lundi 31 août 2026

Jule (prononcer Iule) – 1

Jule (prononcer Iule) est un mille-pattes. Oui, un mille-pattes. Car ce matin, c’est lui dont j’avais envie de parler. Parce que de temps en temps, j’en trouve un dans ma douche. Un grand. Ou un bébé. Mais je n’ai pas encore su voir si les bébés mille-pattes ont autant de pattes que leur papa ou leur maman… Et forcément, vous commencez à me connaître, je me suis un peu intéressé au sujet car, entre nous, qui s’y connaît en mille-pattes hormis les spécialistes, hein ‽ D’abord, moi, toutes les petites bêtes qui nous entourent, je dois bien confesser qu’elles m’agacent, qu’elles m’énervent voire qu’elles me rendent un peu hystérique. Sauf les araignées, ce sont les seules qui peuvent trouver grâce à mes yeux. Parce que je les sais véritablement utiles, elles. Alors que les autres, les mouches, les moucherons, les poux, les morpions, les puces, les punaises de lit et autres consorts, j’ai du mal à y croire, ouais, vraiment du mal.

Jule (prononcer Iule), celui qui vient chez moi (et sa famille), si ça se trouve, ce ne sont même pas des mille-pattes au sens propre du terme car ces derniers sont des myriapodes alors que ceux qui squattent nos salles d’eau, ce sont plutôt des scutigères véloces qui recherchent l’humidité et la nourriture : mouches, araignées et autres insectes rampants ou volants. Mais peu importe, le résultat est le même, moi, je suis sans pitié, quand j’en vois un, en plus, comme je suis dans la douche pour en prendre une, je suis tout nu et j’estime qu’aucun mille-pattes n’a le droit de jouer au voyeur avec moi. Je revendique le droit à prendre ma douche en toute intimité et avec toute la pudeur qui se doit. Pas envie qu’il y en ait un qui trouve que c’est sympa de venir vivre sur moi et qui vienne s’installer sur mon pubis, par exemple.

Après, si on me garantit que ça mange les morpions, on peut reconsidérer la question mais jusqu’à preuve du contraire… Normalement, ces scutigères véloces ne sont pas dangereux pour l’homme car ils ne piquent pas, ne transmettent aucune maladie et ne détruisent pas les habitations. Hormis les arroser vivement avec le pommeau de douche, avec de l’eau bien chaude, les autres moyens de s’en débarrasser, c’est de bien aérer pour réduire l’humidité ambiante (je n’ai pas de fenêtre dans ma salle d’eau – ce conseil est donc inutile), de bien nettoyer les coins sombres et de boucher les éventuelles fissures (des fissures dans ma salle d’eau qui n’a que deux ans ?) et d’éliminer les proies qui sont tentantes pour Jule (prononcer Iule) : en traitant la cause des insectes indésirables, ils iront voir ailleurs si la nourriture y est plus abondante. Voilà, ce matin, c’était pour vous présenter les choses. Dans un autre billet, on ira plus loin.

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dimanche 30 août 2026

déjà septembre

C’est en Septembre, chantait Gilbert Bécaud. C’est en septembre que l’on peut vivre pour de vrai. Ce n’est un secret pour personne, j’aime les mois en BRE car ce sont des mois où les jours sont de plus en plus courts et moi, ça me convient mieux que ces interminables journées de canicule, de chaleurs et d’étouffements. Et quand il fait nuit à 18h, moi, ça ne me dérange pas, ça ne m’a jamais dérangé parce que c’est la partie de l’année où je trouve refuge chez moi dès la fin de l’après-midi. Je n’attends pas d’avoir dîné et traîné pendant une petite heure pour aller retrouver mon lit, cet havre de paix, surtout quand je vais y lire et que j’y passe un très bon premier sommeil, en général. D’ailleurs, cette année, j’y suis allé en moyenne à 21h30, faisant fi de toutes ces fins de soirées lumineuses. N’aimant que ma chambre.

C’est en septembre que mon pays peut respirer. Et si mon pays respire, moi aussi. Et là, j’attends la rentrée avec une impatience que j’ai du mal à dissimuler. Tant pis pour les écoliers, les collégiens et les lycéens. Et tant pis pour les enseignants. Et tant pis pour les autres, tous ceux qui rentrent de vacances en se disant vivement les prochaines. Moi, non. Je ne dis pas « vivement l’été prochain » car je sais d’ores et déjà qu’il ne va pas me plaire plus que cette année, celui de 2027. D’abord parce qu’il y a une probabilité qu’on ait un président (ou une) d’un parti extrémiste et que ce soit Le Pen, prrrrrt ou Mélenchon, spllltch, aucun ne me conviendra. Alors rien que d’imaginer qu’on ait de nouveau un record du nombre de jours de canicule et un chef de l’état (ou une) de ces engeances-là, ça me défrise jusqu’aux poils du pubis.

C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier. Et pour qu’il n’y ait aucune ambigüité, sachez que je n’ai personne de mon entourage qui se prénomme Olivier. Mais c’est en septembre que je vais peut-être pouvoir enfin profiter d’un de mes fauteuils relax sur la terrasse parce que cet été, je ne m’y suis jamais posé, je n’y ai jamais lu et nous n’y avons jamais pris aucun repas. Et là, j’en viens à espérer qu’il pleuve souvent pour conjurer le sort de tout nouveau risque de chaleurs intempestives et donc, de sécheresse. Et s’il faut ressortir les pantalons longs, les chaussures un peu plus étanches et les parapluies, eh bien, que cette volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Moi, ça me va. Et ça m’ira. Mais je vais en profiter, de ces quatre mois en BRE. Lentement. Mais sûrement. C’est en septembre que je me fais la bonne année.

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samedi 29 août 2026

pas triste, pas seulement

Eh bien non, cette fois, je ne suis pas triste, je suis juste désabusé et je m’en veux d’avoir osé succomber. Je le savais, pourtant, je ne dois pas m’abandonner à mes rêves et encore moins à mes fantasmes. Pourtant, il s’en est fallu de peu. Un instant, j’ai cru que j’allais tomber dans les bras de Cupidon. Encore une fois. Mais là, je me suis vite repris. Je n’avais pas le droit de m’embarquer dans cette utopie limite obsessionnelle. Non, que je tombe amoureux dans mon coin, ça va très bien comme ça, ça me suffit mais que je me jette à l’eau, que le fasse dans la vraie vie, non, merci, sans façon. Sans plus aucune façon. Parce que ce n’est plus le moment. Parce que ce n’est plus le temps. Parce que ce n’est plus à l’ordre d’aucuns jours. Je n’ai plus de lendemains qui chantent autour de moi. Juste des rêves.

Mais ces rêves, je ne veux les garder que pour moi, comme une espèce de cinéma de minuit, de ciné-club privé dans lequel moi seul serais habilité à venir assister à une projection. Parce que c’est ainsi. Parce que ‘ainsi soit-il.’ Pourtant, si tu savais, toi qui me lis, combien j’y ai cru. Jusqu’au ciel et même jusqu’aux étoiles mais je me suis (pas assez) vite rendu compte que non, je n’avais pas ce droit-là. Bien au contraire, j’avais le devoir de mettre fin à toute fausse espérance. Je n’aurais pu tenir aucunes promesses. Et encore moins celles que je n’ai pas faites. Parce que si tu savais combien j’ai pu m’en faire. Dans tous les sens. Comme un chat fou qui ne se rend pas compte que la balle attachée à un bout de fil n’est qu’un leurre. Car le chat n’est qu’un leurre lui-même. C’est donc pour ça que je ne suis pas triste.

J’ai failli être en colère mais là encore, je me suis vite repris car ça n’aurait servi à rien. J’ai failli me lamenter mais ça n’aurait intéressé personne. Pas même moi. J’ai failli faire une nouvelle avancée après avoir reculé (comment veux-tu ?) mais non, ça n’aurait été que différer pour mieux sauter. Oh, je sais combien mes mots peuvent avoir plusieurs sens. Il y a ceux qui sont pour le commun de mes lecteurs et les autres, qui sont pour toi. Et tant pis si ces derniers ne servent à rien. On s’est connus, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue, on s’est retrouvés, on s’est réchauffés puis on s’est séparés. Quand j’y pense, cette chanson a vraiment été écrite pour nous. Du moins, son refrain car c’est vraiment notre histoire. Depuis le début. Jusqu’à sa (probable ?) fin. Oui, parce que chez moi, rien n’est irrévocable.

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vendredi 28 août 2026

où en suis-je ?

Damned, c’est déjà presque la fin du mois d’août et donc, des vacances scolaires (vacances, j’oublie tout…) et je me rends compte que j’avais plusieurs projets de séries d’été que je n’ai pas mené au bout ou que j’ai carrément laissé à l’état d’ébauche. Oui, je sais, je suis un d’ébauché mais je fais ce que je peux. En gros comme en cent… Non, en gros comme en mille… Non, en gros comme Émile… À moins que ça ne soit : en  gros comme Vincent ? Bon, peu importe, en grosso comme en modo, j’avais prévu de parler des verbes défectifs, des furoncles, de la vieillesse, des hémorroïdes (aucun rapport entre les deux derniers, du moins, aucun rapport systématique), des mots les plus courts et j’en passe et des probables meilleurs et nous sommes le 29 août et rien de tout cela n’a encore été publié.

Mais qu’ai-je donc fait de mon été à part transpirer et respirer de la fumée ? Oui, je sais, manger, dormir, marcher, lire, faire des courses, cuisiner des plats froids, me laver, repasser (la femme de ménage est partie 15 jours en vacances), écrire mais je n’ai pas tout publié. Comment se fait-ce ? Qu’a-t-il donc eu ? Où est passé ma discipline ? Qu’il est loin le temps où je pouvais dire à qui de droit : tu la sens ma rigueur ? Aujourd’hui, je ne serais donc plus que l’ombre de qui j’ai été ? Mais non, je vais me remettre. Et en plus, l’été n’est pas encore terminé. Ce n’est pas parce que les vacances scolaires sont presque finies que l’été va disparaître en même temps. Heureusement, il y a une autre, une vraie vie en dehors des cadences de l’éducation nationale. Et il y a l’été indien à venir, lui aussi.

Il me reste donc encore près de trois semaines (un peu plus) pour me mettre à jour avec tous ces sujets ou alors, je vais faire comme l’an passé, procrastiner d’une année sur l’autre. Car en 2025, j’avais eu autant de projets inaboutis : le feuilleton d’un chien abandonné puis recueilli à la SPA ; la preuve par 9 ; les pets ; les renversements de situation ; les expressions françaises comprenant un aliment ou un plat… Tout ça, ça dort dans un coin de mon ordinateur, ça n’attend que d’être enfin proposé à mon public qui est loin d’être surnuméraire mais je me dis que ce n’est pas grave car si je ne vous avais pas confié que j’avais tous ces sujets sous le coude, vous n’en auriez jamais rien su. Alors, s’il vous plaît, faites comme si et le jour où ça sortira, jouez-moi la surprise, ça me fera grandement plaisir.

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jeudi 27 août 2026

pas me faire livrer, non

Dans son commentaire du 25 août à 15h19, environ, Mymy me faisait part d’une remarque tout à fait  pertinente mais néanmoins congrue comme quoi, au lieu de me casser la tête (et les jambes) avec une tirette à commissions mais moi, outre que j’aimerais la remercier de se soucier de mon bien-être, je voudrais surtout lui dire que moi vivant, je ne me ferai jamais livrer mes courses alimentaires. Même moi mort, je ne le ferai pas non plus, alors… Pourquoi ? Parce que comme c’est moi qui m’y colle, à la recherche des idées de menus et à la cuisine, je ne veux pas que qui que ce soit d’autre que moi aille m’acheter des produits qui, de toute façon, n’iront pas comme quand c’est moi qui les achète. Je me connais et je connais les autres. Quand on ne prépare pas à manger soi-même, on ne regarde pas les fruits et légumes de la même façon.

Et c’est la même chose pour la viande ou les poissons. Moi, je veux voir ce que j’achète. Je veux éventuellement changer d’idée en cours de route en fonction de ce qui est sous mes yeux. En fonction des éventuelles promotions. Parce que moi, si un magret de canard me fait de l’œil alors que j’avais prévu de la dinde, autant vous dire que je ne vais pas me priver. Et si c’est un tournedos qui tente de m’aguicher alors que j’avais prévu de la chipolata… Non, ce terrain-là devient trop glissant, je m’arrête ici pour les exemples. Alors, pour revenir à nos moutons, je préfère faire mes courses moi-même. En plus, ça ne m’a jamais vraiment dérangé de m’occuper de ça. Pour moi, c’est loin d’être une corvée. Et il y a un autre argument de poids en faveur du fait que je ne me fasse pas livrer : ça me fait marcher et ça, c’est bon pour moi.

OK, ça me fait surtout piétiner mais je préfère nettement faire des petits pas incessants dans les rayons d’un supermarché (surtout que j’y vais toujours à l’ouverture pour éviter l’affluence) que de rester devant mon ordinateur et/ou de mon téléphone. Encore que « et/ou de mon téléphone », je n’en suis même pas encore là. Non, si je devais faire mes achats via Internet, je ne le ferais que depuis mon ordinateur portable car sur mon smartphone, ce serait vraiment trop peu confortable. Bref, au vu de tous ces arguments, madame Mymy (ça fait un peu madame Irma, ça, non ? Ou madame Claude, je suis désolé, c’est un peu déplacé mais c’est toi qui as commencé… Non, je retire ce que je viens d’écrire. Comment ? C’est à l’encre indélébile ? C’est débile), je voudrais juste te dire que non, je ne donnerai pas suite à ton conseil du 25 août.

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mercredi 26 août 2026

finalement, tirer

Alors ça y est. J’ai fait mon choix. Ce dernier s’est finalement porté sur un modèle à tirer. J’ai mon  nouveau chariot de courses, mon nouveau caddie ou ma nouvelle poussette à commissions. Ah ben non, ce n’est pas une poussette mais une tirette à commissions et comme j’ai une capacité de 59 litres (10 de plus qu’avec la précédente), je pourrai faire plein de grosses commissions. Bien sûr, ce trait d’esprit (un peu graveleux, je vous le concède) ne fait sourire que moi. Non, pas rire, il ne faut pas exagérer non plus, hein ‽ Maintenant, je vous imagine en plein suspense, à vous demander si j’ai opté pour un modèle à quatre roues ou à six roues. C’est là que je vais me gausser car ni quatre, ni six, j’ai finalement jeté mon dévolu sur un deux roues mais attention, pas deux roulettes, non, deux roues avec pneumatiques, des roues énormes. Même si tout le monde sait que ce n’est pas la taille qui compte. Sauf que là, si.

J’ai un peu honte mais j’ai choisi une marque allemande. Je sais, j’aurais pu prendre un modèle « made in France » mais je n’en ai trouvé aucun sur place, à Bordeaux. Et prendre ma décision seulement sur Internet, j’ai vraiment eu peur de me tromper. Et là, je peux vous dire que j’y ai mis le prix (j’ai doublé la somme que j’avais budgétisée) mais je pense avoir vraiment pris ce qui se fait le mieux dans le domaine (même teuton) et j’ai plein d’options : la première, le chariot se plie et si on enlève le sac, il se transforme en diable pour porter des colis lourds. Jusqu’à cinquante kilos. Oui, je sais, ça ne fonctionnera pas pour certaines personnes de mon entourage mais on ne dira pas qui car j’ai promis de ne jamais attaquer sur le physique. Du moins, en donnant des noms. N’est-ce pas, Sophie ? Non, non, ne t’inquiète pas, je ne parlerai jamais de tes problèmes de régime. Pas ici, pas devant tout le monde. Ben non.

Dans les autres options, j’ai un truc inédit, la caméra de recul. Comme ça, si ça me prend de vouloir marcher à l’envers, je n’aurai pas besoin de me retourner pour voir où je mets les pieds et les deux grosses roues. J’ai également des airbags latéraux (un de chaque côté) et au niveau des creux poplités. Tiens, il n’en est pas prévu pour mes lombaires ni pour mes fesses. Franchement, pour le prix, ils auraient pu. J’ai également une possibilité de le recharger avec des piles. Ça ne le fait pas avancer mais avec une capacité de 59 litres, je peux le garnir de piles de toutes les sortes, je peux vous dire que ça en fera beaucoup. Et enfin, le top du top du must, j’ai des essuie-glaces devant et derrière. Non, pas à mon chariot, à ma voiture, évidemment. Et je m’en servirai demain pour la première fois. Il est trop beau, bleu et gris. Ma seule véritable inquiétude, c’est que d’autres l’aime trop, comme moi et cherchent à me le voler.  

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mardi 25 août 2026

Dialogues : Dieu, l’homme et son image (20)

Dieu ? Hmm, oui, mortel ? Est-ce que je peux te poser une question indiscrète mais très sérieuse ? Tu peux toujours mais avant tout, mortel, ta question, elle est plus indiscrète ou plus sérieuse ? Je ne sais pas, Dieu, c’est toi qui vas me le dire. D’accord, je t’écoute, mortel. Alors voilà, Dieu, j’aimerais savoir s’il existe vraiment un paradis ou pas ? Et,  parce que dans ma question, il y en a plusieurs, s’il y a un enfer et si le diable existe. Ah oui, tout ça d’un coup ‽ Je t’avais prévenu, Dieu. Oui, c’est vrai mais Je ne m’attendais pas vraiment à ça de ta part. Pas du tout, même. Alors, Dieu, le paradis, ça existe, la vie éternelle, les âmes qui se retrouvent, le jardin d’Eden et tout et tout ? … Bip, cette information n’est pas accessible au commun des mortels, bip. … Comment, Dieu ? Je suis désolé, mortel mais comme tu viens de l’entendre, Je ne suis pas habilité à répondre à cette question.

Mais enfin, tu peux juste me dire si ça existe ou pas, le Royaume des Cieux et tout ce qu’on nous raconte. … Bip, cette information n’est pas accessible au commun des mortels, bip. … Mais ce n’est pas toi qui décides de ce que nous pouvons savoir, nous, ici-bas ? Si mais il y a tant de choses qui te dépassent, mortel, que de toute façon, tu ne pourrais pas comprendre. Dis tout de suite que je suis un crétin, Dieu. Non mais tu ne peux pas comprendre. Si je réponds oui, à ta question, ça va t’avancer à quoi ? Ça m’intéresse et ça peut changer beaucoup de choses. Fais comme si ça existait vraiment parce que dans le cas contraire, tu serais tellement déçu. Et le diable ? Et l’enfer ? … Bip, cette information n’est pas accessible au commun des mortels, bip.L’enfer est pavé de bonnes intentions, mortel. Et l’enfer, c’est les autres. Tu parles d’une réponse, Dieu, non, pffft…

Bon, d’accord, tu ne veux rien me dire, Dieu… Mortel, Je ne peux rien te dire. Si tu as la foi, mais vraiment la foi, tu trouveras la réponse en toi. Tu parles, Charles… Mais alors, ton fils, Jésus, la multiplication des pains, le coup de marcher sur l’eau et tout et tout, là, tu peux me le dire, y avait un truc ? Il était magicien, en fait ? … Bip, cette information n’est pas accessible au commun des mortels, bip. … Et l’Ange Gabriel, comment il a fait pour que Marie soit fécondée, parce que franchement, hein… … Bip, cette information n’est pas accessible au commun des mortels, bip. … Ah toi, Dieu, quand tu ne veux pas, tu ne veux vraiment pas. Je te croyais… Tu peux croire en Moi, mortel, c’est très bien. Je te croyais plus honnête avec tes créatures. Honnête avec Mes créatures ? Tu te moques de Moi, mortel ‽ Tu as vu ce que tu as fait du beau monde que Je t’ai légué ?

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lundi 24 août 2026

pousser ou tirer

Avec mes digressions d’hier, je ne vous ai pas du tout expliqué le pourquoi de cet intitulé de billet « tirer ou pousser », je vous ai juste expliqué mon choix dans l’ordre de ces deux verbes et j’ai étalé un peu de ma culture sur une tartine afin de vous en faire manger un peu et j’ai évoqué Donald Trump, prrrrrt, ce qui a considérablement fait baisser le niveau de mon écrit. Mais aujourd’hui, ce matin, je sens, je sais que je vais me rattraper car dans moins de deux paragraphes, vous saurez tout et vous pourrez enfin envisager de passer à autre chose. Comme lire Le monde, par exemple même si ce quotidien n’arrivera jamais à ma hauteur. En effet, le quotidien ne mesure que 47cm de haut alors que moi, avec mon à peine mètre soixante-dix, je fais presque 4 fois sa taille (3,62 fois, pour être plus précis) alors, hein ‽

Je disais donc que ce matin, je vais vous dévoiler le pot aux roses concernant ces deux mots, pousser et tirer. D’ailleurs, ces deux verbes peuvent supporter le même préfixe : re. En effet, repousser et retirer, ça existe. Mais ça en change considérablement le sens. Pardon ? Je digresse encore ? Vous êtes sûrs ? Bon, je reviens à mes moutons : pourquoi pousser et tirer. Samedi 22 août, j’ai probablement cassé une partie de mon chariot de courses en voulant monter dans le tram. Une des six roulettes s’est coincée entre le quai et l’entrée dans la rame et j’ai eu beau rafistoler le tout avec de l’adhésif particulièrement collant, je me suis vite rendu compte que ça n’allait pas durer aussi longtemps que la carrière de Mélenchon, spllltch, hélas. Alors, j’ai prospecté pour m’en acheter un autre. Un neuf. Un tout neuf.

Oui, parce que moi, comme j’habite en plein cœur de ville, je vais faire mes commissions à pied (je ne parle pas de la grosse) et j’ai besoin d’un chariot de courses pour soulager mon dos et la question qui s’est posée à moi, brutalement, c’est : conserver six roues (pour tirer) ou n’en prendre que quatre (pour pousser) et je dois vous avouer que ma recherche m’a mené de site en site, de fabricants en revendeurs et que j’ai mis des jours et des jours à ne pas prendre de décision. En effet, si je tire, avec six roues, je peux monter des escaliers et prendre des trottoirs mais ça sollicite beaucoup mes épaules et peu ou prou mon dos déjà bien mal en point. Si je pousse, je n’ai aucun poids mais je ne peux franchir aucune marche ni même plusieurs. Le choix est cornélien. Comme disait Corneille dans… Non, pardon, j’arrête.

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dimanche 23 août 2026

tirer ou pousser

J’aurais très bien pu intituler ce billet « pousser ou tirer » mais j’ai fini par choisir « tirer ou pousser » car c’est ce qui m’a semblé le mieux. Et pourtant, je peux vous dire que j’ai procédé à plusieurs votes à main levée, j’ai toujours eu la majorité absolue dans un cas comme dans l’autre, j’ai procédé à plusieurs plouf-plouf. Le premier, ça a été : plouf-plouf, une vache qui pisse dans un tonneau, c’est rigolo, c’est toi le plus beau… Et c’est « tirer » qui a gagné. Dans le doute, j’en ai fait un autre : plouf-plouf, ce sera le roi qui sortira ou la reine ou la patate andouille, ce sera toi… Et là, c’est pousser qui a remporté la manche. Alors, j’ai fait la belle (oui, ça m’arrive, comme je n’arrive pas à faire le beau) et là, je suis allé sur le site https://www.ploufplouf.fr/ et là, c’est tirer qui est sorti. Si, vous devriez aller voir sur ce site, ça permet de choisir sans choisir. Un truc de feignant, ça me va très bien.

Ensuite, je me dois de vous expliquer pourquoi ces deux verbes du premier groupe. L’un pour remorquer, traîner ou tracter et l’autre, pour faire avancer devant soi : tirer et pousser. Alors, n’allez surtout pas vous imaginer que j’ai des idées derrière la tête quand je parle de tirer car il n’est aucunement question de tirer son coup, loin de moi une idée aussi grivoise. Et quand je parle de pousser, il n’est pas plus affaire d’aller se soulager les intestins. Bon, tout le monde sait que je ne suis ni comtesse, ni duchesse et encore moins princesse, donc, tout le monde se doute que je fais caca comme tout un chacun mais ce n’est pas une chose que j’ai envie d’évoquer dans les colonnes de ce blog. Un peu d’intimité, tout de même, non ‽ Aucun rapport avec Trump, prrrrrt, non plus. Et pourtant, faut pas pousser, Donald, alors tire-toi, ça, ça aurait vraiment de la gueule.

Non, non, rien de tout ça. Que nenni, comme aurait pu dire Balzac dans ses Contes Drolatiques : « Pensiez-vous qu'elle prît les clefs des champs ? Que nenni ; elle prit les clefs de la maison. » Ou même encore Zola dans le Ventre de Paris : « Tu crois qu’il va se gêner, peut-être ? Que nenni ! Il te mangera ton dernier sou... » Ce qui est une appropriation de cette négation car en réalité, l’expression exacte est nenni da. D’ailleurs, on la trouve chez Molière dans l’Étourdi : « Mascarille, est-ce toi ? — Nenni da, c'est quelque autre. » Voilà, si ça, ça n’est pas de la culture, je me demande ce qui en est. Parce que citer Balzac, Zola et Molière dans un seul billet qui n’a rien à voir avec eux, a priori, ça relève de l’exploit. On frôle le remarquable. Je tutoie l’exemplaire voir l’admirable. Mais bon, vous me connaissez, je suis plutôt du genre modeste et je ne vais pas changer ce matin, non.

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samedi 22 août 2026

deux comtesses et une duchesse

Même plusieurs jours après, je ne sais toujours pas comment je dois le prendre. Sur le coup, ça m’a fait sourire. Probablement parce que, contrairement aux apparences, je suis poli. Et parce que, toujours contrairement aux apparences, je n’ai pas forcément envie de me fâcher avec des gens que j’aime 1) beaucoup 2) un peu car les autres, finalement, tout compte fait, je m’en (contre)fous. Et là, quand il m’a dit ça, je l’ai fait répéter car je n’en ai pas cru mes oreilles. Ni mes neurones. Non, ni mes oreilles, ni mes orteils. Franchement : les comtesses et la duchesse. Mais il ne s’est pas regardé, lui, celui qui se prend pour un membre d’une famille royale alors qu’il n’est qu’assimilé fonctionnaire, plus souvent en arrêt maladie qu’à son boulot. Parce qu’il n’a aucun jour de carence, lui. Et dire qu’il n’aime pas qu’on dise qu’il a plein d’avantages. De privilèges…

En tout cas, ça m’a fait penser à une chose, on ne sait jamais comment les autres peuvent nous appeler, nous surnommer, dans leur intimité, avec leur conjoint ou leurs amis plus intimes que nous. Si ça se trouve, plein d’autres gens me donnent des petits noms qui m’agaceraient si j’en avais connaissance mais comme je n’en sais rien, quelque part, peu me chaut. Non, ce qui me dérange, c’est d’apprendre comment on parle de moi si je trouve que la façon ne me convient pas. Et c’est justement ce qui me chiffonne. Pffft. Moi, une comtesse ? Franchement, c’est bien avoir une mauvaise connaissance voire une méconnaissance de moi pour me surnommer ainsi. Je n’ai rien de snob. Je n’ai rien de nobiliaire et je ne suis absolument pas concerné par toutes les familles royales ni princières de France, d’Europe et même encore d’ailleurs.

En fait, je crois que c’est parce que, pour lui, je dois passer pour un nanti. Parce que je vis dans un plus grand appartement que le sien. Parce que je suis propriétaire et pas lui. Parce que j’en ai une plus grosse que lui. De voiture. Et l’un de mes amis les plus chers est plutôt très à l’aise. Et donc, il doit s’imaginer que je fais partie de ceux qui paient l’impôt sur la fortune immobilière. Mais vraiment, qu’ils nous surnomment les comtesses, le président et moi, je trouve ça vraiment très moyen. Et le patron, qu’il le surnomme la duchesse, idem. Avec les jours qui passent, allez savoir pourquoi, je trouve même ça désobligeant. Qu’il garde ses rêves de diadème pour lui. Et ses pauvres ambitions pour ses rêves nocturnes. Je ne suis pas comtesse.

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vendredi 21 août 2026

me rendre intéressant

Faire croire que certains textes de mon blog vont être publiés. D’ailleurs, j’ai eu des contacts suite à la parution de mes billets intitules Dialogues : Dieu, l’homme et son image dont j’ai déjà publié 19 épisodes et dont le vingtième est prévu dans vraiment pas longtemps du tout. Oui, oui, quelqu’un m’a interpellé par message privé et par téléphone pour me dire que cette série-là, en particulier, était très intéressante, très amusante et très pertinente. Pas dans l’air du temps où tout doit être calibré dans un certain politiquement correct et on m’a demandé si j’étais partant, non, ce n’était pas ce mot-là, si j’étais intéressé pour une éventuelle publication sous forme de petit livre avec quelques illustrations. « Mais je ne sais pas dessiner, moi. En tout cas, si je peux envisager de dessiner Dieu sous une forme un peu abstraite, pour représenter l’homme, non. » 

« Pas de souci », m’a-t-on répondu. « On ne vous demande pas de dessiner vous-même, on a deux personnes qu’on pourrait mettre en contact avec vous et vous pourriez voir si vos univers correspondent. » « Oui,  d’accord, si vous voulez mais j’aimerais réfléchir un peu avant parce que là, vous me prenez de court et que… » « En revanche, on aurait besoin de textes supplémentaires, atteindre la trentaine de petits chapitres, ce serait mieux. Et si vous vous sentez motivé, on peut imaginer une suite, un tome 2, d’ici deux ans. » Oh, la, la, ça m’a mis dans tous mes états. Parce que ça veut dire que j’ai peut-être plus de lecteurs que je ne le pensais. Et que si ça se trouve, il y a eu du bouche-à-oreille. Et ça voudrait donc dire que je pourrais être intéressant pour d’autres gens que mes proches (à une ou deux exceptions près) ? Ça fait bizarre, vraiment.

C’est curieux mais en commençant cette série, ces dialogues entre Dieu et un mortel, j’avais bien senti que je tenais quelque chose de plus marquant que le reste. Peut-être parce que justement, c’est sur une certaine durée. Mais j’étais loin d’imaginer que ça pourrait déboucher sur quelque chose d'aussi concret qu’une probable publication en format papier. En livre. Moi, mon premier vrai livre. Oui, oui. En même temps, ce n’est pas encore fait. Et j’ai un peu peur de me sentir bloqué avec cette histoire d’écrire une dizaine de nouveaux dialogues sur commande. J’aime les contraintes littéraires mais les contraintes logistiques ou « commerciales », je crains que ça ne soit très peu fait pour moi. Parce que si je me sens obligé, je risque de me forcer et si je me force à écrire, ça peut prendre une tournure un peu médiocre. On va voir, hein ? Pas de panique.

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mercredi 19 août 2026

pilulier contre pilulier

Chaque matin et chaque soir, je prends des médicaments et des compléments alimentaires, tous sous contrôle médical et pour ne pas me prendre la tête, j’utilise un pilulier, non, deux piluliers car comme c’est un peu, beaucoup fastidieux de faire le tri et le remplissage, je le fais pour 28 jours d’un coup. Après, j’ai l’esprit tranquille. Sauf si j’ai des choses à prendre en sus. En cas de problème de santé imprévu. Mais que personne ne s’inquiète outre mesure, je gère. Et tant que je n’ai rien à prendre contre les trous de mémoire, je pense que je vais gérer les choses de cette façon. Pourquoi changer une équipe qui gagne. Hein, tu en penses quoi, Claude Jean ? Pardon ? Non, j’avais juste envie de l’évoquer, lui. Mais pas plus que ça. Là, c’est fait. Normalement, j’en ai pour un moment, maintenant.

Scène 1 : Chéri, je suis en train de préparer mon pilulier pour le mois qui vient mais je suis en train de me poser des questions. Tu m’entends ? Oui, je suis en train de préparer mon pilulier pour le mois qui arrive mais j’ai des doutes sur… Un doute m’habite ? Oui, si tu veux. Alors, je te disais que j’étais en train de préparer mon pilulier pour le mois… Bien sûr, que je suis assez grande pour le faire toute seule. C’est ce que je fais tous les mois depuis deux ou trois ans, maintenant, alors… Je peux te poser ma question ou tu vas continuer à m’interrompre tout le temps ? D’accord, je t’ai interrompu dans ton occupation principale, regarder un match de foot mais là, c’est un peu urgent, vois-tu ? Tu m’écoutes ? Ah : pour le mois qui arrive, je prévois combien de pilules du lendemain dans mon pilulier mensuel ?

Scène 2 : Chérie, je suis en train de préparer mon pilulier pour le mois qui vient mais je suis en train de me poser des questions. Tu m’entends ? Oui je suis en train de préparer mon pilulier pour le mois qui arrive mais j’ai des doutes sur… Un doute m’habite ? Oui, comme toujours. Alors, je te disais que j’étais en train de préparer mon pilulier pour le mois… Bien sûr que je suis assez grand pour le faire tout seul. C’est ce que je fais tous les mois depuis deux ou trois ans, maintenant, alors… Je peux te poser ma question ou tu vas continuer de me couper la parole tout le temps ? D’accord, je t’ai interrompue dans ton occupation principale, parler avec ta meilleure amie au téléphone mais, c’est un peu urgent, tu sais ? Tu m’écoutes ? Ah : pour le mois qui vient, à ton avis, je prévois combien de fois de viagra ?

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d’autres mots les plus longs (4)

Comme on est en plein cœur du mois d’août, dans la dernière partie des vacances des autres, moi, je continue mes petits travaux de recherche et d’écriture autour des mots les plus longs et après vous avoir présenté des mots appartenant aux noms communs, même composés, ce matin, on va aborder quelques noms propres plutôt remarquables. Tiens, par exemple, le patronyme le plus long du monde appartient à un Néo-Zélandais dont le nom raccourci est Laurence Watkins et je ne vais pas vous imposer l’intégralité de son nom car il contient 2 310 mots (prénoms) et, à son mariage, il a fallu 20 minutes pour les lire tous. En revanche, je peux vous communiquer l’adresse de son web-site où vous trouverez l’entièreté de son nom ahurissant. Vous trouverez le lien à la fin de ce billet, bien sûr.

En France, on est nettement plus des petits joueurs car le patronyme le plus long ne correspondrait que 54 caractères (tirets et espaces compris) : Poyrroy de l’Auberivière de Quinsonas-Oudinot de Reggio (Odon, Marie, Henri, Xavier de ses prénoms – mais pas Anne… Tiens, lui non plus ?) Après, aux États-Unis, pays de l’actuel Donald Trump (prrrrrt), le record serait détenu par Janice Lokelani Keihanaikukauakahihuliheekahaunaele, 35 caractères au compteur, ce qui lui a posé plein de problèmes, en particulier pour son permis de conduire car ça n’entrait pas dans le nombre de cases prévu. « On n’a qu’à la renvoyer chez elle ! Et augmenter les taxes douanières à son pays ! (elle est native de Hawaï – Donald Trump (prrrrt)… » Et je n’ose imaginer cette femme, si elle est bègue…

Après, comme je l’ai déjà dit maintes et maintes fois, ce n’est pas la taille qui compte. Non, bien sûr et j’ai bien conscience que d’avoir un patronyme trop long, c’est comme avec un nez démesuré sauf que pour le nez, tout le monde le voit alors que pour son nom, si on ne connaît pas la personne et qu’on n’a aucune raison de lui être présentée… Pardon, vous êtes ? Madame Keihanaikukauakahihuliheekahaunaele ? Je peux vous appeler par votre prénom, ça serait plus simple ? Non ? On n’a pas gardé les parastratiosphecomyia stratiosphecomyioides, ensemble. OK, je vois que madame ne nous facilite pas les choses. Alors, je vous en prie, prenez ce formulaire et remplissez-le sans déborder, s’il vous plaît. Sinon, vous recommencerez encore et encore et toujours. Bien fait.

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mardi 18 août 2026

inondation (trop d’eau)

Toto, un bonobo vivant chez Roro (Robert), un vieux matelot rococo, pas toujours rigolo, adore le chocolat et la noix de coco. Roro aime la moto et les autos. Il a été marié à Soso (Sophie) pendant quatorze mois, moment où elle l’a délogé pour rejoindre Antonio, un bel hidalgo. Roro et Toto se sont retrouvés isolés, comme orphelin dans un cabanon de béton et se sont interrogés : se dérober au Congo ? Pourquoi pas. Ils sont montés dans un cargo, non, un paquebot flottant sur les flots. Pas de remords, s’évaporer dès potron-minet, c’est gros, voire énorme. Le nautonier en chef est un gros condottière réorienté dans les transbordements de côte à côte. Il consulte souvent sa boussole et lorgne l’horizon avec un monocle. Après des jours sur l’océan, le bateau accoste près d’un comptoir colonial : Pointe-Noire.

Près de l’eau, céans, le soleil est chaud il cogne fort. Roro rencontre une autochtone, Dolorès, au nom espagnole mais pourtant bien noire. Dolo porte un joli tricot violet et ensemble, ils vont explorer la forêt sauvage. Toto, voit d’autres bonobos dans les bois et il saute partout. Des perroquets papotiers pérorent dans un idiome exotique, radotant dans un chorus royal mais aussi avec beaucoup de mots idiots. Près d’un torrent, un énorme crocodile dort sur un gros tronc, comme associés. Roro et Dolorès trouvent le show formidable et il sort son monobloc photo pour immortaliser ce qu’ils voient. Mais un orage gronde, le tonnerre proteste et une profusion d’ondées tombe sur eux trois. Tout mouillés qu’ils sont illico-presto. Ils se protègent sous une alcôve de foliation et croquent le marmot.

Roro sort de une bouillotte d’alcool de sa poche, en boit une gorgé, en offre à Dolorès mais pas à Toto pour ne pas se compromettre pompette. L’eau tombe à gros flots sur le sol noyé et à chaque bond, ça fait floc-floc. Ils tombent sur un château révolu, étiolé, dégringolé… En son cœur, à tout sirocco, ils dégotent un coffre en bois d’obéché contenant des louis et des napoléons d’or. Des bijoux en bronze et des opales, des obsidiennes et des topazes. Ils sont sous le choc en front à ce trésor. Les deux nouveaux tourtereaux soupirent avec passion. Avec tous ces boyards, les voilà évoluer cossus d’abord un peu affolés mais tôt euphoriques et joyeux. Ils vont pouvoir négocier une bicoque, cohabiter de concert et couler des jours cools sans compter, des jours d’adoration et de flotte pas trop chaude. Un gros cocon en duo.

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lundi 17 août 2026

je n’aimerais pas mourir pendant que je (1)

Je n’aimerais pas mourir pendant que je fais un cauchemar et vraiment, partir sur une idée désagréable, ça n’est pas la meilleure façon de s’en aller. Imaginez un peu que je sois en train de dormir et là, une espèce de malade me poursuit avec un couteau, me rattrape et me poignarde le bras, la jambe et la tête, alouette et moi, j’ai beau lui crier que je ne veux pas mourir, si ça se trouve, je peux très bien mourir juste avant de me réveiller et je n’aurais que ce mauvais souvenir-là de mes derniers instants. Ou alors, je suis en train de dormir et Donald Trump, prrrrrt, excusez-moi, je ne le fais pas exprès, s’approche de moi, pose sa main droite sur ma cuisse et me dis que je suis très à son goût et moi, non, je ne veux pas mourir avec cette dernière image-là, c’est trop difficile à supporter.

Je n’aimerais pas mourir pendant que je suis en train de faire mes comptes avec mon relevé mensuel parce que les gens qui vont me trouver inanimé devant mon ordinateur portable, la tête sur le clavier vont évidemment regarder ce que j’étais en train de faire et ils vont voir comment j’ai dépensé mon argent dans les derniers jours de ma vie. Ils n’ont pas besoin de savoir que je suis allé aux putes et que j’ai payé par carte bancaire. Il faut dire aussi que pour ce genre de dépenses, j’aurais mieux fait de me servir d’espèces, comme ça, ça serait passé inaperçu. Ou alors, s’ils découvrent que j’ai payé un abonnement pour voir des films de cul, vous imaginez la honte ? En même temps, si je suis mort, toute honte sera bue. Ouais mais non, quand même, quelle opinion aura-t-on de moi ? Que dira-t-on dans l’hommage qui me sera rendu pendant la cérémonie d’avant ma crémation ? J’avais le feu au cul ?

Je n’aimerais pas mourir pendant que je fais caca. D’abord parce que moi, je ne suis pas une princesse et oui, je fais caca. Et merci, pour l’instant, ça va très bien de ce côté-là. Mais vous imaginez la scène ? Je suis assis sur le trône, je suis en train de libérer un prisonnier (ou je dépose le bilan) et, sans raison apparente, je m’effondre et là, c’est dans cette position délicatement intime qu’on va me trouver (pas trop longtemps après, j’espère) et je pense que c’est très, très humiliant. Oui, encore une fois, si je suis mort, je n’ai plus honte de rien. Mais non, ceux qui vont me trouver, ils seront un peu dans la merde et pendant l’hommage qui me sera rendu, si on évoque ma fin sur un trône qui n’a rien de royal, j’en connais qui vont se gausser. Les cons. Non, je ne veux pas mourir en faisant caca.

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dimanche 16 août 2026

tombe la neige

Tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir ; tombe la neige et mon cœur s'habille de noir. Ce soyeux cortège tout en larmes blanches, l'oiseau sur la branche, pleure le sortilège… Excusez-moi mais là, en cette probable proche fin de canicule, moi, j’ai envie d’écouter des chansons fraîches. Un peu comme si je mettais des glaçons dans un cocktail de limonade à la menthe poivrée. Juste envie de me faire un effet Ricqlès. D’ailleurs, je me souviens, je n’avais pas dix ans, avec mes parents et mon frère aîné, nous étions venus passer le déjeuner du dimanche chez les grands-parents paternels, à Bécon-les-Bruyères (92) et avant de passer à table, pendant que la mamie finissait de préparer, avec mon père et mon frère, nous sommes allés au bar PMU, sur la place, en bas et là, les adultes ont dû boire une bière et nous, des boissons pour enfants. Et moi, j’ai découvert le Ricqlès. C’est bon mais c’est froid. Hmmm…

Tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir ; tombe la neige, tout est blanc de désespoir. Triste certitude, le froid et l'absence ; cet odieux silence, blanche solitude… Après, je peux aussi me mettre à écoute la complainte du phoque en Alaska pour bien me mettre en situation virtuelle et faire un beau pied de nez à la météo. Et m’imaginer là-bas, tant pis si ça appartient à Trump, prrrrrt, encore pour deux ans. En effet, si c’est pour avoir moins chaud, je peux encore faire un effort et le supporter, l’insupportable président des États-Désunis. Mais pour l’instant, je préfère me projeter le nez contre une fenêtre pendant que la neige tombe et faire de la buée quand j’expire la bouche légèrement ouverte. Et ensuite, sur cette condensation bien fraîche, cette sueur froide, je dessinerai des nuages ou des feuilles de houx. Non, des stalagmites et des stalactites. C’est ça, c’est nettement mieux, ça.

Tu ne viendras pas ce soir me crie mon désespoir mais tombe la neige, impassible manège… Mais tombe la neige, impassible manège… La, lalala, lalala, lalala, la, lalala… J’ai aussi le MP3 de Jour de neige, d’Elsa, quand elle était encore adolescente, toute mimi. Sauf qu’elle portait un gros pull et moi, les gros pulls, en ce moment, autant vous dire que vous savez où vous pouvez vous les mettre, hein ? Nous sommes d’accord. Bon, là, j’aimerais bien boire quelque chose mais j’ai la flemme de me lever de mon bureau. Ah mais si, je sais ce que je vais faire : « Pit crew, venez m’éventer avec les grandes feuilles de bananier, s’il vous plaît… » Il faut au moins que ça serve à ça, d’avoir du personnel. Mais attention, je n’ai pas parlé de « petit personnel », juste de personnel. De toute façon, ils sont bien foutus, les mecs. Ah oui, mais il y a un revers à cette médaille. Ils peuvent aussi donner chaud.

La chanson d’Adamo est juste ici : https://www.youtube.com/watch?v=oNLmwz8A9_I

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samedi 15 août 2026

igloo, igloo, igloo (il est des nô-ôtres)

Restez au frais, qu’elle a écrit, Myriam (dont c’était la fête, hier, paraît-il), moi, je veux bien mais restez au frais quand il fait canicule, qu’on n’a pas la climatisation chez soi et qu’il fait encore plus de 32° dehors, comme hier, moi, je veux bien rester au frais et tenter d’aller mieux mais non, même avec plein de ventilateurs au plafond et sur des pieds, on n’arrive plus à rafraîchir, même légèrement l’appartement. La chaleur est entrée en nous. Elle nous a violés. Et je pense qu’il va nous falloir encore quelques jours pour enfin ressentir un mieux-être. Peut-être avec les prochaines nuits pendant lesquelles les températures vont descendre en-dessous des 20°. À partir de mardi soir. Peut-être mercredi soir. Comme on ne sait plus qui croire dès qu’on nous fait une promesse de fraîcheur même relative…

Alors moi, pendant ce temps (temps que prendra le président pour accepter d’installer un système de climatisation chez nous), je prends mon mal en patience et je bous en silence. Je bous par tous les bouts. Et j’en suis rendu à me mettre une poche de glace en gel sur le front, entourée d’une légère serviette en éponge et le tout, retenu par un bandeau. Pas sûr que ça me mène à une finale de concours d’élégance mais je m’en fous. Quand je bous, moi, je m’en fous. Je me fous de tout car je suis tout mou. Alors, je me demande ce que je peux faire d’autre que squatter de temps en temps chez le patron comme depuis deux nuits. Parce que chez lui, oui, il y a la clim et comme il n’était pas en forme du tout, le prétexte était tout trouvé pour découcher. Et aller me la couler douce au frais. Et ne pas transpirer.

Après, je peux trouver d’autres idées pour me rafraîchir les idées : prendre des bains de glaçons mais le hic, dans cette solution, c’est que je n’ai pas de baignoire. Et le faire dans une bassine, même la plus grande que j’ai chez moi, bof, les pieds, à la rigueur. Ouais mais les pieds, je m’en tape, c’est au crâne que j’ai le feu. Autre suggestion que je me suis auto-faite : manger des glaces par la bouche, par le nez et par les oreilles mais je crains qu’à force, ça ne me sorte par les yeux. Ou encore, boire très, très, très, très, très, très, très glacé et demander à mes reins et à ma vessie de se dépêcher de tout filtrer afin que je pisse froid et ainsi, je pourrai me faire dessus et me refroidir toutes  les parties de mon corps qui en ont besoin. Non, le mieux, c’est que je me fasse installer un igloo sur la petite terrasse exposée au nord et le faire traiter contre la chaleur, ça doit bien exister, ça, non ? Igloo, igloo, igloo, il est des nô-ôtres…

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vendredi 14 août 2026

hécatombe de gens et moi

Ça y est, la canicule a fait d’autres victimes. Encore d’autres victimes, oui. Et je peux vous dire que ce qui leur est arrivé, à ces pauvres gens et moi, ça n’a pas été rigolo du tout. Ça n’a pas été reposant. Enfin, si, un peu, par la force des choses mais sinon, non. Pardon ? Un petit verre de rosé, pour moi ? Beuh, non, merci, sans façon mais en ce moment, il n’y a pas grand-chose qui passe et le rosé fait justement partie de ces choses qui me donneraient plutôt envie de m’enfuir en courant. Malgré la fatigue intense qui m’habite depuis trois jours. Ah ça, crevé, on peut dire que je le suis et encore, depuis hier matin, ça va mieux mais mercredi, surtout et jeudi, j’étais comme moribond. Je ne me suis pas reconnu. J’ai passé une partie de mercredi sur le canapé avec de la fièvre et des maux de ventre et de tête. Il faisait très chaud mais moi, j’ai mis une veste polaire et une couverture sur moi. C’est dire. Un comble caniculaire.

Et puis, pas d’appétit et ça, quand on me connaît, ce n’est pas bon signe du tout. Car chez moi, quand l’appétit va, tout va, c’est comme le bâtiment. Et quand le bâti ment, c’est que quelqu’un ne dit pas toute la vérité. Bref, depuis trois jours je suis en plein régime et je n’ai pas été obligé de me farcir les colis de Comme j’aime pour perdre sans doute un peu de poids. La fièvre est enfin tombée mais depuis avant-hier, le président n’est pas au mieux de sa forme et ce nigaud n’a rien voulu dire. Moi, je le sentais un peu crispé mais j’ai mis ça sur le compte de mon état, de son inquiétude à mon propos. Finalement non, il a eu des nausées, lui aussi. Et je ne vous parle pas du reste. Et depuis hier matin, c’est le patron qui est alité. Et j’ai même dû rester chez lui en tant que garde-malade même pas au noir puisque je ne suis pas payé. Je ne dis pas ça pour réclamer quoique ce soit mais inutile de m’envoyer un contrôleur pour ça.

À nous trois, ça fait 100% de nous trois qui a été mis H.S. par la canicule. Parce qu’il ne faut pas se tromper, si au début, mercredi, j’ai mis ça sur le compte d’une indigestion (certains aliments de mardi me donnaient la nausée rien qu’à penser à eux), le fait que même le patron soit atteint, alors qu’on n’a pas mangé ensemble de la semaine, c’est bien qu’il s’est passé quelque chose ailleurs. Mais  où ? Une chose est sûre et certaine, ça n’a rien de sexuellement transmissible car aucun de nous trois n’est allé aux putes. Ou alors, il ne s’en est pas vanté. Et comme ce n’est pas moi. Et même si c’était moi, je ne vous le dirais pas, alors… Quant au patron et au président, ils ne sont pas sortis de chez eux ces trois derniers jours, donc, CQFD, c’est bien la canicule, cette salope à répétition qui nous a foutus à plat. Et heureusement, il semblerait qu’elle ait décidé d’aller montrer le bout de son nez ailleurs. Si seulement c’était vrai…

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jeudi 13 août 2026

ne pas déranger, s’il vous plaît

Bon, les gars, je dois préparer mes piluliers pour le mois à venir, alors ce serait sympa que vous me laissiez tranquille pendant un gros quart d’heure ou une petite vingtaine de minutes parce que sinon, je risque de me tromper et si ce n’est pas trop grave pour les compléments alimentaires, pour les deux ou trois médicaments que je prends, ça peut l’être. D’accord ? Merci. (Ils sont gentils, ils ont insisté pour venir nous voir mais ils ne se sont pas demandé si on avait envie de les avoir chez nous pendant trois jours, surtout avec gamin de trois ans. Mais bon, on va faire avec et du mieux qu’on pourra. Surtout moi.) Quoi ? Qu’est-ce qu’il veut, le petit ? Mettre un glaçon dans le congélateur ? Mais je vous avais demandé de ne pas me déranger pendant un petit moment… Il insiste ? (Pfou, il est chiant, le môme, déjà qu’il a refusé de nous dire bonjour quand ils sont arrivés…) OK, allez-y. Mais après, vous me laissez tranquille, s’il vous plaît ? Merci.

(Bon, pour le Permixon, c’est bon. Maintenant, on va faire les comprimés d’Oligodetox…) Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Encore un glaçon à mettre dans le congélateur ? Non mais vous n’allez pas faire que ça, si ? Quand même, j’ai juste besoin d’un quart d’heure, je ne demande pas la lune… OK, allez-y mais après, c’est fini, hein ? Merci… (Je disais donc, Oligodetox… Tiens, il faudra que je pense à en commander parce que je n’en aurai pas assez pour le mois prochain…) Quoi ? Encore ? Mais pourquoi le président il ne les cache pas les glaçons recyclables ? Forcément, ils sont de toutes les couleurs alors le gamin, ça l’amuse. (Mais moi pas.) Bon, allez-y mais moi, là, je sens que je vais faire des conneries avec mes piluliers, ce serait vraiment sympa que vous me laissez tranquille, maintenant. Merci. (Il ne pourrait pas sortir, avec son fils, lui ?)

(Tiens, Acide lipoïque, je vais être juste, là aussi. Je vais pouvoir faire une commande suffisamment importante pour ne pas payer les frais de…) Quoi, encore ? Eh, mais le congélateur, ce n’est pas un jouet, quand même ‽ Ça ne l’arrange pas qu’on l’ouvre sans cesse, comme ça… Tu avais dit à ton fils que c’était le dernier, la dernière fois. Cette fois, c’est vraiment le dernier ? (Tu parles…) Merci. (Bon, j’en étais où ? Ah oui, acide lipoïque… OK, c’est fait pour celui-là. Ensuite ?...) Quoi, encore ? Tu avais dit que la dernière fois, c’était vraiment la dernière ? Il veut continuer ? Tu ne peux pas lui dire stop, à ton fils ? Là, je ne sais plus où j’en suis, maintenant, c’est malin. Vous pouvez me laisser seul encore un peu ? Merci. (Ah oui, là, j’en suis à D-Stress… Zut, je n’en ai pas assez pour les 4 semaines qui viennent. Et après, on va s’étonner si je suis sur les nerfs, c’est dingue…  

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mercredi 12 août 2026

guerre et pets

Bonjour Docteur, je viens vous voir car j’ai un problème assez particulier. Vous me jurez que vous n’allez pas vous moquer de moi, hein ? Bon, alors, que je vous dise. J’ai des gaz. Beaucoup de gaz. À rendre jaloux tous les producteurs mais bon, je sais que les miens ne sont pas vraiment exploitables… Comment ?... Non, je n’ai rien changé à mon alimentation. En revanche, j’ai remarqué que je pétais énormément dans certains cas bien précis… Oui, oui, je vais vous dire mais encore une fois, vous n’allez pas vous moquer de moi, hein ? Bon, à chaque fois que je vois Donald Trump, prrrrrt, à la télé ou dans un journal, j’ai noté que ça me fait péter. Et pas un pet de lapin, non, un vrai gros prout comme si mon organisme tenait à manifester son désaccord avec ce fou furieux. Si, si, à chaque fois. Vous n’avez pas entendu quand j’ai prononcé son nom ? Vous l’avez senti, alors, au moins, non ?

Et vous savez, Docteur, si ce n’était que ça, ça passerait encore mais je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas que Donald Trump, prrrrrt, non, il y a Poutine, brrrrrt, aussi. Ah là, ne me dites pas que vous n’avez pas entendu, je viens d’en faire deux, coup sur coup. Oui, Poutine, brrrrrt, pardon, aussi. Ah oui, vous prenez un masque FFP2, vous avez raison. Excusez-moi, je vous ai coupé la parole. Ah ça, je n’ai  pas essayé avec d’autres. François Hollande ?... Non, ça ne me fait rien. En tout cas, au niveau de mes intestins. Bruno Retailleau ?... Burp. Ah tiens, non, je n’ai pas pété mais j’ai roté. Pardon ?... Non, je n’ai pas mangé d’andouillette, pourquoi ?... Marine Le Pen ?... Prrrrrt. Ah, j’ai pété… Éric Ciotti ?... Beurp. Ah, j’ai roté. C’est curieux, vraiment… Mélenchon ?... Spllltch… Ah mince, ce prout-là, il était un peu foireux, désolé pour l’odeur. En même temps, c’est moi qui suis assis dessus…

Mais, Docteur, avec la campagne électorale qui arrive, comment je vais faire pour ne pas péter ni roter partout, surtout en public ?... Comment ? Mathilde Panot ?... Spl-spllltch. Ah non, j’avais déjà un peu mouillé mon slip, ce n’est pas drôle, Docteur. Vous n’avez rien à me donner pour m’empêcher d’évacuer des gaz à chaque fois que je suis dérangé par une personnalité politique. Par exemple, en novembre, pour les « midterms », j’aimerais vraiment que Trump, prrrrrt, se ramasse une gamelle. Et que Poutine, brrrrrt, arrête de jouer au con parce que c’est sûr, il va finir par gagner. Et Mélenchon, spllltch, on n’a pas fini de l’entendre gueuler. Et Bompard, pchrrr-sploc, zut, tant pis, de voir son air un peu ahuri. Pfou, je vous le dis, moi, Docteur, ça ne va pas être facile. Non, pas facile du tout. Édouard Philippe ?... Rien. Glucksmann ?... Rien non plus. Retailleau ?... Burp. Mélenchon ?... Spllltch.

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mardi 11 août 2026

le soleil a rendez-vous avec la lune

Le soleil a rendez-vous avec la lune mais la lune n’est pas là et le soleil attend… J’espère qu’elle ne va pas trop se faire attendre, la lune parce que, avec tous ces millions de gens qui vont vouloir profiter de cette dernière éclipse totale de soleil avant 2081, ça risque de faire des mécontents si elle prend trop son temps, la lune ou si elle ne vient carrément pas. Ouais, la lune, astre rond par excellent, si elle ne vient carrément pas, ça frise le ridicule mais comme le ridicule ne tue pas… En même temps, si elle ne vient pas à l’heure prévue pour le soleil, moi, je peux toujours montrer la mienne, de lune mais des gros doutes m’habitent car je ne pense vraiment pas qu’elle puisse faire de l’ombre au soleil. Sauf si tu es le soleil, l’astre de mes nuits… qui fait partie de ma vie… tu es le soleil, mon ultime recours, ma résolution et l’arc-en-ciel qui m’entoure…

La lune est là mais le soleil ne la voit pas, pour la trouver, il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit… Ah oui, dans ce cas-là, il faut peut-être se poser la bonne question. Si le soleil toujours luit, est-ce que la nuit ne pas penser : le soleil, toujours lui… Il est probable qu’elle se sente un poil harcelée… Oui, mais lui, le soleil qui luit, peut-être que d’attendre la nuit, ça l’ennuie. De Chine. Nuit, câline, nuit d’amour… Non, ce qu’il faut savoir, c’est si le soleil sait être patient. Car la nuit, c’est un peu une star, elle aime se pomponner. Elle aime se mettre sur son 31 même les autres jours du mois. Alors que le soleil, lui, il luit mais ne sort jamais la nuit. Car il a peur du noir. Pendant que la nuit, elle, qui est plus téméraire, ça lui arrive de sortir le jour. Personnellement, je l’ai déjà vue. J’ai attrapé un coup de soleil, un coup d’amour, un coup d’je t’aime…

Le soleil a rendez-vous avec la lune mais la lune n’est pas là et le soleil attend. Papa dit qu’il a vu ça, lui… Mais le pape ne l’a pas dit, lui. Parce que si le pape a dit qu’il a vu ça, lui, c’est juste la lumière divine mais pas le soleil. Un pape, ça ne supporte pas de regarder le soleil dans les yeux. Parce que, un pape, c’est fragile.  Il ne faut pas qu’il se fasse aveugler. D’ailleurs, on n’a jamais vu un pape aveugle. Ni dans le noir.  Et encore moins dans une back-room. Et la lune ? Celle du pape ? La lune du pape est comme le soleil, elle attend. Le pape a dit qu’il a vu ça, lui. Mais pas Gilbert Montagné. Le pauvre, il ne sait pas ce que c’est qu’une éclipse totale de soleil. Ah mais si quelqu’un cherche des lunettes spéciales pour l’événement, il peut lui emprunter les siennes, non ? Viens danser sous les sunlights des tropiques, l'amour se raconte en musique…

Le soleil et la lune (Charles Trenet) / Tu es le soleil (Sheila) / Le coup de soleil (Richard Cocciante) et Les sunlights des tropiques (Gilbert Montagné)

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lundi 10 août 2026

Anne, ma mère Anne

Je sais que j’ai déjà eu l’occasion de parler d’eux. De parler d’elle, surtout. Cette femme, que je vais prénommer Claire pour ne pas dévoiler sa véritable identité (on ne sait jamais) et qui est la compagne d’un mec que je connais, lui, mettons qu’il s’appelle Pierre, qu’il a 34 ans (ça, c’est vrai) et qu’elle, elle est enceinte (ça aussi, c’est vrai) et elle doit accoucher entre le 15 et le 20 août (pour l’instant, rien n’est avéré sur ce dernier point) mais on sait déjà qu’elle va avoir une petite fille. Pourquoi je n’ai pas écrit « ils ont avoir une petite fille ? » Parce que c’est elle qui va l’avoir. Parce que c’est probablement elle qui en a décidé ainsi. Parce que comme pour tout le reste, c’est elle et elle seule qui décide. Parce que c’est comme ça et pas autrement. Une espèce de Marie-j’ordonne.

Elle n’aime pas sa belle-mère (j’en connais d’autres) et elle le lui fait bien comprendre. Et elle ne rate pas une occasion de décliner une invitation chez ses beaux-parents et quand elle n’a plus d’autre choix que celui d’accepter de s’y rendre, elle n’y va pas la fleur au fusil. Juste avec son fusil. Et vas-y que je te débine son Pierre devant ses parents à lui. Pendant tout le repas. Et Pierre ceci… Et Pierre cela… Que des choses négatives. Jamais rien de bien. Mais ma pauvre Claire, si tu n’es pas contente, si tu n’es pas heureuse, cherche-toi un autre mec et laisse ce brave Pierre tranquille, à la fin, merde, quoi… Enfin bref, là, elle a choisi les quatre prénoms de sa future fille. En premier, elle s’appellera Lou. D’après lui, ils étaient d’accord sur ce point-là. Ah bon, ça lui arrive de ne rien lui imposer ?

Ensuite, elle va lui donner son prénom à elle, Claire. Puis le prénom de sa mère à elle, mettons Chantal. Puis, le prénom de sa marraine, mettons Clara. Mais pas celui de sa mère à lui, Anne. Parce que Claire n’aime pas Anne. Et que ce sera une autre façon de  bien lui faire comprendre au cas où cette pauvre femme ne l’aurait pas encore compris. Et moi, j’ai dit à Pierre, quand même, c’est désobligeant pour ta mère. Il n’a rien répondu. Que voulez-vous qu’il me réponde ? Il ne fait pas le poids… Mais Anne, en bonne belle-mère qui fait contre mauvaise fortune, bon cœur a déclaré : j’espère que la petite Lou me ressemblera physiquement et qu’elle aura mon caractère fort. Ça lui fera les pieds, à Claire. Quand elle la regardera, elle sera obligée de penser à moi. Bien fait pour elle. Et toc.

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dimanche 9 août 2026

sujets tabous

 L’autre jour, j’ai bien aimé vous faire saliver en vous annonçant un billet énorme, un ou deux jours avant et là, j’ai envie de recommencer. Oui, parce que ce matin, j’ai l’âme un peu taquine. J’ai envie de jouer. Qui veut jouer avec moi ? … Non, chacun son tour parce que je ne peux pas m’occuper de tout le monde en même temps. D’accord ? OK, alors le mieux, c’est que chacun prenne un billet comme à la Sécu ou comme dans les mairies. Allez, tenez-vous bien parce que dans quelques jours, vous allez pouvoir découvrir d’autres mots les plus longs mais pas que. Comment ça, pas queue ? Non, pas que. Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser que moi, quand j’étais petit, la lettre « q », j’appelais ça un queue-long et même si ce n’est pas correct d’un point de vue grammaticale (mauvais accord de genre – ça a été comme ça toute ma vie), j’assume car je trouve ça mignonnet.

 

Et outre d’autres mots les plus longs, que pensez-vous de quoi je pourrais parler ? Ouais, à une heure aussi matinale, j’ai le droit de m’exprimer comme des gens qui ne maîtrisent pas la langue. Chacun son tour. Et les boutons seront bien percés. Non, je ne parlerai pas des furoncles mais rien que d’écrire le mot, ça me donne envie de m’intéresser au sujet. Tiens, oui, pour l’année prochaine, l’été 2027, une petite étude sur les boutons les plus désagréables : furoncles, herpès et autres pustules. Oui, c’est une super bonne idée car comme pour les morpions, les poux ou les punaises de lit, c’est peut-être parce qu’on les méconnaît totalement qu’on ne les aime pas alors qu’avec un minimum de pédagogie, si ça se trouve, tout le monde en voudra. Tout le monde voudra en avoir, en adopter un ou plusieurs. Mais si ça n’est pas à ça que je pensais, on n’en est pas loin, ouais.

 

Alors, à votre avis, ce quoi t’est-ce que je vais bien pouvoir parler qui est un peu tabou ? Les pédophiles ? Ben non, d’abord le sujet est un peu éculé et ensuite, ils sont de moins en moins intouchables, si je puis m’exprimer ainsi sans offusquer les culs-bénits et autres étroits de l’esprit surtout pour tout ce qui est humour. Parler des juifs et des arabes ? Ben non, non plus. Le sujet est un peu trop présent dans certaines couches de nos politiciens et je ne voudrais pas marcher sur leurs plates-bandes. Parler de tous les candidats déclarés ou encore potentiels à l’élection présidentielle de l’an prochain ? Ben non, il me faudrait faire trop d’épisodes pour faire une présentation de chacun d’eux. Non, non, disons que c’est entre le haut et le bas. Après, si je vous en dis trop tout de suite, il n’y aura plus de surprise. Et qui c’est qui l’aura dans le cul ? C’est Bibi, le mec moi.

 

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samedi 8 août 2026

contre les héritages, sauf celui de leurs parents

Chez LFI, ils sont les champions du monde de la bêtise (vous avez vu, je n’ai pas dit « de la connerie », je m’améliore, hein ? Pardon, je l’ai quand même écrit après ? Vous êtes sûrs ?) parce que leur position sur les héritages, à défaut d’être vraiment très claire pour ceux qui ne votent pas pour eux, elle ne l’est pas plus pour ceux qui votent pour Mélenchon et consorts. Car si on s’intéresse à ce qu’a dit le Che de la France Insoumise, si on a un patrimoine de 5 millions d’euros et qu’on veut le léguer à quatre personnes qui ne sont pas des enfants (donc, des héritiers directs), on y gagnerait. En effet, le simulateur du site de LFI indique qu’actuellement, l’imposition pour un tel patrimoine est d’un peu plus de 2 992 millions d’euros alors qu’avec ces Robins des Bois des banlieues, elle serait légèrement supérieure à 945 000 euros.

Je pouffe. Pardon de pouffer comme ça, au risque de m’étouffer (et ça me ferait mal au cul de m’étouffer à cause de LFI, croyez-moi) mais ils nous prennent pour des jambons, ces ultra-gauchos. Ah ben non, vu que leur cible électorale, c’est quand même les jeunes musulmans surtout ceux nés en France, ils nous prennent pour des gigots, plutôt. Parce qu’on le sait, Mélenchon, il veut prendre l’argent des riches pour le redistribuer aux pauvres. Et dans son électorat, on le croit tellement que j’en connais, oui, hélas, autour de moi qui en sont persuadés et qui prônent la captation de tous les héritages pour le répartir sur ceux qui en auraient besoin (je choisis bien mes mots, vous savez…) et ces mêmes gens, que je connais, sont pour cette éventuelle loi mais pas en ce qui concerne la maison de l’Île de Ré de leurs parents.

Ben non, il ne faut pas pousser mémé dans les orties, non plus car même si sa maison ne vaut pas 1 million d’euros, il n’y a pas de raison qu’ils n’en héritent pas. Et c’est là où je trouve que le bât blesse car chez LFI et tous leurs sympathisants (j’ai du mal à associer ce parti avec un dérivé de l’adjectif « sympathique », je me demande pourquoi…), ils ne vont pas assez loin. Ils n’ont pas les couilles assez grosses. À leur place, moi, je sais ce que je ferai passer comme loi quand ils seront élus démocratiquement (suite à une révolution de rue) : je prendrais l’argent des riches pour le donner aux gens de gauche, surtout à l’extrême-gauche car eux, ils sauront quoi en faire. Comme celui qui revient d’un tour du monde de deux ans, en ayant touché les Assedic et qui vote Mélenchon. Il n’y a pas un truc qui cloche, là, hein ?

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vendredi 7 août 2026

gros mots mais pas grossiers

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais il y a une espèce de snobisme parisien et francilien à ne plus appeler les choses par leur nom d’origine. J’en veux pour preuve que depuis quelques années, on ne parle plus de régions, en France mais de territoires. Dans les territoires. Ce n’était pourtant pas un gros mot que celui de région, non ? En plus, moi, je le trouvais nettement plus parlant que territoire. Parce que territoire, ça fait objectif d’un lieu à conquérir alors que région, ça fait penser à l’histoire, au patrimoine, à la géographie. C’est comme la province mais les élites parisiennes doivent trouver ça trop provincial. « Vous partez où en villégiature, cette année, Marie-Amélie ? » « Nous irons passer une huitaine dans le territoire occitan, Anne-Charlotte. » Ouais, ça vous convainc, ça, vous ? Non, hein ?

Attendez, ce n’est pas tout mais pendant les grands incendies de Gironde et des Landes, tout le monde le sait (ou alors, ceux qui ne le savent pas sont indécrottables), il y a eu plus de 220 000 évacués et ces personnes ont donc été obligées de quitter leur collectivité. Et ont été accueillies dans d’autres collectivités qui n’étaient pas touchées par les gigantesques feux. Ah bon, c’est nouveau, ça, on ne peut plus parle de village ou de ville non plus, maintenant ? Décidément, tout fout le camp ! J’imagine l’émission de Stéphane Bern, le village préféré des français qui va bientôt s’appeler la collectivité préférée des français… Ou alors, on trouvera des panneaux à son entrée et à sa sortie : « Saint-Aubin du Médoc, belle collectivité fleurie. » Je t’en foutrai, moi des collectivités. Ou communautés ?

Bientôt, je suppose qu’on ne parlera plus de monuments historiques mais d’édifices inoubliables ou d’assemblages remarquables. Et pour les maires, on va revenir à l’ancien mot édile ? Et on dira que Thomas Cazenave est l’édile de la collectivité de Bordeaux ? Non, le magistrat principal, c’est plus chic. Et puis on ajoutera confrérie pour collectivité et circonscription pour le territoire. Thomas Cazenave, le magistrat principal de la collectivité de Bordeaux dans le territoire circonscriptionnel de Nouvelle Aquitaine de la puissance européenne française. Nan, je ne suis toujours pas convaincu. Comment ? Circonscriptionnel, ça n’existe pas ? Et alors, je n’ai pas le droit de l’inventer ? Non mais qu’est-ce que ça veut dire, bande de villageois provinciaux de la contrée françoise. Eh ben ouais, ça me fait râler, ça aussi.

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jeudi 6 août 2026

je cherche après Titine (les mots les plus longs – 3)

 Dans la série des mots les plus longs, je voudrais vous parler de Titine. Mais, allez-vous me demander, qui est Titine ? Mais si, tout le monde connaît la chanson : je cherche après Titine, Titine ô ma Titine, je cherche après Titine mais ne la trouve pas… Eh bien, vous aurez tous faux et même archifaux. Parce que dans le cas qui nous importe ce matin, Titine, c’est la plus grande protéine connue. Mais Titine, ce n’est que son petit nom, son surnom car son vrai nom, autant que vous le sachiez, c’est un nom scientifique, un nom très savant. La preuve, c’est le plus long mot du monde, tous pays et toutes langues confondus. Il y a deux et trois jours, nous avons évoqué des mots qui avaient entre 51 et 195 lettres ou caractères mais là, ce matin, ça ne va pas être énorme, ça va être énormissime.

Après, cet extraordinaire record n’est pas détenu par la France mais par l’Angleterre. En effet, le mot anglais qui désigne la dénomination chimique de la titine contient 189 819 lettres (oui, presque 190 000…) mais avant de vous en parler plus en détails, sachez aussi que la titine est également appelée connectine (mais on n’en gérait pas chez Scaib, même au département passifs – clin d’œil) et il s’agit donc de la plus grande protéine connue du corps humain. Elle est composée de 27 000 acides aminés et a une importance essentielle dans l’élasticité des muscles dits striés. Ou alors, pour le dire plus simplement, c’est une gigantesque protéine constituée de 244 régions repliées individuellement d’une protéine liée par une séquence non structurée de peptides. Je suis sûr que c’est plus clair comme ça, non ?

Maintenant que vous savez tout ça, vous allez enfin pouvoir faire connaissance avec le mot le plus long du monde. Je vais vous en livrer une partie du début et une partie de la fin car vous le copier-coller dans son intégralité, ouh la, la… Figurez-vous que le simple fait de l’écrire dans un fichier Word, avec la police Segoe UI (taille 11,5), ça prend 19 pages et demi. Imaginez un peu dans un livre scientifique… Enfin, bon, voilà le moment tant attendu, le début et la fin de ce mot le plus long du monde : methionylalanylthreonylserylarginylglycylalanylserylarginylcysteinyl… prolylmethionylleucylarginyltyrosylthreonylasparaginylglycylprolylprolylprolylleucine. S’il y en a parmi vous qui sont intéressé(e)s pour avoir le fichier Word (ou PDF) avec le mot en entier, il est à votre disposition sur simple demande.

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mercredi 5 août 2026

je laisserai la forme unique de mon cœur (Anna de Noailles – 5)

Je ne pouvais décemment pas laisser Anna de Noailles partir sans un dernier hommage. Et pour finir en beauté, aujourd’hui, je vais carrément vous présenter deux poèmes. Parce que quand on aime, on ne compte pas. Et parce que c’est comme ça, dans cet espace, mon blog, c’est moi qui décide et si je veux publier de la poésie, même classique, eh bien, je publie de la poésie classique.

Je m'appuierai si bien et si fort à la vie, d'une si rude étreinte et d'un tel serrement qu'avant que la douceur du jour me soit ravie elle s'échauffera de mon enlacement.

La mer, abondamment sur le monde étalée, gardera dans la route errante de son eau le goût de ma douleur qui est âcre et salée et sur les jours mouvants roule comme un bateau.

Je laisserai de moi dans le pli des collines la chaleur de mes yeux qui les ont vus fleurir et la cigale assise aux branches de l'épine fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle et le gazon touffu sur les bords des fossés sentiront palpiter et fuir comme des ailes les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.

La nature qui fut ma joie et mon domaine respirera dans l'air ma persistante odeur et sur l'abattement de la tristesse humaine je laisserai la forme unique de mon cœur.

Je suis évidemment désolé de ne pas savoir vous présenter ces deux magnifiques textes dans leur forme originale, avec les vers, les sauts à la ligne et tout ce qui les fait poèmes mais je pense que le plus important, c’est de se laisser porter par la musicalité d’un auteur, par les images de sa pensée, celles de son cœur et s’approprier ses mots car forcément, il y a des choses qui nous parlent.

Je méditais ; soudain le jardin se révèle et frappe d’un seul jet mon ardente prunelle.

Je le regarde avec un plaisir éclaté ; rire, fraîcheur, candeur, idylle de l’été !
Tout m’émeut, tout me plaît, une extase me noie, j’avance et je m’arrête; il semble que la joie était sur cet arbuste et saute dans mon cœur !
Je suis pleine d’élan, d’amour, de bonne odeur, et l’azur à mon corps mêle si bien sa trame qu’il semble brusquement, à mon regard surpris, que ce n’est pas ce pré, mais mon œil qui fleurit et que, si je voulais, sous ma paupière close je pourrais voir encor le soleil et la rose.

Je voudrais remercier sincèrement Anna de Noailles d’avoir existé et eu autant de talent mais aussi et surtout, de ne jamais avoir quitté un petit coin dans ma tête depuis mes années collège et lycée. Et ce petit coin, aujourd’hui, après quelques semaines de relecture et de travail sur la vie de cette femme, je peux affirmer que c’est un coin de paradis. Elle m’a fait du bien, rendu heureux.

L'empreinte (Le cœur innombrable – 1901) et Surprise (Les éblouissements – 1919)

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mardi 4 août 2026

belle Marie-Paule

Moi, j’ai été sidéré, hier, en apprenant la nouvelle. Je venais de recevoir Télérama en temps et en heure (comment se fait-il que la Poste soit capable de bien distribuer le courrier la première semaine d’août mais pas en temps normal ?) et je me suis jeté sur les premières pages et là, j’ai découvert que Marie-Paule Belle était morte. Ça m’a fait un choc. Parce que même si elle n’était pas une idole, elle aussi m’a accompagné et pas seulement parce qu’elle a peu ou prou raconté mon histoire dans La parisienne, en 1976 (alors que moi, je ne suis devenu parisien que trois ans plus tard mais cette femme talentueuse avait également des dons de voyance – un comble pour quelqu’un comme moi qui n’y croit pas.) mais aussi parce qu’elle a écrit bien d’autres chansons moins emblématiques.

Son écriture faisait penser à une poétesse car si on oublie les textes amusants, il y avait une véritable plume dans son écriture. Elle était capable de me toucher. A contrario de Barbara, elle ne m’a jamais fait pleurer mais malgré tout, elle m’a ému. Et j’ai eu la chance de la voir sur une scène bordelaise, il y a une quinzaine d’années et elle m’avait emporté. Seule avec son piano, elle attrapait toute la salle d’une main de maître. Il suffit d’écouter attentivement Celui ou J’ai l’âme à la vague pour comprendre que Marie-Paule Belle n’était pas qu’une chanteuse humoriste, une artiste de cabaret. Elle avait tant de choses à dire. Peut-être a-t-elle souffert de voir son œuvre réduite à quelques tubes pourtant joliment tournés. Marie-Paule a été une artiste simple, un peu comme une cousine.

Mais si vous avez envie de vous amuser, vous pouvez aussi écouter Mais où est-ce qu’on les enterre ?, une chanson sur les cimetières qui sont remplis d’épitaphes évoquant des gens parfaits, vertueux voire extraordinaires et la question qu’elle se pose, c’est où enterre-t-on les autres, les méchants et les pervers. Un petit bijou de drôlerie avec une musique bien enlevée. Moi, malgré tout, j’ai un complément d’histoire avec son tube, la Parisienne car je l’ai fait chanter à trois copines le jour de mon mariage, en juin 2014 et la chanson nous a servi, à Bernard et à moi, pour le premier entracte de notre dernier spectacle en mars dernier. Comme quoi, quand une chanson vous colle à la peau, c’est comme un tatouage mais en mieux. Madame Belle, oui, vous allez aussi me manquer.

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lundi 3 août 2026

les mots les plus longs (2)

C’était prévisible. Avec des mots aussi longs, je n’allais pas pouvoir faire des billets d’une taille normale. Et pourtant, je suis le premier à toujours crier que ce n’est pas la taille qui compte. Mais l’odeur ? Ou le goût ? Je ne sais plus. Allez, revenons à nos mots démesurément longs. Nous arrivons dans un pays que j’aurais vraiment aimé visiter mais je sais que ça ne se fera jamais et c’est pourquoi je n’ai plus besoin de le retenir, ce mot de 64 lettres, qui nous vient d’Islande : vaðlaheiðarvegavinnuverkfærageymsluskúraútidyralyklakippuhringur qui décrit « un anneau sur un porte-clés pour la porte extérieure du cabanon à outils utilisé par les ouvriers chargés de l’entretien des routes sur la colline de Vaðlaheiði. » En même temps, même si j’étais allé en Islande, est-ce que je serais allé siffler sur la colline de Vaðlaheiði ? Rien ne peut le prouver à cet instant T. Alors, hein…

Ensuite, allons dans l’hémisphère sud, en Nouvelle Zélande où on peut trouver un mot de 85 lettres : taumatawhakatangihangakoauauotamateaturipukakapikimaungahoronukupokaiwhenuakitanatahu qui se réfère à une autre colline : « le sommet où Tamatea, l’homme aux gros genoux, l’arpenteur, le grimpeur de montagnes, le marcheur qui voyagea jusqu’ici, joua de sa flûte à sa bien-aimée. » C’est probablement le mot le plus long dans une langue qui utilise l’alphabet latin. Après, on va descendre en Afrique du Sud pour trouver un mot de 136 lettres : tweedehandsemotorverkoopsmannevakbondstakingsvergaderingsameroeperstoespraakskrywerspers-verklaringuitreikingsmediakonferensieaankondiging, il fait allusion à une conférence de presse relative au discours d’un responsable de syndicat chez un concessionnaire de voitures à propos d’une grève.

Presque enfin, le deuxième mot le plus long du monde est un mot sanskrit de 195 caractères, date du XVIème siècle dans un récit de la reine Tirumalãmbã, il équivaudrait à 428 lettres de notre alphabet latin, il décrit la région de Tamil Nadu en Inde et je ne peux résister à vous le reproduire dans sa version originale  निरन्तरान्धकारित-दिगन्तर-कन्दलदमन्द-सुधारस-बिन्दु-सान्द्रतर-घनाघन-वृन्द-सन्देहकर-स्यन्दमान-मकरन्द-बिन्दु-बन्धुरतर-माकन्द-तरु-कुल-तल्प-कल्प-मृदुल-सिकता-जाल-जटिल-मूल-तल-मरुवक-मिलदलघु-लघु-लय-कलित-रमणीय-पानीय-शालिका-बालिका-करार-विन्द-गलन्तिका-गलदेला-लवङ्ग-पाटल-घनसार-कस्तूरिकातिसौरभ-मेदुर-लघुतर-मधुर-शीतलतर-सलिलधारा-निराकरिष्णु-तदीय-विमल-विलोचन-मयूख-रेखापसारित-पिपासायास-पथिक-लोकान् . C’est beau, hein ? Enfin, moi, je trouve. Ah oui, dernière précision, là encore, comme hier, ça se prononce comme ça s’écrit. Et rendez-vous bientôt pour un autre encore plus long.

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chevelures (3) et fin

Je ne peux décidément plus le cacher, j’aime les chignons, c’est largement plus qu’officiel. Et depuis cet été, encore plus qu’auparavant. M...