Bon, c’est la première fois que je me promène avec une telle somme sur moi. Enfin, quand je dis « sur moi », c’est dans un sac que je porte tantôt de la main droite, tantôt de la main gauche et tantôt… Ah non, il n’y a pas d’autre tantôt vu que je n’ai que deux mains. Même si on est aujourd’hui au moment où je marche mais hier, au moment où j’écris ces lignes. Et donc hier, sous une espèce de canicule somme toute assez insupportable, comme on nous a bassinés pour qu’on n’oublie pas de s’hydrater, j’ai choisi de me balader avec suffisamment d’argent liquide pour ne pas être pris de court. Et je ne sais toujours pas d’où vient cette somme précise, 106 050 euros mais bon, c’est celle que j’ai gardée avec moi pendant un bon moment, avant de déjeuner et vers 16 heures. Mon Dieu (si vous existez) qu’il a pu faire chaud…
Ça fait vraiment tout bizarre de se promener avec un tel trésor sur soi. Et pour ne pas tenter les pickpockets (en l’occurrence, les pickbags vu que tout était dans un sac de magasin, un sac dans un papier renforcé), j’ai fait comme si de rien n’était. J’ai marché dans les rues, le plus possible à l’ombre (sauf quand je ne pouvais vraiment pas), parfois le nez en l’air mais en aucun cas en surveillant ni mes arrières, ni mes avants et encore moins mes latéraux. Quand on veut passer inaperçu, le mieux, c’est de rester le plus naturel possible. Sauf que pour les voyous qui pourraient être à l’affût, comment peuvent-ils savoir si moi, quand je me promène, je suis normalement naturel, ou juste un peu trop ou juste pas assez ? J’avoue que je n’ai pas la réponse à cette excellente question que je viens de me poser. Non, pas encore.
Et donc, je suis allé à la Grande Poste pour mettre une lettre que je voulais voir partir le jour-même mais j’ai fait très attention à ne pas poster les liasses de billets qui, de toute façon, n’étaient pas emballées alors j’aurais eu du mal. Et ça n’aurait pas pu rentrer dans la fente de la boîte postale. Ensuite, je suis rentré à pieds tout en téléphonant à ma mère qui n’a pas pu imaginer que je transportais autant d’argent avec moi. Ben non, puisque je ne lui ai pas dit. Et puis si quelqu’un m’avait entendu dans la rue, ça aurait pu être risqué. Et j’ai fini par rentrer chez moi sauf que là, je n’avais plus rien dans mon sac commercial. Ah mais oui, parce que je ne vous ai pas dit ce que j’en ai fait de ces 106 050 euros… Eh bien, c’est tout simple, ma mission était de les déposer dans un endroit précis, au 12… Zut, ça a coupé…