Je suis triste et je sais que les mots sont bien faibles pour définir ce que je ressens précisément parce que je ne suis pas que triste, je suis aussi en colère et je suis admiratif, en même temps. Je suis pétri de sentiments contradictoires car ce qui se passe chez moi, en Gironde et dans les Landes, ça me fend le cœur et ça me donne aussi envie d’aller casser la gueule à tous ces cons, tous ces inconscients qui ne pensent qu’à leur petit plaisir solitaire ou pas : faire un barbecue car il n’a rien de mieux, en été mais non, pas de risques, je maîtrise, tout est sous contrôle et ça n’arrive qu’aux autres. Ou encore, fumer car si je veux m’empoisonner, j’ai le droit, je n’emmerde personne. Eh bien si, mon gars, quand tu fumes, tu nous pollues. Quand tu fumes, tu choisis l’option d’avoir un jour une maladie grave pour laquelle tu seras soigné gratuitement si tu vois ce que je veux dire.
Quand tu fumes, tu jettes ton mégot par la vitre de ta voiture car tu ne vas pas perdre dix secondes à pour freiner et le mettre dans un récipient ad hoc. Ou alors, tu vas le jeter par terre, en pleine nature, dans un sentier, en forêt. Ou alors, dans une poubelle. Dans tous les cas, tu te dis que ça ne risque rien, ça n’arrive qu’aux autres. Et puis personne ne te voit. Que tu crois. Et puis il y a les gens pour ramasser tes déchets, en forêt ou en ville. Les autres. Les autres que tu prends pour tes bonniches. Car tu te penses être le roi. Le roi dans ton royaume, celui des gros cons. Incurables. Et d’autres, alors que c’est interdit d’aller en forêt, non seulement ils y vont mais en plus, avec leur moto trial. Non, ça ne craint rien, ils savent ce qu’ils font. Ça n’arrive qu’aux autres. Ouais, qu’aux autres. Et partout en surtout en Gironde et dans les Landes, c’est la fin du monde.
Et moi, je suis en colère mais heureusement, le sentiment qui prend le dessus, c’est l’admiration et le respect. Pour les pompiers. Pour la gendarmerie et la police. Pour les équipes municipales et les gens réquisitionnés pour accueillir les centaines de milliers de réfugiés. Pour les bénévoles. Pour ces évacuations successives qui se passent dans le calme, sans drame. Parce que le drame, il est ailleurs, au cœur des flammes. À Biscarrosse, la maison n’est pas touchée mais celle de Carole et Stéphane, oui. Ils ont tout perdu. Tout est réduit en cendres. Et la forêt… Et les animaux, surtout les petits, ceux qui n’ont pas pu fuir. Et la végétation. Et l’écosystème. Tout ça parce qu’on est entouré de cons égoïstes. Il y a eu un avant et il y aura un après ? Tu parles, rien ne changera. On a les électeurs qu’on mérite. Ici, à Bordeaux, c’est irrespirable. Pourtant, les gens continuent de manger en terrasse.
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