Toute réflexion faite et toute honte bue, je sais maintenant que je n’aurais peut-être pas dû. Parce que je pense que j’ai cassé quelque chose de très fragile. En l’appelant, quelques années après (combien ? Trois ? Quatre ? Plus ?), j’ai ravivé des souvenirs qui m’ont un peu tourneboulé après m’avoir ravi. Et il s’en est fallu de peu que je n’arrive pas à sécher ce début d’humidité. Un début d’humidité dans les yeux. Dans les yeux, vraiment ? Oui, dans les yeux, vraiment. Le reste ne regarde que moi. Je sais que je suis très, trop émotif et je m’en doutais qu’en l’appelant, j’allais jouer avec le feu. Parce que ça n’était pas la première fois que j’en avais envie. Oh que non. Mais c’est la première fois depuis cette éternité qui nous sépare que j’ai osé le faire et là, je sais que je n’aurais peut-être pas dû.
Mais c’est comme ça, quand l’envie est vraiment irrépressible. Quand on fait un caprice comme je l’ai fait, la semaine dernière mais c’était un moment un peu anormal dans ma vie avec cette espèce de tension en prévision de mon spectacle et j’ai eu besoin d’un coup de nostalgie. Comme si j’allais en sortir quelque chose. Comme si j’allais me retrouver à côté de toi, comme si de rien n’était. Comme si nous allions passer un moment ensemble, devant une tasse, dans un café ou chez toi, dans ton salon. Comme si j’allais voir comment allaient tes plantations sur ton balcon. Ou ta terrasse. Sauf si tu as déménagé. Comme le fil a été totalement rompu entre nous, je ne sais plus rien de toi. Et là, qu’est-ce qui m’a pris ? À part le plaisir immédiat d’entendre ta voix, ça a juste remué un couteau dans la plaie.
Je n’aurais certainement pas dû te recontacter. Te laisser au chaud de mon cœur, dans mes meilleurs souvenirs. Garder cette image de l’être idéal que je connaissais à l’époque. Oui, l’être idéal. Parce que j’aime avoir cette notion de piédestal sur lequel se trouveraient les gens que j’aime le plus. Et quand je n’ai pas la chance de les connaître sans aucune rupture, il ne me reste plus que ça. Plus qu’une image sublimée. Sublimée parce que sublime. Bon, maintenant que je sais que je n’aurais peut-être pas dû, je peux bien te le dire, j’ai tant voulu entendre ta voix que je me suis convaincu que je t’avais passé un coup de fil. Comme ça. Juste pour t’entendre. T’entendre à défaut de te regarder droit dans les yeux. Comme dans mes souvenirs les plus beaux avec toi. Je ne t’ai pas appelé car je ne sais que je ne devrais pas.
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