mardi 2 juin 2026

érections municipales

Malgré le fait que j’étais en retraite depuis quelques petites années, c’était ma première campagne électorale en tant que candidat. En tant que colistier. Et pourtant, j’avais toujours dit  non. Moi vivant, jamais. Mais j’avais rencontré cette adjointe au maire, une femme splendide, une belle cinquantaine, pimpante et piquante. Elle a justement piqué ma curiosité et là, j’ai succombé à ses charmes, à ses atouts et à ses arguments des plus convaincants. Au point que je l’avais surnommée ma compagne électorale et elle, elle m’appelait l’érection municipale. Heureusement, j’étais célibataire, un peu endurci certes mais libre comme l’air et elle, franchement, je n’ai jamais su si elle avait quelqu’un. Tout ce que j’avais pu apprendre, c’était qu’elle n’était ni mariée, ni pacsée, ni divorcée, ni veuve. Soit elle était totalement libre, soit elle était pleinement libérée, libertine. Et je n’allais pas être déçu quand j’allais découvrir comment notre relation allait évoluer.

Tout s’est passé un soir, après une journée de réunions, de démarchage au marché et chez les habitants du quartier des Burettes, un quartier où le taux d’abstention est toujours le plus élevé, élection après élection. Et Aïda, puisque c’était son nom, et moi, nous étions les deux derniers pour fermer le QG de campagne. À un moment, elle s’est approchée de moi et m’a dit « je suis flapie » et je lui ai répondu « ça ne se voit pas », elle a enchaîné « arrête de me flatter », ce à quoi j’ai répliqué par « je le pense sérieusement, tu es une femme formidable, Aïda. » Et elle est venue se coller à moi comme on avait collé les affiches de notre tête de liste, notre candidat : pas même la place d’une feuille de papier à cigarette entre elle et moi. Forcément, la fatigue et l’excitation de cette presque fin de campagne, m’avait mis dans un état que je qualifierais de « fleur de peau » et j’ai bandé. Oui, la sentir contre moi, ça m’a procuré une bandaison comme il y a longtemps que…

« Je suis désolé, Aïda, je n’ai pas pu me contrôler » « cette fois, c’est toi qui me flattes mais rassure-toi, ce n’est pas désagréable… » m’a-t-elle répondu en me faisant un clin d’œil avant d’approcher son visage si près du mien que seul un baiser pouvait survenir. Et c’est ce qui s’est passé. Et j’ai beaucoup apprécié le goût de ses lèvres et celui de sa langue. « Attends, tout à l’heure, tu pourras voir ou toucher les autres » l’ai-je entendu penser. « Ce n’est pas raisonnable, Aïda » « tu en as envie, j’en ai envie, on ne fait de mal à personne » m’a-t-elle susurré tout en déboutonnant ma braguette bien rebondie. Et là, subitement, j’ai eu envie de glisser mon bulletin dans son urne mais j’hésitais encore à voter blanc. En tout cas, je n’allais pas m’abstenir puisqu’elle voulait que je vote pour elle. Et on a fini par faire ce qu’on avait dans la tête et même ailleurs. Et c’était divin. Et c’était chaud. Et c’était grisant. Et on a joui ensemble, d’un commun accord. « A voté » « Oui, a bien voté. »

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