J’voudrais m’poser comme un avion qui vient de loin, détachée de mon fil pour ressentir que c’est fini, que tout va bien, que c’est facile, que c’est facile… Il y a des chansons qui vous transportent et celle-ci en fait partie. Du jour où j’en ai entendu la version d’Isabelle Aubret (la créatrice originale est Danielle Messia), je l’ai mis dans ma liste de mes titres préférés de tous les temps. Parce que le texte est fort, parce que l’interprétation est magistrale et parce que ça fait partie des écrits qui me rendent jaloux de ne pas avoir eu suffisamment de talent pour en être moi-même l’auteur. Suffisamment de talent et un peu moins de fumisterie. Car il ne faut pas se voiler la face, je suis loin d’être un exemple et je suis capable de tant d’impasses et de tant de mauvaise foi sur/pour plein de choses. C’est comme ça. J’voudrais m’poser comme un avion loin des tempêtes, sauvée pour la fête. Pour ressentir un vrai matin sur mes paupières, la lumière, la lumière…
J’voudrais m’poser, est-ce que tu comprends ça ? J’veux plus combats et j’ai pas honte, non. J’voudrais m’poser, va te battre tout seul, va te casser la gueule, moi, j’ai mon compte… Parce que quand on aime écrire, comme moi ; quand on a toujours écrit (du plus loin que je m’en souvienne, j’ai commencé en cinquième, vers 11 ans – des nouvelles (très courtes) et des poèmes), on est aussi très sensible à ce que publient ceux qui sont moins feignants. Je ne me fais aucune illusion sur moi. Ça ne m’empêche pas d’aimer les mots, ceux des autres avant tout et de m’en délecter tout en me morfondant dans mon coin : pourquoi pas moi ? J’voudrais me poser comme un avion qui vient de loin, sentir que tout va bien, détachée de mon fil, c’est facile, c’est facile… Me poser, laisser les moulins à vent se faire passer pour des géants et des grandes causes… Et j’ai l’air dans la tête. Ça me change car c’est une composition musicale tout aussi belle.
Mais comme ça n’est pas comme les chansons dans mon spectacle du 28 mars, ça n’est pas une rengaine. On est loin d’une scie. Me poser, dormir et pas mourir, vivre et pas servir à quelque chose… J’voudrais me poser, est-ce que tu comprends ça? J’veux plus de combats, c’est ça qui m’tente, oh… Et si j’avais eu le talent de chanter bien voire très bien, j’aurais mis cette chanson à mon répertoire de reprises de grandes chansons françaises. Car j’aime sortir des sentiers battus et ne pas m’imaginer en train de reprendre Ne me quitte pas ou L’aigle noir, tout le monde l’a déjà tant fait. Et je ne suis pas tout le monde. Mais qui sait ? Peut-être un jour, aurai-je l’inspiration d’écrire quelque chose d’aussi beau. Et alors, je pourrai mourir tranquille. Je pourrai me poser et me reposer un peu. Me poser, glisser dans le bonheur comme dans des draps de couleur orange et menthe, oh… C’est ça qui m’tente, c’est ça qui m’tente, c’est ça qui m’tente… J’voudrais…
https://www.youtube.com/watch?v=jyqNO4XhODw
https://cestecritbysibal33.blogspot.com/
http://sibal33.canalblog.com/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire