Samedi, j’avais anticipé mon déjeuner de dimanche. J’avais préparé mon gâteau de tomates-mozzarella afin que tout s’agglomère bien et j’avais précuit mes saucisses de Toulouse avec mes légumes de presqu’été : aubergines (beaucoup), poivrons rouges (deux) et courgettes (deux aussi) et j’y avais ajouté un bocal de sauce tomate aux olives et tant pis si cette dernière n’a pas été faite maison car je n’avais ni le temps, ni l’envie. Et j’avais cuit mon dessert, une espèce de cake de brioche perdue afin de pouvoir la réfrigérer au moins une nuit. Et hier matin, il ne me restait plus qu’à couper mes fraises pour en faire une espèce de salade sans rien ajouter dessus, pas même du sucre, ni du poivre, ni du basilic. Et tout s’est bien passé. Je suis rentré de la promenade des chiens, j’ai fait les finitions et mis mon ragoût à réchauffer, doucement mais sûrement.
Sauf que quand je suis revenu avec le patron, qui était invité à déjeuner chez nous comme tous les dimanches midis sauf que cette fois, il y avait ma mère en plus. Et quelle n’a pas été ma surprise de voir que le président avait mis la table pour 6 au lieu de 4. Moi, j’avais préparé mon repas pour 4. Bien sûr, j’avais de quoi servir de mon plat et de mon dessert pour 6 mais je n’avais invité personne. Alors, j’ai d’abord pensé qu’exceptionnellement, le président avait dû vouloir mettre une assiette pour les chiens aussi. Sauf que les chiens, chez le patron ou chez moi, ils ne se mettent jamais à table. Quand on les autorise à avoir deux ou trois bouchées pendant notre repas, ils restent à leur place, par terre. Mais jamais le museau sur la table. Donc, comme je n’ai pas voulu demander ce qu’il en était au président, j’ai attendu en me disant que je verrai bien en temps voulu. Sauf que le temps n’a jamais été voulu car quand j’ai vu ces deux personnes venir s’installer avec nous…
Je ne savais pas qui c’était. Ni d’où ils venaient. Je leur ai demandé « qui êtes-vous ? » et ils m’ont répondu « nous sommes Alban et Nélia et c’est le président qui nous a proposé de venir nous joindre à vous pour le déjeuner. » Bon, ben je vais voir avec lui afin qu’il m’explique de quoi il retourne. Mais je ne peux décemment pas dire non maintenant que ces deux personnes sont arrivées, ça ne se fait pas. Ce serait très malpoli. Et quand le président est revenu dans le séjour avec deux chaises de plus pour la terrasse, je lui ai fait part de mon étonnement. « Tu connais ces gens, Alban et Nélia ? » « Ben non, je pensais que c’était toi qui les avais invités. » « Mais non, je ne les connais pas. » J’ai regardé ma mère qui m’a fait signe qu’elle ne savait rien me dire. Idem pour le patron. Ça m’a fait penser à cet étrange couple qui est venu me voir plusieurs fois (la dernière, c’était le 24 février dernier) mais ce n’étaient pas les mêmes personnes. On a quand même déjeuné avec eux.
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