Nous avions pris nos précautions. Nous avons déjeuné plus
tôt, hier, chez le patron, avec le président et les chiens car le président
voulait rentrer le plus rapidement possible chez nous. Il est rentré vers 14h,
moment où le cortège devait s’élancer, place de la Bourse, ça lui a laissé un
peu de temps sans stresser. Si ce n’est que moi, j’étais resté pour aller
promener les chiens pendant que ça ne pétait pas. Nous sommes partis pendant
une trentaine de minutes, nous avons ramassé un peu de pluie (quel dommage
qu’il n’ait pas plus plu) et nous sommes rentrés, pépères peinards. Et là, dans
le doute, je n’ai pas attendu que les choses se rapprochent et s’aggravent et
je suis rentré chez moi. La ville était étonnamment calme. Anormalement calme.
Dangereusement calme. Ça m’a un peu troublé.
Devant la mairie, les forces de l’ordre et du maintien de la paix avait fait comme un camp retranché avec des véhicules, des espèces de grilles de protection (anti-émeutes ?), des lances à eau, etc… Là aussi, ça faisait bizarre et ça mettait mal à l’aise. J’ai salué quelques policiers en leur souhaitant bon courage car si nous ne le faisons pas de temps en temps, ça voudra dire que les manifestants, casseurs et pilleurs réunis auront raison de dire que les policiers sont des assassins. J’ai pris les deux rues commerçantes pour rentrer chez moi, tout était barricadé à quelques magasins près (savaient-ils qu’il y avait un risque ? Quand même…) et ça m’a vraiment troublé, ces rues presque désertes, ces magasins confinés derrière des panneaux de bois et un quasi-silence. Qu’est-ce que ça cachait, hein ? Trop calme.
Et le temps a longuement passé. Et j’ai été surpris de ne pas entendre de bruit comme celui de l’explosion d’une grenade assourdissante. Et je suis allé plusieurs fois sur la terrasse pour regarder s’il se passait quelque chose. Rien. Nada. Que tchi. Alors, on a fini par comprendre que peut-être, la manifestation allait rester calme. Comme quoi, quand on veut, on peut… Et au moment de dîner, j’ai fermé le site de Sud Ouest avec les informations en direct et je suis allé lire au lit. En espérant que la nuit allait être normalement calme. Ce matin, je découvre que ça s’est nettement mieux passé que la semaine dernière, partout en France. Faut-il s’en réjouir ? Pour quelqu’un comme moi qui n’est jamais satisfait, non, bien sûr. Il faut se méfier de l’eau qui dort. Si ça se trouve, samedi prochain, ça va recommencer.
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