Comment dire ? Comment dire les choses sans passer encore pour un réac ? Eh bien, je pense que je vais dire les choses le plus simplement du monde. Mais avant tout, je voudrais assurer les forces de l’ordre, pompiers, policiers, gendarmes et CRS de tout mon soutien car franchement, ce qu’on a vu à la télé et ce que j’ai vécu en vrai, dans l’hyper-centre de Bordeaux, hier, ça a encore renforcé ma colère dont j’ai déjà fait preuve dans le billet de la veille. Mais hier, j’étais juste en colère. Là, depuis hier soir et ce matin, je suis en furie et triste. C’est étrange, comme sentiments mêlés. Je n’ai jamais connu ça jusqu’à présent. Dois-je remercier tous ces crétins absolus qui savaient qu’en manifestant, ils ouvraient la boîte de Pandore ? Tous complices, moi, je les pénaliserai tous. Politiques compris. Et en première ligne, Mélenchon, prrrrt ; Mathilde Panot, spl-spllltch et Manon Aubry, spl-spllltch, tiens, elle aussi. Pas de raison.
Avec leur sourire goguenard et leur écharpe tricolore. « Vous voyez, on manifeste dans le calme, il n’y a aucune violence. » Dans vos culs, mesdames et messieurs de chez LFI. On devrait vous retirer vos mandats d’élus. Vous êtes indignes de la France. Vous êtes la honte de notre pays. Bref, à 15h30, je file chez le patron pour aller promener les chiens. Du monde partout, manifestants, forces de l’ordre et une espèce de tension plus que palpable. Une épaisse fumée noire monte du cours d’Alsace et Lorraine, ça ne sera que la première d’une longue série. Et des pétards, des grenades et d’autres bruits faisant penser à la guerre. On a réussi à faire vingt-cinq minutes à peu près au calme, à Mériadeck mais pour rentrer, ça a été moins facile. Contourner les cortèges, officiel ou sauvages et les forces de l’ordre. On a réussi à rentrer. Avec la gorge qui piquait de tant de fumée. Et les yeux, un peu aussi. Provisoirement sauvé.
17h15, après un bon moment à discuter avec le patron, je décide de rentrer chez moi pour éviter la fin de journée, le jour qui sombre doucement vers la nuit. Et là, au lieu de faire les 400 mètres habituels, j’ai dû faire des tours et des détours pour pouvoir passer car les forces de l’ordre bloquaient presque tous les accès de l’hyper-centre. Je me suis ramassé des fumées de bombes lacrymogènes, le prix à payer pour passer. Et je suis rentré chez moi, épuisé. J’ai fondu en larmes. Pas seulement à cause des odeurs. Parce que ça m’a désolé, tout ça. Et ensuite, ça n’a eu de cesse de voir des incendies devant des magasins, au bout de la rue ; des bruits de vitrine qu’on casse ; des charges de CRS en bas de chez moi et toujours, toujours, ces odeurs… L’odeur de la connerie en plus. Moi, ce que j’aurais aimé, c’est que les casseurs s’en prennent au parti de LFI ou aux maisons de ses représentants. Juste pour voir.
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