dimanche 31 mai 2026

pour écrire un (bon) billet du matin

D’aucuns ne me l’ont jamais demandé mais j’aurais trouvé la question plus que pertinente : comment fais-je pour écrire chaque matin, pour avoir l’inspiration et pour être bon ? Alors déjà, je vais vous confier un secret, la plupart du temps, je ne me trouve pas si bon que ça (je ne me relis jamais) et pourtant, parfois, j’ai des réactions, des commentaires qui me font découvrir que ça a pu plaire (ou choquer) et les rares fois où je suis content de moi, comme par hasard, mon écrit n’a trouvé aucun écho. Personne n’a rien eu à me dire à son sujet. Et là, je me désespère en me demandant : mais pourquoi ? Comment se fait-ce ? Qu’a-t-il donc eu ? Et puis, rapidement, je pense à autre chose sinon, je déprime et ça n’est pas bon pour mon moral ni pour mon physique. Ah non, alors.

Comment ai-je l’inspiration ? Ben, euh, comment dire ? Très souvent, quand je me mets devant la page blanche de mon document Word, je ne sais pas trop de quoi il sera question, de quoi je vais parler. Et puis, une phrase m’arrive en tête. Ou une chanson. Ou alors, carrément, comme je prends des notes vocales sur mon téléphone, je consulte mes fichiers et là, je me dis que l’idée était bonne et que c’est sans doute le bon moment pour… Ou encore, j’ai quelques textes écrits d’avance, partiellement ou totalement et si c’est le moment adéquat, je les termine ou je les publie sans trop y réfléchir. Mais il peut m’arriver d’être totalement sec et là, j’ai déjà dû sortir les rames sauf que dans ce dernier cas, je suis rarement content de moi. Et de temps en temps, aussi, des idées volatiles, c’est dommage.

Enfin, comment fais-je pour écrire chaque matin ? Déjà, je me lève, je bâille, je me demande si je suis encore en vie et si j’ai mal quelque part voire à plusieurs endroits, je me dis oui. Puis, je me gratte les couilles car tant qu’il m’en reste deux, j’en profite un peu. Je vais faire pipi. Et je vais dans la cuisine et je bâille encore. Et je me fais chauffer de l’eau pour un café et une infusion. Je prends quelques compléments alimentaires et j’allume mon ordinateur après m’être un peu gratté le cul aussi. Et là, j’ouvre mon document Word, celui du mois en cours et je m’y mets. Parfois, je me mets un doigt dans le nez ou je me frotte les yeux. C’est rigolo mais c’est rare que j’aille faire caca avant d’écrire. Et puis, une fois que c’est parti, les mots, mes doigts sur le clavier, je ne peux plus m’arrêter. C’est clair pour tous ?

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samedi 30 mai 2026

de peur qu’elle se doute de quelque chose

Je suis ravi du retour de certains lecteurs et trices que j’avais perdu(e)s en route car il semble qu’ils et elles aient rencontré plein de soucis pour pouvoir me suivre. Mais si j’en suis très heureux, je me demande si ça ne va pas commencer à craindre un peu. En effet, j’ai le plaisir de recevoir et de lire des commentaires de quelqu’un qui se reconnaîtra (normalement) et si ça me réjouit, je me demande si, à force, sa femme ne va pas commencer à se poser des questions. Car il est évident qu’elle va finir par avoir des doutes. Et moi, je ne veux pas foutre la merde dans un couple aussi uni. Un couple que je cite en exemple. Ou alors, il faut qu’on redouble de prudence si nous voulons continuer comme ça, de part et d’autre. Mais même en étant très vigilants, on ne peut jamais être totalement sûr de ne pas être pris en faute.

Alors, que cette personne, avec qui je communique par commentaires interposés et dont je ne dirai pas le nom pour n’éveiller aucun soupçon, comprenne que pour moi, ça ne change rien, mes sentiments sont toujours les mêmes mais je ne voudrais pas qu’on mette notre relation peu ou prou secrète en péril parce qu’on ne se méfierait pas assez, surtout de sa part. Car franchement, Ledoudoudemymy, il y a un moment où Mymy va peut-être avoir des doutes. Et le meilleur moyen de le savoir, c’est si un matin, elle vient s’adresser à lui en lui disant « un doute m’habite » et là, cher commentateur secret, ne lui répondez surtout pas « un doute t’habite » car alors, ça pourrait être pris comme une réaction un peu grossière. Non, le mieux, c’est de tout nier en bloc. De toute façon, elle n’a aucune preuve. Absolument aucune.

Et s’il le faut, je supprimerai tous les commentaires en question et nous ne communiquerons plus que par une application de messagerie qui supprime automatiquement tous les messages au bout de 24 heures. Et s’il le faut, je vais créer un autre site dans lequel nous pourrons nous retrouver et échanger ensemble. Et écouter de la musique. Pour le plaisir. Uniquement pour le plaisir. Et nous continuerons à nous vouvoyer devant les autres. Et si nous devions nous croiser dans une rue de Bordeaux ou de Dourdan, qu’il soit assuré que je ferai comme si de rien n’était. Surtout s’il est accompagné. Ou alors, il y a encore la possibilité de s’écrire  par voie épistolaire. En poste restante. Ce qu’il faut, c’est ne laisser aucune trace. Pour vivre heureux, vivons cachés. Ou alors, il risque de devenir Ledoudoudefafane et ça, ça craint, non ?

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vendredi 29 mai 2026

106 050 euros

Bon, c’est la première fois que je me promène avec une telle somme sur moi. Enfin, quand je dis « sur moi », c’est dans un sac que je porte tantôt de la main droite, tantôt de la main gauche et tantôt… Ah non, il n’y a pas d’autre tantôt vu que je n’ai que deux mains. Même si on est aujourd’hui au moment où je marche mais hier, au moment où j’écris ces lignes. Et donc hier, sous une espèce de canicule somme toute assez insupportable, comme on nous a bassinés pour qu’on n’oublie pas de s’hydrater, j’ai choisi de me balader avec suffisamment d’argent liquide pour ne pas être pris de court. Et je ne sais toujours pas d’où vient cette somme précise, 106 050 euros mais bon, c’est celle que j’ai gardée avec moi pendant un bon moment, avant de déjeuner et vers 16 heures. Mon Dieu (si vous existez) qu’il a pu faire chaud…

Ça fait vraiment tout bizarre de se promener avec un tel trésor sur soi. Et pour ne pas tenter les pickpockets (en l’occurrence, les pickbags vu que tout était dans un sac de magasin, un sac dans un papier renforcé), j’ai fait comme si de rien n’était. J’ai marché dans les rues, le plus possible à l’ombre (sauf quand je ne pouvais vraiment pas), parfois le nez en l’air mais en aucun cas en surveillant ni mes arrières, ni mes avants et encore moins mes latéraux. Quand on veut passer inaperçu, le mieux, c’est de rester le plus naturel possible. Sauf que pour les voyous qui pourraient être à l’affût, comment peuvent-ils savoir si moi, quand je me promène, je suis normalement naturel, ou juste un peu trop ou juste pas assez ? J’avoue que je n’ai pas la réponse à cette excellente question que je viens de me poser. Non, pas encore.

Et donc, je suis allé à la Grande Poste pour mettre une lettre que je voulais voir partir le jour-même mais j’ai fait très attention à ne pas poster les liasses de billets qui, de toute façon, n’étaient pas emballées alors j’aurais eu du mal. Et ça n’aurait pas pu rentrer dans la fente de la boîte postale. Ensuite, je suis rentré à pieds tout en téléphonant à ma mère qui n’a pas pu imaginer que je transportais autant d’argent avec moi. Ben non, puisque je ne lui ai pas dit. Et puis si quelqu’un m’avait entendu dans la rue, ça aurait pu être risqué. Et j’ai fini par rentrer chez moi sauf que là, je n’avais plus rien dans mon sac commercial. Ah mais oui, parce que je ne vous ai pas dit ce que j’en ai fait de ces 106 050 euros… Eh bien, c’est tout simple, ma mission était de les déposer dans un endroit précis, au 12… Zut, ça a coupé…

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jeudi 28 mai 2026

est-ce que je préfère ?

Tu n’aimes pas les tripes ? Remarque, moi non plus, ça me dégoûte un peu. C’est comme les andouillettes sauf que ces dernières, je peux en manger mais il ne faut pas qu’elles soient trop grosses et surtout, il ne faut pas que j’y pense, à ce que je mange. Sinon, là encore, ça me dégoûte. Je sais, c’est beaucoup dans la tête. C’est comme tout ce que je n’aime pas manger, comme la cervelle, les rognons et tant d’autres abats, ça me répugne et rien que l’idée, je trouve que tout ça, ça sent mauvais et ensuite, ça me donne des haut-le-cœur. Je suis sensible. Même de l’estomac et de l’intestin. Je suis hypersensible de partout. Même des cheveux. Pardon ? Est-ce que je préfère manger des rognons ou un œuf de 100 ans bien odorant ? Est-ce que je préfère manger des rognons ou des insectes ? Joker.

Tu n’aimes pas les enfants ? Surtout ceux des autres ? Je te comprends. C’est vrai que les enfants des autres sont toujours plus mal élevés que ceux des gens qui se plaignent. En gros, on est toujours le con de quelqu’un et c’est la même chose pour les gamins. Parce que des chiards qui font des caprices bien trop bruyants afin d’obtenir ce qu’ils veulent, c’est-à-dire principalement le smartphone de leur père ou de leur mère, hein, franchement, c’est insupportable. Et comme par hasard, c’est toujours quand on a envie de lire dans le train ou quand on a mal au crâne, dans le tram que ça nous tombe dessus. Pardon ? Est-ce que je préfère garder deux ou trois enfants pas très bien élevés ou aller m’occuper du vivarium rempli de plusieurs serpents dans l’appartement d’une vague relation ?  Euh, je peux appeler Marc Dutroux ?

Tu n’aimes pas certains artistes car tu trouves qu’ils beuglent trop au lieu de chanter ? Ouais, je suis comme toi. En même temps, ça n’est pas très important, ça, que des gens braillent au lieu de faire passer de l’émotion. Et toi, en particulier ? Oui, Zaz, moi aussi. La pauvre, elle ne m’a rien fait si ce n’est qu’elle me casse les oreilles à chaque fois que je l’entends. Et je ne sais pas toi, mais moi, Kenji Girac, ce n’est pas trop ma came. Ouais, on est d’accord. Lui non plus, il ne m’a rien fait. Je ne suis pas sensible à ce qu’il fait, c’est tout. C’est un peu comme Chimène Badi, je la trouve toujours en démonstration plutôt qu’en interprétation. Il en faut pour tous les goûts, je sais. Pardon ? Est-ce que je préfère coucher avec Zaz ou Patrick Bruel ? Ben à mon âge, lui, Bruel, je pense que je ne l’intéresse pas. Pour Zaz, je me souviens que j’ai piscine, désolé.

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mercredi 27 mai 2026

esquimaux, chocolats glacés

Je me souviens, quand j’étais enfant, nous passions un mois à Fouras, entre La Rochelle et Rochefort, dans la maison du grand-père maternel. Et nous allions souvent à la plage et nous faisions des pâtés, des châteaux et des seaux renversés. J’aimais ramasser des coquillages (ça, ça m’est resté et parfois même, ça me manque, notamment aux Sables d’Olonne, quand je passais des heures accroupi pour trouver le maximum de grains de café, j’en ai toute une collection qui remonte à la deuxième moitié des années 90) et j’aimais pêcher des petites crevettes avec mon épuisette. Déjà je faisais des vers. Sans le savoir. Et je me souviens aussi qu’en bas de la rue, il y avait une plage minuscule avec des rochers et une fontaine dont l’eau était potable. On y remplissait des brocs. Toute une époque. Était-ce mieux avant ?

Je me souviens qu’il y avait le Club de l’Étoile et nous en étions des membres très réguliers, mon grand frère et moi  et nous pouvions profiter des quelques installations mises à notre disposition : un portique avec une balançoire, un trapèze et au moins une corde à nœuds. Il y avait une piscine de taille modeste (pas pour moi, en ce temps-là – du moins, tant que je n’ai pas su nager), hors sol et surtout, il y avait un trampoline. Que de pirouettes n’ai-je pas faites dessus ? J’étais un véritable artiste de cirque en herbe. Et je me souviens que la marée montait et descendait et que quand la mer était basse, il y avait de la vase. Ça me dégoûtait un peu mais malgré tout, c’était très doux de marcher dedans. Il y avait aussi quelques méduses. Et des petits galets que les vagues faisaient rouler et rouler et rouler.

Je me souviens que maman avait une espèce de siège bas, avec un dossier et qu’elle s’y installait et qu’elle pouvait alors feuilleter son hebdomadaire Femmes d’Aujourd’hui (dans lequel il y avait une page de bandes dessinées, à la fin, avec un éléphant qui voyageait – Trompette ? Peut-être…) et/ou faire des mots croisés ou encore, tricoter. Elle se protégeait la tête avec un chapeau. Papa, lui, il était très rapidement bronzé et il aurait pu faire illusion s’il avait voulu se faire passer pour un méditerranéen. Et il y avait les vendeurs ambulants : certains avec des chichis. Aujourd’hui, ça m’écœure rien qu’à l’idée d’en manger un. D’autres avec des glaces. Et j’adorais les entendre crier : esquimaux, chocolats glacés et au fond de moi, je rêvais toujours d’en acheter mais je n’avais pas de sous. Pas grave. Même pas mal.

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mardi 26 mai 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (17)

Dieu ? … Youhou, Dieu ‽ Hmm, oui, mortel ? Ça va, Dieu ? Moui, mortel, pourquoi ? Comme ça. Tu n’es pas trop occupé, là, Dieu ? Euh… Parce que j’aimerais bien discuter un moment avec toi, si tu veux bien. Je suis toujours là pour toi, mortel. Enfin, toujours, pas vraiment mais globalement, si, quand même, un peu. Bon, ça va, Dieu ? Tu me l’as déjà demandé, mortel. Oui mais tu ne m’as pas vraiment répondu. Et si tu veux tout savoir, moi, ça va super bien, aujourd’hui. Ah bon ? Ah ouais, alors. Il y a longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien, tu sais. Ah oui ? Eh bien, Je suis fort aise de savoir ça mais tu as autre chose à Me dire ? Oh non, rien de spécial, juste échanger un peu avec toi. En toute amitié. Ça n’est pas si souvent que ça arrive, entre nous, hein ? Euh, sans doute, oui… Bon, je suis peut-être un peu ankylosé mais sinon, ça va.

À part ça, Dieu, qu’est-ce que tu racontes de beau ? Oh tu sais, Moi, mortel, des belles choses, en ce moment, Je n’en vois pas tant que ça. Ah bon, tu n’as rien de positif dans ta vie ? Ce n’est pas ce que J’ai dit. Oh un peu quand même. Non, J’ai dit que d’où Je suis, Je ne vois rien de bien réjouissant. Ah bon ? Ben oui, mortel, tu M’épuises avec tes comportements. Mais moi, je n’ai rien fait, Dieu. Toi, peut-être, non, quoique… Mais tes congénères, excuse-Moi du peu. Ah ben ça alors, quand je vais dire à mes potes que Dieu s’est excusé du peu en me parlant directement. C’est une expression, mortel, juste une expression. Ça ne fait rien, ça me fait plaisir d’imaginer que tu t’es excusé pour moi. Si ça te fait plaisir. De toute façon, aujourd’hui, on ne se chamaillera pas, ce n’est pas possible. Je te dis que rien ne pourra me contrarier de ta part, cher Dieu.

Non mais franchement, « cher Dieu », que t’arrive-t-il donc, mortel ? Je ne sais pas, je me suis levé tout content, j’ai super bien dormi, il fait beau et la vie est belle. Oui, c’est vrai, ça, il fait beau mais de là à dire que la vie est belle, tu y vas fort, à ce qu’il Me semble. Non, non, la vie est belle. En tout cas, pour moi, elle est vraiment chouette, ma vie, en ce moment. Eh bien, si tu es content, Je suis content mais tu pourrais peut-être en profiter pour revoir certaines de tes pensées, mortel. Profiter de ton bon état d’esprit, positif pour faire le point sur… Ah non, je veux juste profiter, moi, Dieu. Je n’ai pas envie de réfléchir. En plus, tu veux que je réfléchisse sur quoi, hein ? Moi, je suis content. Juste content. Tu es juste content ? Et, c’est génial. Toi, mortel, tu as baisé, hier soir, Je me trompe ? Moi ? Oh, tu sais vraiment tout, on ne peut rien te cacher, Dieu.

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lundi 25 mai 2026

douleurs, impuissance et gloire

Dis-moi, je suis en train de faire un sondage, je peux te poser des questions ? Merci, c’est gentil. Comment ça, tu n’as pas dit oui ? Mais tu n’as pas dit non, alors comme qui ne dit mot, consent (comme dirait Patrick B…), on va dire que tu es d’accord, que j’ai ton consentement et que tu ne pourras ni te rétracter ni porter plainte contre moi. J’aime quand nous sommes totalement en phase, toi et moi. Parce qu’il y a tellement de gens, voire des couples, qui ne s’entendent jamais sur rien.

Alors, tu préfères avoir un peu mal aux dents, beaucoup mal aux dents ou pas du tout mal aux dents ? Mais réfléchis bien avant de répondre car une fois que j’aurai validé ton choix, on ne pourra plus revenir dessus. Alors, tu préfères avoir un peu mal aux dents, beaucoup mal aux dents ou pas du tout mal aux dents ? Oui, on parle de douleurs aux dents et aux gencives, pas de carie, attention, hein ‽ Genre, sensibilité douloureuse au chaud et au froid et douleurs irradiantes, par exemple.

OK, donc, tu as bien réfléchi, tu préfères ne pas avoir mal aux dents. Pas du tout. Je valide « pas du tout mal aux dents », c’est noté. On va passer à la question suivante, si tu es toujours d’accord. Je te rappelle qu’il vaut mieux que tu ne dises rien plutôt que me dire non parce que comme ça, moi, je m’arrange avec la notion de consentement comme dans le premier paragraphe. Deuxième question : tu préfères avoir u peu mal au dos, genre lumbago ou lombalgies chroniques, beaucoup ou pas du tout ?  

Je ne veux pas critiquer mais tu as répondu un peu vite, à mon avis, tu n’as pas beaucoup réfléchi. Mais bon, je valide « pas du tout mal au dos. » Question suivante : tu préfères avoir mal aux dents ou mal au dos ? Ah si, tu dois impérativement avoir mal aux dents ou mal au dos. Sinon, tu ne peux pas passer à la suite du questionnaire. Alors ? Pourquoi tu hésites ? Moi, à ta place, je dirais : mal au dos plutôt que mal aux dents. Parce que mal au dos, on s’habitue, c’est comme les migraines alors que les dents…

Non, non, je sais, j’ai bien compris que tu ne voulais avoir mal ni au dos, ni aux dents. Mais dans le sondage en question, il faut impérativement que tu aies mal quelque part sinon, ça n’a aucun intérêt. Attends, on va regarder la question suivante, si ça se trouve, tu vas te sentir enfin concerné. Voyons voir… Alors, tu préfères avoir des règles un peu douloureuses, beaucoup ou pas du tout ? Tu ne peux pas dire « pas du tout », tu as épuisé ton quota. Ouais, je sais, tu es un homme. Alors, tes règles, comment  ?

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dimanche 24 mai 2026

pour le plaisir

J’ai un peu triché, avant-hier car je ne m’ennuyais pas du tout. Surtout au réveil, jamais. Mais j’avais envie d’écrire un texte, un billet sur l’ennui en fin de nuit. Du genre : je m’ennuie de Chine, je m’ennuie câline. Sauf que moi, si je peux être très câlin, je ne sais pas être câline. Même si je suis habillé en Bernadette. Même si je peux jouer les allumeuses mais j’ai conscience que je suis et que je resterai toujours une espèce de pétard mouillé. Mais tout ça, ça n’est pas ce que j’avais dans la tête en me levant, ce matin. Non, j’avais envie de réagir (encore ?) au dernier commentaire de Ledoudoudemymy car même si mon billet d’avant-hier n’était qu’une espèce de jeu littéraire avec un usage un peu exagéré des synonymes et apparentés d’ennui, j’ai bien noté que si ça devait m’arriver, j’avais une recette à tester pour aller mieux.

Sans en attendre rien mais pour le plaisir ; regarder une fille dans la rue et se dire qu'elle est belle ; sans même aller plus loin, mais pour le plaisir ; en passant, simplement lui sourire…  Oui d’accord mais bon quand même, hein ‽ Moi, même si je trouve une fille ou une femme très belle, je n’irai jamais lui dire car je n’ai pas envie de me prendre un MeToo dans la figure. On ne sait jamais. Pour le plaisir, prendre le temps, de temps en temps, de refaire d’un homme un enfant et s’éblouir… Là encore, je n’irai pas jouer avec ça. Il y a déjà assez d’hommes d’église qui le font tellement mieux que moi. Ooups. Pardon, vous êtes ? Marc Dutroux ? Ah bon, le vrai ? Mais qu’est-ce que vous faites là ? Ah, c’est juste pour le plaisir ? Je ne veux pas passer pour un mesquin mais je crois que je ne vous ai pas invité à intervenir dans mon blog, hein ‽

Oh, pour le plaisir, s’offrir ce qui n’a pas de prix, un peu de rêve à notre vie et faire plaisir, pour le plaisir… Justement, je viens d’acheter une voiture pour ma mère et mon frère aîné. J’espère que ça leur fait plaisir. Parce que je ne suis pas dans leur tête mais je pense que oui. Après, on a encore une dizaine de jours pour se rétracter… Ne plus courber le dos même pour réussir ; préférer être bien dans sa peau que sourire sur commande ; avoir pendant des mois trimé comme un fou et un soir, tout claquer, d’un seul coup, oui… Moi, je suis à la retraite, alors… Déjà que je n’ai jamais eu beaucoup d’ambition dans ma vie active… Pour le plaisir, prendre la vie du bon côté sans réfléchir ; pour le plaisir, oublier qu’on a dit un jour, ça sert à rien les mots d’amour et les dire, pour le plaisir… Ah oui, ça marche. Merci, Ledoudoudemymy, merci.

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samedi 23 mai 2026

fait vraiment trop chaud

Pfou, ça y est, on y est en plein dedans, dans les premières canicules. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est agréable d’avoir 30 degrés et plus pendant dix jours consécutifs car je ne comprends pas qu’on puisse supporter une chaleur aussi écrasante. Bien sûr, quand on aura 40 voire plus cet été, ce sera pire mais là, on est brutalement passé d’un froid automnal à une chaleur caniculaire. La seule différence avec ce qui nous attend en juin, juillet ou août (c’est plus facile à écrire qu’à dire « ou août »), c’est que la nuit, on a encore un peu de fraîcheur. Sinon, on transpire. Les tee-shirts collent à la peau. Les bonbons collent au papier. Il y a des gouttières dans certains endroits séparés par un sillon. Avant-hier, j’ai dû promener les chiens, l’après-midi car Marise n’a pas pu venir et je peux vous dire qu’on a tiré la langue, tous les trois.

Et j’ai même attendu un bon quart d’heure, au retour de la promenade pour leur donner leur gamelle car ils haletaient tant (petit navire ?) que j’ai jugé plus prudent d’attendre. Et ils n’ont même pas réclamé, comme les autres jours, ils ont patienté, ils ont bien compris qu’il faisait vraiment trop chaud. Ils sont loin d’être bêtes, eux. Et quand je suis rentré chez moi, vers 18h10, j’étais tout humide. Oh non, que personne ne rêve, que personne ne fantasme, je n’étais pas excité sexuellement, j’étais juste trempé de sueur. Et ta sueur ? Elle bat le beurre. Et je n’aime pas ça. Sauf que là, au moins, je n’ai pas besoin de faire un contrôle technique, mes glandes sudoripares fonctionnent bien. C’est déjà ça de pris. Et je rêve d’un igloo quand je suis dans cet état-là, à subir les chaleurs de la météo, qui me semble bien en rut.

Oui, exactement, un igloo. Parce que quand on a chaud, le mieux, c’est de boire. Pas forcément l’apéro mais au moins de l’eau ou de l’infusion froide. Parce que quand il fait chaud, il faut boire. Igloo, igloo, igloo… Je suis des nô-ôtres, j’ai bu mes verres comme les au-autres. Non, je ne délire pas, j’ai juste chaud. Ah, j’ai chaud, j’ai chaud, je suis chaud… Ça me fait penser à mon acolyte de scène quand son personnage, Stéphanie, dit : « J’ai chaud, je suis chaude pour trouver un homme… », ah non, il ne faut pas que j’y pense, ça me rend triste de ne pas avoir de projet pour faire revivre prochainement nos deux héroïnes. Nous sommes drogués à nos héroïnes, mon pote et moi. Et pourquoi pas imaginer Bernadette et Stéphanie en bikini ? À nos âges ? Non, il fait vraiment trop chaud pour  ça. Et moi, d’écrire, ça me donne soif.

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vendredi 22 mai 2026

ennuyeux (comme ce billet)

Ah, je me languis. Je ne sais pas si je m’ennuie mais je me languis. Car je suis tout mou et je n’ai rien de spécial à faire. Et je n’ai pas d’inspiration. Et je suis à la limite de l’ennui alors que c’est encore la nuit. Au lieu de dormir, je me sens las. Je suis là, tout las et j’ai cette espèce de langueur qui m’habite et m’empêche d’y voir clair. Je suis comme dans un tunnel dont je ne vois pas le bout. Pas encore de lumière. Pas encore d’éclaircie. Comme si je ne pouvais pas ouvrir les yeux. Je me sens comme mélancolique mais je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pourquoi je m’alanguis de la sorte. Comme si ma vie n’avait aucun sens. Comme si je n’avais aucun but. Ni pour cette journée à venir. Ni pour les autres jours qui vont suivre. Ni pour les mois. Ni pour les années. Ni pour les siècles. Ni pour l’éternité. Que ça va être long…

Ah, je me languis tant. C’est languissant. D’être tant alangui sans aucune envie. Je suis à deux doigts de m’ennuyer et comme ça ne m’arrive jamais, j’ai un peu peur de cette sensation de cafard qui enterre tout bien profond. Je redoute une certaine désolation car comme je ne suis déjà pas très optimiste de nature, tout le monde peut aisément comprendre que ça n’arrangerait rien pour moi. Si ce n’est de me donner la sensation de m’enfoncer encore plus dans ce spleen qui me semble insurmontable, ce matin. Je me sens abattu. Je commence à m’ennuyer. Ça commence à m’ennuyer. Parce que si je commence à m’ennuyer, je crains le pire. Comme je ne sais pas faire les choses à moitié… Mais je peux encore tenter de me ressaisir. Sauf que je pense que je n’en ai pas réellement envie. Du moins, en apparence.

Ah, je me languis si fort que cette fois, ça y est, je m’ennuie vraiment. Et ce qui est ennuyeux, dans l’ennui, même le jour, c’est que c’est justement très ennuyeux. Tout ça me préoccupe. Et tiens, justement, si je suis préoccupé, c’est que je suis un peu occupé et si je suis occupé, ne serait-ce même qu’un peu, c’est que je ne suis pas oisif et si je ne suis pas oisif, c’est que je ne nage pas dans l’ennui. Ou alors, je fais totalement fausse route. Mais j’y pense, c’est peut-être un coup de nostalgie. Oui, si ça se trouve, c’est ça qui m’a alangui. Qui me donne cette sensation de déplaisir permanent. Et si je ne ressentais plus jamais de plaisir ? Et si je terminais ma vie uniquement dans l’ennui ? En étant toujours alangui. À jamais. Mon Dieu comme cette perspective est ennuyant. Et si c’est ennuyant, c’est vraiment ennuyeux.

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jeudi 21 mai 2026

pin-pon, pin-pon

Loin de moi de tirer sur quelque ambulance que ce soit. Non, non. Ou alors, je me suis mal exprimé (qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour conserver la confiance de ses abonné(e)s…) mais c’est surtout l’état d’esprit, les arguments fallacieux de l’avocat de Patrick Bruel qui m’a sidéré voire mis un peu, beaucoup en colère. C’était indigne d’un conseil juridique. Franchement, dire de son client qu’il avait 31 ans mais qu’il ne les faisait pas et donc, ça sous-entendait que ça minimisait le fait qu’il ait pu coucher avec une mineure de 16 ans, on a connu mieux. Mais n’est pas Badinter qui veut. Et sans être avocat, n’est pas Simone Veil qui veut. Remarquez, on a peut-être les défenseurs qu’on mérite. Après, l’affaire n’est pas encore jugée, les enquêtes ne font que commencer et on verra ce qu’il en sortira.

En revanche, si dans une ambulance, disons que s’y trouve certains terroristes hyper-dangereux et recherchés par toutes les polices de France et de Navarre, est-ce qu’on a le droit de tirer dessus ? Ah, que je suis fier de me poser cette question. Parfois, ça fait du bien de bien se considérer. Parce que si on ne compte que sur les autres, hein ‽ Et donc, revenons à cette ambulances avec des terroristes ou des barons de la drogue. Ouais, non, on n’a pas à se faire justice soi-même. Ni conduire une ambulance quand on n’est pas ambulancier. Ou alors, juste pour le plaisir. Ou pour un plan cul. Mais attention, pas avec Patrick Bruel, hein ? On est d’accord. Non, pardon, moi, je suis d’accord avec moi-même. Parce que moi, contrairement à d’autres dont je ne dirai pas le nom, je ne lui ai jamais trouvé aucun charme.

Et avec le temps, de moins en moins. Mais ça, ce que je ressens, quelque part, tout le monde s’en fout. Peut-être que Bruel a pu être une icône gay mais… Non, sincèrement, je ne pense pas. Je l’ai trouvé sympathique, oui, quand il a débuté, tout jeunot, tout frais, tout souriant mais après, je me suis assez rapidement désintéressé de sa carrière. Alors bien sûr, je ne vais pas tirer sur lui. Ni sur le fourgon de police qui le pourrait le conduire à un éventuel tribunal. Et s’il fait un malaise, encore moins sur l’ambulance qui l’emmènerait à l’hôpital. Mais s’il ne faisait pas son âge à 31 ans, là, je pense qu’il est bien dans les temps. Et je me demande même où est passé son charme, que je n’ai jamais soupçonné avant mais là, c’est pire. Cependant, je ne suis pas une minette à chanteur. Et puis, de tout ça, on s’en fout, non ?

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mercredi 20 mai 2026

il faisait tellement plus jeune que son âge

L’affaire Patrick Bruel m’interpelle. Peut-être parce que je n’ai pas une passion pour lui. Peut-être parce que nous avons le même âge (il est plus vieux que moi de six à sept mois.) Peut-être parce que je me dis qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Peut-être parce qu’il aura suffi qu’une femme connue se plaigne pour qu’on en parle vraiment (Flavie Flament.) Peut-être parce que c’est désolant de voir que ça continue encore et encore et que si ça se trouve, ça ne s’arrêtera jamais. Et pourtant, moi, j’ai eu de la chance de naître homme, donc, de ne pas avoir connu d’agression sexuelle et encore moins de viol. Et j’ai aussi eu la chance de ne pas être un prédateur. Donc, pour moi, tout ça, toutes ces histoires, j’ai du mal à réaliser même si je comprends que ça existe et que ça doit être dur, très dur pour les victimes, des femmes, la plupart du temps.

Mais l’autre soir, dans l’émission C à vous, l’avocat du chanteur aux hormones probablement plus fortes que lui (présomption d’innocence, j’insiste sur le « probablement »), Christophe Engrain m’a sidéré par ses arguments. À propos de Flavie Flament, qui avait 16 ans au moment des faits, la première fois, comme Bruel avait 31 ou 32 ans, il a déclaré que le chanteur faisait plus jeune que son âge. Et alors ? Si les faits sont avérés (c’est une autre des difficultés pour les victimes), est-ce que ça dédouane un agresseur ou un violeur de faire plus jeune que son âge si sa proie est mineure ? J’avoue que c’est pathétique de sortir une telle ânerie. C’est pathétique et limite méprisant pour la (ou les) plaignante(s). Ce n’est pas une question d’apparence, c’est certainement une question d’abus de pouvoir ou quelque chose comme ça.

Maintenant, on n’en est pas encore à un procès du chanteur mais ce qui est étonnant, c’est que comme pour Depardieu, ce sont des femmes (célèbres, pour l’acteur et surtout anonymes pour le chanteur) qui prennent sa défense. Enfin, je dis que c’est étonnant mais pas tant que ça. Quand on est ami ou fan d’un prédateur présumé, on a le droit de ne pas y croire et de le défendre. Mais allez savoir si certaines de ces admiratrices de Bruel n’auraient pas aimé se retrouver agressées par leur idole… Bien sûr, je suis dans la provocation. Mais est-ce que les hommes, ceux qui pensent avec leur bite comme si cette dernière leur donnait tous les pouvoirs du monde, est-ce que ces hommes ne sont pas eux aussi dans la provocation quand ils se permettent tout ? OK, j’ai essayé de respecter cette fameuse présomption d’innocence mais quand même…

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mardi 19 mai 2026

des gros seins

J’avoue que cette année, je n’ai pas réellement suivi le Concours Eurovision de la Chanson alors que j’étais assez amateur de la jeune Monroe et de sa chanson Regarde. La première fois que je l’ai entendue, j’ai été déconcerté. Puis, je me suis attaché à ce morceau et j’ai fini littéralement séduit. Et en plus, quand j’ai vu le clip, je me suis dit que c’était génial, qu’on avait une véritable chance, cette fois. Mais j’étais fatigué et dès le début, finalement, j’ai eu tendance à somnoler, à m’assoupir avant d’ouvrir de nouveau les yeux sur un show qui, d’année en année, est toujours le même stricto-sensu. En gros, pour qu’une chanson plaise, à l’Eurovision, il faut qu’il y ait plein d’effets spéciaux et des nanas à moitié à poil et des mecs avec des chemises ou des tee-shirts transparents. Non, non, je ne déconne pas, on a quand même l’impression que ça fait partie des critères de vote pour le jury et pour le public.

J’ai trouvé la prestation de Monroe très réussi pour ne pas dire remarquable. Tout était en place : la voix, l’interprétation et la chorégraphie, au cordeau. Et j’y ai cru quand je me suis réveillé pour voir ce que je trouve finalement le plus intéressant : les résultats. Et là, après quelques sueurs froides (les 12 points étaient rares et ont mis un certain temps à arriver), la jeune artiste a quand même fini 4ème des votes du jury. Honorable. Et ça laissait augurer d’un score final correct. Mais c’était sans compter sur le public qui a sacré la chanteuse bulgare. D’elle et de sa chanson, je n’ai pas beaucoup de souvenirs si ce n’est une certaine vulgarité (à mes yeux) et qu’elle bougeait, sautait beaucoup et ses seins aussi, bien enveloppés dans une espèce de tee-shirt très moulant. Je les ai trouvés énormes, ses seins et que personne ne me dise qu’il ne les a pas remarqués. Quitte à en oublier la prestation car de si gros seins…

Bon, elle a gagné, je ne suis pas mauvais perdant, je suis juste triste. On a présenté de la qualité mais c’est la quantité qui a gagné : la quantité de bruit, la quantité de mouvements et la quantité de seins. Et si Monroe avait montré plus d’elle ? Non, loin de moi cette pensée machiste. Mais ce n’est pas moi qui ai commencé, reconnaissez-le. Bref, je remercie chaleureusement les 3 pays qui ont donné 12 points à Monroe : la Géorgie, la Finlande et le Royaume-Uni. Je remercie beaucoup l’Australie et la Norvège d’avoir donné 10 points. Je remercie bien l’Arménie pour ses 8 points. Je salue la Suisse et Malte pour leurs 7 points. Clin d’œil au Luxembourg, à l’Allemagne et à la Lettonie pour avoir donné 6 points. Un signe de tête pour l’Ukraine, le Portugal et la Belgique pour leurs 5 points. Et si quelqu’un veut  bien saluer l’Autriche, l’Albanie, la Tchéquie, le Danemark, la Croatie et Chypre pour les petits autres points. Je n’ai pas besoin de rencontrer les autres nations. Non, je ne boude pas. Je suis juste un peu triste, c’est tout.

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lundi 18 mai 2026

se demander pourquoi aussi longtemps après

À la relecture de mon billet d’avant-hier sur la chanson Parlez-moi d’moi, de Jeanne Moreau et Guy Béart, je me suis fait une réflexion : pourquoi ne suis-je pas allé au bout de mon propos ? Pourquoi n’ai-je pas tout raconté ? Parce qu’il y a une question qui ne peut pas ne pas être posée : pourquoi aussi longtemps après ? J’ai vaguement évoqué le fait que quand ce 45 tours est sorti, je n’avais rien pour l’écouter et quand j’ai eu la chance d’avoir une chaîne Hi-fi, peut-être que je n’ai pas cherché suffisamment pour trouver le disque mais une chose est certaine, c’est qu’à l’époque, une fois que la courte vie d’un disque aussi simple qu’un 45 tours était terminée, on ne revenait pas dessus. Ou alors, il fallait acheter le 33 tours. Mais je dois aussi reconnaître que ça m’était sorti de la tête car j’ai eu d’autres chats à ne pas fouetter.

J’ai eu l’occasion d’acheter des 45 tours sur des marchés aux puces ou dans des conventions de disques mais comme je n’ai jamais fouillé très ardemment… Non, il aurait fallu que je tombe dessus par hasard pour l’acheter quitte à y mettre le prix. Et puis le temps a passé. Et puis d’autres temps ont passé. Et je me suis inscrit à la bibliothèque principale de Bordeaux et là, j’ai emprunté des centaines de disques sur plusieurs années et si j’ai cherché cette chanson, chez Béart ou Moreau, ça a été désespérément car ça n’a jamais abouti. Et puis, un jour, je suis tombé sur un site Internet qui proposait du téléchargement « gratuit » et là, je me suis fait plein de petits plaisirs mais certaines chansons ont toujours échappé à mes recherches. Dont celle-ci. Et j’ai de nouveau oublié la chose. Comme si j’en avais fait mon deuil.

Sauf que récemment, en particulier pour préparer notre spectacle du 28 mars dernier, j’ai eu besoin de quelques titres un peu rares, peu connus et j’ai pu télécharger les vidéos sur YouTube et je les ai converties au format MP3 et j’ai pu faire les coupes dont j’avais besoin, puis les collages nécessaires et tout le toutim. Mais c’est tout récemment (la semaine dernière, en gros), que j’ai eu l’idée de chercher mes titres toujours perdus, jamais retrouvés. Et je suis tombé sur cette chanson. Autant vous dire que ma joie était profonde. Qu’elle a demeuré un certain temps. Et que ça m’a rassuré car désormais, je pouvais mourir tranquille. Pas tout de suite mais tranquille quand même. Voilà l’histoire de cette quête qui a fini par aboutir. J’en suis heureux. Car ça y est, on peut parler de moi car au fond, il n’y a que ça qui m’intéresse.

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dimanche 17 mai 2026

je me demande à quoi ça sert, la Saint-Pascal en mai

En lisant le commentaire de Ledoudoudemymy (le retour), hier, j’ai failli culpabiliser car c’était la Saint-Pascal et je n’y ai pas pensé. Il faut dire que je ne pense pas beaucoup aux saints, moi. C’est vrai, ça, ça sert à quoi de penser aux saints ? Et de penser à la Saint-Pascal, en particulier ? Parce que franchement, la Saint-Pascal, c’est un peu comme une incongruité dans le calendrier grégorien, celui dont nous nous servons un peu, beaucoup tous les jours. En effet, quand on sait quelle est l’origine du prénom Pascal, on ne peut qu’acquiescer à ce que je viens de dire. Pascal, ça veut dire « relatif à la fête de Pâques, à la Pâque » et ce dernier mot est lui-même un dérivé d’un mot latin, « pascha », qui désigne la fête religieuse qui célèbre la résurrection du Christ chez les chrétiens. D’où l’expression renaître comme un pacha.

Si, si, cette expression existe bel et bien dans mon imaginaire. Ça veut dire qu’on meurt et qu’on renaît mais en se la coulant douce, un peu comme quand on cuve après une cuite et que tout le monde est à vos petits soins. Mais pour en revenir à notre bœuf, notre âne et nos moutons, moi, je veux bien souhaiter une bonne fête à Pascal, même avec un jour de retard mais ça ne serait pas plus sincère que ça car moi, tous les saints, je m’en fous un peu, beaucoup. Peut-être, il est vrai, parce que moi, personne ne me la souhaite, la Saint-Stéphane qui a lieu le 26 décembre, le jour de la Saint-Étienne. Si, si c’est encore vrai. D’ailleurs, les habitants de Saint-Étienne ne sont-ils pas appelés les Stéphanois ? Et non pas les Pascaliens ou les Pascalais ou encore moins, ou les Pascalois. Voire les Pascalous ? Ou les Pascal-mon-chéri.

Alors, cher Pascal, je vais quand même te la faire, ta fête parce qu’il n’y a pas de raison vu que tu es comme le phénix, tu es rené dans ce blog en ayant récupéré ta connexion perdue depuis des mois. Et parce que des mois, c’est toujours trop long. Et parce que ça me fait plaisir. Et je vais même te faire un chouette cadeau. Comme tu viens de revenir après une absence insupportablement longue, je vais faire comme si tu étais carrément nouveau : nouveau lecteur, nouvel abonné. Je t’offre un an de lecture quotidienne gratuite et ce n’est pas tout, je t’offre également le droit d’écrire des commentaires élogieux voire dithyrambiques à discrétion. Rien ne sera prélevé sur ton compte bancaire. En revanche, si tu veux faire un geste (qui ne soit pas un doigt ou un  bras d’honneur) pour soutenir ce blog, tu es doublement bienvenu.

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samedi 16 mai 2026

parlez-moi d’moi

Parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'intéresse ; parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'donne d'l'émoi ; de mes amours, mes humeurs, mes tendresses ; de mes retours, mes fureurs, mes, faiblesses… J’ai entendu cette chanson pour la première fois à l’automne 1980 et j’ai eu un coup de cœur, un coup de foudre pour cette chanson. Encore une que j’aurais aimé avoir écrite. Et qui plus est, interprétée en duo par Jeanne Moreau (la grande) et Guy Béart et moi, j’ai toujours aimé les duos. De Stone et Charden (sur plusieurs années) aux coups d’un soir (Distel et Bardot, Sheila et Ringo, Lavoine et Ringer…) et j’avais tant aimé la chanson que je m’en étais acheté la partition. Pourquoi la partition alors que je ne joue d’aucun instrument ? Pour les éventuels jeunes qui pourraient me lire (on peut rêver), à l’époque, il n’y avait pas Internet et le seul moyen pour moi de conserver la trace de ce titre, c’était la partition. Je n’avais pas de platine Hi-fi pour écouter de disques. Et quand j’en ai eu une, quelques années après, le disque n’existait plus dans les bacs.

Vous me dites-ci, vous me dites-ça, comment vous avez vaincu vos orages, vos petits soucis et vos gros tracas mais si vous voulez m'toucher davantage, parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'intéresse ; parlez-moi d'moi, y a qu'ça qui m'donne d'l'émoi… Peut-être que cette chanson aurait pu être écrite pour moi. Pour Jeanne Moreau et moi ? Non, pour moi. Parce que comme toute personne qui écrit (même en n’étant pas publiée), je suis quelqu’un qui ne fait que parler de lui à travers les mots qu’il couche sur le papier ou sur l’ordinateur. Même quand j’invente des choses (ça m’arrive souvent, je ne fais que parler de moi. Parce que quelque part, oui, ce n’est pas faux, il n’y a que ça qui m’intéresse. Comme c'est touchant ce que vous vivez ; mon Dieu vous racontez bien vos angoisses ; ce que les méchants vous ont fait baver ; entre nous tous vos problèmes m'agacent… Eh oui, je suis comme tout le monde (ou presque), sous mes airs généreux (souvent) et en faisant croire que je fais abstraction de moi, il ne faut pas se fier aux apparences.

Je voudrais un peu parler un instant, jamais vous ne me laissez en placer une ; lorsqu'enfin je peux desserrer les dents, j'ai l'impression de l'ouvrir pour des prunes…  Ce n’est pas parce que je n’ai pas une voix qui porte (comme quand je suis avec le patron et le président…) que cette dernière ne compte pas. Bien sûr, comme j’écris depuis mes onze ans, ça a toujours été une façon d’exister. Je le reconnais. V'la qu'j'en ai assez de tous ces laïus, il est grand temps maintenant de nous taire, de nous embrasser, de secouer nos puces, c'est comme ça qu'vous comprendrez mon mystère… Oui, pour celles et ceux qui savent lire entre les lignes, il n’y a pas tant de mystères que ça. Je couche facilement sur le papier (même le premier soir ? Même le premier soir…) Écrire pour être aimé ? Non, écrire pour essayer de s’aimer mieux. Et là, je viens de trouver la chanson sur Youtube. Quel bonheur. Parlez-moi d'moi  parfois avec rudesse mais parlez-moi, parlez-moi d'moi… Allez-y, parlez-moi d’moi, je vous écoute. Je suis tout ouïe. Oui.

https://www.youtube.com/watch?v=yCg-ZrTJ-g8


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vendredi 15 mai 2026

un couple (presque) comme les autres

Je suis perplexe. Un journaliste de Paris Match, accrédité à L’Élysée, habitué à suivre le couple présidentielle depuis 2017 vient de sortir un livre intitulé Un couple (presque) parfait. Je suis perplexe car je l’ai entendu parler à la radio, un de ces derniers jours et j’ai été estomaqué d’entendre ce qu’il disait : il a interviewé Emmanuel et Brigitte Macron pour savoir un peu comment ça se passait au quotidien au niveau de leur couple par rapport à leur statut national et international. Et ils lui ont répondu mais ça n’a pas dû suffire au journaliste qui a interrogé des proches et de nouveau, ça n’a pas dû lui suffire car il s’est permis d’y mettre son grain de sel. Quand ça ne lui convenait pas, ce qu’on lui disait, il donnait son point de vue. En parlant au conditionnel, certes mais quand même.

C’est vrai, ça. Qui d’autre que les deux Macron savent le mieux ce qu’ils ressentent et ce qu’ils ont vécu (et ce qu’ils vivent) ? Ah ben oui, suis-je bête : le journaliste en question. Il sait forcément mieux qu’eux, pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Et en particulier, cette anecdote de la soi-disant gifle que Brigitte aurait donnée à Emmanuel, juste avant de sortir d’un avion, à Hanoï, il y a environ un an. Bien sûr que le journaliste sait exactement ce qui s’est passé. Et même si c’est différent de la version du couple concerné. Parce qu’il a dû partir du constat que les Macron n’avaient pas dit la vérité. Et alors ? Est-ce qu’on a besoin de tout savoir, de tout connaître d’un couple présidentiel ? Il me semblait qu’en France, on respectait son intimité contrairement à d’autres pays, comme chez les américains ou les anglais…

Alors moi, je me dis que cette anecdote de la probable gifle (pourquoi pas un autre geste ?), c’est exactement une tempête dans un verre d’eau. Ou alors, c’est moi qui n’ai pas le sens des priorités. Ou plus le sens des valeurs. C’est vrai, écrire un livre sur la base de cette pseudo-gifle présidentielle, ce n’est pas comme si le monde allait bien. S’il allait mal, encore, je pourrais comprendre qu’on ait besoin de se raccrocher à des anecdotes aussi futiles… Mais bon, ce n’est pas non plus comme si on avait la guerre en Ukraine, en Iran, au Liban ou que sais-je encore ? Ce n’est pas comme si des paquebots étaient plein de contaminés à l’hantavirus ou au norovirus (gastro-entérite virale…) Ce n’est pas comme s’il y avait des féminicides tous les deux jours en France. Ou des enfants violentés ou violés toutes les 3 minutes…

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jeudi 14 mai 2026

salle d’attente

Dis donc, il y a du monde. Je vais aller demander à l’accueil combien de temps d’attente il y a parce que là, vraiment, c’est bondé. Moi, je suis arrivé depuis une vingtaine de minutes et il y a au moins dix personnes devant moi. Je pense que je vais en avoir pour une bonne heure. Voire plus. Mais je m’en fous, j’ai un bouquin avec moi et s’il n’y a pas trop de gens bruyants, ça devrait aller. Ouais. Parce que moi, dans les salles d’attente, je n’aime pas quand il y a des enfants parce que ces derniers trouvent le temps long alors, ils font du bruit. Comme dans les trains. Ou partout ailleurs.  Surtout les enfants des autres. Mais là, pour l’instant, ça va. La dame de l’accueil m’a indiqué une heure et demie de retard. Je lui ai dit que ce n’était pas la première fois mais elle m’a répondu qu’il y avait eu des urgences à gérer.

Bonnes gens, quand on prend rendez-vous chez lui, l’ophtalmo, c’est toujours comme ça. On le sait. Sauf la première fois. Mais moi, j’ai l’habitude. Et quand c’est pour moi, je prends toujours un des premiers créneaux du matin car au pire, il n’y a qu’une demi-heure de retard. Mais là, aujourd’hui, je suis arrivé à 16h45 et c’est vrai que je n’ai pas l’habitude de venir l’après-midi et je suis quand même assez étonné de voir autant de monde. Je m’en fous, j’ai un bouquin avec moi. Mais la dame qui est assise à ma droite, elle n’est pas jouasse. En plus, elle a une fille d’une petite dizaine d’années avec elle. Pourvu que… N’y pensons pas. Parce que dans l’absolu, moi, j’ai tout mon temps. Je suis retraité. Et à part les chiens qui doivent attendre leur gamelle, personne ne m’attend avant 20h, à peu près, alors…

… Quelle heure est-il ? Ah oui, quand même. 18h20. Là, je reconnais qu’on va peut-être battre un record. Une maman est arrivée avec un garçon d’environ huit ans, qui en a eu très vite assez et n’a eu de cesse de faire du bruit. Heureusement, plus le temps passe, plus la salle d’attente se vide. Nous ne sommes plus que cinq en comptant la mère et le fils. Justement, on vient de les appeler, c’est leur tour. J’ai déjà lu une centaine de pages.  Ah, le monsieur qui a l’air sympa est appelé, nous ne sommes plus que deux. Nous ne sommes plus que deux me dit la femme au fond. Vous aviez rendez-vous à quelle heure ? Je n’avais pas rendez-vous, je suis juste venu pour lire car chez moi, je n’y arrive pas, j’ai toujours quelque chose à faire. C’est juste pour être au calme.  Vous faites ça souvent ? Oui, assez souvent, oui.

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mercredi 13 mai 2026

ah mais, c’est ton doigt, là ‽

Ah, mais c’est ton doigt, là ? Je me disais bien, aussi… Non, non, ça ne me dérange pas. Enfin, pas plus que ça. Mais fais attention car comme tu me l’as mis dans mon oreille gauche, je vais finir par en devenir sourd. Et si je ne t’entends plus me murmurer des mots d’amour, je vais finir par me demander si tu m’aimes toujours. Si tu m’aimes encore. Pour que tu m’aimes toujours. Pour que tu m’aimes encore. Et puis, ne l’enfonce pas trop loin, ton doigt, dans mon oreille, s’il plaît, hein ‽

Ah, mais c’est ton doigt, là ? Je me disais bien, aussi… Soudain, j’ai pensé que tu étais en petite forme. Et surtout, tu as un ongle qui doit être mal coupé. Ou que tu as un peu rongé car ça me fait un peu mal. Oh, rien qu’un peu. Un tout petit peu. Pas grand-chose mais, et ne le prends pas mal, ça n’est pas si agréable que ça, tu sais… Après, tu n’es pas obligé de l’enfoncer trop profondément. Imagine si mon oreille décidait subitement de le prendre en otage et de ne jamais te le rendre…

Ah, mais c’est ton doigt, là ? Je me disais bien, aussi… Attends, laisse-moi deviner lequel… Non, je n’ouvre pas les yeux. Non, je ne regarde pas. Juré. Craché. Ce n’est pas ton petit doigt sinon, il m’aurait déjà raconté plein de choses. Probablement à ton insu. Ce n’est pas ton pouce non plus car tel que je te sens, là, tu n’as pas du tout envie de faire une pause. J’hésite entre ton index et ton annulaire. J’aurais mieux fait de bien observer tes mains pour mieux connaître tes différents doigts.

Ah, mais c’est ton doigt, là ? Je me disais bien, aussi… Non, non, c’est amusant ce que tu me fais mais attention, ce n’est pas mon oreille gauche ni ma narine droite. Tu es en plein dans le mille : dans mon nombril du centre. Ah si. Mon nombril du centre. Qui te dit que je n’ai pas plusieurs nombrils ? Tu ne le sais pas mais je suis peut-être multi-ombilical, hein ‽ Mais bien sûr que si, ça existe. Ça touche peu d’enfants. Uniquement ceux qui ont eu plusieurs mères. Ah, je t’ai appris quelque chose, hein ‽

Ah, mais c’est ton doigt, là ? Je me disais bien, aussi… Là, tu le sais mais c’est ma bouche. Et ton doigt, il a très bon goût. Il a le goût de toi. Et moi, j’aime le goût que tu as. Et j’aime lécher un de tes doigts mais celui-là, en particulier, encore plus. Parce que c’est mon doigt préféré de toi. Celui avec lequel je sais que parfois, tu écris nos deux noms dans l’air, quand nous faisons l’amour. Et moi, mentalement, j’essaie toujours d’imiter ta signature, une fois qu’on a joui. Ce que j’aime tes doigts...

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mardi 12 mai 2026

comme un parfum frelaté

Je ne sais pas vous mais moi, oui. Au début, j’ai pris ça un peu à la rigolade car franchement, aller faire une croisière dans le sud de l’Amérique du même nom, avec tous les problèmes géopolitiques dans plusieurs endroits du monde, la crise de l’énergie et tout et tout, moi, si j’avais réservé ce voyage, je l’aurais annulé. Bon, de toute façon, la question ne s’est pas posée car je ne me vois pas prendre un billet pour une croisière avec plein d’autres touristes. À la limite, un jour, faire un tour dans les mers autour de la Scandinavie et de l’Islande, là où il fait trop froid pour le commun des villégiateurs. Oui, parce que bon, même la masse de tourisme peut se les geler quand il fait trop froid et cette masse en question préfère se les dorer au soleil. Après, je sais que je n’irai jamais non plus, là-haut, ça restera de l’ordre du fantasme et de la frustration.

Tout ça pour dire que cette croisière qui devait relier Ushuaia au Cap Vert, il est évident que moi vivant, je n’en aurai pris aucun billet, jamais. Et s’il y a eu des problèmes d’hantavirus à bord, ma foi, ce n’est pas mon problème. Moi, je n’ai rien demandé à personne. Je suis sagement resté dans mon coin, à Bordeaux centre et je n’ai pas envie de me retrouver avec une nouvelle pandémie sur le dos. Ni dans la gorge. Et encore moins dans les poumons. Parce que cette histoire de nouveau virus, moi, ça me fait quand même vachement penser à un temps à la fois lointain mais pas tant que ça : 2020, la Covid et ces merveilleuses périodes de confinement. Si, si, moi, j’ai beaucoup aimé ça. Je suis toujours du côté des minoritaires, je ne sais pas comment je fais mais c’est comme ça. Bref, c’est ça à quoi ça me fait penser. Et moi, j’ai des masques d’avance, alors…

Tout ça, ça a quand des relents de parfum frelaté. Et si ça se trouve, on va encore nous sortir les grandes phrases, les grandes résolutions et tous les « quoiqu’il en coûte » du monde. Ouais, la semaine dernière : pas de panique, on ne craint rien. Ce week-end qui vient de passer et en début de semaine : finalement, il faudra peut-être envisager de faire éventuellement attention. J’ai même entendu parler des stocks de protections au niveau national. OK, ce qui m’embête le plus c’est qu’on va vers les jours les plus chauds et là, porter un masque, ça va encore être désagréable. Et on va encore en trouver partout par terre dans les rues. Et il va encore y avoir des contrevenants qui vont se réunir en cachette pour boire des apéros. Et il y en a qui vont crier au complot. Les mêmes causes pour les mêmes effets. Alors, c’est quand qu’on confine ?

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lundi 11 mai 2026

et si tu n’existais pas

Et si tu n’existais pas, à coup sûr, j’aurais vécu tout autrement. Parce que si tu n’avais pas existé, nous ne nous serions jamais rencontrés et je serais peut-être quelqu’un un peu différent. Et c’est amusant de penser à ça car je n’aurai évidemment jamais aucune réponse à mes questionnements existentiels : si j’avais fait d’autres choix, où serais-je, aujourd’hui ? Par exemple, si je n’avais pas quitté Saint-Maixent, mes parents, à 19 ans, presque 20, pour aller à Paris où je pensais que quelqu’un m’attendait pour me révéler au monde comme son plus grand écrivain de la fin du siècle, où vivrais-je, maintenant ? Si je n’étais pas parti à Paris, je serais peut-être resté dans les Deux-Sèvres et je serais toujours membre des Pibolous et on m’aurait même décerné une médaille pour bons et loyaux longs services rendus à la tradition locale.

Et j’habiterais probablement une petite maison avec pierres apparentes sur la façade mais, avec le temps, il est clair que je l’aurais modernisée, que j’y aurais tout le confort et même la WiFi avec la fibre. Chose qu’à l’époque, nous ne pouvions pas soupçonner. Ni que ça allait changer nos vies. Ou alors, je serais parti habiter à Niort, dans la préfecture et j’y aurais fait carrière, petitement mais sûrement. Et j’y serais propriétaire d’un appartement, que j’espère bel, avec un grand balcon et je n’aurais pas perdu de vue tant d’amis d’enfance et d’adolescence alors que là, en m’étant fait naturaliser parisien, si. Et quand j’en revois, je suis souvent, presque toujours un peu, beaucoup déçu, tant d’eaux ont passé sous tant d’autres ponts. Rares sont celles et/ou ceux que je continue de voir au bout de 45 ans. C’est très bien comme ça.

Et si j’étais parti habiter dans un autre département, une autre région, voire un autre pays (j’ai hésité à partir en Allemagne, en 1982), c’est tellement évident que toute ma vie aurait été à l’opposé de celle que j’ai vécue à Paris puis à Bordeaux. Et je n’aurais pas connu celles et ceux qui me sont les plus chers, aujourd’hui. Et je n’aurais pas eu le bonheur de côtoyer Kali et Shuka, tous les jours, depuis une dizaine d’années. Les amours de ma vie. Je n’aurais pas créé les Vamps fatales avec mon acolyte de scène. J’aurais sans doute continué d’écrire car j’ai commencé si jeune (vers 11 ans) mais là encore, peut-être que j’aurais été moins fumiste et que j’aurais été publié. Ah, si tu n’existais pas, comment aurais été ma vie ? Comme serait ma vie ? Non, finalement, je ne peux pas imaginer que tu n’aies pas existé. Car sans toi, non, ça n’existe pas.

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dimanche 10 mai 2026

estro pied mais pas zi

Ça fait un peu plus de deux semaines que mon ancienne aponévrosite plantaire a choisi de revenir s’installer au niveau de mon talon gauche. Pourtant, j’avais reçu une douloureuse, une très douloureuse, une très-très douloureuse infiltration dont j’ai encore le mauvais souvenir quand j’y pense. Sauf que comme je n’avais plus du tout mal, je n’y ai quasiment plus jamais pensé jusqu’à ce week-end à Saint-Maixent, le jour du retour à Bordeaux, le lundi matin où là, j’ai eu mal. J’ai même cherché une cause, une origine au retour de cette bête mais hormis le fait que je suis allé ramasser du muguet en forêt, je ne vois pas pourquoi ni comment. Et quand bien même, je n’ai pas escaladé le Mont Gerbier-de-Jonc, non plus. Quant à l’Everest… Non, je pense que le produit de l’infiltration avait peut-être une durée maximale de bienfait…

Quoiqu’il en soit, j’ai mal au pied et mon médecin et mon kiné m’ont conseillé de marcher moins, encore une fois. Au lieu de faire 16 000 pas en moyenne par jour, ce serait bien de ne pas dépasser 10 000. OK. C’est noté. Mais il faut savoir que je ne fais pas exprès de faire plus, parfois jusqu’à 20 000 pas quotidiens. C’est juste que je fais tout à pied, moi, ici, à Bordeaux centre. Et là, vendredi et samedi, je suis allé à la brocante des Quinconces et dimanche, hier, j’ai promené deux fois les chiens… Eh bien, rien que ça, je ne vous dis pas le nombre de pas à chaque coup. Bon, une fois qu’on a établi ce constat, il ne me reste plus qu’à faire des pirouettes car il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Et comme à chaque jour suffit sa peine… Mais que m’arrive-t-il, je suis en train de vomir des dictons et des phrases toutes faites, je suis malade ?

Il n’en demeure pas moins que je me sens estro-pied mais pas du tout Estro-zi. Alors, que les choses soient bien claires, je ne me sens pas estro-zi même si j’aurais voté pour lui si j’avais habité Nice car Ciotti, non, ça, ça n’aurait pas été possible du tout. Mais je suis malgré tout plus estro-pied que zi. Pardon ? Estro-zizi ? Alors pendant qu’on y est, pourquoi pas estro-pied-pied, aussi ? Non, restons sobres et attendons que la crise passe. Ou pas. Et alors, s’il me faut subir une nouvelle infiltration, autant vous dire que même sans en connaître la date, j’en suis déjà malade à l’avance. Malade au sens stressé, angoissé, terrifié. Parce que personne ne peut ignorer ma phobie des piqûres. Même le médecin du sport, après m’avoir fait mal, très mal, très-très mal, il me l’avait dit « comme je sais que vous êtes angoissé, je ne vous ai pas dit que ça faisait très mal. »

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samedi 9 mai 2026

cent fois… la lettre i

C’est un défi. Le défi du jour. Écrire un texte avec cent fois la lettre i, pas une de plus, pas une de moins et le tout en trois paragraphes et avec un maximum de 30 lignes au format Word avant la publication de ce billet dans le blog. Oui, parce qu’il y a des différences entre le traitement de texte et le site du blog. Mais ça, c’est mon business, ça ne regarde que mon ego. Pour vous, ça n’a aucune importance. Alors, bien sûr, la facilité, ce serait de vous lister des mots contenant beaucoup de i voire que des i comme voyelles, mais ça serait trop facile à mes yeux. Alors, je vais vous raconter mon début de journée et voir ce qu’il en est à la fin de mon texte. Je me suis levé, je suis allé faire pipi et je suis allé à la cuisine et j’ai fait chauffer de l’eau pour mon café et mon infusion (oui, les deux) et j’ai pris mes comprimés (médicaments et compléments alimentaires) et je suis allé allumer mon ordinateur portable et j’ai consulté mes mails, j’ai répondu à un et je me suis mis à écrire pour mon blog.

Entre temps, Popol a encore pleuré, à chaudes larmes et forcément, le café provoquant le sac à décharge rénale coulante pour la transvaser dans la cuvette des water-closets. Après, de nouveau sur le PC à regarder quelques blogs ou autres FaceBook pour être au courant de ce que font quelques camarades et autres potes avant de me rendre dans la salle d’eau, prendre une bonne douche, me sécher, me mettre du déodorant sous les bras, passer un boxer, endosser un polo et enjamber un pantalon. Alors, prêt à me laver les dents, à déclore les volets du séjour, m’a fallu commencer la nomenclature de toutes les courses à effectuer pour dans deux jours car je pars au marché, acheter à manger deux coups tous les sept jours. Et comme le temps passe, c’est le moment d’aller chez le patron pour m’occuper des toutous. Donner le cachet à ma chouchoute et m’assurer que Shuka arrose beaucoup les plantes dehors. Là, je me mets mon blouson sur le dos, je me chausse et je pars chez eux.

Alors, 64 i dans le premier paragraphe, ça m’a un peu contraint à n’en mettre aucun dans le deuxième. J’y suis parvenu mais je peux vous avouer que ça ne s’est pas fait sans mal, j’ai un peu galéré. Oh, je ne vais pas pleurer pour ça, si j’ai fait cet exercice, c’est parce que j’en ai eu envie, besoin et que ça m’a (un peu – beaucoup) amusé. Sauf que là, le compte à rebours a commencé, j’en suis déjà à 79 i et j’ai encore au moins entre quatre et sept lignes à écrire. Alors, autant vous dire que je commence déjà à faire très gaffe à ne plus en user de trop car sinon, je vais dépasser les cent que je me suis promis de ne pas aller au-delà. Un challenge est un challenge, tant qu’on peut le remplir au mieux, tout va bien. Sauf que tant que tout n’est pas achevé, on n’est pas en sûreté de supporter ses promesses. Comme n’en reste plus que cinq, je persévère à m’entêter de marcher sur des œufs sans les casser. Au départ, l’œuf ou la poule ? Bonne question, c’est sympa de la poser. Mission accomplie.

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vendredi 8 mai 2026

Herbert (ou presque)

J’avais totalement (ou presque) oublié ce chanteur principalement connu dans les années 70 (mes meilleures années, en terme musical, à mes oreilles) mais hier, je me suis retrouvé face à lui et face à ma nostalgie et tout (ou presque) m’est revenu et ça m’a fait autant plaisir que ça m’a un peu rendu triste car c’est vrai que même si j’ai préféré être adulte qu’adolescent, ce type, cet homme-là, il a bercé mes années d’environ 16 à 18 ans. Et ça n’est pas rien. Je me souviens en particulier du double album 33 tours, Mégalopolis, une espèce d’opéra-rock, très précurseur de Starmania mais passé inaperçu (ou presque) sauf pour quelques afficionados (dont j’ai fait partie, alors) ou quelques initiés et même si je pense que ça a probablement vieilli, ça reste très visionnaire. Mégalopolis est sorti en 1972 mais je ne l’ai connu qu’après, forcément.

On y trouve des chansons qui racontent une société hyper-urbanisée, plutôt technocratique et de plus en plus déshumanisée, sur un ton pas forcément très positif mais aussi quelques titres très romantiques, chaleureux voire festifs. Le problème, chez ce chanteur, auteur-compositeur, c’est que certains de ses titres ne seraient plus audibles de nos jours car le politiquement correct a tout bouffé et qu’un mec parle des femmes comme il a pu le faire, avec respect mais avec un certain… Comment dire ? Je vais reformuler : Herbert avait tant de convictions humanistes (écologie, justice sociale, paix…) que la cause des femmes semble être toujours passée au second plan, chez lui. À mon sens, ce n’est pas grave car c’est aussi vraiment une autre époque.

Et ça n’enlève rien au plaisir d’écouter ses chansons. Et puis après tout, si certaines femmes ne sont pas capables de remettre les choses dans leur contexte… Personnellement, j’ai un faible énorme pour un 45 tours que j’avais acheté, sur une face, une chanson « à boire » (ou presque) : Chanson pour les hommes, que j’ai toujours aimée et Concerto pour Venise, que j’ai toujours admirée et à travers ces deux titres, on trouve tout de cet artiste. Un chanteur engagé qui aurait mérité de passer à une plus grande postérité. Son style, je le résumerais à : chanson, poésie et théâtre. Et je parle de ce cher Herbert Pagani, né en 1944, décédé en 1988 (je l’ai découvert hier) et si ça vous tente de le découvrir ou de le redécouvrir, ne boudez pas votre plaisir, vous allez entendre des petites pépites même si certaines pourront vous sembler datées (ou presque.)

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jeudi 7 mai 2026

je vous rassure, elles sont épluchées

C’est étrange, on a un temps de mars alors qu’on est en mai. Un coup, il fait beau ; un coup, il pleut et on a des orages ponctuels comme si on était en juin. C’est à croire qu’ils ont vraiment tout détraqué avec leur bombe atomique. Ou avec leur guerre en Iran (et au Liban.) Ou avec leurs pesticides. Tiens, et puis hier matin, justement, quand j’ai donné à manger aux poissons dans le premier bassin, je n’en ai pas vu un seul. D’habitude, quand j’ouvre les stores, le matin, ils voient que la maison se réveille et ils viennent au ras de l’eau et ils attendent leurs granulés. Mais là, je n’en ai vu aucun. J’ai pourtant pris l’épuisette et j’ai remué jusqu’au fond pour voir s’ils allaient se lever mais non, aucun n’est monté à la surface. J’espère qu’ils vont bien. Ils en ont peut-être marre de la pluie. On peut les comprendre. Et en tout cas, je vous rassure, elles sont épluchées.

Ce qui est embêtant avec trop de périodes de pluie, pour moi, pour ma terrasse, c’est que j’ai remplacé les deux orangers du Mexique, il y a moins d’un mois et comme ils sont dans des jardinières (séparées mais jardinières malgré tout), ils risquent d’être vite saturés d’eau et de dépérir comme les deux précédents. Mais bon, on verra bien ce qui va se passer. Ça me fait penser que la semaine prochaine, j’irai acheter du pourpier à fleurs multicolores mais là, si je me souviens bien, c’est rarement avant la mi-mai. J’y suis allé, dimanche dernier mais pour rien, c’était trop tôt. À part ça, les chiens étaient en forme, hier. Parfois, j’ai des doutes. Comme ils vieillissent, eux aussi… Brrr, je préfère ne pas y penser. Ça risque de me donner mal à la tête. Pare que je continue de ne pas très bien gérer mes émotions. Et en tout cas, je vous rassure, elles sont épluchées.

Sinon, ça fait un peu plus d’un mois qu’on mange des asperges toutes les semaines mais la dernière fois, je les ai trouvées moins belles et moins bonnes. Et ça m’a un peu déçu. Alors, pour le week-end qui arrive, tout à l’heure, si elles sont aussi moches que celles de la semaine passée, je vais m’abstenir. Je préfère envisager de prendre des tomates car même si elles sont encore un peu fades, elles restent mon légume préféré. Je sais c’est un fruit mais comme tout le monde la mange surtout comme un légume… Oui, c’est l’anniversaire de mon petit frère, aujourd’hui. Cinquante ans. Quand je pense que je l’ai vu naître… Oui, je recommence à préparer mes salades de tomates côtelées noires et jaunes en n’y ajoutant que du sel, du poivre, du basilic et de la feta. Même pas d’huile d’olive. Et encore moins de vinaigre. Et surtout, jamais de vinaigre. Pour moi, c’est un crime de lèse-tomate. Mais pour le patron, ce week-end, je vous rassure, elles seront épluchées.

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mercredi 6 mai 2026

chère Mathilde (2) (interdit aux moins de 16 ans)

Chère Mathilde, vous ne pouvez pas savoir comme j’aime quand vous m’observez de votre regard noir de chez noir, vos cheveux tirés et votre rouge à lèvres qui donne envie de vous entendre me crier dessus. J’aime quand vous me toisez de toute votre hauteur de femme de pouvoir car vous êtes une femme de pouvoir et vous le savez et si ceux qui sont en face de vous ne le savent pas, vous excellez dans l’art de leur faire comprendre. Vous êtes une véritable déesse. Des temps modernes, certes mais une déesse quand même. Pardon, vous ne trouvez pas ça flatteur d’être comparée à une voiture un peu ancienne ? Mais si, souvenez-vous, elles avaient de l’allure les DS. Parce que comme vous, c’étaient justement des déesses. Si j’avais parlé de BX ou de CX, j’aurais pu entendre votre courroux et accepter la punition que je méritais mais une déesse…

Non, non, pardon, vous avez raison, quelles que soient mes pensées, quels que soient mes dires, c’est vous qui savez et moi qui vous outrage car derrière chaque compliment, vous n’oubliez pas que je suis un homme et que comme tous les hommes, tous les autres hommes, forcément, il y a un prédateur qui sommeille, même moi. Oui, même moi, chère Mathilde et j’attends vos remontrances et les coups de martinet, la seule chose dont je suis digne et je l’accepte et je me prosterne devant vous. À plat ventre ? Et je me mets à plat ventre devant vous en n’oubliant surtout pas de bien lécher vos chaussures même si vous arrivez de dehors et que dehors, il pleut. Je sais que je vous appartiens corps et âme et que je ne suis plus que votre jouet. Vous êtes ma reine et je suis votre esclave. C’est tout à fait bien entendu comme ça. Je me repens, chère Maîtresse.

Et je regrette, oui, comme je regrette de vous avoir manqué de respect. Mais vous qui savez tout, vous ne pouvez pas ignorer combien je suis un être dénué de toute intelligence. De toute façon, personne ne peut vous arriver à la cheville. Que je vais m’empresser de lécher, elle aussi. La droite ou la gauche ? Oui, encore une preuve de ma faiblesse d’esprit, la gauche, forcément. Comment ai-je pu oublier que seule votre cheville gauche ?... Oh, vous avez comme un petit bouton, là, juste sur votre malléole gauche – vous avez vu, cette fois, j’ai bien retenu la leçon – et… Pardon, je dois vous le retirer avec ma bouche ? À votre service, chère Mathilde. J’aime tellement sucer vos boutons et là, à vue de nez et de langue, je pense qu’il s’agit d’une pustule. Et le pus qui en sort est jaunâtre. Je le mange ? Si tel est votre désir… Je peux avoir un grand verre d’eau ?

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mardi 5 mai 2026

ça suffit à mon bonheur

Quand je suis sur le canapé des chiens, celui du côté de la terrasse et du jardin, ça suffit à mon bonheur de m’y allonger et de regarder dehors. Avec un peu de chance, Kali ou Shuka ou les deux viennent me rejoindre et alors là, c’est l’extase même si je n’ai pas toujours assez de mes deux mains pour les caresser en même temps. Leur faire des gratouillis sur le ventre, par exemple.  Et hier encore, entre deux grosses averses, je me suis repu de ce que j’avais sous les yeux : cet enchantement de tous les instants ou presque. Déjà, en premier plan, c’est le prunier. Quand je pense qu’on le disait moribond quand le patron a acheté la maison, il y a plus de quinze ans. On ne donnait pas cher de son écorce et pourtant, tous les ans, il donne un bon peu de fruits, certes, acides mais c’est la nature qui nous les offre.

Et dans ce cas, personne ne boude son plaisir. Avec ce prunier, ce qui est toujours incroyable, c’est son apparente bonne santé : son feuillage tous les ans de plus en plus touffu. Ses branches qui ne cessent pas de pousser vers le haut, vers les côtés voire vers le bas pour les plus fragiles d’entre elles après une bonne grosse pluie. Autour de lui, du prunier, c’est un florilège de végétaux en terre ou en pots, des bananiers (eux, un peu trop envahissants, il faut régulièrement les couper au niveau de la racine), des arbustes, des plantes vertes, d’autres, fleuries et une palette de différentes teintes de vert comme on ne peut même pas les imaginer dans son esprit. Il y a aussi les oiseaux qui vont et viennent, qui virevoltent, qui cherchent des vers de terre dans le sol et qui, pour ça, grattent un peu partout et en envoie partout aussi.

Ensuite, un peu plus loin, on devine l’allée principale, celle qui mène au cabanon et au portail, après un virage vers la droite. D’où je suis, sur le canapé des chiens, je ne vois pas les grands géraniums ni les autres grandes plantes dont on profite évidemment moins. Bientôt, il y aura les pots de pourpier multicolore, il faut attendre encore une dizaine de jours. Et au tout premier plan, c’est la table basse en marbre, sur laquelle il y a toujours un vase avec des fleurs coupées. En saison, ce sont des tulipes mais sinon, celles qui viennent. J’aime tant regarder à travers ces baies vitrées et voir toutes ces nuances de vert comme déchirées par le double tronc du prunier, bien sombre, bien noir. Et parfois, même quand je ferme les yeux, allongé sur le canapé des chiens, je peux somnoler mais je la vois encore cette végétation luxuriante.

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lundi 4 mai 2026

sur la mer calmée

Sur la mer calmée, un jour, une fumée montera comme un blanc panache ! Oui, ce matin, je suis comme la mer, je suis calmé mais je ne fume pas, je ne fume plus et donc aucune fumée comme un blanc panache ne montera de moi. Pas plus que je ne serai jamais élu pape. Rapport à la fumée blanche. Non, je voulais juste dire que je me suis (un peu) calmé depuis avant-hier et avant-avant-hier. Parce que même s’il m’a beaucoup énervé, mon pote Stéphane (un Stéphane peut en cacher un autre), ce n’est pas une raison pour tirer la tronche à tout le monde. Et encore moins de ruminer. On n’est pas des bœufs, tout de même. Mais je lui garde quand même un veau de ma chienne car je sais qu’à la prochaine discussion (houleuse ?) que nous aurons, ça va recommencer et je vais faire une migraine, ensuite et j’aurai envie de me jeter par la douche (il y a une marche pour entrer ou sortir de la mienne…)

Après, la question qui se pose, avec des amis ou avec son conjoint, c’est la possibilité de parler de sujets qui fâchent sans se fâcher. Et l’autre jour, à un moment, je lui ai dit à Stéphane : on n’a plus qu’à se réconcilier puisqu’on est en train de s’engueuler ? Ah bon, on ne s’engueule pas ? En tout cas, ça y ressemble. Bon, il n’y a pas un oreiller quelque part ? Sur lequel nous pourrions poser nos têtes, se faire des bisous et se taper sur la croupe en se disant qu’on s’aime (bien) quand même. Ou alors, qu’on fasse carrément une scène de ménage et que chacun casse des assiettes. Et les bibelots auxquels l’autre tient beaucoup. Sur la mer calmée-eu… Autour de moi, on me dit que cette relation avec Stéphane m’apporte plus de stress que de plaisir. Ah bon ? Je m’auto-stresserais ? Non, ce n’est pas comme si je ne me supportais pas du tout. Et lui aussi. Lui aussi ou lui non plus ? Ah tiens, j’ai un doute, c’est malin.

En même temps, on ne peut pas n’être ami qu’avec ceux qui nous ressemblent et qui pensent comme nous. Pareil pour être en couple. Sinon, ce serait d’une monotonie insupportable. Je vois le topo : tu es mon double et je t’aime. Tu es ma moitié et moi l’autre. Sans toi, je ne suis rien. Tu parles, Charles, l’amour et l’amitié, c’est tout l’inverse. Oui mais quand même, quand on est trop différents, surtout d’un point de vue politique, ça peut engendrer des conflits difficiles à gérer. Parce que s’il y a bien un sujet qui cristallise tout le monde, c’est bien celui de la politique dans le sens large du terme. Stéphane ? On n’a plus qu’à ne jamais en parler ensemble. On connaît déjà chacun la position de l’autre, remettre ça sur le tapis, ça ne fera avancer aucun Schmilblick... Ou alors, on n’en parle plus mais on peut s’écrire. Je m’imagine déjà : « Je t’emmerde car tu m’emmerdes. Signé : un ami qui te veut du bien. »

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dimanche 3 mai 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (16)

Dieu ? … Dieu ? Hmmm ? Je te réveille ? Non, pas du tout mais j’ai hésité à arrêter ce que je faisais pour te répondre car sinon, je risquais d’en perdre le fil… Faut dire qu’avec l’âge, on est tous moins concentré, hein, Dieu ? Pffft, rien à voir avec l’âge. Mais si, un peu… Tu ne connais rien à l’immortalité, toi, mortel. Ah ben oui, vu comme ça… Que Me voulais-tu, mortel ? Ben, discuter un peu avec toi, Dieu. Parler de quoi ? Je ne sais pas moi, de toi, par exemple. De Moi ? Oui, de toi. Et qu’aimerais-tu savoir que tu es capable d’entendre voire de comprendre ? Euh…  … Ah si, est-ce que tu vois tes collègues, Dieu ? Mes collègues ? Oui, Mahomet, Bouddha et les autres ? Mahomet, Bouddha et les autres ? Mon Moi comme tu y vas fort, ce matin, mortel. Vous ne vous fréquentez pas, avec les autres dieux ?

Comment te dire, mortel ? Déjà, n’oublie jamais que Je suis unique. Oui mais Mahomet et Bouddha aussi, sont uniques. Ça, c’est ce qu’ils croient. C’est ce que tu crois aussi. Non, moi, Je suis réellement unique. Je suis le seul à avoir créé le monde. Et l’homme. À ton image. À Mon image. Donc, pas à celle de Bouddha ou de Mahomet ? Bien sûr que non. En plus, Mahomet ne veut pas qu’on le représente, alors… Et Bouddha ? Bouddha, ça fait un bail que Je ne l’ai pas vu, tiens, justement. Et alors ? Oh lui, Bouddha, il a toujours l’air content. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas été assez fou pour créer le monde tout seul, comme Moi. Ah bon, qui l’a fait, alors, selon lui ? Chez lui, c’est un processus cyclique influencé par les énergies du désir, de l’ignorance et de l’attachement. Oh là, là, ça me semble compliqué, non, chez lui ?

Non, pas forcément. C’est peut-être juste un peu intellectuel pour toi, mortel. Et pour Mahomet ? Là, mortel, tu te trompes encore, Mahomet, c’est le prophète. Le dieu des musulmans, c’est Allah.  Et comment il a fait, lui, Allah, pour créer l’homme ? Avec de la terre argileuse. Ah bon ? Oui, rien à  voir avec Moi. Mais alors, puisque vous êtes collègues, tous les dieux de chaque religion, vous vous réunissez, de temps en temps, pour un séminaire et un repas ? Toi, mortel, tu vois toujours les choses à travers le prisme de ton cerveau, bien fatigué, qui plus est. Les choses ne se passent pas sur terre, comme dans les cieux. Mais vous communiquez entre vous, tous les dieux ? Peut-être devrions-nous le faire, tu n’as pas tort, mortel. Je me demande si Je ne fais pas réfléchir à la chose. Bon, Je dois te laisser, J’ai encore à faire.

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samedi 2 mai 2026

toujours un peu en rogne

En vérité, je vous le dis, je suis toujours un peu en rogne contre un ami qui m’agace dès qu’on parle de choses politiques ou sociales. C’est quelqu’un qui ne vote pas franchement à gauche ou alors à gauche du centre et qui aime les royautés et qui aimerait vivre dans un château avec pléthore de gens à son service, des dîners de gala et des diadèmes sur toutes les têtes. Mais il a tous les défauts des agents de la fonction publique et de ceux qui sont syndiqués : il ne jure que par ses avantages sociaux sans les reconnaître expressément. Après une grosse dizaine d’années dans le privé, il a eu l’opportunité d’entrer dans une entreprise privée mais pleine d’assimilés fonctionnaires : Gaz de Bordeaux. Et là, pour lui, tous les privilèges de ces employés de la fonction publique sans en avoir aucun inconvénient. Autant vous dire qu’à la fin de chaque mois, c’est comme une belle épargne.

Loin de moi d’être jaloux de ces avantages mais j’aimerais une chose : qu’il reconnaisse tout ça et surtout le fait que ce n’est pas du tout équitable qu’une partie de la population bénéficie de tant de choses au détriment des autres (une partie provient de l’argent des contribuables) et n’a de cesse de se plaindre parce qu’il n’en a jamais assez (au regard de ceux qui n’ont rien, c’est d’une totale indécence) et qu’il ne faut pas toucher à tous ces boni car donner, c’est donner et reprendre, c’est voler. Mais partager, alors, c’est quoi ? Quand on sait qu’il ne paie que 17 euros de mutuelle par mois et que cette dernière le rembourse bien au-delà de la raison ; quand on sait que comme il appartient à la branche Énergie, il ne paie que 10% du prix du gaz, normal mais aussi de l’électricité qu’il consomme. Quand on sait qu’il n’a aucun jour de carence quand il a besoin d’un arrêt maladie…

Tiens, justement, les arrêts de travail. Ce n’est pas du tout amusant mais il a des problèmes de migraines depuis quelques années et elles lui causent tant de douleurs fortes qu’il s’arrête régulièrement un jour ou deux et tous lui sont payés. Moi qui ai eu des migraines fortes aussi pendant une trentaine d’années de ma vie professionnelle, chaque fois que j’ai déclaré forfait, même pour une demi-journée, ça m’a été décompté sur mes congés. Alors, vous, tous ces privilégiés, c’est très bien tous les droits que vous avez mais vous pourriez le reconnaître et arrêter de nous casser les couilles avec vos arguments fallacieux : réduction du temps de travail, retraite à 60 ans, jamais de jour de carence, interdiction de travailler les jours fériés et tout et tout. Et de me faire reprocher ma vie rien que dans le privé : « Toi, tu es en retraite, tu es tiré d’affaires, tu ramènes tout à toi… » Non.

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vendredi 1 mai 2026

jour férié, manifestation et contradictions

Hier, jour de la fête internationale du travail, c’était férié mais pas pour tout le monde. Surtout pour nombre de gens plutôt bien nantis avec des idées plutôt bien de gauche et d’une tolérance à toute épreuve. On a tous en tête les débats récents sur l’ouverture des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes le 1er mai car d’un côté, les gens concernés voulaient qu’on leur en donne l’autorisation et de l’autre, les syndicons et les gens de bien à gauche (ce sont souvent les mêmes, d’anciens copains à moi) qui étaient contre au nom du fait que la fête du travail, c’est un « acquis sociaux » (sic) et qu’on ne touche pas aux acquis sociaux, surtout pour ceux qui en bénéficient le plus. Et donc, finalement, les boulangers et les fleuristes ont pu ouvrir mais moi, à leur place, j’aurais interdit l’entrée de mon magasin à ces gens qui pensent qu’on n’avait pas le droit d’ouvrir ce jour-là. Mais pas que.

Je serais même allé plus loin, puisque les syndicons et les gauchos pensent qu’il faut tout fermer le 1er mai (c’est un « acquis sociaux », je vous rappelle), OK, on ferme alors tous les restaurants, on arrête tous les trains et les avions et on ne reçoit plus personne dans les services d’urgences des hôpitaux. On interdit aux pompiers d’intervenir même en cas de gros incendie ou de gigantesque carambolage et on éteint Netflix. Comme ça, chacun peut rester chez soi à attendre impatiemment que tout rouvre. Oui, voilà. Quand je serai dictateur, j’aurai deux possibilités : tout fermer pour les jours fériés républicains ou interdire purement et simplement les syndicons. Je ne reviendrai pas sur le droit de manifester, un avantage de privilégiés d’une petite catégorie de travailleurs (ça reste à prouver en temps effectué) qui pensent penser pour les autres alors qu’eux seuls comptent.

Non, en revanche, les manifestations ne seraient plus possibles qu’en dehors de leurs heures de travail, donc, principalement les week-ends et les jours fériés et avec le droit unique de faire cuire des merguez arrosées de bière sur leur lieu de travail. C’est tout. Tu n’es pas content de tes conditions de travail ? Ta mutuelle ne te coûte que 17 euros par mois et elle te rembourse tout mais ce n’est pas assez ? Tu es souvent malade et tu n’as aucun jour de carence mais c’est encore trop ? Tu es systématiquement contre tout ce qui peut être productif et aider à la réduction de la dette ? Tu veux gagner plus en bossant moins ? OK, tiens, voilà 12 merguez et autant de canettes de bière, tu as une demi-journée pour tout avaler. Pendant ce temps-là, tu ne diras pas de conneries et surtout, tu n’empêcheras pas de travailler ceux qui veulent vraiment travailler. Pas d’accord. Va dans le privé.

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concentré de sujets du bac philo 2026

Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? Il me semble que la parole est une de nos libertés les plus fondamentales. L’art de bien s’exprime...