’autres horizons, peut-être que ça devait continuer et finir comme ça. Le printemps nous a donné le joli lilas ; le printemps nous a donné le rire aux éclats et plein de bonheur pour nous chauffer le cœur… Eh oui, c’est le printemps, c’est le moment du renouveau et moi, je tombe dans la nostalgie. Ai-je bien tout compris à la vie ?

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mercredi 18 mars 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (14)

Dieu ? Oui, mortel ? Dis donc, avant tout, tu as remarqué que c’est toujours moi qui t’appelles, ce n’est jamais toi ? Tu te demandes pourquoi, mortel ? Ben oui, pourquoi, Dieu ? Peut-être parce que Je n’ai rien besoin de te contacter, mortel. Tu sais que Je sais tout. Même ce que tu ne me dis pas. Et Je vois tout, aussi. Donc, en fait, c’est un peu comme si tu avais mis un mouchard dans l’être humain. Comme les traceurs dans les téléphones portables. Toi, quand tu penses avoir des idées dans la tête, ce sont souvent des idioties, Je trouve. Tu n’es pas très gentil, Dieu. Tu n’es pas très intelligent, toi, mortel. Et là, tu es plus que pas gentil, tu es carrément méchant, Dieu. Non, je suis juste lucide. Tu sais, ça M’arrive régulièrement de regretter de t’avoir créé, mortel. Ouais, en fait, tu ne nous aimes pas. Tu ne m’aimes pas.

Ce n’est pas une question de t’aimer, mortel. C’est juste que souvent, je suis sidéré de voir ton comportement. Les bras t’en tombent ? Si ça te fait plaisir d’imaginer ça, oui, les bras m’en tombent. Alors, finalement, si les bras t’en sont tombés, tu ressembles plus à la Vénus de Milo qu’au David de Michel-Ange ? Oh, dis-moi, mortel, tu as des références en matière de sculpture ? Pour une fois, tu m’étonnes agréablement. Ah je t’en bouche un coin, Dieu ? Je n’aurais pas dit ça comme ça mais bon… Mais comment se fait-il que tu puisses avoir de telles connaissances artistiques ? C’est simple, j’ai vu une vidéo sur TikTok de jeunes hommes et jeunes femmes qui prennent des poses dans les musées pour ressembler aux statues. Si Je comprends bien, ce n’est pas l’art en lui-même qui t’intéresse mais les écrans.

Je ne vais pas te mentir, Dieu, oui, j’aime bien scroller. Surtout sur TikTok, souvent, c’est rigolo. Scroller ? Oui, Dieu, scroller. Ça consiste en quoi, scroller ? Je croyais que tu savais tout, Dieu. Oui, Je sais tout mais Je sais tout dans ce qui est naturel. Je suppose que ton scrollage, c’est complètement artificiel. Totalement virtuel. Ah mais c’est ça qu’est bien, Dieu, c’est quand c’est virtuel. Sinon, c’est trop moche. Qu’est-ce qui est moche ? Le monde que tu as créé, Dieu. Ce n’est pas Moi qui l’ai rendu comme ça, c’est toi, mortel. Toi et tous ceux avant toi. Oh, ça va, Dieu, je ne suis pas responsable de la situation actuelle. Chacun est responsable de ses pensées et de ses actes, mortel. Et ton monde virtuel, il est en train de te faire perdre ton âme. Pffft, n’importe quoi, Dieu. Et sache que ça ne se dit pas scrollage. Juste scroller.  

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mardi 17 mars 2026

in extremis

Le délai pour déposer les listes de candidature du second tour des élections municipales, c’était hier, mardi, à 18h. Normalement, je devais être au cinéma mais j’ai eu un impondérable qui m’en a empêché (ce n’est que partie remise) et donc, j’ai pu aller espionner ce qui se passait au niveau des trois postulants : Pierre Hurmic, le maire sortant (et bientôt sorti ?), Thomas Cazenave, le jeune poulain du centre et Philippe Dessertine, l’outsider que personne n’a vu venir et qui a quand même fait 20% des voix, dimanche dernier. Les deux derniers étant tous les deux du centre, on pouvait espérer une fusion pour battre le maire écolo mais pas écono(me) mais c’était sans compter sur l’obstination de monsieur Dessertine qui a dû se sentir pousser des ailes (ça se comprend) mais quand même…

Le calcul était alors vite fait : si les trois candidats se maintenaient, ça laissait une chance certaine au maire sortant (pas encore sorti) alors que si les deux listes du centre fusionnaient, ça nous (à des proches et à moi) permettait d’imaginer que Bordeaux allait sortir de cette espèce de… De cette espèce de… De cette espèce. Autant vous dire que quand on a appris que monsieur Dessertine voulait se maintenir, on a vite compris qu’on allait en reprendre pour 6 voire 7 ans de plus. Alors moi, ni une, ni deux, j’ai envoyé un mot à ce candidat arrivé troisième et je lui ai fait part de ma sidération : comment, vous voulez absolument vous maintenir ? Mais vous ne pensez qu’à vous, pas à Bordeaux ni aux Bordelais et tout et tout. Oh, bien sûr, j’ai tourné ça mieux que ça, j’ai essayé d’être plus finaud.

Et hier soir, vers 19h30, qu’est-ce que je n’ai pas appris ? Que monsieur Dessertine se désistait. Il m’a donc écouté. Je l’en remercie mais je ne comprends toujours pas son côté plus que buté en ne voulant pas soutenir la liste de monsieur Cazenave, du centre. Bon, maintenant qu’on pense que monsieur Hurmic sera bientôt le maire sorti (j’espère ne pas trop m’avancer en écrivant ça, ce matin) et non plus le maire sortant, on peut commencer à respirer. À espérer. Quand je pense que moi, à 18 ans et jusqu’à mes 40 ans, environ, j’ai toujours voté écologiste avant de voter socialiste, je me demande ce que je suis devenu. C’est vrai, ça, que suis-je devenu ? Un mec qui a envie de vivre tranquillement. La faute aux politiques ? Le pire, c’est que je pense que même pas. C’est bien plus grave que ça, non ?

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lundi 16 mars 2026

rue Málaga

Alors, comment vous dire ? Je continue d’aller plus ou moins régulièrement au cinéma mais là, oui, là, j’ai vu un film extraordinaire. À mes yeux, il relève du chef d’œuvre mais ce n’est que mon opinion, que mon sentiment. Il s’agit de Rue Málaga tourné par Maryam Touzani dont j’avais déjà beaucoup aimé Le bleu du caftan, en 2023. C’est une réalisatrice qui a un talent indéniable sur les regards, les silences, les gestes lents et la lumière, la photographie car les images de chacun de ses films sont de toute beauté. Et là, ça n’a pas manqué. Je pense que c’est la meilleure cinéaste actuelle dans ce domaine-là. L’histoire ? C’est un peu de la sienne dont il est question, ça se passe à Tanger, là où beaucoup d’espagnols ont émigré au vingtième siècle. Et il y a un savoureux mélange entre les marocains et les ibères. Tout le monde s’entend bien et ça génère des complicités à tous les niveaux.

Maria-Angeles a 80 ans. Elle vit dans un appartement dont le balcon garni de géraniums donne sur la rue Málaga et de chez elle, elle fait signe à ceux qu’elle connaît, elle peut même leur parler du haut de chez elle. Elle reçoit sa fille, retournée vivre à Madrid, jeune divorcée qui a des problèmes d’argent et cette dernière veut que sa mère vende l’appartement et aille en maison de retraite. Maria-Angeles fait tout ce qu’on lui demande : elle vend ses meubles, ses souvenirs et part s’installer là où on lui promet  une (fin de) vie heureuse sauf que… Sauf que Maria-Angeles n’aime pas qu’on lui donne des ordres. Elle décide de reprendre sa vie en main et ne va rien rater jusqu’à trouver l’amour. Difficile de ne pas trop en raconter car il faut laisser du plaisir à ceux qui n’ont pas encore vu le film.

Ce que j’ai aimé ? La beauté sidérante de Carmen Maura, elle-même 80 ans ; ses chignons très élaborés, son allure, sa façon de s’habiller… J’ai aimé la relation qu’elle a avec tous ses voisins, tous les boutiquiers de la rue. J’ai aimé la voir cuisiner avec une caméra qui prend son temps. J’ai aimé la voir aimer et être aimée, il n’y a pas d’âge pour ça. J’ai aimé ses œillades complices voire coquines. J’ai aimé les scènes d’amour, magnifiquement filmées, notre regard étant une caresse de plus sur les deux corps devant nous. J’ai aimé les ambiances. Il ne m’a manqué qu’une chose : qu’on ait également les odeurs de cette rue Málaga, de la cuisine de Maria-Angeles… J’ai aussi beaucoup aimé les conversations qu’elle a avec sa meilleure amie, bonne sœur ne parlant plus car elle a fait vœu de silence. On rit, parfois. On est émus, souvent. Et que j’aurais aimé la connaître en vrai, Maria-Angeles.



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dimanche 15 mars 2026

juste un maire

Je crois que je ne m’y ferai jamais. Non, je ne m’y ferai jamais à ces niveaux d’abstention dans les élections, quelles qu’elles soient car hier, même les municipales n’ont pas été épargnées. Moins de 60% de participation pour une élection de proximité, c’est quand même assez incompréhensible car s’il y a bien des élus qui peuvent nous servir au quotidien, qu’on peut interpeller directement, ce sont bien nos maires. Alors, je sais qu’il y a un désamour et de la méfiance vis-à-vis des politiques mais quand même, il y a un moment où il faudrait savoir raison garder. En effet, j’aimerais connaître les arguments de celles et ceux qui pensent qu’ils ne peuvent plus rien attendre des politiciens. Oui, s’il y en a qui me lisent, qu’ils me donnent leurs raisons. Elles sont peut-être bonnes à leurs yeux, elles seront peut-être mauvaises aux miens mais j’aimerais vraiment savoir.

Par exemple, si des administrés n’attendent plus rien d’un maire parce qu’ils pensent qu’ils paient trop d’impôts, parce qu’ils n’ont pas assez d’aides, parce que l’essence coûte trop cher depuis quinze jours, parce qu’ils n’ont pas assez de congés et/ou d’arrêts maladie, parce qu’ils n’ont pas assez pour se payer à manger à partir du quinze du mois (comment dépensent-ils leur argent ? – ça, ça serait intéressant de le savoir – le vouloir d’achat et non le pouvoir d’achat), parce qu’ils en ont marre de voir des immigrés ou parce qu’ils n’en voient pas assez, etc… Tous ces arguments ne dépendent pas de leur maire. Et ce qu’oublient tous ces esprits chagrins, c’est qu’ils peuvent bénéficier d’une Sécurité Sociale, certes, de moins en moins parfaite mais quand même… Et des infrastructures et d’allocations diverses et variées (même si moi, je n’ai jamais eu droit à rien…)

Alors, non, moi, je dis non. Quand avant-hier, j’ai entendu ce jeune, interrogé dans la rue par un journaliste de France Télévisions « Vous allez voter, demain ? » « Non, je n’irai pas. » « Pourquoi ? » « Parce que c’est juste un maire… » Que voulez-vous répondre à ça ? Ben oui. Alors, si on part de ce principe-là, on ne vote pas non plus aux législatives parce que ce sont juste des députés. Ni à la présidentielle parce que c’est juste un président. Et on n’a plus qu’à aller vivre en Corée du Nord ou au Myanmar et laissez ceux qui pensent que la démocratie, ça a encore un sens, que ça offre plein de droits mais que ça donne aussi des devoirs, vivre dans un pays avec des compatriotes qui en valent la peine. C’est vrai que la politique, ça n’apporte pas autant de plaisir que les apéros en terrasse de bistro ni que les vidéos sur TikTok car ça, au moins, ça en vaut la peine. Paraît-il.

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samedi 14 mars 2026

filières en crise

Bonjour. Vous ne pensez pas qu’on devrait interdire les vaporettes, les vapoteuses ? Ah ben non, vous ne vous rendez pas compte mais si on annonce, si on avoue aux consommateurs que vapoter, finalement, c’est dangereux pour la santé, vous allez mettre tout une filière en péril. Vous savez qu’on est à travailler dans le secteur du vapotage ? Non ? On est plus de 25 000. Oui, 25 000 personnes qui travaillent directement ou indirectement fait de vapoter alors imaginez donc si on devait les interdire, vous mettriez plus de 25 000 personnes au chômage. Et vous ne pensez pas que la santé des consommateurs est plus importante que l’emploi de  25 000 personnes ? Mais pas du tout. D’autant qu’on n’en meurt pas, du vapotage, à ce que je sache. L’Anses* identifie quand même des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes. Bah, foutaises que tout ça.

Bonjour. Vous ne pensez pas qu’on devrait réellement interdire tous les pesticides dans toute l’agriculture ? Ah mais non parce que si vous interdisez la totalité des pesticides en France, vous aurez plein de faillites d’agriculteurs. Déjà qu’ils n’ont pas une vie facile. Si en plus on leur interdit l’utilisation des pesticides, ça va devenir impossible de nourrir la population française. Oui mais en même temps, on la rend malade, la population, avec tous ces produits chimiques. Oui mais si on arrête, on ne pourra pas produire autant que maintenant. Oui, mais on importe beaucoup de produits de l’étranger, déjà, alors… Oui, mais bon, non, en fait. En plus, ça fait quoi les pesticides ? Des quintes de toux ? Non, ça peut provoquer ou aggraver Alzheimer, générer des troubles anxio-dépressifs, des cancers, de l’asthme, des problèmes thyroïdiens et des malformations chez les bébés. Pffft.

Bon, alors, si j’ai bien compris, on ne peut pas interdire les AirBnB car ça mettrait trop de gens dans des difficultés financières (tant pis si ça met les hôteliers et les maisons d’hôte dans l’embarras) ; on ne peut pas interdire les VTC car ça embête les taxis ; on ne peut pas interdire les livraisons de Shein et de Temu car ça va embêter les livreurs, les stockeurs, les dockers (alors que ça a déjà tué la filière textile en France) et on ne peut absolument pas interdire la publicité sur les produits néfastes pour la santé (trop gras, trop sucrés, trop salés) car là encore, ça toucherait la filière alimentaire et ça priverait les gens de certains plaisirs. Même si ces plaisirs peuvent les rendre (très) malades ou les tuer. Je pense, je trouve qu’on vit dans une époque vraiment formidable. Je suis content de la vivre. Je suis content de voir tout ce que je vois. Et je me dis que j’ai de la chance d’être déjà un peu vieux.

* Anses : Agence nationale de la Sécurité Sanitaire

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vendredi 13 mars 2026

Bernadie et Stéphanette (10)

Putain, c’est dans deux semaines. Dans quatorze jours tout pile. C’est samedi en « quinze » que nous serons sur scène, mon acolyte Bernard (Stéphanie) et moi (Bernadette) et je peux vous dire que là, la pression ne va pas tarder à monter. Lentement mais sûrement. Bon, au niveau du texte par cœur, on le maîtrise. Au niveau des changements de costumes, normalement, ça devrait le faire car on va tricher et ma foi, on fera au mieux. Et pour les chorégraphies, là encore, ça devrait aller car on a enfin tout validé mercredi dernier. Et nous allons remettre ça cet après-midi. Ensuite, nous n’aurons plus que deux répétitions, les 25 et 27 mars avant la représentation du 28. Oui, c’est vrai, le matin, nous irons faire un filage sans le texte, juste les mouvements et si possible, une autre, à condition que personne ne soit présent dans la salle. Sauf les gens concernés.

Qui sont les gens concernés ? Les deux personnes qui vont filmer. Le responsable de la table de mixage et Arber, qui sera en charge de lancer les chansons au moment ad hoc et de les arrêter à un autre moment ad hoc. Pour les mettre en route, il n’aura qu’à nous entendre dire « musique maestro » et nous allons le former avant la date pour qu’il connaisse la durée des 15 titres. Pour certains, ce sont des extraits que j’ai collés, des morceaux mis bout à bout et pour trois autres, ce sont des titres intégraux, ce qui n’empêche pas d’en faire une bonne gestion. Il nous reste deux ou trois accessoires à finaliser mais de ce côté-là, tout devrait être OK. Et il ne me manque plus qu’à faire imprimer deux affiches, les coupures de presse qui seront bientôt publiées et les petits tracts-programme que j’ai préparés et que nous donnerons au public.

Ben oui, il faut bien que les gens aient un souvenir. À supposer que ça leur aura plu. Mais c’est surtout un clin d’œil aux vrais spectacles. Et c’est un bon moyen de répondre aux éventuelles questions qui ne manqueront pas d’être posées : c’était quoi la chanson sur les piqûres ? Et celle où ça disait « j’en ai marre ? » et qui chantait le duo des « petites femmes de Paris ? » Là, j’ai mis les titres, les artistes et tous les remerciements qu’on se doit de faire pour tout artiste de scène qui se respecte : le texte est de… ; la mise en scène est de… ; les costumes et accessoires sont de… ; les décors sont de… ; avec la participation exceptionnelle de… dans le rôle de… et cætera, et cætera… Et ce matin, j’ai commencé ce billet en disant « putain, c’est dans quinze jours » mais dans quinze jours, ce sera le lendemain et on se dira « putain, c’est déjà fini. »

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jeudi 12 mars 2026

casting ouvert

J’ai bien réfléchi au sujet de mes futures funérailles. Si je sais déjà que je suis tranquille, le dossier qui me concerne pour après ma mort est complet et les personnes qui s’occuperont de tout n’auront qu’à le consulter pour toutes les démarches : cercueil le moins cher possible, crémation, ni fleurs, ni couronnes, la liste des morceaux de musique et le texte que j’ai moi-même enregistré pour faire « coucou, au revoir et à jamais… », tout ça, c’est prêt. Même la liste des abonnements à suspendre : Télérama, tram et autres.  J’ai même déjà prévu et acheté et stocké les produits pour la collation d’après cérémonie. Oui, il n’y aura plus qu’à faire chauffer. Profiter que le four sera déjà bien chaud. Non, je plaisante, il n’y aura que de la viande froide. Et je n’ai encore rien acheté, ni stocké, c’était juste une bêtise comme ça, en passant ;

En revanche, si j’ai bien listé tous les gens que je veux voir prévenus de mon décès, bien évidemment, il y en a qui ne se déplaceront pas pour venir assister à mes funérailles. Parce qu’ils sont trop loin. Parce qu’on est devenus moins proches avec le temps ou parce qu’ils auront mieux à faire. Certains auront peut-être piscine. Ou d’autres, un apéro avec des potes. Et donc là, cette nuit, alors que je ne dormais plus, je me suis mis à cogiter et moi, quand je cogite, oh, j’ergo sum. Et je me dis que le mieux, ce serait encore que je lance un casting pour venir assister à mes funérailles. Par exemple, si je pense à mon amie Karine, elle, elle est invitée d’office mais si elle ne peut pas venir, il faut bien que je la fasse remplacer, non ? Alors si une personne d’entre 50 et 70 ans veut postuler pour faire l’intérim, c’est possible et conseillé.

Il faut que ce soit une femme, joviale, souriante mais triste quand même parce que je suis mort. Si elle vient juste pour se montrer mais qu’elle ne témoigne d’aucune larme, ça ne vaut même pas la peine de venir tenter sa chance. Pour mon ami Arnold, si je meurs avant lui, pourra-t-il venir à mes obsèques ? Il a quatre ans de plus que moi… Donc, là encore, je propose à un candidat de venir faire sa doublure. Exigences ? Être très grand, aimer la vie, avoir une voix de basse, aimer les étreintes et parler allemand. Une seule de ces conditions est manquante ? Vous serez recalé. Et ainsi de suite. Je vais donc créer un site pour ouvrir ce casting et j’espère avoir quelques retours positifs. Parce qu’il est indispensable que mes funérailles soient réussies. Même si je ne saurai pas m’en rendre compte/ Je préfère anticiper. Tout avoir sous contrôle.

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mercredi 11 mars 2026

élections blogales

Dimanche qui vient, ce sera le premier tour de ces élections municipales dont on a tant entendu parler depuis des mois mais nettement moins depuis le début de la guerre en Iran. À se demander si ce scrutin va être maintenu ou pas. Mais oui, mais oui, il aura bien lieu. Et heureusement car moi, je m’y suis préparé comme jamais. La preuve ? Je vais vous présenter mon programme pour la seconde élection dont le premier tour aura lieu dimanche, aussi. Vous n’en avez pas entendu parler ? Ce n’est pas normal. Les élections de mon blog sont aussi importantes que les autres, municipales, législatives ou présidentielles dans notre pays, non ? Alors, si vous le voulez bien, je vais vous présenter mon programme et vous pourrez ainsi voter pour moi en toute connaissance de cause, ce qui ne sera pas très difficile vu que je suis le seul candidat à cette élection blogale, première du genre.

Le premier point, c’est la sécurité avant tout. En effet, me lire est interdit à tout véhicule à deux roues, motorisé. Il est plus qu’impératif de mettre le pied à terre avant d’ouvrir ma page pour découvrir mon blog quotidien. Le deuxième point, c’est l’installation de caméra de vidéo-surveillance dans tous les téléphones, tablettes et ordinateurs de mes lecteurs afin de vérifier qu’ils puissent bien me lire en tout sérénité. En effet, en cas d’intrusion, d’agression ou autre violation de domicile ou de personne, la police pourra ainsi intervenir illico et presto. Le troisième point, dans un souci du respect de l’écologie au quotidien, c’est que je propose d’imposer une plante verte à proximité de chaque lecteur (et trice) afin de respirer un air le moins pollué possible. Ça peut être une plante verte, toute simple ou une plante fleurie mais en aucun cas, un bouquet de fleurs coupées.

Le quatrième point, c’est l’interdiction absolue de fumer en lisant mon blog. Même en plein air. Même chez la personne qui me lit. Parce que fumer tue. Et bien sûr, il est également interdit de prendre quelque drogue que ce soit avant de me lire. Et surtout pas du protoxyde d’azote. Si je ne suis pas capable de vous faire rire uniquement avec mon esprit, ça ne marchera pas avec quelque substance que ce soit. Le cinquième point, c’est qu’il est autorisé de faire l’amour en me lisant mais en aucun cas, mon blog ne pourra être considéré comme déclencheur de quelque excitation physique quelle qu’elle soit. Le sixième point, c’est qu’il est interdit de prier n’importe quel dieu avant, pendant et après me lire. Et le dernier point avant le premier tour, c’est n’oubliez pas que lire mon blog, c’est comme regarder mon imaginaire à travers un vasistas. Ou un Velux.  

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mardi 10 mars 2026

hurmicien ou non hurmicien

Personnellement, ce n’est pas un secret mais moi, je ne suis pas vraiment hurmicien. Je ne l’ai même jamais été. Et je pense que, fontaine, je ne boirai jamais de ton eau, je ne le serai jamais. Je ne peux pas. Je ne peux pas cautionner un parti écologiste affilié à LFI, d’une part. Et je trouve plutôt moyenne la gestion des villes par des élus écologistes (en tout cas, pour ce que je connais, à Bordeaux et de ce que j’ai pu voir, lire ou entendre pour d’autres grandes villes comme Lyon, Grenoble ou d’autres…) et je peux vous assurer que ce n’est pas de gaîté de cœur car il faut savoir que moi, quand j’ai pu voter, à 18 ans, au siècle dernier, j’ai commencé par voter écolo à une époque où ça n’était pas si à la mode que ça. Et ensuite, j’ai basculé sur le parti socialiste avant de tomber dans la marmite du centre.

Oui, je suis un extrémiste du centre. Et quand je vois que notre maire hurmicien, à Bordeaux, est en tête des sondages, ça me rend un peu malade (le retour de mes migraines ?) et je me dis que non, ça n’est pas possible qu’on en reprenne pour six ans. Bien sûr, notre maire hurmicien n’est pas responsable de tout, surtout pour le délitement de la société mais quand même, notre ville est devenue sale ; notre ville est devenue un peu dangereuse dans certains quartiers ; notre ville donne tout aux vélos et aux trottinettes en oubliant les piétons ; notre ville dépense bien trop d’argent pour des choses que je juge non essentielle (et je ne suis pas le seul) et dans mon quartier, on est dans la surconsommation bien loin de toute conscience écologique. Bref, je n’ai pas du tout envie que Bordeaux reste hurmicienne.

Je suis allé assister à une réunion de notre maire-candidat et j’ai tenté de tout comprendre ce qu’il disait (pour un avocat, il n’aura jamais de prix d’éloquence) et j’ai attendu avec une certaine impatience les questions ouvertes. Parce que je voulais savoir pourquoi les trottoirs étaient devenus autant de zones de non-droit de moins en moins autorisées aux piétons car prises d’assaut par des camions de livraison, des voitures, des cyclistes et des trottinettistes. Mais je n’ai pas réussi à prendre la parole. Car la réunion touchait à sa fin. Et la dernière question a été posée par un journaliste local : « Monsieur le maire, j’aimerais savoir pour quelles raisons écologiques votre braguette est-elle ouverte ? » Là, j’ai quand même beaucoup ri dans ma barbe. Et je suis sorti pour ne pas me faire pipi dessus.

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lundi 9 mars 2026

zut, j’ai raté l’événement

Zut, dimanche, j’ai raté l’événement. J’ai totalement zappé la journée des droits à les femmes. Ah pardon, comme tous les ans, je me tâte car je ne sais pas comment je dois dire ou écrire la chose : la journée du droit à les femmes ou la journée des droits à la femme ? En même temps, je ne suis pas marié avec une femme, donc, je n’ai pas été obligé d’acheter un bouquet de fleurs, même bon marché, chez Lidl ou chez Aldi pour lui faire plaisir et lui montrer que je pense à elle. Mais si, bien sûr que ça se fait, d’offrir des fleurs à sa femme, quand c’est sa journée. C’est un peu comme pour son anniversaire ou la fête des mères. Un bouquet de fleurs, ça fait toujours plaisir. Même si ce sont des fleurs qui ne vont pas tenir parce que, à ce prix-là, il ne faut pas pousser sa femme dans les orties, non plus, hein ?

Ah oui, si j’avais eu une femme, une petite femme rien qu’à moi, je pense que je l’aurais gâtée en lui offrant un air fryer, pour la journée de ses droits (ou la journée de son droit) car effectivement, je pense que ma femme, si j’en avais une, elle aurait parfaitement le droit de me cuisiner des petits plats bien croustillants avec son nouvel appareil. Parce qu’une femme, ça peut vite s’ennuyer en cuisine, si on ne lui renouvelle pas son stock d’appareils ménagers. Et si elle s’ennuie à faire toujours les mêmes plats, imaginez donc son mari, comme il doit trouver les repas bien monotones. Donc, le 8 mars, c’était exactement la journée idéale pour envisager l’achat d’un air fryer, si vous n’aviez pas déjà un. Mais surtout pas un cuiseur vapeur car là, votre femme, elle se mettrait à ne vous faire que des légumes sans goût.

Bien sûr que si j’avais eu une femme, pour la journée de ses droits, elle en aurait eu un de particulièrement plaisant pour moi : le droit de me laisser regarder le match de foot entre Paris Saint-Germain et Olympique de Marseille tout en me débouchant des bières et en me remplissant un bol de chips. Franchement, ça lui aurait même donné le droit d’être heureuse de me faire plaisir. Si ça, ça n’est pas respecter sa femme que de lui apporter du bonheur, alors, je ne sais pas quoi faire de plus. En même temps, la question ne se pose pas, je n’ai pas de femme, je ne regarde pas le football et c’est moi qui fait à manger, chez nous. Alors, c’est quand ma journée pour mes droits à moi ? J’aimerais bien le savoir pour pouvoir m’offrir un joli bouquet de fleurs mais pas de chez Lidl ni de chez Aldi, non, non.

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dimanche 8 mars 2026

le retour de la bête

Ah non, ce n’est pas la bête du Gévaudan, dont je vais parler. Ni de celle, bébête qui monte, qui monte, qui monte même si celle dont il est question commence toujours subrepticement avant de monter, monter, monter. Pendant quarante ans (peut-être même un peu plus), elle m’a accompagné pendant des éternités, ça a été ma compagne la plus fidèle, ça a été mon deuxième moi. La migraine. J’ai commencé mes premières crises fortes vers l’âge de 15 ans. À la puberté. Comme si ça pouvait avoir un rapport. Et pourquoi pas, hein ? Et ça a continué pendant des lustres et des lustres. Et j’ai tout connu : les migraines avec aura, les ophtalmiques, les olfactives, celles liées au stress négatif, celles liées à de trop grandes émotions même positives, toutes les sortes de migraine, je les ai subies. Et j’en ai vu des spécialistes.

J’ai même servi de cobaye à un grand professeur de l’hôpital Cochin. Qui m’avait donné un traitement de cheval, curatif et préventif. Et qui m’avait demandé de tenir un journal de mes migraines. Et ça, ça a été le pire conseil de toute ma vie : à force de m’écouter, je m’auto-générais des crises et je prenais des médications en plus de mes traitements quotidiens. Tellement shooté que je me suis abîmé le foie. Et un jour, j’ai dit stop à la chimie et quelques temps après, j’ai déménagé à Bordeaux et je suis reparti sur une base un peu plus saine. Avec encore des crises et des crises jusqu’à ce que je rencontre un hypnothérapeute qui m’a beaucoup aidé mais aussi un psychiatre et là, sans que je m’en rende vraiment compte, les migraines ont disparu. Je n’ai plus connu que des maux de tête sporadiques.

Sauf que depuis dix jours, c’est le retour de la bête. Deux crises de près de trois jours en dix jours, ça me semble un peu démesuré. Lors de la première crise, je me suis dit : « j’espère que ce n’est pas le début d’une nouvelle série » et là, depuis vendredi, jusqu’à hier soir, je me suis dit « non, c’est juste une coïncidence, ça ne peut pas recommencer comme avant… » Il faut que je me calme. Il faut que je relativise. Il faut que je me désintéresse de tout ce qui me provoque du stress. Même pas peur. Même pas mal. Si seulement… Non, je ne veux pas être de nouveau adopté par la bête. Je n’en veux pas comme animal de compagnie, comme animal de mauvais augure. Je la méprise car je sais que je  ne peux pas me contenter de l’ignorer, elle est trop présente quand elle est là. Impossible de faire semblant. De faire comme si.

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samedi 7 mars 2026

nouvelle instruction civique

Bonjour, contrôle des billets. Vous pouvez me montrer votre titre de transport, mademoiselle ? Vous n’en avez pas ? Vous savez que vous vous exposez à une amende forfaitaire de 72 euros si vous la payez dans les 72 heures sinon, ce sera 122 euros. Vous avez une pièce d’identité, s’il vous plaît, mademoiselle ? Comment ça, non ? D’accord, donnez-moi votre nom, votre prénom, votre adresse et votre numéro de téléphone, s’il vous plaît ? Comment ça, non ? Vous refusez ? Si j’insiste, vous sortez un couteau et vous me plantez ? Vous savez, moi, je ne fais que mon travail. Et vous, vous n’avez pas d’argent à gaspiller dans des tickets pour un tram qui devrait être gratuit avec tous les impôts qu’on paie ? Vous payez beaucoup d’impôts, vous ? Ah, vous parlez pour les autres ? C’est bien, la solidarité. Rangez-votre couteau, s’il vous plaît, je vous donne un passe gratuit.

Bonjour, je peux savoir pourquoi vous venez de laisser en plein milieu du quai du tram la trottinette que vous aviez empruntée ? Parce que là, elle empêche les gens de passer. Si, si. Les gens à mobilité réduite, c’est compliqué pour eux. Pardon ? Vous pensiez que c’était votre tram qui arrivait mais vous vous êtes rendu compte que ce n’était pas le bon et que vous deviez attendre le suivant ? Mais alors, vous avez le temps de bouger votre trottinette ? Comment ça, non ? Mais si elle gêne. Elle est complètement en travers. Comment ? Je n’ai qu’à le faire moi-même ? Mais ce n’est pas moi qui l’ai laissée là, enfin ? Comment ? Si je ne suis pas content, vous sortez un couteau ? Non, non, vous m’avez mal compris, je vais la ranger, moi, la trottinette. Mais je n’ai pas d’abonnement, je ne vais pas pouvoir la faire rouler jusqu’au parking, là-bas. OK, je vais m’abonner. Bonne journée.

Excusez-moi, les jeunes mais ce serait bien que vous retiriez vos pieds du siège en face de vous car je voudrais m’asseoir. Comment ça, non ? S’il vous plaît, je suis désolé, j’ai oublié de vous dire « s’il vous plaît… » Ah même avec un mot magique, vous ne voulez pas ? Mais vous savez, j’ai plus de 80 ans, j’ai réellement besoin de m’asseoir car je tiens mal sur mes jambes, avec les mouvements du bus. Comment ? Je n’ai qu’à prendre le bus le matin, quand vous, vous dormez, vous les jeunes ? Oui, mais moi, j’ai rendez-vous chez mon cardiologue et ça fait des mois que j’attends ce rendez-vous… Comment, ça ? Je n’ai qu’à crever tout de suite ? Ce n’est pas très gentil, ça, messieurs. C’est quoi, ça ? Un couteau ? Ah, mais il y a confusion. Vous m’avez mal compris. Je voulais savoir si vous voulez que je vous nettoie vos Nike. Ah, vous voulez ? Avec ma langue. Pas de problème, je le fais.

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je n’aime pas les cygnes

Fais-moi un signe, c’est une chanson de Gérard Palaprat. J’avais le disque 45 tours et je l’aimais beaucoup. Ainsi que celle de l’autre face Pour la fin du monde. Que j’ai pu les chanter, dans ma chambre d’adolescent, ces deux titres. Je les connaissais par cœur. Aujourd’hui, ça fait si longtemps que je ne les ai pas entendues… Je serais incapable de les fredonner. Sauf si on me mettait le vinyle sur une platine, peut-être que ça me reviendrait. C’est souvent comme ça avec les chansons, les ritournelles et les rengaines. Ça nous a pénétrés et ça reste bien au chaud, dans notre cœur et dans un coin de notre cerveau. Bon, ce qui me dérange le plus dans Fais-moi un signe, c’est sa connotation religieuse, période hippie, peace and love, tunique à fleurs, cheveux longs et pattes d’éléphant. Cette grande période post-soixante-huitarde.  

À l’époque, même en connaissant les paroles par cœur, ça ne m’avait pas frappé. Ou alors, comme ça faisait partie de l’air du temps d’alors… Il faut bien que jeunesse se passe. Et 21 ans après, c’est Jean-Jacques Goldman qui a parlé d’un signe dans une chanson, un tube : il suffira d’un signe. Cette fois, aucune connotation spirituelle. Bon, là, je n’ai jamais connu les paroles par cœur même si je peux la fredonner. J’aime bien l’artiste mais ce n’est pas celle que je préfère de lui. Bref, fais-moi un signe, il suffira d’un signe et même Hoshi, qui a écrit, composé et chanté Fais-moi signe. Que personnellement, je n’ai a priori jamais entendue. Autant de titres qui ont un point commun. Ils parlent d’un signe. Du signe. Mais de quel signe ? Ce ne sont certainement pas les mêmes. C’est juste une simple coïncidence de vocabulaire.

Et si je n’ai rien contre les signes, en général, je dois vous avouer que je n’aime pas les cygnes, en particulier. Bien sûr, je n’irai jamais en attaquer un sauf si c’est lui qui me provoque. Et même si j’ai pu leur trouver de la grâce (ou un truc comme ça) quand j’étais jeune, une fois ado, j’ai réalisé que ça n’avait pas d’autre intérêt que visuel car c’est un animal qui est loin d’être pacifiste. Qui est même rancunier. Il paraît que si on n’a pas été gentil avec un cygne, il s’en souvient. Il est même capable de donner votre signalement à la police des cygnes. Capable de faire un portrait-robot de celui qui l’aurait agressé. De toute façon, les cygnes ne sont jamais consentants, ils ne savent faire que se plaindre de nous, les humains. Et en plus, c’est beaucoup plus fade que le veau, à manger. Enfin moi, je n’en mange pas, je ne les aime pas. Même cuits.

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jeudi 5 mars 2026

mauvaise influence

C’est certainement parce que je n’en suis aucun que ça me hérisse un peu le poil. Pourquoi n’en suis-je aucun ? Eh bien, parce que ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas besoin d’aller voir et/ou écouter un(e) influenceur(se) pour bien vivre. C’est vrai que je ne suis sur aucuns réseaux sociaux hormis mon blog mais là, je me suis moi-même. Ah tiens, c’est bien, comme formule, ça : je me suis moi-même. Ça tombe bien puisque je suis moi-même. Puisque je m’auto-suis. Bon, revenons à nos moutons (ou à nos  brebis galeuses ?) et parlons de celles et ceux qui préfèrent qu’on les appelle « créateurs de contenu » (tout compte fait, ça veut dire que j’en suis un, moi aussi, alors ‽) et si, a priori, je n’ai rien contre eux tant qu’on ne m’impose pas d’en suivre (chacun chez soi et les moutons seront bien gardés), cette semaine, un peu quand même.

Et quand je dis que j’en ai un peu quand même contre eux, vous l’aurez compris, c’est un euphémisme. Parce que quand j’en vois et en entends une qui gueule comme une furie : « Bordel, que fait la France, il faut venir me chercher, il faut venir me chercher, il faut venir me chercher » mais d’accord, ma (presque) belle (surtout refaite), mais d’abord, pourquoi es-tu partie vivre à Dubaï ? Parce que tu t’y sentais mieux que dans ton pays natal, la France ? Parce que tu n’y payais pas d’impôts sur le revenu ? Parce que tu voulais être avec tous tes collègues qui sont partis là-bas parce qu’ils s’y sentaient mieux qu’en France et accessoirement, parce qu’ils ne payaient pas d’impôts en France ? Eh bien, laisse-moi réfléchir… Déjà, est-ce que tu es une personne vulnérable ? « Oui, je suis suivie par des millions de followers et donc… »

Et donc quoi ? « Et donc, s’il m’arrive quelque chose, que vont-ils devenir, mes followers ? » Ah oui, c’est vrai, je n’avais pas pensé à ça. Effectivement, ça change la donne. Donc, tu considères que tu es prioritaire sur les personnes âgées, sur les enfants, sur les gens qui n’étaient qu’en vacances dans le secteur ? « Ben oui, évidemment. » Oui, évidemment. Alors, si OK, je suis d’accord pour qu’on te fasse rapatrier en urgence mais tu es prête à payer combien pour ça ? « Mais rien du tout, je suis ressortisseuse française, ne l’oubliez pas. » Ressortisseuse française ? Alors, ce sera 99 000 euros pour toi. « Mais je ne veux rien payer, moi. Je vais attaquer la France en injustice. » Voui, voui. Je comprends. Ça doit être très difficile d’être dans ta situation. Je ne t’envie pas, moi, qui n’ai jamais fui mes devoirs dans mon pays natal. Comment ? Je suis réac ? Pas du tout. Je suis lucide. Et j’ai juste envie qu’on ne vous entende plus vous plaindre.

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mercredi 4 mars 2026

Bernadie et Stéphanette (9)

Le retour de la confiance. Il était temps. Car la dernière fois que nous avons répété, avec mon acolyte, ça avait été de l’ordre de la catastrophe. C’était notre première fois en costume et quand nous avions voulu procéder au changement pour passer de la provinciale à la parisienne, en ce qui me concerne, rien ne s’était passé comme prévu. Et ça m’avait fait perdre tous mes moyens. Entre temps, nous avons abandonné, amélioré notre changement de costume et nous avons travaillé chacun de son côté. Mais hier, on s’est retrouvés et on a travaillé uniquement le texte, la première fois et ensuite, avec les mouvements. Et on s’est bien amusés. On a même beaucoup ri. Surtout quand on a répété la première scène lorsqu’on n’arrête pas de donner des coups de coude à ma cousine, l’héroïne du spectacle.

Oui, parce que pour ceux qui ne le sauraient pas ou qui l’auraient oublié, ce show est créé pour le départ en retraite d’Isabelle. Bien sûr, 60 à 70% du spectacle lui sont dédiés. Avec force méchancetés mais bienveillantes, on ne châtie bien que ceux qu’on aime bien. Non, qui aime bien, châtie bien, plutôt. Et nous avons trouvé quelques nouvelles idées pour la mise en scène et nous savons aussi que le 28 mars, il y aura deux cinéastes amateurs bénévoles pour filmer le show afin qu’on puisse en avoir un souvenir et qu’on puisse s’autocritiquer. D’autant que rien ne dit qu’il y aura une troisième fois. C’est vrai, ça, on commence notre carrière, notre duo quand on a soixante-quinze ans, pour lui et 66 ans passés, pour moi. C’est un peu tardif pour jouer les jeunes premiers, non ? D’où nos personnages féminins de vieilles peaux.

En même temps, c’est vrai que les hommes qui se déguisent en femme (je ne parle pas des drag-queens, car là, c’est carrément autre chose, une autre dimension), ça a toujours un ressort comique assez fort. En plus, quand ce sont des mecs moyenâgeux… Bien sûr, j’ai conscience que nous serons ridicules aux yeux d’une partie du public mais peu nous chaut, l’essentiel, c’est que ça nous amuse et que ça amuse la majorité des gens qui seront présents. Il nous reste cinq répétitions avant le jour J et je peux vous dire que tout d’un coup, j’espère que nous serons prêts à temps. Parce que ça fait des mois que ce projet a été initié et on s’est très longtemps dit que « on a le temps » mais tu parles, Charles, du temps, on en a de moins en moins. Mais ça va aller. Il faut le croire. Sinon, on ne fait rien si on n’a pas au moins cette espérance-là

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mardi 3 mars 2026

réunion(s) préélectorale(s) - extraits

Mesdames et euh… Messieurs, je vous, euh… Je vous remercie… Euh, d’être venus aussi nombr…euh… Ça m…euh… fait chaud au cœur de vous voir, euh… De vous voir aussi chaleur…euh… envers mes équipes et, euh… et moi. Nous avons, euh… Vous avez fourni, euh… Un travail remarquabl…euh… Et grâce à vous, euh… La victoire est, euh… La victoire est au bout du, euh… Du tunnel. Je sais que dimanch…euh 15, euh…, dimanche 15 mars, dans 11, euh… jours, nous pourrons, euh… Nous pourrons fêter ma réélection à la mairie. Et cette victoir…euh, c’est à vous que je, euh… que je la dois. Sans vous, euh… Je n’y serai pas arrivé… Mais ne mettons pas la, euh… La charrue avant les b…euh… Car on ne fait pas d’omelette, euh… Sans casser d…euh… Vous me connaissez, euh… Je suis un homme, euh… De décision. Je suis, euh… L’homme de la situation, euh…

Mesdames et messieurs, je vous remercie d’être venus me soutenir aussi nombreux. Il faut montrer que nous sommes les meilleurs et nous devons prendre la mairie à celui qui a négligé notre ville pendant si longtemps… Nous ne pouvons plus accepter les incivilités. Nous ne pouvons plus tolérer les points de vente de drogue. Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant les actes de délinquances dans les transports en commun. Nous ne pouvons plus nous permettre de tout laisser aller à vau-l’eau. Ni à vélo. Mon programme : rien de ce qui a déjà été fait. Tout est à reprendre. Pardon ? Comme quoi ? Comme le contraire de tous nos prédécesseurs. Nous irons plus loin que notre maire actuel. Il nous a mis au bord du gouffre financier. Nous irons plus loin que lui. Toujours mieux que les autres, toujours plus loin, toujours plus fort, ça, c’est mon programme.

Mesda-dames et messieurs, je vou-vous remercie d’être venus nus (mais habillés, heureusement-ment) à ce dernier mee-meeting avant le premier tou-tour de scrutin-tin. Nous avons les moyens de ga-gagner la mai-mairie et c’est à vou-vous que je le dois-dois. Vous avez choisi-zi la di-différence et je vai-vais vous prouver-vé que vous avez raison-zon. Je serai le premier mai-maire bé-bègue de France. Avec moi, pas de pa-paroles en l’air, pa-pas de discou-cours intermi-minables, enfin, si, si, à cau-cause de mon handi-dicap mais vous sa-savez que c’est une force. Les choses allaient de mal en pi-pis. Avec moi, elles iron-ront mieux. Je ne serai pas le pépère comme notre mai-mère actuel, je serai votre mai-maire mo-moderne et dy-dynamique-que. Voté-tez pour moi et vous ne le regretterez pa-pas. Car oui, je-je suis un ca-cas. Votre héro-ros. Merci à tou-tous.

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lundi 2 mars 2026

mes revenentes

Il y a des matins plus compliqués que d’autres et depuis quelques semaines, depuis quelques mois, probablement parce que j’ai effectivement peut-être un peu vieilli, j’ai des réveils de plus en plus lourds, douloureux et sans motivation. Oh, ça ne dure jamais car dès que je suis debout, malgré toute la misère du monde sur mes épaules, il me suffit d’aller dans la cuisine après un bon gros pipi des familles, boire  un grand verre d’eau et allumer l’ordinateur pour que toute la machine de mon esprit se remette en marche. Et quand mon esprit s’active, souvent, le corps suit parce que le corps sait que c’est mon cerveau qui dirige ma petite personne. Et là, ce matin, j’ai eu envie d’OuLiPo. Ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de littérature potentielle. Et que je n’en ai pas fait, moi-même. Là, j’ai choisi d’écrire un monovocalisme en E. Pas facile.

Un monovocalisme, c’est un lipogramme dont on a banni toutes les voyelles sauf une. Et moi, à l’instar de Georges Perec, en son temps, en 1972, je crois, qui a écrit un livre de plus de 140 pages avec toutes les consonnes de notre alphabet mais uniquement des E. Bon, il s’était permis des pirouettes pour tenter de faire des phrases qui tiennent la route mais moi, ce matin, malgré mon réveil difficile, j’ai choisi d’en faire, à mon tour sans une seule entorse orthographique. Quand je vous dis que mon esprit est capable du meilleur (comme du pire) même si je me lève à 4h du matin. Quand il fait encore bien nuit et même un peu froid, dehors… Que voulez-vous, je suis comme ça, moi. Quand il s’agit de faire fonctionner mon imaginaire, il n’y a rien qui n’aille pas. Alors, bonne lecture sur le récit de mon réveil un peu difficile. Voire pénible.

Se lever. Être hébété. Se lever et se rendre en WC et entreprendre et embrener. Rester éthéré. Perdre le temps. Le temps de se remettre. Se remettre de ses rêves. Le cheptel de ses rêves, désespérément désertés. L’entendement est délétère. Les regrets se pressent en sept degrés : embêtement, rejet, regrets, spleen, revers, démerde et tempête en tête. Me reprendre en dextre et m’entendre, ne m’étendre. Céder le crème nègre, fervent et sévère. Être le ventre en détresse. Espérer vendre ses sens et les excepter et cesser crevé. Se mettre en selle et se mettre en scène : se rendre en trempette et se réserver net. Se révéler : le remède est très clément. Et se mettre en recherche, bel exemple, excepté le verre vert, descellé et être blessé, en espèces. Perler en tête et espérer les vêpres, les vénérer en prétexte et les pensées éternelles.

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aimer le verbe aimer

Pour les plus assidu(e)s d’entre vous, j’ai publié plusieurs billets intitulés « choisir le verbe choisir » et là, ce matin, c’est un autre ...