Eh bien non, cette fois, je ne suis pas triste, je suis juste désabusé et je m’en veux d’avoir osé succomber. Je le savais, pourtant, je ne dois pas m’abandonner à mes rêves et encore moins à mes fantasmes. Pourtant, il s’en est fallu de peu. Un instant, j’ai cru que j’allais tomber dans les bras de Cupidon. Encore une fois. Mais là, je me suis vite repris. Je n’avais pas le droit de m’embarquer dans cette utopie limite obsessionnelle. Non, que je tombe amoureux dans mon coin, ça va très bien comme ça, ça me suffit mais que je me jette à l’eau, que le fasse dans la vraie vie, non, merci, sans façon. Sans plus aucune façon. Parce que ce n’est plus le moment. Parce que ce n’est plus le temps. Parce que ce n’est plus à l’ordre d’aucuns jours. Je n’ai plus de lendemains qui chantent autour de moi. Juste des rêves.
Mais ces rêves, je ne veux les garder que pour moi, comme une espèce de cinéma de minuit, de ciné-club privé dans lequel moi seul serais habilité à venir assister à une projection. Parce que c’est ainsi. Parce que ‘ainsi soit-il.’ Pourtant, si tu savais, toi qui me lis, combien j’y ai cru. Jusqu’au ciel et même jusqu’aux étoiles mais je me suis (pas assez) vite rendu compte que non, je n’avais pas ce droit-là. Bien au contraire, j’avais le devoir de mettre fin à toute fausse espérance. Je n’aurais pu tenir aucunes promesses. Et encore moins celles que je n’ai pas faites. Parce que si tu savais combien j’ai pu m’en faire. Dans tous les sens. Comme un chat fou qui ne se rend pas compte que la balle attachée à un bout de fil n’est qu’un leurre. Car le chat n’est qu’un leurre lui-même. C’est donc pour ça que je ne suis pas triste.
J’ai failli être en colère mais là encore, je me suis vite repris car ça n’aurait servi à rien. J’ai failli me lamenter mais ça n’aurait intéressé personne. Pas même moi. J’ai failli faire une nouvelle avancée après avoir reculé (comment veux-tu ?) mais non, ça n’aurait été que différer pour mieux sauter. Oh, je sais combien mes mots peuvent avoir plusieurs sens. Il y a ceux qui sont pour le commun de mes lecteurs et les autres, qui sont pour toi. Et tant pis si ces derniers ne servent à rien. On s’est connus, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue, on s’est retrouvés, on s’est réchauffés puis on s’est séparés. Quand j’y pense, cette chanson a vraiment été écrite pour nous. Du moins, son refrain car c’est vraiment notre histoire. Depuis le début. Jusqu’à sa (probable ?) fin. Oui, parce que chez moi, rien n’est irrévocable.
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