jeudi 16 juillet 2026

pain au chocolat versus chocolatine (Joe Dassin)

Tous les matins, il achetait sa petite chocolatine-tine-tine-tine-tine… Non, la chanson de Joe Dassin n’aurait pas été tout à fait la même si elle avait parlé d’une marchande de chocolatines au lieu de petits pains au chocolat-la-la-la-la. Non, je vous le dis. En mille comme en cent. Mais tout ça m’amène à me poser une question très pertinente (et je me remercie de me l’avoir posée) : qui était là avant ? Et qui a raison ? Le pain au chocolat ou la chocolatine ? Il paraît, en tout cas, c’est ce qu’on m’a dit, que les deux acceptions sont possibles et donc, bonnes. Le pain au chocolat, comme quand j’étais petit (je n’ai pourtant jamais aimé ça – ce qui est plutôt cohérent vu que je n’aime pas le chocolat), c’est la terminologie la plus répandue en France. La chocolatine, surtout dans le grand Sud-Ouest – dont je fais partie depuis plus de 26 ans.

Et c’est amusant, cette bagarre linguistique autour d’une simple viennoiserie car il y a d’autres exemples, dans le français parlé, celui de tous les jours et pas forcément dans ce qui touche à la nourriture ou à la bouffe. Tiens, par exemple, la poche ou le sac. Moi, quand j’étais adolescent, dans les Deux-Sèvres, on parlait de poche pour mettre les choses qu’on achetait. Et à 18 ans, quand j’ai quitté ma province pour découvrir Paris, j’ai continué à demander des poches pour ranger mes courses. Sauf qu’on me regardait bizarrement. « Une poche ? Un sac, vous voulez dire ? » Oui, un sac, bien sûr. Et je détestais qu’on me prenne pour un provincial car moi, je voulais être parisien, comme ceux qui le sont de pure souche. Et en revenant dans le Sud-Ouest, au début de l’an 2000, j’ai dû me réhabituer à demander des poches au lieu des sacs.

Mais pour en revenir aux viennoiseries, il y en a une autre qui porte plusieurs noms. Joe Dassin en avait fait une autre chanson, nettement moins connue voire totalement ignorée de tout le monde, même de ses descendants mais néanmoins héritiers : tous les matins, il achetait son petit pain au raisins-zin-zin-zin-zin… La boulangère lui souriait en voyant arriver son voisin-zin-zin-zin-zin… Eh bien, figurez-vous que maintenant, dans de nombreux endroits (boulangerie, supermarchés ou autres lieux pour acheter de quoi grignoter), on parle d’escargots (aux raisins.) Pour moi, il n’est question que de pain et là, à la différence de celui au chocolat, j’aime bien celui aux raisins-zin-zin-zin-zin… Mais je ne peux pas en abuser car sinon, je risque de vomir. Pardon ? Il vaut mieux dire « rendre ? » Dans quelle région ? Eh bien dites donc, toutes ces particularités, hein ‽

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mercredi 15 juillet 2026

quand tu me plaisais tant… (Anna de Noailles – 2)

Quand tu me plaisais tant que j'en pouvais mourir, quand je mettais l'ardeur et la paix sous ton toit, quand je riais sans joie et souffrais sans gémir, afin d'être un climat constant autour de toi ; quand ma calme, obstinée et fière déraison te confondait avec le puissant univers, si bien que mon esprit te voyait sombre ou clair selon les ciels d'azur ou les froides saisons…

À la demande générale, je vais de nouveau parler d’Anna de Noailles, cette poétesse (le mot n’est pas très joli, il me semble) de la Belle Époque et ce matin, c’est un poème que je vais publier intégralement tant j’ai la sensation qu’elle l’a peut-être écrit pour moi… Non, elle l’a plutôt écrit en pensant à moi. En pensant à ce que j’allais vivre au moins une fois (une dernière fois ?) dans ma vie. Ce magnifique texte composé de quatrains, il faut le visualiser en vers mais moi, pour la mise en page, j’ai préféré ne pas le publier dans ce format-là. C’est trop compliqué.

Je pressentais déjà qu'il me faudrait guérir du choix suave et dur de ton être sans feu, j'attendais cet instant où l'on voit dépérir l'enchantement sacré d'avoir eu ce qu'on veut : instant éblouissant et qui vaut d'expier, où, rusé, résolu, puissant, ingénieux, l'invincible désir s'empare des beaux pieds, et comme un thyrse en fleur s'enroule jusqu'aux yeux !

Anna de Noailles… Je me rends compte que j’aurais aimé la connaître. Comme quelques autres auteurs ou artistes, morts ou vivants. Comme Prévert, comme Stéphane Mallarmé, comme Barbara, comme Zola ou comme John Boyne, auteur irlandais récemment « découvert… » J’aurais aimé la connaître car c’était une femme à la fois traditionnelle et avant-gardiste. Une femme qui a marqué son époque et qui aurait largement mérité qu’on ne l’oublie pas. Peut-on dire d’elle qu’elle fut une espèce d’idole en son temps ? Oui, je peux le dire. Et moi, je suis un de ses fans.

Peut-être ton esprit à mon âme lié se plaisait-il parmi nos contraintes sans fin, tu n'avais pas ma soif, tu n'avais pas ma faim, mais moi, je travaillais au désir d'oublier ! — Certes tu garderas de m'avoir fait rêver un prestige divin qui hantera ton cœur, mais moi, l'esprit toujours par l'ardeur soulevé, et qu'aurait fait souffrir même un constant bonheur…

Je peux même avancer que de son vivant, elle a vendu des dizaines de milliers d’exemplaires de ses recueils, ce qui était plutôt exceptionnel pour de la poésie. Même à son époque où cet art avait encore toutes ses lettres de noblesse. Et de ce fait, les auteurs étaient tout aussi connus que les acteurs peuvent l’être aujourd’hui. Alors même qu’il n’existait pas les réseaux sociaux. Comme quoi, hein ‽ Et comme je suis très fier et très heureux de vous avoir présenté ce poème, je vous laisse imaginer ce que sera le troisième épisode consacré à Anna de Noailles. Bientôt…

Je ne cesserai pas de contempler sur toi, qui me fus imposant plus qu'un temple et qu'un dieu, l'arbitraire déclin du soleil de tes yeux et la cessation paisible de ma foi !

Recueil : Poèmes de l'amour (1924).

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mardi 14 juillet 2026

qu’il est mignon

C’est vrai que c’est très rare qu’on ne trouve pas mignon un enfant qui vient de naître. Tout le monde (ou presque), en venant rendre visite à la maternité se dépêche de dire à la mère et au père : « qu’il est beau, qu’il est mignon, tout le portrait de sa mère/de son père…) alors que parfois (et même souvent) un nouveau-né, ce n’est pas toujours le plus beau qu’on n’ait jamais vu. Parce qu’on a tous des éléments de comparaison. Mais c’est aussi tout à fait normal que des parents et leurs proches trouvent leur propre enfant le plus beau du monde. Même s’il est un peu laid, en réalité. Si, si. Parce que des enfants moyennement beaux voire pas du tout, ça existe. Et tout l’art de la diplomatie consiste justement à savoir faire un joli compliment pour faire plaisir aux parents, si fiers, eux.

Par exemple : « qu’il est mignon, il est tout rigolo, je l’aime déjà beaucoup… » Là, en réalité, il faut comprendre que le nourrisson en question n’est pas du tout canon. Il n’a aucune chance au concours du plus beau bébé de France. Pas plus qu’en Franche-Comté, c’est dire. Non, si on a bien regardé, on a vu qu’il avait beaucoup d’oreilles décollées, un œil qui ne s’ouvre pas bien et le nez de travers. En fait, plus tard, il fera peur et il sera moqué par ses camarades à l’école. On le sent immédiatement, tout ça. Mais on n’y peut rien. Ou alors, il faut ruser et commencer d’aborder la question délicate du harcèlement : « Tu sais qu’on peut prendre une assurance anti-harcèlement, chez Axa ? Oui, même pour le physique. » Là, si la mère est réceptive aux sous-entendus, c’est bien. Sinon, tant pis pour elle.

Je ne sais pas s’il y a encore l’autre possibilité de découvrir que son petit-fils est noir alors que ni le père, ni la mère ne le sont. Passé le premier instant de stupéfaction, on peut le trouver beau, le bébé. « Il est mignon mais il n’est pas un peu noir ? C’est dommage, il aurait pu être encore un peu plus beau. » Bien sûr que oui, qu’il y a des gens qui pensent encore comme ça. Alors que souvent, les enfants issus d’un métissage sont bien plus beaux que… Non, c’est vrai, pas tous. « Chéri, tu as pensé à changer le petit ? » « Pourquoi ? Tu ne le trouves finalement pas assez beau, tu veux que j’essaie d’en prendre un autre ? » Et quid des enfants à l’adoption ? Parce que dans ce cas-là, on ne peut même pas se dire qu’avec le grand-père qui était bel homme quand il était jeune… Qu’il est mignon, quoi ‽

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lundi 13 juillet 2026

risques d’incendie

On en est encore là. Oui. En ces temps de canicule et donc, de sécheresse et donc, de feux de forêts, on en est encore là. On en est toujours à dire aux gens de faire attention. Parce qu’il doit encore y avoir des gens qui ne peuvent s’empêcher de fumer quand ils vont se promener dans les bois et forcément, comme il n’y a pas de cendrier dans les sentiers, ils jettent leur mégot par terre. Même s’ils pensent l’avoir éteint. De toute façon, comme ce n’est pas indiqué sur des panneaux, que c’est interdit de fumer en forêt. Ouais, je sais, ce n’est pas interdit mais c’est tellement déconseillé que… Et que penser des pyromanes qui eux, aiment le feu, aiment faire leur intéressant. Sauf que tant qu’on ne sait pas que c’est eux, ils ne peuvent en retirer aucune gloire. Pourquoi ne pas s’immoler, alors ?

On est encore là. Oui. En ces temps de canicule et donc, de sécheresse et donc, de feux de forêts, on en est encore là. On en est toujours à dire aux gens de faire attention à ne pas faire de barbecue n’importe où, surtout des barbecues sauvages et encore surtout s’il y a des buissons, des haies, des bosquets, autour. Une étincelle et hop ! Et on est aussi obligé de le signaler, comme chaque année, au colotis de Biscarrosse : ne faites pas de barbecue même chez vous en ces temps de canicule, on vous rappelle que la résidence est entourée de forêt. Ou alors, restez près d’un point d’eau voire de votre piscine en cas de danger. Oui, tous les ans, le syndicat du colotissement envoie les mêmes messages d’alerte. Parce qu’il y a toujours des gens qui oublient ces choses-là. Ou alors, qu’ils s’immolent.

On est encore là. Oui. En ces temps de canicule et donc, de sécheresse et donc, de feux de forêts, on en est encore là. On en est toujours à dire aux gens d’être très prudents et de ne pas faire de moto-cross dans les sentiers des forêts quand il fait très sec depuis longtemps comme en ce moment. On en est encore à dire aux gens : faites attention, une étincelle et hop ! Alors, on évite aussi les attentats aux colis piégés dans les bois, on évite les attentats kamikazes dans les forêts et on évite les feux d’artifice dans tous les endroits très, trop secs. C’est du simple bon sens. Et on demande aux pyromanes d’être un peu patients, cette année, de prendre des RTT ou carrément des congés. Et à ceux qui veulent s’immoler de chercher une autre solution à leurs problèmes. Ou d’attendre l’hiver prochain.

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dimanche 12 juillet 2026

chagrin d’amour

Mais bon sang, qu’est-ce que tu t’es allé te mettre dans la tête, hein ‽ Un chagrin d’amour ‽ Mon Dieu, mais tu avais besoin de te faire un chagrin d’amour ? Ah ben, je comprends maintenant pourquoi tu t’es mis à la poésie. Pourquoi tu t’y es remis. Qu’est-ce que tu avais dans la tête pour te faire un chagrin d’amour ? Comme si tu n’avais que ça à faire. Il n’y a pas des choses plus importantes à gérer, hein ‽ Je ne sais pas moi… Tiens, la canicule, par exemple. Ça ne serait pas plu utile que tu te préoccupes de savoir comment tu vas gérer la prochaine canicule ? Non, tu as sans doute des choses plus intéressantes à faire, sans doute. Comme un chagrin d’amour, par exemple. Je vois que tu as les moyens de t’en payer un, de chagrin d’amour. Moi, si tu veux tout savoir, je n’en ai pas les moyens et donc, je ne m’en paie pas. Comme ça, pas de problème.

Ah oui mais toi, je comprends, tu as besoin de souffrir car tu penses que tu peux alors exister. Eh bien, on est bien servi, avec toi, hein ‽ Un chagrin d’amour. Que de temps perdu. Et du coup, toi, tu tapes dans la poésie alors que si tu veux oublier ton pseudo chagrin d’amour, tu n’as qu’à ouvrir une bouteille de quelque chose de fort, tu bois et tu verras, tu n’y penseras plus à ton chagrin d’amour. Mais non, toi, tu as besoin de petits oiseaux qui gazouillent  dans les arbres en fleurs… Tu as besoin de ruisseau qui serpente dans la montagne avec des petits bateaux ivres en papier qui les dévalent quand il y a du courant… Bien sûr, avec toi, on a toutes les chances de ne pas s’ennuyer mais, mon petit chat, c’est bien parce que tu as du temps à perdre que tu peux te payer le luxe d’avoir un chagrin d’amour. Au passage, je te rappelle que si tu veux balayer la terrasse…

Oh, ce n’est pas la peine de prendre tes airs de chien battu, tu l’as bien cherché, non ? Tu l’as bien voulu, ton chagrin d’amour, hein ‽ Ben oui. Mais si. Alors que si tu avais gardé ta tête sur les épaules, tu aurais mené ta petite vie bien confortable et tu… Pardon ? Ta petite vie un peu trop routinière ? Et alors ? Tu crois que ma vie à moi, elle n’est pas routinière ? Eh ben, ouais. Mais moi, je ne viens pas pleurnicher parce que je me suis offert un chagrin d’amour. Je ne viens pas emmerder le monde avec mes états d’âme. Et je ne viens pas saouler les autres avec de la poésie. Pffft, la poésie, tu parles d’un truc démodé ! Tiens, tu vois, j’en perds mes moyens, à cause de toi et de tes chagrins d’amour, je viens de faire une phrase avec un point d’exclamation. Et la prochaine fois, tes chagrins d’amour, tu sais où tu peux te les mettre ? Non mais sans blague, hein ‽ Chagrin d’amour, pffft.

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samedi 11 juillet 2026

mais qui êtes-vous, monsieur-dame (10)

Dans les choses que j’aime le plus, le matin, de 5 à 7, c’est que je peux prendre mon temps. Le temps d’écrire en sirotant un café ou une chicorée. Le temps de prendre une bonne douche. Le temps de me couper les ongles des mains et/ou des pieds quand c’est nécessaire. Le temps de me tondre la barbe quand ça commence à me chatouiller un peu trop. Le temps de me mater quelques pornos en cachette : Mathilde Panot chez les pompiers de Paris / Sandrine Rousseau écarte bien les cuisses ou encore Marine Le Pen mange de la saucisse. Que voulez-vous, arrivé à un certain âge, on a les plaisirs qu’on peut. Seulement ceux qu’on peut s’offrir. Non, sans plaisanter, j’aime quand la ville est calme. J’aime quand j’ai l’impression d’être seul au monde. Le roi dans son royaume. Le dictateur isolé dans son bunker.

Mais hier matin, ça ne s’est pas tout à fait passé de la même façon. Je suis allé dans ma salle d’eau et je suis entré dans la cabine de douche. Évidemment, j’étais tout nu. Mon cul aussi. J’ai fermé la porte vitrée. J’ai ouvert l’eau, je me suis d’abord mouillé les pieds (je commence toujours pas le bas et je termine par le haut – question de principe) avant de m’arroser les jambes, le ventre, le dos, les bras et la figure. Forcément, je ferme les yeux car je préfère ne rien voir de tout ça. Sauf qu’à un moment, pour prendre le gel douche, je les rouvre. Et là, j’ai senti comme une présence. Je me suis retourné (car je n’aime pas qu’on regarde mes fesses sans mon accord) et là, je les ai de nouveau vus. Cet homme et cette femme qui viennent me rendre visite de temps en temps et dont je ne sais toujours rien de précis.

J’ai voulu faire comme si de rien n’était mais je ne sais pas si vous vous êtes déjà retrouvé tout nu en train de vous doucher devant deux inconnus (ou presque), c’est toujours un peu délicat. Impossible se rhabiller sans sortir de la cabine. Un peu comme si j’étais pris au piège. Alors, je leur ai demandé ce qu’ils voulaient, à la fin. Ils ne m’ont évidemment pas répondu. Mais ils se sont parlé. « Effectivement, tu avais raison, il a bien pris du ventre. » « Oui et il a moins de poils blancs que prévu, sur le pubis. » Eh, faites comme si je n’étais pas là, surtout, hein ‽ « Tu as vu, il a comme un bouton, sur la fesse gauche. » Comment, j’ai un bouton sur la fesse gauche ? Un bouton comment ? Un bouton de quoi ? Putain, mais ils me font chier, ces deux-là. Je ne sais pas qui ils sont et ils me trouvent un bouton.

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vendredi 10 juillet 2026

dans ton bras, fermé sur mon être étroit… (Anna de Noailles – 1)

Mon cœur tendu de lierre odorant et de treilles, Vous êtes un jardin où les quatre saisons Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles Et des pommes de pin, dansent sur le gazon...

De quand j’étais plus jeune, du primaire au collège ou en seconde et même au lycée, j’aimais beaucoup les cours de français et particulièrement ceux qui nous faisaient découvrir la littérature – même si j’étais réfractaire aux auteurs qu’on nous imposait – je veux dire, pour un livre entier – il m’a fallu attendre d’avoir mon bac pour lire intégralement certains auteurs évoqués par mes différents professeurs), je me souviens de quelques noms de poètes : Maurice Carême, Francis Jammes et Anna de Noailles, pour ne citer que ces trois noms qui le sont si rarement, nommés pendant des discussions (si, si, j’en ai, des discussions littéraires, parfois, avec certains amis – oui, oui, je pense que je suis normal) ou que tout le monde a carrément oublié. Voici la fin du premier extrait : mon cœur est aussi…

La chaude, spacieuse et prudente demeure Pleine de vins, de miel, de farine et de riz, Ouverte au bon parfum des saisons et des heures, Où la tendresse humaine habite et se nourrit.

… / …

Pourtant tu t’en iras un jour de moi, Jeunesse, Tu t’en iras, tenant l’Amour entre tes bras, Je souffrirai, je pleurerai, tu t’en iras, Jusqu’à ce que plus rien de toi ne m’apparaisse.

Et là, l’autre jour, avec et chez le patron, alors qu’il faisait trop chaud, dehors, nous avions sorti nos bâtons rompus et nous parlions de de tout et de rien et de fil en aiguille, il a évoqué la maison de Noailles et moi, comme à chaque fois, ça m’a rappelé cette poétesse, Anna de Noailles. Sauf que je n’avais et n’ai toujours aucun souvenir précis de quelque poème que ce soit qu’elle ait pu écrire. Pourtant, j’en suis absolument certain, elle a fait partie d’un programme pendant ma scolarité. Et si spontanément, j’aurais qualifié son œuvre de romantique voire de symboliste, je n’en étais pas tout à fait sûr et il se pourrait bien que j’aie eu raison de ne pas être trop affirmatif car si elle est un peu postromantique et symboliste, elle représente surtout le vitalisme, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant.

— Ah ! Jeunesse, qu’un jour vous ne soyez plus là, Vous, vos rêves, vos pleurs, vos rires et vos roses, Les Plaisirs et l’Amour vous tenant, — quelle chose, Pour ceux qui n’ont vraiment désiré que cela…

… / …

Je ne t'aime pas pour que ton esprit Puisse être autrement que tu ne peux être Ton songe distrait jamais ne pénètre Mon cœur anxieux, dolent et surpris. 

Ne t'inquiète pas de mon hébétude, De ces chocs profonds, de ma demi-mort ;

Forcément, tout ça, ça a titillé mon attention, ça a chatouillé mon imaginaire et ça a démangé ma curiosité. Et j’ai fouillé. Et j’ai repris le Lagarde et Michard, volume du XXème siècle (souvenirs, souvenirs) et là, j’ai eu une grosse interrogation. Vous le sentez mon gros doute ? Je n’ai pas dû apprendre quelque récitation que ce soit tirée d’un poème d’Anna de Noailles. On n’a pas dû l’étudier non plus au collège. Il me semble bien que c’est en première, pour l’année du bac que j’ai alors dû voir passer son nom. Cela dit, si mon doute est gros, il subsiste. Je n’en mettrais rien à couper mais pas loin. Désolé de cette légèreté dans mes sous-entendus un peu grivois mais chassez mon naturel, il revient au galop. En cette canicule, j’avais envie d’un peu de poésie. C’est chose presque faite. À suivre.

J'ai nourri mes yeux de tes attitudes, Mon œil a si bien mesuré ton corps,

Que s'il me fallait mourir de toi-même, Défaillir un jour par excès de toi, Je croirais dormir du sommeil suprême Dans ton bras, fermé sur mon être étroit...

Le cœur (Le cœur innombrable - 1901) / Jeunesse (L’ombre des jours - 1902) / Je ne t’aime pas (Poèmes de l’amour – 1924)

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pain au chocolat versus chocolatine (Joe Dassin)

Tous les matins, il achetait sa petite chocolatine-tine-tine-tine-tine… Non, la chanson de Joe Dassin n’aurait pas été tout à fait la même s...