vendredi 16 janvier 2026

pas bon de mourir fin décembre 2025

C’est terrible car pour toutes les personnes vivantes qui sont décédées aux alentours des 28, 29 et 30 décembre dernier, comme ça a été également le cas pour Brigitte Bardot (même si, selon les sites, cette dernière est partie le 28 ou le 29 – décalage horaire ?), forcément, la star a pris toute la place. Je ne dis pas qu’elle l’a fait exprès, attention, hein ‽ Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas pensé. Ni penser ce que je n’ai pas écrit. Enfin bon, vous m’avez compris. Du moins, en substance, non ? Bref, c’est vrai que c’est ballot mais pour toutes celles et ceux qui sont morts le même jour que B.B., ou quelques jours après, en plus, avec le changement d’année, c’est un peu l’oubli total. Ces défunts ont fait un peu tapisserie pendant que la reine du bal occupait tous les esprits. Et c’est un peu à ça qu’on peut mesurer le niveau de notoriété de quelqu’un.

Parce que toute la presse (nationale et internationale) et tous les médias de l’audiovisuel n’en ont eu que pour B.B. Et tant pis pour le chagrin des proches des autres disparu(e)s. Tiens, par exemple, Évelyne Leclercq (avec un Q, à la fin – avec elle, en tout cas, ça finissait toujours pas un Q) : qui a entendu parler de son décès sauf depuis quelques jours, soit plus d’une semaine après ce triste événement ? À part sa famille et ses voisins, personne, j’imagine. Bon, moi, je n’étais pas fan de cette femme mais je reconnais qu’elle a marqué la télévision des années 70 et 80, principalement. Qui n’a jamais ri devant Tournez, manèges ? Oh, pas à cause d’elle ni à cause de ses deux comparses, non, mais grâce à la « bêtise » naïve de nombre de candidats. C’est tout à fait le genre d’émission qu’on peut qualifier de culte. Et dont on aime revoir les images.

Alors moi, je le dis, si je dois mourir… Non, pardon, quand je mourrai, je prie les personnalités les plus importantes de ce monde de ne pas avoir l’indélicatesse de partir au même moment. Cet avertissement est valable pour tous les chefs d’état (dictateurs compris), les stars du cinéma, de la chanson ou du sport. Je n’ai pas envie qu’on me vole la vedette. Je mérite un minimum d’attentions et de respect. Et si je n’ai jamais vraiment reçu d’honneur anthume, qu’on m’en fasse des posthumes à la hauteur ce que j’aurais pu aimer. Non, je ne souhaite pas d’hommage national, il ne faut pas exagérer non plus. Du moment que je reste le seul dont on parle ce jour à venir, ça me convient. Ni plus, ni moins. Enfin, plus, c’est possible. Car qui peut le plus peut le moins. Mais surtout, vraiment, pas de moins. C’est le moins qu’on puisse faire pour moi.

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jeudi 15 janvier 2026

Bernadie et Stéphanette (6)

Ah comme c’est plaisant mais comme c’est aussi un peu épuisant ces séances de travail, de répétition avec mon acolyte, Bernard (dans le rôle de Stéphanie) ((moi, je suis Bernadette, à mes heures perdues)) comme celle d’hier après-midi. Comme c’est plaisant car constructif mais comme c’est dense (sans les stars – hormis nous), j’en ressors tout flapi (comme Stéphanie dans le show) car il faut rien oublier de noter pour tout ce qui concerne les modifications de texte, ajouts d’idées et tant et plus. Mais c’est drôle car quand j’apprends mon texte (j’en étais à peu près à la page 5 sur 13 – chansons ou extraits de chansons compris), je le fais tout seul, soit dans ma tête, soit à voix-haute quand il m’arrive de promener les chiens comme hier matin. Vous ne trouvez pas ça agaçant, j’espère, toutes ces parenthèses, aujourd’hui ‽

Là, comme on n’aura pas de répétition ensemble avant le jeudi 5 février, on a mis le paquet sur les dernières modifications de texte et les idées de mise en scène car pour les prochaines séances, on n’aura plus le temps d’en perdre. Nous serons à M moins 2 et il serait dommage d’en arriver à devoir bâcler les choses. Comment ? Les yeux plus grands que le ventre ? Peut-être mais comme ça ne va peut-être pas nous arriver souvent de créer d’autres spectacles avec nos deux héroïnes (dont le nom est Les vamps fatales, je vous le rappelle ou je vous en informe), je pense qu’il faut y aller à fond. OK, à notre âge, on va certainement friser le ridicule. Et alors ? Au moins, nous nous serons amusés. Et avec un peu de chance, le public aussi. Mais de ça, on ne peut encore rien jurer. Tout est si imprévisible. Imaginez que ça ne plaise pas du tout…

En tout cas, l’an passé, on avait cru que l’assistance était tiède alors qu’en réalité, dans le film qui a été fait à l’occasion, tout le monde a beaucoup ri. Et comme on pensait que ce n’était pas très réussi, on avait zappé le rappel. Cette année, on ne prévoit rien. Si ce n’est que sur la musique pour les saluts et les remerciements, nous pourrons toujours improviser quelques révérences de plus. Et puis, on s’est dit que comme ça va durer environ 45 minutes (à vue de nez), ce n’est peut-être pas la peine de trop en ajouter. Mais entre vous et moi, vous pensez que c’est le plus important, les rappels ? Quelque part, un peu, oui. Ça fait partie du monde du spectacle. En tout cas, là, j’ai jusqu’au 5 février pour être au top en ce qui concerne ma connaissance du texte par cœur et certaines chorégraphies. Voilà, dire que je suis impatient… C’est grave, Docteur ?

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mercredi 14 janvier 2026

mal à l’épaule

Ça, je m’en doutais. Forcément, comme je n’aime pas, d’une part et comme je suis crispé, d’autre part et comme je suis le champions des douillets, de troisième part, ça ne s’est pas très bien passé. Et le pire, c’est que comme j’avais déjà eu la même chose, au mois d’octobre, je savais ce qui m’attendait. Et ça, pour quelqu’un comme moi, de légèrement phobique des aiguilles et des piqûres, ça pose un faible souci de niveau maximal. Oui, je me suis offert la deuxième dose du vaccin contre le zona. Non, on me l’a offert. La caisse d’assurance maladie ne m’a rien fait payer. C’est trop gentil de sa part. Et je me suis laissé convaincre par mon toubib généraliste préféré. Le zona, c’est dangereux quand on a plus de 65 ans. Mais qui lui a dit que j’avais plus de 65 ans, hein ? Franchement, niveau discrétion, on se pose là ‽

Bref, j’ai eu ma première dose en octobre, j’ai eu mal avant, pendant et après, durant trois jours au moins. Oui, j’ai eu mal avant mais j’ai toujours mal avant chaque piqûre, même pour une prise de sang. Parce que j’angoisse, parce que j’ai peur et parce que contrairement à ce qu’on essaie de me faire croire, ça me fait toujours très mal. Je voudrais bien les y voir, moi, les donneurs de leçon. Surtout que certains ont la phobie des ascenseurs et moi, je ne leur dis jamais « ce n’est rien, un ascenseur… » Enfin donc, le toubib nous a piqués, tous les trois, dans le même créneau de visite, le patron, le président et moi et j’ai encore demandé à passer le premier pour ne pas avoir à attendre plus longtemps. Sinon, j’aurais été encore plus stressé et le résultat aurait été obligatoirement encore plus désastreux.

Et depuis, comme pour la première dose, j’ai mal. À l’épaule gauche. Heureusement, on a évité le pire avec l’épaule droite car je suis droitier, justement… Bon, je sais aussi que ça ne va pas durer plus de trois jours mais quand même, il faut vraiment être un peu masochiste pour accepter de telles piqûres quand on n’aime pas ça. Mais je me dis que c’est pour mon bien. Parce que franchement, se choper un zona, ça n’est pas rigolo. Un des patients de mon toubib préféré est en train de perdre un œil, à cause d’un zona, congrûment. Oui, je sais, cet adverbe n’est pas forcément le plus approprié mais je n’avais pas envie d’utiliser « justement » encore une fois, pertinemment. Oui, vous me connaissez, maintenant, quand je suis stressé ou quand j’ai mal, je dis beaucoup de bêtises. Faire rire pour ne pas avoir à en pleurer.

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mardi 13 janvier 2026

Samantha Ferreira Macedo, itou

Que l’embarras du choix. Hier, j’ai évoqué quelques personnalités décédées un 13 janvier et ce matin, j’ai envie de parler de celles qui sont nées un 14 janvier. J’aurais mieux fait d’intervertir ces deux billets mais c’est trop tard car comme le dit le nom de mon blog, c’est écrit et ce qui est écrit reste écrit car les écrits restent alors que les paroles s’envolent. Alors, si vous en avez le courage, commencez par lire ce billet, celui d’aujourd’hui et demain, vous lirez celui d’hier comme ça, tout rentrera dans un ordre nettement plus juste. Et cohérent. Et maintenant que tout le monde a bien lu, compris et avalé ce préambule, passons aux choses sérieuses. C’est un 14 janvier qu’Étienne Daho est né. En 1949. Je ne sais pas s’il apprécie qu’on donne son âge mais tant pis, là encore, c’est écrit et quand c’est écrit, c’est trop tard.

Quand j’étais plus jeune, j’avais beaucoup d’affection pour Daho. On n’a jamais été ensemble mais aujourd’hui, lui et moi, nous sommes un peu comme un vieux couple séparé. On s’est largement perdus de vue. Surtout moi. Et tant qu’on est dans le domaine de la chanson, vous saviez que Jordy était également né le 14 janvier ? Pas la même année que celle de Daho, bien sûr, puis que c’était en 1988. Pas la même carrière non plus, hein ? Mince, je réalise ce que je viens d’écrire : en 1988. Jordy va donc avoir 38 ans aujourd’hui ? C’est dingue, non ?... Oui, je sais, je surjoue, là. Je dois reconnaître que je m’en fous. Et peut-être même que tout le monde s’en fout. En tout cas, heureusement que je ne suis pas invité à son anniversaire, à Jordy, je n’aurais pas su quoi lui offrir. C’est toujours ça de gagné. Et puis les cadeaux inutiles…

En revanche, c’est le 14 janvier 1941 que la grande Faye Dunaway est née. Là, contrairement à Jordy, on est vraiment avec une star. Une star mondiale, qui plus est. Mais étonnamment, hormis L’affaire Thomas Crown et Bonnie and Clyde, je suis incapable de citer d’autres films de l’actrice. Comme quoi on peut très bien être star et ne pas être si connue que ça. Surtout au niveau de son œuvre. Et c’est le 14 janvier 1931 qu’est née cette extraordinaire chanteuse qu’est Caterina Valente et en travaillant le sujet, ce matin, j’ai appris qu’elle était morte en septembre 2024 et personne ne m’a rien dit, à l’époque. J’ai un 45 Tours de quatre titres, d’elle, dont le célèbre Granada. Ce que j’ai pu l’écouter, ce disque… Et enfin, c’est le 14 janvier 2025 qu’est née Samantha Ferreira Macedo à Rodez et ça, je vous jure que c’est vrai et sérieux.

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lundi 12 janvier 2026

Kurt Weißenfels aussi

C’est dingue comme cette date du jour, le 13 janvier (cette année, le 13 janvier 2026), est une date qui passe énormément inaperçue en termes de commémoration du décès de certaines célébrités. C’est vrai, ça mais tout le monde a oublié que c’est un 13 janvier, en 1996, que Denise Grey, l’actrice, est partie. En revanche, tout le monde se souvient de son rôle de Poupette, l’arrière-grand-mère de Vic (Sophie Marceau) dans La boum, en 1980. Oui, tout le monde. Sauf ceux qui n’ont pas vu le film de Claude Pinoteau. Ça tombe sous le sens. Mais Denise Grey n’est pas la seule à être morte un 13 janvier. Non, il y a également Jean-Jacques Beneix, en 2022 et là, même moi, en faisant quelques recherches tout ce que je vous dis, je ne le sais pas par cœur, non, quand même…) parce que si on m’avait demandé, j’aurais juré qu’il était vivant…

Beneix, c’est un cinéaste qui a connu deux énormes succès critiques et populaires : 37.2 le matin et Diva, dans les années 80. Mais il y en a encore d’autres, qui ont disparu un 13 janvier comme Marielle de Sarnez, en 2021. Je me souviens très bien d’elle, elle était toujours en compagnie de François Bayrou et en ce qui concerne cette femme politique, je me souviens très bien de l’annonce de son décès. Ça m’avait un peu choqué… Pas comme pour Luc Urbain du Bouëxic de Guichen, mort le 13 janvier 1790 mais il faut dire que je n’étais pas né, loin s’en faut. Qui était ce monsieur ? Vous me faites marcher, là, hein ? Bon, c’était un officier de marine et un gentilhomme français dont le père était bel et bien Luc François du Bouëxic, seigneur de Guichen, de la Harmoye, de la Grésillonnais et d'autres terres, vous avez raison.

Sinon, il y a le poète oublié Maurice Carême qui s’est envolé le 13 janvier 1978. Je me souviens d’avoir appris au moins un texte de lui quand j’étais en primaire, dans le cadre des récitations. En revanche, je ne me souviens plus de quels vers. Mais je peux vous en présenter un, court, qui s’intitule Le chat et le soleil : Le chat ouvrit les yeux, Le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, Le soleil y resta. Voilà pourquoi, le soir, Quand le chat se réveille, J’aperçois dans le noir Deux morceaux de soleil. Merci, monsieur Carême. Enfin, c’est aussi le 13 janvier 1998 que Kurt Weißenfels est mort. Qui ne connaît pas Kurt Weißenfels ? Tout le monde ? Allez, mettez un peu de bonne volonté, s’il vous plaît… Weißenfels a été un grand footballeur est-allemand. Franchement, quelle ingratitude de ne plus jamais évoquer ce sportif-là. Quelle tristesse…

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dimanche 11 janvier 2026

Emma, Juliette et Gervaise

Bonne année, madame Bovary. Ah, je vous remercie, monsieur Dupuis. Bonne année à vous aussi. Si j’osais, je vous biserais, ma chère. Pourquoi n’oseriez-vous pas ? Parce que vous êtes une femme mariée, chère madame Bovary. Monsieur Dupuis, je vous en prie, appelez-moi Emma. D’accord, chère Emma mais alors vous, appelez-moi Léon, sinon, ça ne vaut pas. D’accord, mon petit Léon. Et maintenant que nous nous appelons par nos petits noms, pensez-vous être capable de me faire un baiser pour me présenter vos vœux ? Un baiser, ma chère Emma, vous avez bien dit « un baiser ? » Oui, Léon, j’ai bien parlé de baiser. Ah, un baiser… Depuis le temps que j’en rêve. Vous êtes sûre que votre mari n’est pas là ? Absolument. Alors, vous permettez ? Osez, Léon, osez. Emma, je suis si content de vous baiser. Enfin. Et moi d’être baisée par vous

Ah, mon grand amour, ma belle, ma tendre, ma douce. Savez-vous seulement que nous sommes le 12 janvier ? Non, mon beau, mon chevalier, mon garde du corps. Nous sommes encore vivants, ma chère Juliette, ma belle, mon astre. Pourquoi me dites-vous ça, mon Roméo, mon homme, mon prince ? Parce que la tradition veut que nous nous embrassions sous le gui. Ah, et où pouvons-nous en trouver, du gui ? Frère Laurent m’en a donné une boule, tout à l’heure, après la confesse. Donnez-moi votre boule, je vais la faire infuser et nous nous embrasserons tout en la buvant. Vous êtes sûre, Juliette ? Ah, Roméo, que je meure sur le champ si je ne suis pas capable de vous préparer une bonne tisane. Ma tendre Juliette, je sais que vous saurez m’honorer par votre amour et tous les talents qui vous habitent. Bonne éternité à nous deux, mon beau.

Gervaise ? Gervaise ? Oui, Coupeau ? Viens donc nous verser un godet, à Lantier et à moi. Oui, Coupeau, j’arrive. Brave fille, quand tu veux, toi, hein ? Pour la peine, tu auras droit à ta petite goutte, ma grosse. Merci, Coupeau. Et n’oublie pas, ma loutre, c’est l’an neuf, tu dois nous faire plein de bisous, ce soir, hein Lantier ? Bonne année, Coupeau. Bonne année, Lantier, hips. À ta santé, coquine. À votre santé, mes gars. Boire un petit coup, c’est agréable, hein ? Ah oui, alors. Un bon petit coup dans le gosier. Et une bonne petite claque sur ton cul, ma belle. Oh, Lantier, arrête, Coupeau nous regarde, hips. Mais il s’en fout. Il aime ça, le gredin. Hein, tu aimes, ça, Coupeau ? Ah oui, Lantier, une bonne travailleuse pour nous deux, rien que pour notre plaisir. Une bonne année en perspective. À tour de rôle, hein Gervaise ?  Oui, hips…

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samedi 10 janvier 2026

saperlipopette, ma salopette (7) – version frénétique

Saperlipopette, hurle Jean dans sa tête. Ou peut-être à voix haute, il ne sait plus. Il n’entend plus rien. Juste des sifflements dans ses oreilles et des tambours dans sa tête. La salopette. Sa salopette. Sa préférée. La seule qui était propre. Sauf que là, bam, une tache. Et pas n’importe laquelle, une bonne grosse tache de derrière les fagots. Pas une petite tachounette, non, une grosse tachasse. Une monstruosité. Une tache nucléaire en plein sur le devant. Un peu comme s’il était devenu une cible pour des joueurs de fléchettes. Jean bondit. Il rate le coin du lit. Il se cogne le genou. Il se vautre dans un juron et attrape une chaussette. Ce n’est pas la bonne. Il s’en fout ? Il ne sait pas. Il court vers l’évier, dans la cuisine. Il cherche une éponge. Trop sale. Du papier essuie-tout ? Le rouleau est vide. Il se rue sur une serviette de toilette. Il frotte comme un possédé en insultant la terre entière. Pas aujourd’hui. Pas le jour d’un rendez-vous important. Il transpire la rage et le désespoir. Et la vieillesse ennemie.

Jean tape frénétiquement sur l’écran de son téléphone. Astuce détachage ? La WiFi est trop lente. Il fait une autre recherche. Taches sur vêtement ? En se retournant, il renverse un bol. Il crie. Il rit. Tout ça, très nerveusement. Il va vérifier mais il sait qu’il n’y a pas d’autre salopette de propre. Il n’a que ça à mettre. La laver dans un programme court ? Bonne idée. Mais un programme court, ça prend quand même 35 minutes. Et elle ne sera pas sèche. Et porter la salopette avec la tache ? De toute façon, il va bien devoir le faire. Il ne peut pas rater ce rendez-vous important à son boulot. Oui, il va sortir comme ça. Il ouvre la fenêtre car l’air est lourd. Il referme car dehors, il fait trop froid. Il ouvre le frigo. Pourquoi ? Il ne sait plus. Il en referme la porte. Il bougonne.  Il n’aime pas ça quand il est comme ça. Combien de temps lui reste-t-il avant de partir ? Il est incapable de réfléchir. Il est obsédé par la tache. Il regrette d’avoir mangé cette pizza sous la pluie hier soir. Nul, les pizzas. Archinul, la pluie.

Il est cramponné à ce mauvais début de journée. Il peste dans sa tête. Il gueule tout fort. Il parle tout seul. Il s’insulte. Mais pas que lui. Tout le monde y passe. Les infos. Les politiciens. La météo. La société. Murphy et sa loi à la con. Il maudit Louis Lafont, l’inventeur de la salopette en 1844. Il aurait pu penser à la créer antitaches. Il se reproche sa maladresse. Il menace les autres tomates. Il en veut à la boue. Il promet à la lune qu’il se vengera. Et soudain, il s’arrête. Il fixe la tache. Elle le regarde, elle aussi. Il jure qu’elle a grandi depuis tout à l’heure. Il pleure. Il rit. Il enfile une veste par-dessus. Ça ne va pas ensemble. Tant pis. Il cherche ses clés. Il part sans son portable. Heureusement qu’il vient d’y penser. Jean transpire. Mais il est vivant. En guerre mais vivant. Il espère juste que ça ne se verra pas trop. Avec la veste. Et puis avec un peu de chance… Non, la chance, ça n’existe pas. Ça n’existe plus. Sinon, il n’aurait pas à subir tout ça. Et Jean sait que ça n’est peut-être pas fini. Y a des jours…

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pas bon de mourir fin décembre 2025

C’est terrible car pour toutes les personnes vivantes qui sont décédées aux alentours des 28, 29 et 30 décembre dernier, comme ça a été égal...