Il fait beau dehors mais dans mon cœur, je ne vous dis pas. Non, parce que ça ne regarde personne d’autre que moi. Personne d’autre que nous. Parce que tu es mon soleil, tu es l’astre de mes nuits (disait la chanson) et tant pis si avec toi, c’est de nouveau la canicule, j’aime quand tu fais chaud dans mon cœur, dans ma tête et dans mon corps. Oui, parce que tu as ce talent de faire beau en moi. Ça me rappelle une phrase, une espèce de petit poème que j’avais écrit quand je sortais de l’adolescence : si j’avais été beau, je me serais vu dans tes yeux. Et c’est peut-être ce qui m’est arrivé, un jour, je me suis trouvé beau dans ton regard. Et les yeux dans les yeux… Et tes mains dans mes mains… Et comme j’ai aimé le son de ton corps, le soir, au fond de moi. Rhôôô, c’est osé mais ça ne manque pas d’humour ni de piquant.
Longtemps, en plus de me coucher de bonne heure, j’ai aimé dans le vide, j’en ai aimé qui ne l’ont jamais su. Ça me permettait d’écrire des poèmes, des nouvelles, des dialogues… Ça me faisait survivre, ça me faisait rêver et ça me faisait fantasmer. Et ça comblait des manques terribles. Et ça me faisait vibrer. Et j’ai espéré et je me suis (presque) toujours désespéré mais avec toi, quand nous nous sommes connus, tu ressemblais à toutes ces amours vaines sauf que toi, tu existais vraiment et sauf que nous avons vécu des belles choses ensemble. Oui, quand le vain est tiré… Non, pas avec toi, justement. Sauf qu’il y a eu ces absences, parfois longues et de temps en temps, je sors de ma cachette et toi aussi et alors, nous parlons, un peu, beaucoup, passionnément. Et alors, quand nous retrouvons, même par écrit, je renais.
Et alors, il fait beau dans mon cœur. Et alors, je me sens pousser des ailes. Et alors, je me dis que si j’en avais le pouvoir, je volerais vers toi mais je ne sais plus où tu te trouves. Allez, je pourrais faire un effort même si je pense que le mot effort n’est pas le bon. Tu sais, où que tu sois, tout n’est qu’une question d’envie. Éventuellement de besoin. Besoin de rien, envie de toi (disait une autre chanson.) Et c’est étrange comme une absence, ses conséquences, s’évanouissent tout de suite dès qu’un signe apparaît. Y a-t-il un ange qui a voulu me prévenir que tu… À moins que toi, tu ne sois cet ange… Ah comme c’est bon de penser à toi, de te laisser me chauffer le cœur et de succomber aux plaisirs charnels de nos échanges. La chair n’est pas si faible que ça même si Mallarmé pensait le contraire. C’est moi qui suis faible. Tu me fais chaud.
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