Hier, j’ai reçu un appel d’une lectrice totalement désespérée car elle ne recevait plus son mail quotidien lui indiquant que j’avais publié un billet dans mon blog. Alors, comme elle était en larmes, je lui ai d’abord dit qu’il fallait relativiser et que ce n’était pas aussi grave que ça. Que si elle acceptait d’ouvrir les yeux pour regarder autour d’elle, elle verrait bien que des millions de personnes vivent des choses nettement plus insupportables : en Ukraine, à Gaza, en Iran… Que d’autres millions de personnes subissaient la perte d’un être cher et très aimé. Que d’autres millions de personnes vivaient avec une maladie douloureuse, handicapante ou autre et que certaines étaient même en fin de vie dans un pays où on n’autorise pas le droit de mourir dignement quand on l’a choisi. Que des millions d’animaux sont abandonnés ou maltraités. Que des femmes sont tuées. Des enfants violés.
J’ai bien senti que ma lectrice commençait à avoir moins de sanglots au fur et à mesure que je lui listais tout ce que je viens de dire dans le premier paragraphe. Elle reniflait (bruyamment) plus qu’elle ne pleurait. Et de temps en temps, elle arrivait à placer un « oui, tu as peut-être raison » et moi, ça m’a soulagé car je ne savais pas quoi dire d’autre. En plus, je lui ai dit que ce n’était alors pas étonnant qu’elle n’ait pas réagi à mon billet du 20 janvier dernier, sur la vie quotidienne de Kali et Shuka. « Ah bon, et pourquoi j’aurais dû réagir ? » m’a-t-elle demandé ? Et là, j’ai eu une grosse, une très grosse envie de pleurer et j’ai eu beaucoup de mal à contenir mes larmes. « Comme ça, pour rien » ai-je ajouté avant de lui dire que je devais raccrocher car j’avais du lait sur le feu. « Je croyais que tu ne pouvais pas boire de lait ? » « Ce n’est pas pour le boire, c’est juste pour le faire chauffer. »
Quand elle a enfin raccroché, je me suis écroulé. Et là, le président, qui était dans son bureau, m’a interpelé : « Que t’arrive-t-il, Stéphane ? » Comme je ne lui répondais pas, il a dû penser que je ne parlais pas assez fort et qu’il aurait mieux fait de mettre ses prothèses auditives. Et il est venu jusqu’à mon bureau et là, il m’a vu en larmes. « Qu’est-ce qui se passe ? » J’ai à peine pu lui dire qu’une de mes lectrices préférées ne recevait plus les notifications comme quoi j’avais publié un nouveau billet. Et là, le président a pile-poil trouvé les mots qu’il fallait pour me réconforter : « Tu sais, il y a pire, regarde, en Ukraine, à Gaza ou en Iran. Et tous ces gens qui perdent un être aimé, très cher. Et tous ceux qui ont très malades ou handicapés ou en fin de vie, en train d’agonir alors que la loi sur l’euthanasie n’est toujours pas passée. Et vous ces animaux maltraités. Abandonnés. » « Tu as raison. »
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