Je me souviens, quand j’étais enfant, nous passions un mois à Fouras, entre La Rochelle et Rochefort, dans la maison du grand-père maternel. Et nous allions souvent à la plage et nous faisions des pâtés, des châteaux et des seaux renversés. J’aimais ramasser des coquillages (ça, ça m’est resté et parfois même, ça me manque, notamment aux Sables d’Olonne, quand je passais des heures accroupi pour trouver le maximum de grains de café, j’en ai toute une collection qui remonte à la deuxième moitié des années 90) et j’aimais pêcher des petites crevettes avec mon épuisette. Déjà je faisais des vers. Sans le savoir. Et je me souviens aussi qu’en bas de la rue, il y avait une plage minuscule avec des rochers et une fontaine dont l’eau était potable. On y remplissait des brocs. Toute une époque. Était-ce mieux avant ?
Je me souviens qu’il y avait le Club de l’Étoile et nous en étions des membres très réguliers, mon grand frère et moi et nous pouvions profiter des quelques installations mises à notre disposition : un portique avec une balançoire, un trapèze et au moins une corde à nœuds. Il y avait une piscine de taille modeste (pas pour moi, en ce temps-là – du moins, tant que je n’ai pas su nager), hors sol et surtout, il y avait un trampoline. Que de pirouettes n’ai-je pas faites dessus ? J’étais un véritable artiste de cirque en herbe. Et je me souviens que la marée montait et descendait et que quand la mer était basse, il y avait de la vase. Ça me dégoûtait un peu mais malgré tout, c’était très doux de marcher dedans. Il y avait aussi quelques méduses. Et des petits galets que les vagues faisaient rouler et rouler et rouler.
Je me souviens que maman avait une espèce de siège bas, avec un dossier et qu’elle s’y installait et qu’elle pouvait alors feuilleter son hebdomadaire Femmes d’Aujourd’hui (dans lequel il y avait une page de bandes dessinées, à la fin, avec un éléphant qui voyageait – Trompette ? Peut-être…) et/ou faire des mots croisés ou encore, tricoter. Elle se protégeait la tête avec un chapeau. Papa, lui, il était très rapidement bronzé et il aurait pu faire illusion s’il avait voulu se faire passer pour un méditerranéen. Et il y avait les vendeurs ambulants : certains avec des chichis. Aujourd’hui, ça m’écœure rien qu’à l’idée d’en manger un. D’autres avec des glaces. Et j’adorais les entendre crier : esquimaux, chocolats glacés et au fond de moi, je rêvais toujours d’en acheter mais je n’avais pas de sous. Pas grave. Même pas mal.
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