mercredi 8 avril 2026

mais je vous en prie, faites

Mais je vous en prie, madame, vous pouvez parfaitement continuer de parler fort dans votre téléphone tout en laissant le haut-parleur au son maximum car votre conversation est passionnante et moi, j’avais justement envie d’arrêter de lire cet excellent bouquin que je m’apprêtais à terminer ce matin mais vous avez raison, il vaut mieux que je garde le meilleur pour la fin, donc, pour ce soir, dans mon lit. Et si d’aventure ça vous tente de venir parler dans ma chambre, ne vous gênez pas.

Mais je vous en prie, jeune homme, vous pouvez parfaitement laisser votre trottinette électrique devant la porte de mon immeuble car ça ne me dérange absolument pas et je pense tellement que c’est vous qui avez raison car à mon âge, près de 67 ans, il n’est pas impossible que je ne fasse pas assez de sport. Donc, grâce à vous, je suis obligé d’enjamber cette trottinette, ce qui m’impose une mobilité de mes membres inférieurs qui est très bienvenue et ça m’oblige aussi à faire attention, merci.

Mais je vous en prie, mademoiselle, vous avez raison de dire que tout ça, ça vous casse les couilles, ça ne serait vraiment pas joli, joli, si vous disiez que ça vous brisait les ovaires et ça vous rabaisserait à une condition féminine révolue et c’est moi qui ne suis pas assez à la page, quand je vous entends car j’en suis resté à mes années de jeunesse, au siècle dernier, quand tout était en noir et blanc et quand les femmes ne pouvaient pas toujours dire ce qu’elles pensaient. Je vous félicité, bravo.

Mais je vous en prie, messieurs, vous avez raison de faire vos étirements dans le tram et je comprends que vous soyez ankylosés et même encore mieux que ça, je vais carrément vous laisser ma place, devant vous afin que vous puissiez mettre vos pieds en toute tranquillité et en toute sécurité sur mon siège. Surtout que le siège que je m’apprête à vous rendre n’est pas à moi. Ce n’est pas parce que j’ai validé mon ticket que ça me donne le droit de… Oui, je m’en vais, pardon.

Mais je vous en prie, jeune enfant, vous pouvez continuer de crier à tue-tête parce que votre maman et votre papa ne veut pas vous donner un portable alors que vous n’avez pas encore deux ans. Vous avez raison de vous exprimer aussi fort car sinon, personne ne vous écoutera et votre voix compte autant que celle des adultes. Moi, pour vous permettre de hurler encore et encore, je vais aller m’acheter des boules Quies comme ça, je ne serai absolument pas gêné du tout. Allez-y, criez fort.

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