lundi 26 janvier 2026

dialogues : Dieu, l’homme et son image (11)

Dieu ? Oui, mortel ? Excuse-moi de te déranger, Dieu mais j’ai une question importante à te poser. Je suis aussi là pour ça, mortel. Ça ne t’embête pas si je te tutoie, Dieu ? C’était ça, ta question importante ? Non, non, ça, c’était juste pour savoir. Et ta question importante, c’est pourquoi ? C’est pour savoir aussi ? Oui, c’est aussi pour savoir mais ce n’est pas la même chose. Bon, alors, ta question importante, mortel ? Tu es pressé, Dieu ? Mortel, sache que pour Moi, le temps n’a pas la même valeur que pour toi. Tu ne peux pas comprendre. Bon, en fait, je suis un imbécile, moi, alors ? Je n’ai pas dit ça, mortel. Ouais, mais tu l’as pensé, Dieu. Ne cherche pas à penser à ma place, s’il te plaît. En plus, tu me sembles un peu susceptible, ce matin, non ? Moi, susceptible ? Si j’avais été susceptible, il y a belle lurette que vous n’existeriez plus, vous, les mortels.

Bon, alors, cette question importante, tu me la poses ? Ah oui, alors voilà, Dieu : si je résume bien les choses, tu nous as créés à ton image. Tu as créé l’homme à ton image. Oui, c’est exactement ça. Et là, je me demande pourquoi on est tous assez différents, nous les humains et en plus, je ne parle même pas des européens et des asiatiques ou des africains mais déjà entre nous, ici, en France, on n’est pas nombreux à se ressembler. Et alors ? Et alors, si on est à ton image, quand tu vois la diversité des hommes en France, pour ne parler que de mon pays, quelle est l’image qui te définit le mieux ? Un mélange de nous tous ? Même de ceux qui ne croient pas en toi ou qui croient en un autre Dieu ? Mais c’est qu’elle est intelligente, ta question, mortel. Non, pardon, elle est presque intelligente. Pourquoi presque ? Parce que « à Mon image », c’est une vue de l’esprit, c’est tout.

Et alors ? Et alors, une vue de l’esprit… Comment dire sans être désobligeant ? Une vue de l’esprit, ça n’est pas permis à tout le monde. Ah donc, encore une fois, je suis un imbécile, alors ? Encore une fois, mortel, ce n’est pas ce que j’ai dit. Et pour ma question, finalement ? Je te connais comme si je t’avais créé, mortel, que veux-tu savoir précisément ? Eh bien, par exemple, est-ce qu’on peut envisager que Donald Trump est à ton image ? Donald Trump ? Oui, Donald Trump. Parce que si c’est le cas, ça me fait presque peur d’imaginer mon Dieu à son image. Alors je vais te rassurer, mortel. Quand on dit que J’ai créé l’homme à Mon image, encore une fois, c’est une vue de l’esprit. C’est pour dire que l’homme ne ressemble pas à un oiseau, un poisson ou à un mammifère à quatre pattes. Donc, on oublie Donald Trump ? Ah si seulement, mortel, si seulement…

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dimanche 25 janvier 2026

carriériste, moi, jamais ‽

Cette anecdote, cette discussion – au demeurant, fort sympathique – avec Eden et ses questionnements sur son avenir, ça m’a fait replonger dans ma propre carrière professionnelle. En réalité, j’ai toujours eu des rêves plus gros que mes capacités. J’ai toujours eu des ambitions culturelles mais aucune autre. Et si j’ai fini par me retrouver à passer près de 25 ans dans les composants électroniques, c’est tout à fait par hasard. Comment ? Pourquoi ? Parce qu’un ami de l’époque, qui travaillait chez Scaib, avait parlé de moi au directeur financier et quand il a fallu remplacer une jeune femme pour trois semaines, à l’enregistrement des commandes – on n’était pas encore sur informatique, c’était en juin 1982 – on a fait appel à moi. Mon premier véritable travail dans une entreprise d’une centaine de personnes. Oubliés les petits boulots précédents…

Et au bout de ces trois semaines, on m’a proposé de me faire un CDI et de remplacer quelqu’un au classement avec la promesse de venir au Cardex, dans les deux mois. Le Cardex. Pas de quoi rêver mais quelque part, une espèce d’assise importante dans l’entreprise : la gestion des stocks sur des grandes fiches cartonnées. Ce n’était pas désagréable. Sauf quand il y avait des avoirs à gérer, ça m’a toujours semblé un peu abscons. Et de fil en aiguille, j’ai été pris dans le service des composants passifs où j’ai fait de la « vente interne » (vente téléphonique) et rapidement, de la gestion des fichiers références produits (des milliers et des milliers d’articles) et un peu d’approvisionnements et, in fine, des achats. De la négociation. Et c’est ainsi qu’à force d’avoir une certaine réputation dans le métier, on est venu me chercher pour entrer chez Solectron à Bordeaux. Pendant quatre ans.

En réalité, je n’ai jamais cherché à évoluer. J’ai juste fait mon travail au mieux. J’y ai moi-même mis de l’intérêt car parfois, ça n’en avait pas forcément et surtout, les composants électroniques, même si ça m’a un peu éclaté, ça n’a jamais été une vocation. Après, je suis tombé dans un autre milieu : le mareyage et là, autre salle, autre ambiance. Des horaires à la con, j’ai terminé ma carrière en me levant à 2h du matin. J’ai géré les stocks et la facturation. Un inventaire par jour. Obligatoire dans les produits frais. Et j’y suis resté quinze ans. Pas toujours de gaîté de cœur d’où mon départ pour deux ans de chômage avant la retraite officielle. Je n’en pouvais plus. Tout ça pour dire que je n’ai rien choisi dans ma vie professionnelle. Sinon, j’aurais été écrivain, j’aurais été metteur en scène et acteur de théâtre. Ou j’aurais été directeur d’une revue mensuelle d’art, de culture et d’humour.

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samedi 24 janvier 2026

Eden passe toujours par le jardin

Eden, quand il rentre chez le patron (il loge dans le studio du 2ème étage), il est obligé de passer par le jardin. Pas par le jardin d’Eden mais Eden par le jardin. Ce n’est pas la même chose. Ne me faites pas dire ce que je n’ai jamais pensé. Ou si peu… Et samedi, en fin de journée, alors qu’il revenait d’une journée de travail (il est étudiant dans le domaine de l’accompagnement sportif – et là, une journée à suivre une compétition régionale d’athlétisme pour les enfants), pendant que le patron était dans un fauteuil et moi, lascivement allongé sur le canapé des chiens (un canapé recouvert de draps peu fragiles) en attendant leur retour de promenade, nous avons parlé tous les trois. Eden tenait une boîte de douze œufs. Je l’ai remercié  « non, merci, sans façon… » et ça l’a fait sourire et il s’apprêtait à monter l’escalier quand il est revenu vers nous.

Il voulait simplement demander au Patron (il l’appelle par son prénom mais moi, ici, dans le blog, jamais) ce qu’il avait fait dans sa vie professionnelle. « J’avais un commerce, une petite affaire et nous nous sommes regroupés avec une cinquantaine de confrères du Sud-Ouest jusqu’à Cholet pour faire comme une centrale d’achats. J’ai eu l’impression de ne jamais travaillé tant j’ai aimé mon métier. » Et là, les yeux d’Eden (rien à voir avec ceux l’Émilie) se sont mis à briller. « Moi, pour l’instant, j’arrive à ressentir ça, avoir l’impression de ne pas vraiment travailler, quand je suis en stage mais est-ce que ça va durer. Je me pose des questions sur mon avenir, est-ce que je resterai toujours dans le domaine du sport ? Je me demande… » Et moi, ça m’a interpelé car quand j’étais jeune, ce n’est pas le genre de questions que je me posais.

Nous avons essayé de le rassurer. Il n’a que 20 ou 21 ans, il a encore beaucoup de temps devant lui, que contrairement à nous, à notre génération, aujourd’hui, les jeunes n’ont pas à se projeter dans une carrière « monobloc » et peut-être qu’il changera d’orientation dans quelques années. Ses propos nous ont surpris car c’est difficile de se mettre à la place d’un mec aussi jeune. Nous, nous avons terminé notre vie active et nous ne sommes plus que spectateurs de ce qui se passe autour de nous. Entre autre, le conflit entre les jeunes et les baby-boomers (dont je fais aussi partie, apparemment) mais c’est resté très intéressant. D’autant qu’autour de moi, ils ne sont pas légion, ceux qui ont l’air de ne pas glander et qui semblent avoir une tête sur les épaules. Allez, Eden, courage, tu as tant de possibilités devant toi. Fonce…

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vendredi 23 janvier 2026

poisson mort (pas tout à fait)

Chaque matin, j’ai une routine quasiment immuable quand je sors de chez moi pour aller chez le patron, entre 7h et 7h30, selon les jours. J’arrive dans sa rue et s’il avait sorti une poubelle, la veille au soir, je la rentre dans le garage et je vais ouvrir la porte de communication entre la cuisine et l’arrière-cuisine et le garage. Là, les chiens viennent me dire bonjour et, dans le meilleur des cas, Shuka sort dans la rue pour aller faire son premier pissou et Kali, pas toujours. Ensuite, je reviens dans la maison par le jardin et là, je me rue sur le réfrigérateur et je coupe deux morceaux de saucisses de volaille (vous savez, ces saucisses dont le nom commence par Kn…) afin d’y insérer le médicament coupé en deux de Kali pour son cœur car il faut ensuite qu’elle attende au moins trois quarts d’heure avant qu’elle ne puisse avoir sa gamelle.

Après, je sors de quoi préparer le déjeuner des deux chiens mais je vais dans l’arrière-cuisine et je mets la bouilloire et le four à micro-ondes en marche pour faire du bruit afin que les deux animaux ne m’entendent pas car sinon, eux, ils ne comprennent pas qu’il leur faut attendre. Ensuite je me fais mon café et j’ouvre tous les stores intérieurs et/ou extérieurs et je vais donner à manger aux poissons. Et puis je sors tout ce qu’il faut pour le petit déjeuner du patron car ce qui est au réfrigérateur est vraiment trop froid. Et enfin, je peux me poser devant mon café, avec mon téléphone, une revue ou un bouquin. Et là, j’attends pour donner leur gamelle aux chiens. Je salue Eden quand il descend de son studio et je réponds au téléphone. Ma mère. Le président. Le patron, quand il se réveille. Et il est facilement 8h30. Ça passe, hein ‽

Sauf qu’hier matin, en allant sur la terrasse, vers le bassin, avec mon pot à granules, j’ai aperçu quelque chose à environ un mètre de l’eau : un poisson échoué. Comment est-il arrivé là ? Trop de pluie et le bassin qui menace de déborder et le poisson, qui ne savait pas que c’était dangereux, s’est laissé avoir ? Un oiseau qui aurait tenté de l’attraper ? Il n’y a pas de mouettes ni de goélands, dans le centre-ville de Bordeaux. Kali qui aurait tenté de pêcher au lieu de chasser les oiseaux ? On ne le saura jamais mais moi, j’ai cru qu’il était mort, le poisson. Depuis combien de temps était-il là ? J’ai pris l’épuisette et je l’ai mis dedans, il a ouvert les yeux en remuant à peine. Il devrait être épuisé. Je l’ai remis dans l’eau et je l’ai vu partir lentement vers le fond du bassin. J’ai jeté la nourriture. Je suppose qu’il a mangé et qu’il s’est remis. Non, je l’espère.

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jeudi 22 janvier 2026

no kids

Oui, il paraît que c’est devenu à la mode le « no kids. » Pour les non-bilingues, ça veut dire « sans enfant » et c’est d’autant plus troublant que même si je suis un peu d’accord avec cette tendance à réserver des espaces ou des endroits où les mômes sont indésirables pour ne pas dire « interdits », je reconnais que c’est peu étrange de penser ça. Surtout quand on entend partout qu’au niveau de la démographie, c’est un peu la catastrophe. Mais que voulez-vous, le problème existe pourtant bel et bien. Et ce ne sont peut-être pas les enfants en eux-mêmes qui sont la cause de tout mais leurs parents. Car si un enfant ne sait pas se tenir au restaurant, dans un hôtel ou dans un moyen de transport (tram, train, avion…), ce n’est pas forcément un reproche qu’on peut lui faire. En revanche, on peut faire les gros yeux à ses parents.

Si un enfant chouine, geint, pleurniche, hurle, parle trop fort, court partout, saute sur tout et j’en passe et pas des moindres, est-il vraiment responsable de ce qu’il fait ? Pourquoi ses parents ne lui ont-ils pas appris à se tenir a minima. Alors moi, quand je prends le train, par exemple, je prends toujours une place en première pour diminuer au maximum le risque d’un voyage trop éprouvant avec des chiards et des merdeux. Quand je voyage, j’aime lire et quand je lis, j’aime être au calme. Quand je vais au restaurant, ça m’insupporte de voir autant d’enfants pour qui c’est trop long et qui se croient dans la cour de récréation de l’école ou de la crèche. Et quand je constate que leurs parents s’en foutent et même pire, ne comprennent pas que ça puisse déranger les autres… Ou alors, ils se vengent en nous en faisant profiter.

Bref, moi, ça m’arrange plutôt d’imaginer des endroits « no kids » parce que je n’ai pas à subir la mauvaise éducation de certains parents (ils sont trop nombreux pour se reconnaître) sur leurs enfants. Ces enfants-rois. Ces enfants-dictateurs. Ces enfants-monstres. À part ça, j’ai entendu dire que le Sénat avait retoqué la loi sur la fin de vie en rejetant l’article proposant une aide médicale ç mourir. À droite, on est un peu contre la fin de vie choisie. Avec des arguments qui font peur tant ils ne tiennent pas la route. Des arguments aussi pénibles que les enfants des autres quand ils sont en roue libre. Et là, moi, ce matin, ça m’amène à me poser une question : quid de l’aide à mourir pour les enfants ? Parce qu’il faut être majeur pour prendre une telle décision. C’est dommage. Oui, le suicide, d’accord mais ce n’est pas la même chose.

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mercredi 21 janvier 2026

carte bancaire

Alors ça, je n’ai rien vu venir même s’il m’est arrivé d’y penser plus ou moins. Je pense qu’on a tous de moins en moins envie de se servir de monnaie sonore, d’espèces trébuchantes et de petites pièces qui, finalement, nous encombrent mais quand même, je me suis déjà posé la question pour les SDF, pour celles et ceux qui font la manche. Car qui dit de moins en moins d’argent dans les poches, dit de moins en moins de revenus pour les gens qui vivent dans la rue. C’est un peu la mort d’un autre métier. Sauf que… Sauf que, dans plusieurs départements, dont la Gironde, il existe la carte Solly pour les sans-abris. Solly, la carte de paiement solidaire. Comment ça marche ? C’est simple, le don se fait d’un simple clic depuis son téléphone portable. Et ensuite, la personne à qui vous venez de donner peut aller faire des achats.

Plus concrètement, le quidam qui veut donner scanne la carte Solly du SDF (via un QR code ou NFC – cette dernière est une technologie qui permet à deux appareils comme des smartphones de communiquer entre eux à quelques centimètres de distance) en indiquant un montant et le don est immédiatement crédité sur la carte du porteur. Ensuite, ce dernier peut acheter des produits de première nécessité : nourriture, vêtements, produits d’hygiène, de santé, nuitées, tickets de transport… Mais certains commerces sont bloqués et les possesseurs de la carte ne peuvent pas y acheter leurs produits : bar-tabacs, cavistes… Et moi, quand j’ai découvert tout ça, sans porter de jugement, je me suis dit que c’était vachement bien mais quelque part, est-ce que ça ne change pas fondamentalement la situation de sans-abri ?

C’est vrai, ça, quand on se retrouve à vivre dans la rue, parfois, c’est un choix car on n’accepte pas les règles de la vie en communauté (je sais, je caricature) mais quand on n’a plus d’autre choix que de gérer les dons qu’on reçoit sur une carte de paiement, ça professionnalise cet état. Et en poussant le bouchon un peu (trop) loin, on peut alors imaginer un business qui se créerait entre les SDF. Cette idée n’est pas de moi car il existe une BD qui évoque la chose : Faut pas prendre les cons pour des gens, tome 5 (de Jorge Bernstein, Vincent Haudiquet et Emmanuel Reuzé.) Dans ce volume, Marcel le SDF devient le PDG de Marcel Mendicity, avec plein de sans-abris embauchés jusqu'à la chute de son empire industriel. Alors voilà, si la création de la carte Solly est certainement bonne, elle m’a fait penser à tout ça. En réalité, je crois qu’on ne se refait pas.

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mardi 20 janvier 2026

s’endormir sur des pois chiches

Vous ne savez pas ce qui m’est arrivé ? Hier, en cours de matinée, j’ai commencé à éplucher une bonne partie d’un gros bocal de pois chiches. Pour ça, je les ai d’abord égouttés, rincés, égouttés de nouveau et j’ai mis la passoire sur un plateau bleu (la couleur n’avait aucune espèce d’importance, c’est  juste une constatation – j’aime bien être un peu factuel, de temps en temps) et j’ai pris un petit saladier, un des rares qui nous restent de notre époque parisienne, au président et à moi (même si le saladier en question est à lui, à l’origine, il l’avait déjà quand je l’ai connu) et je suis allé m’installer sur la table basse du salon devant une émission que j’avais enregistrée à la télé, peu en importe le titre. Et j’ai dû faire environ un quart des pois chiches et ça a été l’heure de partir chez mon kiné pour ma séance hebdomadaire.

À mon retour, nous avons déjeuné. Très brièvement. Car compte tenu du travail qui m’attendait encore (les trois-quarts des pois chiches restants), j’avais juste prévu des sandwiches. Ça nous arrive de temps en temps. Et justement, ça a été le cas, hier. Ensuite, comme il n’y avait quasiment pas de vaisselle à faire, je suis très rapidement allé m’occuper de ces légumineuses qui n’attendaient que les doigts de ma main droite pour être déshabillés. Et, en ayant allumé de nouveau la télé, cette fois, je suis resté sur la fin d’un jeu télévisé sur France 2, avant le journal de la mi-journée. J’ai assisté à des questionnaires sur la danse de salon et sur le calendrier républicain. J’ai bien répondu sur le premier sujet mais assez mal sur le second. Et avant les infos, la pub. Et là, j’ai continué mon épluchage, très, très machinalement.

Si mécaniquement, si automatiquement qu’à un moment donné, je vous jure, je me suis légèrement assoupi sur mes peaux de pois chiches. Ça a duré une ou deux secondes mais je me suis repris, en sursaut. Je me suis excusé, non, j’ai présenté mes excuses aux pois chiches que je tenais dans ma main gauche, qui attendaient que je leur retire la peau qui les recouvre. Et je me suis sérieusement remis à mon travail et je l’ai mené à son terme. Mais il s’en est fallu de peu que je me retrouve la tête sur le plateau, que je renverse le saladier, la passoire et toutes les épluchures. J’aurais eu l’air malin. Comment ? Je suis trop fatigué ? Mais pas du tout. Je pense que c’était juste la monotonie de la chose, qui m’a fait m’endormir, même légèrement. Depuis, je les ai faits cuire en ragoût, avec du thon et j’ai dormi normalement.

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dialogues : Dieu, l’homme et son image (11)

Dieu ? Oui, mortel ? Excuse-moi de te déranger, Dieu mais j’ai une question importante à te poser. Je suis aussi là pour ça, mortel. Ça ne ...