mardi 18 août 2026

inondation (trop d’eau)

Toto, un bonobo vivant chez Roro (Robert), un vieux matelot rococo, pas toujours rigolo, adore le chocolat et la noix de coco. Roro aime la moto et les autos. Il a été marié à Soso (Sophie) pendant quatorze mois, moment où elle l’a délogé pour rejoindre Antonio, un bel hidalgo. Roro et Toto se sont retrouvés isolés, comme orphelin dans un cabanon de béton et se sont interrogés : se dérober au Congo ? Pourquoi pas. Ils sont montés dans un cargo, non, un paquebot flottant sur les flots. Pas de remords, s’évaporer dès potron-minet, c’est gros, voire énorme. Le nautonier en chef est un gros condottière réorienté dans les transbordements de côte à côte. Il consulte souvent sa boussole et lorgne l’horizon avec un monocle. Après des jours sur l’océan, le bateau accoste près d’un comptoir colonial : Pointe-Noire.

Près de l’eau, céans, le soleil est chaud il cogne fort. Roro rencontre une autochtone, Dolorès, au nom espagnole mais pourtant bien noire. Dolo porte un joli tricot violet et ensemble, ils vont explorer la forêt sauvage. Toto, voit d’autres bonobos dans les bois et il saute partout. Des perroquets papotiers pérorent dans un idiome exotique, radotant dans un chorus royal mais aussi avec beaucoup de mots idiots. Près d’un torrent, un énorme crocodile dort sur un gros tronc, comme associés. Roro et Dolorès trouvent le show formidable et il sort son monobloc photo pour immortaliser ce qu’ils voient. Mais un orage gronde, le tonnerre proteste et une profusion d’ondées tombe sur eux trois. Tout mouillés qu’ils sont illico-presto. Ils se protègent sous une alcôve de foliation et croquent le marmot.

Roro sort de une bouillotte d’alcool de sa poche, en boit une gorgé, en offre à Dolorès mais pas à Toto pour ne pas se compromettre pompette. L’eau tombe à gros flots sur le sol noyé et à chaque bond, ça fait floc-floc. Ils tombent sur un château révolu, étiolé, dégringolé… En son cœur, à tout sirocco, ils dégotent un coffre en bois d’obéché contenant des louis et des napoléons d’or. Des bijoux en bronze et des opales, des obsidiennes et des topazes. Ils sont sous le choc en front à ce trésor. Les deux nouveaux tourtereaux soupirent avec passion. Avec tous ces boyards, les voilà évoluer cossus d’abord un peu affolés mais tôt euphoriques et joyeux. Ils vont pouvoir négocier une bicoque, cohabiter de concert et couler des jours cools sans compter, des jours d’adoration et de flotte pas trop chaude. Un gros cocon en duo.

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lundi 17 août 2026

je n’aimerais pas mourir pendant que je (1)

Je n’aimerais pas mourir pendant que je fais un cauchemar et vraiment, partir sur une idée désagréable, ça n’est pas la meilleure façon de s’en aller. Imaginez un peu que je sois en train de dormir et là, une espèce de malade me poursuit avec un couteau, me rattrape et me poignarde le bras, la jambe et la tête, alouette et moi, j’ai beau lui crier que je ne veux pas mourir, si ça se trouve, je peux très bien mourir juste avant de me réveiller et je n’aurais que ce mauvais souvenir-là de mes derniers instants. Ou alors, je suis en train de dormir et Donald Trump, prrrrrt, excusez-moi, je ne le fais pas exprès, s’approche de moi, pose sa main droite sur ma cuisse et me dis que je suis très à son goût et moi, non, je ne veux pas mourir avec cette dernière image-là, c’est trop difficile à supporter.

Je n’aimerais pas mourir pendant que je suis en train de faire mes comptes avec mon relevé mensuel parce que les gens qui vont me trouver inanimé devant mon ordinateur portable, la tête sur le clavier vont évidemment regarder ce que j’étais en train de faire et ils vont voir comment j’ai dépensé mon argent dans les derniers jours de ma vie. Ils n’ont pas besoin de savoir que je suis allé aux putes et que j’ai payé par carte bancaire. Il faut dire aussi que pour ce genre de dépenses, j’aurais mieux fait de me servir d’espèces, comme ça, ça serait passé inaperçu. Ou alors, s’ils découvrent que j’ai payé un abonnement pour voir des films de cul, vous imaginez la honte ? En même temps, si je suis mort, toute honte sera bue. Ouais mais non, quand même, quelle opinion aura-t-on de moi ? Que dira-t-on dans l’hommage qui me sera rendu pendant la cérémonie d’avant ma crémation ? J’avais le feu au cul ?

Je n’aimerais pas mourir pendant que je fais caca. D’abord parce que moi, je ne suis pas une princesse et oui, je fais caca. Et merci, pour l’instant, ça va très bien de ce côté-là. Mais vous imaginez la scène ? Je suis assis sur le trône, je suis en train de libérer un prisonnier (ou je dépose le bilan) et, sans raison apparente, je m’effondre et là, c’est dans cette position délicatement intime qu’on va me trouver (pas trop longtemps après, j’espère) et je pense que c’est très, très humiliant. Oui, encore une fois, si je suis mort, je n’ai plus honte de rien. Mais non, ceux qui vont me trouver, ils seront un peu dans la merde et pendant l’hommage qui me sera rendu, si on évoque ma fin sur un trône qui n’a rien de royal, j’en connais qui vont se gausser. Les cons. Non, je ne veux pas mourir en faisant caca.

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dimanche 16 août 2026

tombe la neige

Tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir ; tombe la neige et mon cœur s'habille de noir. Ce soyeux cortège tout en larmes blanches, l'oiseau sur la branche, pleure le sortilège… Excusez-moi mais là, en cette probable proche fin de canicule, moi, j’ai envie d’écouter des chansons fraîches. Un peu comme si je mettais des glaçons dans un cocktail de limonade à la menthe poivrée. Juste envie de me faire un effet Ricqlès. D’ailleurs, je me souviens, je n’avais pas dix ans, avec mes parents et mon frère aîné, nous étions venus passer le déjeuner du dimanche chez les grands-parents paternels, à Bécon-les-Bruyères (92) et avant de passer à table, pendant que la mamie finissait de préparer, avec mon père et mon frère, nous sommes allés au bar PMU, sur la place, en bas et là, les adultes ont dû boire une bière et nous, des boissons pour enfants. Et moi, j’ai découvert le Ricqlès. C’est bon mais c’est froid. Hmmm…

Tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir ; tombe la neige, tout est blanc de désespoir. Triste certitude, le froid et l'absence ; cet odieux silence, blanche solitude… Après, je peux aussi me mettre à écoute la complainte du phoque en Alaska pour bien me mettre en situation virtuelle et faire un beau pied de nez à la météo. Et m’imaginer là-bas, tant pis si ça appartient à Trump, prrrrrt, encore pour deux ans. En effet, si c’est pour avoir moins chaud, je peux encore faire un effort et le supporter, l’insupportable président des États-Désunis. Mais pour l’instant, je préfère me projeter le nez contre une fenêtre pendant que la neige tombe et faire de la buée quand j’expire la bouche légèrement ouverte. Et ensuite, sur cette condensation bien fraîche, cette sueur froide, je dessinerai des nuages ou des feuilles de houx. Non, des stalagmites et des stalactites. C’est ça, c’est nettement mieux, ça.

Tu ne viendras pas ce soir me crie mon désespoir mais tombe la neige, impassible manège… Mais tombe la neige, impassible manège… La, lalala, lalala, lalala, la, lalala… J’ai aussi le MP3 de Jour de neige, d’Elsa, quand elle était encore adolescente, toute mimi. Sauf qu’elle portait un gros pull et moi, les gros pulls, en ce moment, autant vous dire que vous savez où vous pouvez vous les mettre, hein ? Nous sommes d’accord. Bon, là, j’aimerais bien boire quelque chose mais j’ai la flemme de me lever de mon bureau. Ah mais si, je sais ce que je vais faire : « Pit crew, venez m’éventer avec les grandes feuilles de bananier, s’il vous plaît… » Il faut au moins que ça serve à ça, d’avoir du personnel. Mais attention, je n’ai pas parlé de « petit personnel », juste de personnel. De toute façon, ils sont bien foutus, les mecs. Ah oui, mais il y a un revers à cette médaille. Ils peuvent aussi donner chaud.

La chanson d’Adamo est juste ici : https://www.youtube.com/watch?v=oNLmwz8A9_I

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samedi 15 août 2026

igloo, igloo, igloo (il est des nô-ôtres)

Restez au frais, qu’elle a écrit, Myriam (dont c’était la fête, hier, paraît-il), moi, je veux bien mais restez au frais quand il fait canicule, qu’on n’a pas la climatisation chez soi et qu’il fait encore plus de 32° dehors, comme hier, moi, je veux bien rester au frais et tenter d’aller mieux mais non, même avec plein de ventilateurs au plafond et sur des pieds, on n’arrive plus à rafraîchir, même légèrement l’appartement. La chaleur est entrée en nous. Elle nous a violés. Et je pense qu’il va nous falloir encore quelques jours pour enfin ressentir un mieux-être. Peut-être avec les prochaines nuits pendant lesquelles les températures vont descendre en-dessous des 20°. À partir de mardi soir. Peut-être mercredi soir. Comme on ne sait plus qui croire dès qu’on nous fait une promesse de fraîcheur même relative…

Alors moi, pendant ce temps (temps que prendra le président pour accepter d’installer un système de climatisation chez nous), je prends mon mal en patience et je bous en silence. Je bous par tous les bouts. Et j’en suis rendu à me mettre une poche de glace en gel sur le front, entourée d’une légère serviette en éponge et le tout, retenu par un bandeau. Pas sûr que ça me mène à une finale de concours d’élégance mais je m’en fous. Quand je bous, moi, je m’en fous. Je me fous de tout car je suis tout mou. Alors, je me demande ce que je peux faire d’autre que squatter de temps en temps chez le patron comme depuis deux nuits. Parce que chez lui, oui, il y a la clim et comme il n’était pas en forme du tout, le prétexte était tout trouvé pour découcher. Et aller me la couler douce au frais. Et ne pas transpirer.

Après, je peux trouver d’autres idées pour me rafraîchir les idées : prendre des bains de glaçons mais le hic, dans cette solution, c’est que je n’ai pas de baignoire. Et le faire dans une bassine, même la plus grande que j’ai chez moi, bof, les pieds, à la rigueur. Ouais mais les pieds, je m’en tape, c’est au crâne que j’ai le feu. Autre suggestion que je me suis auto-faite : manger des glaces par la bouche, par le nez et par les oreilles mais je crains qu’à force, ça ne me sorte par les yeux. Ou encore, boire très, très, très, très, très, très, très glacé et demander à mes reins et à ma vessie de se dépêcher de tout filtrer afin que je pisse froid et ainsi, je pourrai me faire dessus et me refroidir toutes  les parties de mon corps qui en ont besoin. Non, le mieux, c’est que je me fasse installer un igloo sur la petite terrasse exposée au nord et le faire traiter contre la chaleur, ça doit bien exister, ça, non ? Igloo, igloo, igloo, il est des nô-ôtres…

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vendredi 14 août 2026

hécatombe de gens et moi

Ça y est, la canicule a fait d’autres victimes. Encore d’autres victimes, oui. Et je peux vous dire que ce qui leur est arrivé, à ces pauvres gens et moi, ça n’a pas été rigolo du tout. Ça n’a pas été reposant. Enfin, si, un peu, par la force des choses mais sinon, non. Pardon ? Un petit verre de rosé, pour moi ? Beuh, non, merci, sans façon mais en ce moment, il n’y a pas grand-chose qui passe et le rosé fait justement partie de ces choses qui me donneraient plutôt envie de m’enfuir en courant. Malgré la fatigue intense qui m’habite depuis trois jours. Ah ça, crevé, on peut dire que je le suis et encore, depuis hier matin, ça va mieux mais mercredi, surtout et jeudi, j’étais comme moribond. Je ne me suis pas reconnu. J’ai passé une partie de mercredi sur le canapé avec de la fièvre et des maux de ventre et de tête. Il faisait très chaud mais moi, j’ai mis une veste polaire et une couverture sur moi. C’est dire. Un comble caniculaire.

Et puis, pas d’appétit et ça, quand on me connaît, ce n’est pas bon signe du tout. Car chez moi, quand l’appétit va, tout va, c’est comme le bâtiment. Et quand le bâti ment, c’est que quelqu’un ne dit pas toute la vérité. Bref, depuis trois jours je suis en plein régime et je n’ai pas été obligé de me farcir les colis de Comme j’aime pour perdre sans doute un peu de poids. La fièvre est enfin tombée mais depuis avant-hier, le président n’est pas au mieux de sa forme et ce nigaud n’a rien voulu dire. Moi, je le sentais un peu crispé mais j’ai mis ça sur le compte de mon état, de son inquiétude à mon propos. Finalement non, il a eu des nausées, lui aussi. Et je ne vous parle pas du reste. Et depuis hier matin, c’est le patron qui est alité. Et j’ai même dû rester chez lui en tant que garde-malade même pas au noir puisque je ne suis pas payé. Je ne dis pas ça pour réclamer quoique ce soit mais inutile de m’envoyer un contrôleur pour ça.

À nous trois, ça fait 100% de nous trois qui a été mis H.S. par la canicule. Parce qu’il ne faut pas se tromper, si au début, mercredi, j’ai mis ça sur le compte d’une indigestion (certains aliments de mardi me donnaient la nausée rien qu’à penser à eux), le fait que même le patron soit atteint, alors qu’on n’a pas mangé ensemble de la semaine, c’est bien qu’il s’est passé quelque chose ailleurs. Mais  où ? Une chose est sûre et certaine, ça n’a rien de sexuellement transmissible car aucun de nous trois n’est allé aux putes. Ou alors, il ne s’en est pas vanté. Et comme ce n’est pas moi. Et même si c’était moi, je ne vous le dirais pas, alors… Quant au patron et au président, ils ne sont pas sortis de chez eux ces trois derniers jours, donc, CQFD, c’est bien la canicule, cette salope à répétition qui nous a foutus à plat. Et heureusement, il semblerait qu’elle ait décidé d’aller montrer le bout de son nez ailleurs. Si seulement c’était vrai…

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jeudi 13 août 2026

ne pas déranger, s’il vous plaît

Bon, les gars, je dois préparer mes piluliers pour le mois à venir, alors ce serait sympa que vous me laissiez tranquille pendant un gros quart d’heure ou une petite vingtaine de minutes parce que sinon, je risque de me tromper et si ce n’est pas trop grave pour les compléments alimentaires, pour les deux ou trois médicaments que je prends, ça peut l’être. D’accord ? Merci. (Ils sont gentils, ils ont insisté pour venir nous voir mais ils ne se sont pas demandé si on avait envie de les avoir chez nous pendant trois jours, surtout avec gamin de trois ans. Mais bon, on va faire avec et du mieux qu’on pourra. Surtout moi.) Quoi ? Qu’est-ce qu’il veut, le petit ? Mettre un glaçon dans le congélateur ? Mais je vous avais demandé de ne pas me déranger pendant un petit moment… Il insiste ? (Pfou, il est chiant, le môme, déjà qu’il a refusé de nous dire bonjour quand ils sont arrivés…) OK, allez-y. Mais après, vous me laissez tranquille, s’il vous plaît ? Merci.

(Bon, pour le Permixon, c’est bon. Maintenant, on va faire les comprimés d’Oligodetox…) Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Encore un glaçon à mettre dans le congélateur ? Non mais vous n’allez pas faire que ça, si ? Quand même, j’ai juste besoin d’un quart d’heure, je ne demande pas la lune… OK, allez-y mais après, c’est fini, hein ? Merci… (Je disais donc, Oligodetox… Tiens, il faudra que je pense à en commander parce que je n’en aurai pas assez pour le mois prochain…) Quoi ? Encore ? Mais pourquoi le président il ne les cache pas les glaçons recyclables ? Forcément, ils sont de toutes les couleurs alors le gamin, ça l’amuse. (Mais moi pas.) Bon, allez-y mais moi, là, je sens que je vais faire des conneries avec mes piluliers, ce serait vraiment sympa que vous me laissez tranquille, maintenant. Merci. (Il ne pourrait pas sortir, avec son fils, lui ?)

(Tiens, Acide lipoïque, je vais être juste, là aussi. Je vais pouvoir faire une commande suffisamment importante pour ne pas payer les frais de…) Quoi, encore ? Eh, mais le congélateur, ce n’est pas un jouet, quand même ‽ Ça ne l’arrange pas qu’on l’ouvre sans cesse, comme ça… Tu avais dit à ton fils que c’était le dernier, la dernière fois. Cette fois, c’est vraiment le dernier ? (Tu parles…) Merci. (Bon, j’en étais où ? Ah oui, acide lipoïque… OK, c’est fait pour celui-là. Ensuite ?...) Quoi, encore ? Tu avais dit que la dernière fois, c’était vraiment la dernière ? Il veut continuer ? Tu ne peux pas lui dire stop, à ton fils ? Là, je ne sais plus où j’en suis, maintenant, c’est malin. Vous pouvez me laisser seul encore un peu ? Merci. (Ah oui, là, j’en suis à D-Stress… Zut, je n’en ai pas assez pour les 4 semaines qui viennent. Et après, on va s’étonner si je suis sur les nerfs, c’est dingue…  

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mercredi 12 août 2026

guerre et pets

Bonjour Docteur, je viens vous voir car j’ai un problème assez particulier. Vous me jurez que vous n’allez pas vous moquer de moi, hein ? Bon, alors, que je vous dise. J’ai des gaz. Beaucoup de gaz. À rendre jaloux tous les producteurs mais bon, je sais que les miens ne sont pas vraiment exploitables… Comment ?... Non, je n’ai rien changé à mon alimentation. En revanche, j’ai remarqué que je pétais énormément dans certains cas bien précis… Oui, oui, je vais vous dire mais encore une fois, vous n’allez pas vous moquer de moi, hein ? Bon, à chaque fois que je vois Donald Trump, prrrrrt, à la télé ou dans un journal, j’ai noté que ça me fait péter. Et pas un pet de lapin, non, un vrai gros prout comme si mon organisme tenait à manifester son désaccord avec ce fou furieux. Si, si, à chaque fois. Vous n’avez pas entendu quand j’ai prononcé son nom ? Vous l’avez senti, alors, au moins, non ?

Et vous savez, Docteur, si ce n’était que ça, ça passerait encore mais je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas que Donald Trump, prrrrrt, non, il y a Poutine, brrrrrt, aussi. Ah là, ne me dites pas que vous n’avez pas entendu, je viens d’en faire deux, coup sur coup. Oui, Poutine, brrrrrt, pardon, aussi. Ah oui, vous prenez un masque FFP2, vous avez raison. Excusez-moi, je vous ai coupé la parole. Ah ça, je n’ai  pas essayé avec d’autres. François Hollande ?... Non, ça ne me fait rien. En tout cas, au niveau de mes intestins. Bruno Retailleau ?... Burp. Ah tiens, non, je n’ai pas pété mais j’ai roté. Pardon ?... Non, je n’ai pas mangé d’andouillette, pourquoi ?... Marine Le Pen ?... Prrrrrt. Ah, j’ai pété… Éric Ciotti ?... Beurp. Ah, j’ai roté. C’est curieux, vraiment… Mélenchon ?... Spllltch… Ah mince, ce prout-là, il était un peu foireux, désolé pour l’odeur. En même temps, c’est moi qui suis assis dessus…

Mais, Docteur, avec la campagne électorale qui arrive, comment je vais faire pour ne pas péter ni roter partout, surtout en public ?... Comment ? Mathilde Panot ?... Spl-spllltch. Ah non, j’avais déjà un peu mouillé mon slip, ce n’est pas drôle, Docteur. Vous n’avez rien à me donner pour m’empêcher d’évacuer des gaz à chaque fois que je suis dérangé par une personnalité politique. Par exemple, en novembre, pour les « midterms », j’aimerais vraiment que Trump, prrrrrt, se ramasse une gamelle. Et que Poutine, brrrrrt, arrête de jouer au con parce que c’est sûr, il va finir par gagner. Et Mélenchon, spllltch, on n’a pas fini de l’entendre gueuler. Et Bompard, pchrrr-sploc, zut, tant pis, de voir son air un peu ahuri. Pfou, je vous le dis, moi, Docteur, ça ne va pas être facile. Non, pas facile du tout. Édouard Philippe ?... Rien. Glucksmann ?... Rien non plus. Retailleau ?... Burp. Mélenchon ?... Spllltch.

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inondation (trop d’eau)

Toto, un bonobo vivant chez Roro (Robert), un vieux matelot rococo, pas toujours rigolo, adore le chocolat et la noix de coco. Roro aime la ...