Pourquoi choisir le verbe choisir ? Parce qu’il se tient là, toujours entre deux. Entre le presque et le jamais. Entre le peut-être et les certitudes. Entre la volonté et les doutes. Il est là, attendant une réponse. Vibrant d’une promesse sans contour. Parce qu’il semble toujours ouvrir une porte vers un ailleurs. Si je choisis d’ouvrir celle-ci, elle va m’emmener dans un endroit qui va me plaire. Si je choisis d’ouvrir celle-là, elle m’emportera dans un autre lieu, qui, certainement, me fera avoir des regrets. Oui, c’est ça, choisir, c’est hésiter entre les remords et les regrets. C’est un verbe qui ne fait jamais de bruit. Il met toujours les patins sur le parquet de nos pensées avant qu’elles ne se transforment en éventuelles décisions. C’est un verbe silencieux. De fausses actions. Une vue de l’esprit.
On peut croire qu’il désigne quelque chose mais si ça se trouve, avant même qu’on en ait terminé la formulation, il s’effiloche car arrivent alors les doutes rétroactifs et avec eux… Choisir, c’est un verbe dans la tête mais c’est aussi un verbe dans les mains. Et c’est un verbe qui tremble car il se peut qu’il y ait une envie de penser à autre chose lors de la décision au bord d’être finale. Choisir peut aussi apporter son lot de choses inachevées : des phrases, des idées ou des actes. Il peut participer à la procrastination. C’est un verbe de reflets : ceux de choses jamais tout à fait accomplies. Si c’était un verbe saisonnier, il serait de la fin de l’automne et du début de l’hiver car c’est mot de brouillard. Un mot dans lequel parfois, on est dans les vapes. Un verbe plein de buée. Qui flotte. Se disperse. Jusqu’au…
Jusqu’au moment où il file de l’autre côté. De celui des choses faites, passées. Comme un couperet. Trop tard, j’ai choisi. Et si je ne peux pas revenir en arrière, il devient verbe tranchant. Et je me rassure comme je peux : ça aurait peut-être été pire si j’avais pris l’autre option. Là, c’est fait. Je ressens comme une vibration et un soulagement mêlé d’inquiétude. J’ai peur de m’être trompé. Un peu. Beaucoup. Peut-être pas du tout. Mais si j’ai préféré murmurer mon choix, avec un peu de chance, ses conséquences seront moins graves que si je l’avais crié. Je m’accroche à cette idée. Pour un peu, je ferais une prière mais comme j’ai choisi de ne croire en aucun Dieu, il ne me reste que ma propre liberté, celle de pouvoir choisir. Celle de devoir choisir, parfois. D’hésiter, toujours. Dans des soupirs. Du vent.
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