mercredi 2 septembre 2026

chevelures (1)

Comme quoi, on peut en apprendre avec un livre qu’on est en train de relire presque cinquante ans après la première lecture qu’on en a faite. Je parle d’un petit livre de Christiane Rochefort, Printemps au parking, acheté en 1977 et que j’ai toujours avec moi depuis car il m’a suivi dans tous mes déménagements. Je vais passer outre le fait que je suis nettement moins emballé à la relecture que je viens d’en faire qu’à l’époque mais autres temps, autres mœurs. Et, à un moment, l’un des protagonistes parle d’un poème de Pierre Louÿs qui dit, entre autres, que deux lauriers n’ont souvent qu’une racine… Et moi, cette fois, j’ai voulu en savoir plus. Que ce texte mis en musique par Debussy est une des plus belles déclarations d’amour mais comme je ne connaissais pas la poésie de Pierre Louÿs, j’ai fouillé, chiné, farfouillé, lu et ressenti… Quand j’ai eu connaissance du titre de ce poème, La chevelure, j’ai d’abord pensé à celui, de Baudelaire, dans Les fleurs du mal.

Alors qu’en réalité celui dont il est question dans le bouquin, il est de Pierre Louÿs et je peux vous dire que je ne suis pas le seul à avoir fait cette confusion, elle est même monnaie courante et c’est même encore mieux que ça, ce thème de la chevelure, surtout chez les femmes, il est récurrent dans la poésie et même dans la littérature mais de ça, on y reviendra dans un autre billet. Ce matin, j’ai juste envie de vous faire connaître ce poème en prose car il est très beau et je vais même vous joindre le lien pour en écouter la version chantée, sur une musique de Debussy, comme je l’ai déjà dit plus haut. Après, vous aurez le droit d’aimer cette version mais moi, je dois vous dire que j’ai eu un peu de mal… Peu importe ce que je pense de la « chanson », ce qui m’a intéressé, c’est de découvrir un poème et même mieux, un poète car je le connaissais peu et de voir que la chevelure a été une grande source d’inspiration, proche de l’érotisme dans la littérature.

La Chevelure

Il m’a dit : « Cette nuit, j’ai rêvé. J’avais ta chevelure autour de mon cou. J’avais tes cheveux comme un collier noir autour de ma nuque et sur ma poitrine.

« Je les caressais, et c’étaient les miens ; et nous étions liés pour toujours ainsi, par la même chevelure la bouche sur la bouche, ainsi que deux lauriers n’ont souvent qu’une racine.

« Et peu à peu, il m’a semblé, tant nos membres étaient confondus, que je devenais toi-même ou que tu entrais en moi comme mon songe. »

Quand il eut achevé, il mit doucement ses mains sur mes épaules, et il me regarda d’un regard si tendre, que je baissai les yeux avec un frisson.

Pierre Louÿs (Chansons de Bilitis)

https://www.youtube.com/watch?v=WmV0dfSzwOo

 

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