vendredi 23 janvier 2026

poisson mort (pas tout à fait)

Chaque matin, j’ai une routine quasiment immuable quand je sors de chez moi pour aller chez le patron, entre 7h et 7h30, selon les jours. J’arrive dans sa rue et s’il avait sorti une poubelle, la veille au soir, je la rentre dans le garage et je vais ouvrir la porte de communication entre la cuisine et l’arrière-cuisine et le garage. Là, les chiens viennent me dire bonjour et, dans le meilleur des cas, Shuka sort dans la rue pour aller faire son premier pissou et Kali, pas toujours. Ensuite, je reviens dans la maison par le jardin et là, je me rue sur le réfrigérateur et je coupe deux morceaux de saucisses de volaille (vous savez, ces saucisses dont le nom commence par Kn…) afin d’y insérer le médicament coupé en deux de Kali pour son cœur car il faut ensuite qu’elle attende au moins trois quarts d’heure avant qu’elle ne puisse avoir sa gamelle.

Après, je sors de quoi préparer le déjeuner des deux chiens mais je vais dans l’arrière-cuisine et je mets la bouilloire et le four à micro-ondes en marche pour faire du bruit afin que les deux animaux ne m’entendent pas car sinon, eux, ils ne comprennent pas qu’il leur faut attendre. Ensuite je me fais mon café et j’ouvre tous les stores intérieurs et/ou extérieurs et je vais donner à manger aux poissons. Et puis je sors tout ce qu’il faut pour le petit déjeuner du patron car ce qui est au réfrigérateur est vraiment trop froid. Et enfin, je peux me poser devant mon café, avec mon téléphone, une revue ou un bouquin. Et là, j’attends pour donner leur gamelle aux chiens. Je salue Eden quand il descend de son studio et je réponds au téléphone. Ma mère. Le président. Le patron, quand il se réveille. Et il est facilement 8h30. Ça passe, hein ‽

Sauf qu’hier matin, en allant sur la terrasse, vers le bassin, avec mon pot à granules, j’ai aperçu quelque chose à environ un mètre de l’eau : un poisson échoué. Comment est-il arrivé là ? Trop de pluie et le bassin qui menace de déborder et le poisson, qui ne savait pas que c’était dangereux, s’est laissé avoir ? Un oiseau qui aurait tenté de l’attraper ? Il n’y a pas de mouettes ni de goélands, dans le centre-ville de Bordeaux. Kali qui aurait tenté de pêcher au lieu de chasser les oiseaux ? On ne le saura jamais mais moi, j’ai cru qu’il était mort, le poisson. Depuis combien de temps était-il là ? J’ai pris l’épuisette et je l’ai mis dedans, il a ouvert les yeux en remuant à peine. Il devrait être épuisé. Je l’ai remis dans l’eau et je l’ai vu partir lentement vers le fond du bassin. J’ai jeté la nourriture. Je suppose qu’il a mangé et qu’il s’est remis. Non, je l’espère.

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

jeudi 22 janvier 2026

no kids

Oui, il paraît que c’est devenu à la mode le « no kids. » Pour les non-bilingues, ça veut dire « sans enfant » et c’est d’autant plus troublant que même si je suis un peu d’accord avec cette tendance à réserver des espaces ou des endroits où les mômes sont indésirables pour ne pas dire « interdits », je reconnais que c’est peu étrange de penser ça. Surtout quand on entend partout qu’au niveau de la démographie, c’est un peu la catastrophe. Mais que voulez-vous, le problème existe pourtant bel et bien. Et ce ne sont peut-être pas les enfants en eux-mêmes qui sont la cause de tout mais leurs parents. Car si un enfant ne sait pas se tenir au restaurant, dans un hôtel ou dans un moyen de transport (tram, train, avion…), ce n’est pas forcément un reproche qu’on peut lui faire. En revanche, on peut faire les gros yeux à ses parents.

Si un enfant chouine, geint, pleurniche, hurle, parle trop fort, court partout, saute sur tout et j’en passe et pas des moindres, est-il vraiment responsable de ce qu’il fait ? Pourquoi ses parents ne lui ont-ils pas appris à se tenir a minima. Alors moi, quand je prends le train, par exemple, je prends toujours une place en première pour diminuer au maximum le risque d’un voyage trop éprouvant avec des chiards et des merdeux. Quand je voyage, j’aime lire et quand je lis, j’aime être au calme. Quand je vais au restaurant, ça m’insupporte de voir autant d’enfants pour qui c’est trop long et qui se croient dans la cour de récréation de l’école ou de la crèche. Et quand je constate que leurs parents s’en foutent et même pire, ne comprennent pas que ça puisse déranger les autres… Ou alors, ils se vengent en nous en faisant profiter.

Bref, moi, ça m’arrange plutôt d’imaginer des endroits « no kids » parce que je n’ai pas à subir la mauvaise éducation de certains parents (ils sont trop nombreux pour se reconnaître) sur leurs enfants. Ces enfants-rois. Ces enfants-dictateurs. Ces enfants-monstres. À part ça, j’ai entendu dire que le Sénat avait retoqué la loi sur la fin de vie en rejetant l’article proposant une aide médicale ç mourir. À droite, on est un peu contre la fin de vie choisie. Avec des arguments qui font peur tant ils ne tiennent pas la route. Des arguments aussi pénibles que les enfants des autres quand ils sont en roue libre. Et là, moi, ce matin, ça m’amène à me poser une question : quid de l’aide à mourir pour les enfants ? Parce qu’il faut être majeur pour prendre une telle décision. C’est dommage. Oui, le suicide, d’accord mais ce n’est pas la même chose.

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

mercredi 21 janvier 2026

carte bancaire

Alors ça, je n’ai rien vu venir même s’il m’est arrivé d’y penser plus ou moins. Je pense qu’on a tous de moins en moins envie de se servir de monnaie sonore, d’espèces trébuchantes et de petites pièces qui, finalement, nous encombrent mais quand même, je me suis déjà posé la question pour les SDF, pour celles et ceux qui font la manche. Car qui dit de moins en moins d’argent dans les poches, dit de moins en moins de revenus pour les gens qui vivent dans la rue. C’est un peu la mort d’un autre métier. Sauf que… Sauf que, dans plusieurs départements, dont la Gironde, il existe la carte Solly pour les sans-abris. Solly, la carte de paiement solidaire. Comment ça marche ? C’est simple, le don se fait d’un simple clic depuis son téléphone portable. Et ensuite, la personne à qui vous venez de donner peut aller faire des achats.

Plus concrètement, le quidam qui veut donner scanne la carte Solly du SDF (via un QR code ou NFC – cette dernière est une technologie qui permet à deux appareils comme des smartphones de communiquer entre eux à quelques centimètres de distance) en indiquant un montant et le don est immédiatement crédité sur la carte du porteur. Ensuite, ce dernier peut acheter des produits de première nécessité : nourriture, vêtements, produits d’hygiène, de santé, nuitées, tickets de transport… Mais certains commerces sont bloqués et les possesseurs de la carte ne peuvent pas y acheter leurs produits : bar-tabacs, cavistes… Et moi, quand j’ai découvert tout ça, sans porter de jugement, je me suis dit que c’était vachement bien mais quelque part, est-ce que ça ne change pas fondamentalement la situation de sans-abri ?

C’est vrai, ça, quand on se retrouve à vivre dans la rue, parfois, c’est un choix car on n’accepte pas les règles de la vie en communauté (je sais, je caricature) mais quand on n’a plus d’autre choix que de gérer les dons qu’on reçoit sur une carte de paiement, ça professionnalise cet état. Et en poussant le bouchon un peu (trop) loin, on peut alors imaginer un business qui se créerait entre les SDF. Cette idée n’est pas de moi car il existe une BD qui évoque la chose : Faut pas prendre les cons pour des gens, tome 5 (de Jorge Bernstein, Vincent Haudiquet et Emmanuel Reuzé.) Dans ce volume, Marcel le SDF devient le PDG de Marcel Mendicity, avec plein de sans-abris embauchés jusqu'à la chute de son empire industriel. Alors voilà, si la création de la carte Solly est certainement bonne, elle m’a fait penser à tout ça. En réalité, je crois qu’on ne se refait pas.

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

mardi 20 janvier 2026

s’endormir sur des pois chiches

Vous ne savez pas ce qui m’est arrivé ? Hier, en cours de matinée, j’ai commencé à éplucher une bonne partie d’un gros bocal de pois chiches. Pour ça, je les ai d’abord égouttés, rincés, égouttés de nouveau et j’ai mis la passoire sur un plateau bleu (la couleur n’avait aucune espèce d’importance, c’est  juste une constatation – j’aime bien être un peu factuel, de temps en temps) et j’ai pris un petit saladier, un des rares qui nous restent de notre époque parisienne, au président et à moi (même si le saladier en question est à lui, à l’origine, il l’avait déjà quand je l’ai connu) et je suis allé m’installer sur la table basse du salon devant une émission que j’avais enregistrée à la télé, peu en importe le titre. Et j’ai dû faire environ un quart des pois chiches et ça a été l’heure de partir chez mon kiné pour ma séance hebdomadaire.

À mon retour, nous avons déjeuné. Très brièvement. Car compte tenu du travail qui m’attendait encore (les trois-quarts des pois chiches restants), j’avais juste prévu des sandwiches. Ça nous arrive de temps en temps. Et justement, ça a été le cas, hier. Ensuite, comme il n’y avait quasiment pas de vaisselle à faire, je suis très rapidement allé m’occuper de ces légumineuses qui n’attendaient que les doigts de ma main droite pour être déshabillés. Et, en ayant allumé de nouveau la télé, cette fois, je suis resté sur la fin d’un jeu télévisé sur France 2, avant le journal de la mi-journée. J’ai assisté à des questionnaires sur la danse de salon et sur le calendrier républicain. J’ai bien répondu sur le premier sujet mais assez mal sur le second. Et avant les infos, la pub. Et là, j’ai continué mon épluchage, très, très machinalement.

Si mécaniquement, si automatiquement qu’à un moment donné, je vous jure, je me suis légèrement assoupi sur mes peaux de pois chiches. Ça a duré une ou deux secondes mais je me suis repris, en sursaut. Je me suis excusé, non, j’ai présenté mes excuses aux pois chiches que je tenais dans ma main gauche, qui attendaient que je leur retire la peau qui les recouvre. Et je me suis sérieusement remis à mon travail et je l’ai mené à son terme. Mais il s’en est fallu de peu que je me retrouve la tête sur le plateau, que je renverse le saladier, la passoire et toutes les épluchures. J’aurais eu l’air malin. Comment ? Je suis trop fatigué ? Mais pas du tout. Je pense que c’était juste la monotonie de la chose, qui m’a fait m’endormir, même légèrement. Depuis, je les ai faits cuire en ragoût, avec du thon et j’ai dormi normalement.

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

lundi 19 janvier 2026

vie d’chiens

Kali, tu veux bien qu’on fasse un jeu ? Non, Shuka, je me repose. Oh, allez, t’es pas drôle. On pourrait se coller à la paroi, notre paroi. Pourquoi faire ? Ce serait drôle. Drôle de quoi ? Drôle de paroi-chien.

Shuka, si on jouait aux cartes, plutôt ? Pluto, c’est le chien de Mickey, non ? Si tu veux, alors, on joue aux cartes ? Bof, tu vas encore gagner. Moi ? Oui, toi, comme toujours, aux cartes au Mans-chien.

Kali, si on faisait un dessert, tous les deux ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir, Shuka ? Une bonne crème à la vanille. Allez, on n’a qu’à faire une crème à la vanille. Il y a des sachets Alsa, là. Ah oui, Alsa-chiens.

Kali, arrête de me grimper dessus. J’ai envie de te grimper dessus. Non, ça m’agace. Tu n’as pas vu que c’est moi le mâle et toi, la femelle ? Oh, allez. Tu as besoin de lunettes, ma parole d’opti-chien.

Kali, tu as déjà voyagé, toi ? Quand j’étais petite, oui. Où ça ? Mon précédent maître vivait dans un camion et on a fait la Croatie, je crois. C’était bien. Comme ici. Ah bon ? Oui, même à Dalma-chiens.

Shuka, t’es déjà allé en Franche-Comté, toi ? Non, Kali, je connais le comté, c’est un bon fromage mais la Franche-Comté, non. Il paraît qu’il y a de très grands espaces pour courir, dans le Jura-chiens.

Qu’est-ce qu’ils font, là, les deux maîtres, Kali ? Ils lisent, Shuka. C’est quoi, lire ? Je ne sais pas. Ça sert à quoi ? Je ne sais pas non plus. Je te croyais plus intelligente. Oui, je suis de l’académie-chien.

C’est joli, ça, ce bruit, Kali, non ? Oui, ça repose. C’est agréable. Ça donne envie de fermer les yeux et de se laisser aller. Pour un peu, ça m’endormirait. Ils appellent ça la musique. Ils sont musi-chiens ?

C’est agaçant, ce bip-bip. Ah oui, alors, ça fait un moment que ça dure, ça serait bien que ça s’arrête, ça m’énerve. C’est quoi ? Un jeu vidéo, je crois. Ça marche comment ? Je ne suis pas informati-chien.

Je n’aime pas quand il nous emmène chez le toiletteur. Moi non plus mais on doit faire avec, on n’a pas le choix. C’est vrai qu’on en ressort plus propres. Et plus beaux. C’est normal, c’est esthéti-chien.

Kali, tu as un peu de dinde, en plus, dans ta gamelle ? Quelques morceaux, pourquoi ? Pas toi, Shuka ? Pas beaucoup, non. Il nous rationne, Stéphane. Je crois qu’il se prend pour un diététi-chien.

Tu y vois quelque chose, toi, Shuka ? Il fait un peu nuit mais ça va, je me repère. Heureusement qu’on connaît bien la maison. Oui, sinon, on aurait dû faire appel à une lumière. À un bon électri-chien.

Shuka, on ne sert pas à grand-chose pour nos maîtres. On leur donne de l’amour, Kali. Oui mais dans la vie quotidienne, on est nuls. C’est normal, on ne sait rien faire. On n’est pas du tout techni-chiens.

À quoi tu penses, Kali ? Je me dis que j’aurais pu naître au Caire. Et alors ? Et alors, j’aurais connu Bastet, la déesse à tête de chat et je l’aurais chassée. Moi, je suis bien mieux français qu’Égyp-chien.

Kali, tu as vu la petite chienne de Mymy ? Oui, c’est Abby.  Elle est petite, non ? Oui et comme toi, tu es costaud, tu fais beaucoup plus gros. Non, je ne suis pas gros. Abby, elle fait partie de lillipu-chiens.

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

dimanche 18 janvier 2026

c’est lundi, ah, ah, ah, ah

Non, je ne ris pas, je chante, c’est tout. Parce qu’on est lundi. C’est lundi, dans mon lit, l’est onze heures, mal au cœur, mal dormi, envie de pipi, déjeuner, mon café, la radio, trop c’est trop, fait pas beau, ouais, fait pas chaud… En même temps, moi, que ce soit lundi ou mardi ou n’importe quel autre jour. Idem pour quand c’est samedi et même dimanche. Pour moi, plus que jamais, tous les jours se ressemblent. Mais il n’empêche que parfois, de temps en temps, environ une fois par semaine, c’est lundi, ah, ah, ah, ah… C’est quand même lundi. On n’y peut mais. Et ça servirait à quoi d’essayer d’y changer quelque chose ? Autant laisser les jours se faire, les jours passer et ne rien bousculer. Me laver, me raser, m’habiller, me peigner, mes cheveux, hum, bien coiffés…

Alors moi, non, je ne me rase pas tous les lundis. Ni tous les jours. C’est même plutôt pas souvent. Allez, mettons une fois tous les quinze jours, trois semaines. Ça suffit largement. Pour faire croire que j’ai une barbe de trois ou quatre jours alors qu’en réalité, elle en a entre quinze et trente. Ouais, l´est midi, mes parents sont rentrés en criant : "Faut manger, après travailler !"… Globalement, moi, je ne rencontre pas de difficulté particulière pour me lever, le matin. Je suis un lève-tôt. Mais aussi un couche-tôt (ceci expliquant cela) et donc, tout est normal, chez moi. L´est deux heures (ah ah ah ah), j’suis chômeur (ah ah ah ah), je vais pointer (ah ah ah ah), près d’chez moué (ah ah ah ah), dans mon cœur, y a plein de douleur… Juste après, mmmh, je m’en vais, mmmh, au café, mmmh, d’à côté…

Ça fait 47 ans que je suis parti de chez mes parents et que je me débrouille pour mon linge et pour vivre. Oh, bien sûr, au début, ils m’ont aidé financièrement même si c’était compliqué pour eux, à l’époque. Je les en remercie infiniment. Mais depuis… L´est vingt heures (ah ah ah ah), faut dîner (ah ah ah ah), ma maman (ah ah ah ah), cuisiné (ah ah ah ah), mon repas… Mais depuis tout va bien. Et quand je peux, comme il ne me reste plus qu’elle, je lui rends, à maman, c’est normal. La moindre des choses.  Ouais, la télé, oui, il est tard (ah ah ah ah), j´ai l´cafard (ah ah ah ah), mes idées (ah ah ah ah), sont brouillées (ah ah ah ah), je me couche, hmmm et je dors oui… Et je dors, oui, jusqu’à demain et demain, on sera mardi et tout recommencera. C’est mardi, dans mon lit, (ah ah ah ah…)

https://www.youtube.com/watch?v=ze4PSXs5u9c

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

samedi 17 janvier 2026

quatre, cinq ans après

Hier, j’ai hésité à écrire sur cette date anniversaire. Parce que c’est devenu un jour étrange que le 17 janvier, pour moi. Et pas que pour moi. Pour ma mère. Pour mes frères. Pour le président. Et pour le patron, pour ne citer qu’eux. Mais comme ils sont le cercle le plus restreint de mes proches… Oui, parce que le 17 janvier, c’est le jour anniversaire du patron. Oui, aussi celui de Dalida et de Françoise  Hardy, comme quoi, hein, ce n’est pas un jour anodin… Et c’est aussi le jour du décès de mon père. Parce que la vie est une grosse farceuse de faire mourir mon père le jour de l’anniversaire de mon meilleur ami car forcément, quand c’est arrivé, je me suis dit que plus jamais, cet anniversaire n’aura tout à fait le même parfum, le même goût. Et donc, la première fois, après, ça a été un peu compliqué.

Mais je dois avouer qu’au fur et à mesure du temps qui passe, comme pour tout le monde (ou presque), on finit par s’habituer à certaines absences. Même les plus violentes. On finit par s’habituer mais ça n’empêche pas le cœur et la tête d’y penser, à ceux qui sont partis. À celui qui est parti. Et hier, avec maman, on en a parlé, au téléphone. Ça nous fait un petit quelque chose de se rappeler que c’est ce jour-là de 2022 que… Mais moi, j’ai choisi de préférer célébrer la vie et l’anniversaire du patron tout en pensant à mon père. En plus, on ne peut pas dire qu’on a fait la grosse fiesta, hier, tous les trois, le président, le patron et moi. Pensez donc, pour un déjeuner d’anniversaire, pas d’entrée, une tranche de gigot grillée et des haricots verts vapeur, un malheureux bout de fromage avec du pain.

Et une tartelette fine aux pommes, c’est tout. Un repas limite monacal. Pour un peu, on aurait mangé des pâtes à l’eau. Des pâtes, des pâtes, oui mais pas des Panzani, hein ‽ Bon, trêve de plaisanterie, je ne suis pas là pour décrier un fabricant de nouilles. Pour en revenir à cette date du 17 janvier, j’ai évidemment pensé à mon père. À ces quatre ans d’absence absolue. Je pourrais même dire à ces cinq ans car quand il a été placé, ça a été un peu comme s’il était déjà définitivement parti. Mois après mois, pendant un an, on l’a vu se diminuer physiquement et mentalement. Et être de plus en plus étranger à celui que j’avais toujours connu. Donc, vous voyez, penser à lui, c’est tous les jours ou presque mais commémorer son départ, comme je ne sais même pas si ça fait quatre vraies années ou cinq…

https://cestecritbysibal33.blogspot.com/

http://sibal33.canalblog.com/

poisson mort (pas tout à fait)

Chaque matin, j’ai une routine quasiment immuable quand je sors de chez moi pour aller chez le patron, entre 7h et 7h30, selon les jours. J’...