Bonne année, madame Bovary. Ah, je vous remercie, monsieur Dupuis. Bonne année à vous aussi. Si j’osais, je vous biserais, ma chère. Pourquoi n’oseriez-vous pas ? Parce que vous êtes une femme mariée, chère madame Bovary. Monsieur Dupuis, je vous en prie, appelez-moi Emma. D’accord, chère Emma mais alors vous, appelez-moi Léon, sinon, ça ne vaut pas. D’accord, mon petit Léon. Et maintenant que nous nous appelons par nos petits noms, pensez-vous être capable de me faire un baiser pour me présenter vos vœux ? Un baiser, ma chère Emma, vous avez bien dit « un baiser ? » Oui, Léon, j’ai bien parlé de baiser. Ah, un baiser… Depuis le temps que j’en rêve. Vous êtes sûre que votre mari n’est pas là ? Absolument. Alors, vous permettez ? Osez, Léon, osez. Emma, je suis si content de vous baiser. Enfin. Et moi d’être baisée par vous…
Ah, mon grand amour, ma belle, ma tendre, ma douce. Savez-vous seulement que nous sommes le 12 janvier ? Non, mon beau, mon chevalier, mon garde du corps. Nous sommes encore vivants, ma chère Juliette, ma belle, mon astre. Pourquoi me dites-vous ça, mon Roméo, mon homme, mon prince ? Parce que la tradition veut que nous nous embrassions sous le gui. Ah, et où pouvons-nous en trouver, du gui ? Frère Laurent m’en a donné une boule, tout à l’heure, après la confesse. Donnez-moi votre boule, je vais la faire infuser et nous nous embrasserons tout en la buvant. Vous êtes sûre, Juliette ? Ah, Roméo, que je meure sur le champ si je ne suis pas capable de vous préparer une bonne tisane. Ma tendre Juliette, je sais que vous saurez m’honorer par votre amour et tous les talents qui vous habitent. Bonne éternité à nous deux, mon beau.
Gervaise ? Gervaise ? Oui, Coupeau ? Viens donc nous verser un godet, à Lantier et à moi. Oui, Coupeau, j’arrive. Brave fille, quand tu veux, toi, hein ? Pour la peine, tu auras droit à ta petite goutte, ma grosse. Merci, Coupeau. Et n’oublie pas, ma loutre, c’est l’an neuf, tu dois nous faire plein de bisous, ce soir, hein Lantier ? Bonne année, Coupeau. Bonne année, Lantier, hips. À ta santé, coquine. À votre santé, mes gars. Boire un petit coup, c’est agréable, hein ? Ah oui, alors. Un bon petit coup dans le gosier. Et une bonne petite claque sur ton cul, ma belle. Oh, Lantier, arrête, Coupeau nous regarde, hips. Mais il s’en fout. Il aime ça, le gredin. Hein, tu aimes, ça, Coupeau ? Ah oui, Lantier, une bonne travailleuse pour nous deux, rien que pour notre plaisir. Une bonne année en perspective. À tour de rôle, hein Gervaise ? Oui, hips…
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