Pour les plus assidu(e)s d’entre vous, j’ai publié plusieurs billets intitulés « choisir le verbe choisir » et là, ce matin, c’est un autre exercice auquel j’ai envie de m’atteler : aimer le verbe aimer. Pas mal, non ? Alors voilà, je pense que j’aime le verbe aimer parce que j’aime aimer. Et aimer, comme le disait le philosophe, dans la comédie musicale Roméo et Juliette, au début du siècle, aimer, c’est ce qu’il y a de plus beau. Mais comme disait un autre philosophe de la fin du siècle dernier, aimer, c’est plus fort qu’être aimé. Et moi, j’adhère à cette idée. Parce que j’ai beaucoup plus aimé que je n’aie été aimé, dans ma vie. Attention, j’ai été aimé mais comme j’ai vécu des vies parallèles, en particulier avec l’écriture, je me suis inventé des histoires d’amour qui n’ont jamais existé, finalement. J’ai donc aimé plus que je n’ai été aimé.
J’avais l’habitude de dire que j’aimais dans le vide. Mais ça ne me dérangeait pas, ça me rendait juste un peu triste car les objets de mes désirs n’en ont jamais rien su et si j’avais osé, j’aurais certainement été éconduit (j’aurais pris un râteau) mais j’aurais peut-être été entendu au moins une fois ou deux. Je n’en demandais pas plus : je vous aime et ça me ferait plaisir que vous le sachiez, c’est tout. En cela, j’ai parfaitement le droit de dire que j’ai plus aimé qu’avoir été aimé. Et comme 99% de mes amours dans le vide n’ont sans doute même jamais pu imaginer que je pouvais tant les aimer, ça leur ferait tout bizarre de le savoir. Et si je m’arrangeais pour que toutes mes « victimes » l’apprennent avant ma mort ? Ou juste après ? Ah ça, ça serait une très bonne idée mais comment les retrouver ? FaceBook ?
Tu parles, Charles. Je ne connais pas le nom de nombre d’entre mes proies (en tout bien, tout honneur), ça va être difficile de mener une enquête. Une recherche qui n’aboutira à rien. Et puis quand bien même. J’ai aimé les aimer, toutes mes victimes. Ça m’a inspiré des poèmes, des dialogues, des petites nouvelles, des carnets et des pensées, c’est déjà beaucoup. Et puis pourquoi revenir en arrière, j’ai aimé. Personne ne l’a su dans ces personnes. Et c’est aussi bien comme ça car sinon, ma vie aurait été différente, forcément. Et je ne regrette pas celle que je vis actuellement. Des remords ? Non plus. Alors aimer le verbe aimer, oui, mille fois oui. Parce que ça a toujours été en moi. Et ça l’est même encore. Toujours. Amour, toujours. Je ne suis pas qu’un vilain mec aigri. Par bonheur, je sais et peux aimer.
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