lundi 7 juillet 2025

choisir le verbe choisir (3)

Ô verbe cruel ! Ô verbe dont le cœur est droit comme un ‘i’ ! Ô que c’est difficile de choisir le verbe choisir ! Choisir, ô toi qui places les êtres humains, mortels s’il en est, face au gouffre béant de l’irréversible. Ô comme cette phrase remplit bien son rôle ! C’est fou comme toi, le verbe choisir, tu peux avoir une telle force alors que ton apparence est si douche. C’est vrai, tes sonorités sont chuintantes, pas faciles pour celles et ceux qui ont un cheveu sur la langue, ce qu’ils n’ont justement pas choisi et le fait de finir en ‘ir’, ça te donne une espèce de douceur qui fait du bien à l’oreille. Mais en réalité, tu es un verbe dur. Un verbe de fer dans une consonance de velours car tu portes en toi le poids de tous les destins (pour ceux qui y croient) et de tous les hasards (pour les autres, dont moi.)

Je choisis et déjà, quelque part, quelque chose en moi chancelle. Car chaque choix est un dilemme voire un sacrifice. Chaque « oui » est un « non » qu’on tue et qu’on enterre. Tu choisis et le sol tremble. Tu hésites même si tu es un héros. Tu avances et tu recules. Mais la décision finale est là, implacable, sans retour, bien souvent. Et tu te demanderas parfois si c’était le bon choix et si ce n’était pas trop tôt. Ou trop tard. Il choisit et là-haut, s’il y a quelques dieux que ce soit ou quelques diables que ce soit aussi, tout le monde doit rire sous cape car le choix des humains doit sembler si dérisoire face à toutes les éternités. Même celui des animaux. C’est vrai, ça, une mouche qui choisit de se poser sur une vitre alors qu’un homme se tient tout près avec une belle tapette verte en main…

Nous choisissons. Ou nous pensons choisir. Ô cruelle illusion ! Ô fatale hallucination. Et si nous nous trompons, c’est tous ensemble. C’est le groupe. C’est la communauté. C’est le ghetto. Vous choisissez et ça peut porter à confusion et vous prenez le risque d’être jugé par les autres. Ceux qui n’ont pas choisi ou qui pensent qui ne l’ont pas fait. La mauvaise foi, ça arrive souvent. Ils choisissent et là, je pense à la guerre, par exemple. Des décisions de quelques humains pour tant de milliers ou de millions d’autres qui eux, n’ont pas le choix. Ô choisir. Tu es décidément un verbe important. Tu nous permets de marcher vers notre propre fin mais parfois, plus souvent, vers l’inconnu. Tu nous rends libres. Du moins en apparence. Et même si cette liberté ne dure qu’un instant, elle est précieuse.

N.B. Dans ce texte, il y a des points d’exclamation mais c’est normal, c’est comme ça quand on choisir de commencer une phrase ou un vers par Ô, cette interjection qui induit automatiquement une ponctuation d’exclamation, donc, je n’ai pas le choix, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

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dimanche 6 juillet 2025

Marcus Goldman, mon autre héros

Ça y est, j’ai terminé tout Joël Dicker, enfin, tous ses romans parus en collections de poche et donc, il me restera le dernier, à l’occasion, dans quelques mois et parmi ses toutes premières œuvres, celles de sa jeunesse. De ce fait, je ne peux pas dire que j’ai lu tout Joël Dicker mais presque. En tout cas, tous ses livres qui parlent littérature et dans lesquels des enquêtes sont menées. Et je peux vous dire que j’ai pris un plaisir immense et je n’aurai jamais assez de mots ni les bons qu’il aurait fallu pour dire tout le bien que je pense de cet auteur de pile 40 ans cette année. J’ai commencé par La vérité sur l’affaire Harry Quebert, j’ai continué sur L’affaire Alaska Sanders et Le livre des Baltimore avant de faire une pause. Puis, j’ai dévoré La disparition de Stephanie Mailer et j’ai terminé par Le mystère de la chambre 622. Je vous fais le tout pour 3832 pages, jouissance intellectuelle comprise. Top-là ?

Dans les trois premiers que j’ai cités, le personnage principal est Marcus Goldman, que j’ai littéralement adoré. Mais si je devais créer un classement de ces 5 gros ouvrages (quelle horreur, quand j’y pense – même si je vais quand même le faire), je pense que mon préféré, ça resterait probablement L’affaire Harry Quebert car ça a été le premier, la découverte et un bonheur de lecture quasiment absolu (à la fois un thriller et une réflexion sur l’acte d’écriture) et ensuite, je mettrais Le livre des Baltimore qui est certainement le livre le plus émouvant de Dicker, toujours avec le même héros, lui-même écrivain et cet opus est une épopée familiale, un livre sur l’amertume (« si j’avais su ») et qui traite du vernis des apparences du bonheur. En troisième, Le mystère de la chambre 622.

Celui-ci est très particulier car c’est le plus fantaisiste, voire farfelu même s’il s’agit encore d’une enquête à retardement. Dicker se met lui-même en scène dans un thriller très inventif, plein de personnages, dans le milieu de la finance à Genève et avec un côté un peu suranné. Ensuite, sur le même plan, je mettrais les deux derniers des 5 que j’ai lus : L’affaire Alaska Sanders (la suite directe de Harry Quebert ce qui le rend plus attendu) et La disparition de Stephanie Mailer (un autre thriller mais encore une fois, l’effet de surprise était déjà passé) que j’ai aussi beaucoup aimés mais qui dit classement, dit premiers et derniers. Non, je n’aurais pas dû, je le sais mais j’ai quand même des coups de cœur et parfois, des coups de foudre. En tout cas, Joël Dicker, je vous aime profondément pour votre talent et j’aime encore plus votre personnage Marcus Goldman, que j’aurais aimé connaître.

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samedi 5 juillet 2025

dérisopathes*, les applications (1)

Eh, Jean-Kévin, au lieu de rester vissé sur ton téléphone, tu pourrais prendre un livre et te reposer l’esprit,  non ? Me reposer l’esprit avec un livre ? Tu plaisantes, maman ? Ça demande trop d’effort de lire. Non, je vais continuer. De toute façon, c’est impossible de sortir, il fait trop chaud dehors. Et tu penses à boire ? Il faut s’hydrater, je te rappelle.  Boire ? Attends, maman, une seconde. Ah oui, tu as raison, l’application « jaisoif » me dit qu’il est effectivement temps de boire. Alors, je vais boire.

Dis, ma chérie, tu vas vraiment sortir avec tes copines, ce soir ? Ben oui, pourquoi, mon amour ? Eh bien parce que si ça traîne, tu vas rentrer tard et je n’aime pas te savoir la nuit dans le tram et encore moins dans les rues. Tu as raison, mon amour. C’est bien que tu ne prennes pas de risques inutiles. Ah mais non, tu ne m’as pas comprise, je vais y aller, chez mes copines mais je vais installer l’application « jaipeur » qui me dira si je dois me méfier ou pas, quand je rentrerai. Rassure-toi.

Jean-Eude ? Oui, maman ? Tu te rends compte ? Ça fait combien d’heures que tu passes sur ton téléphone, là ? Je ne sais pas maman. Tu ne pourrais pas faire autre chose ? Je veux bien mais je ne sais pas trop quoi, il fait trop chaud, dehors et dedans, à part mon téléphone… Attends, je vais consulter « jemennuie »… Oui, tu as raison, l’application « jemennuie » m’indique que si je coupe mon téléphone, je vais m’ennuyer à 87% mais elle ne me propose rien d’autre. Alors, je continue.

Maman ? Oui, ma Lily-Prune ? Je ne sais pas quoi faire, je m’ennuie. Tu veux qu’on aille au cinéma ? Non, maman, il fait trop chaud pour sortir. Tu veux qu’on aille au parc et on mangera une glace sur le chemin ? Non, maman, il fait trop chaud pour sortir. Tiens, prends mon téléphone Merci maman… Ah, sur l’application « jairienàfaire », on me propose de trier des vêtements virtuels ou de classer mes copines TikTok par ordre affectif. À ta place, moi, je trierais des vêtements virtuels, ma chérie.

Pfou… Qu’est-ce qu’il se passe, Boubou ? J’ai mon téléphone qui est vachement lent, tout d’un coup. Tu te rends compte, une seconde et demie pour afficher les pages que je demande. D’habitude, c’est plus rapide. Ce ne serait pas plutôt toi qui serais fatigué ? Attends, je vérifie. L’application « jaichaudjaifroid » me dit qu’effectivement, j’ai un problème de surchauffe du cortex et me propose de prendre l’air. Tu ne crois pas que tu devrais faire une mise à jour de toi ? Et te redémarrer ?

* mot-valise que j’ai inventé venant de dérisoire et pathétique.

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vendredi 4 juillet 2025

s’habituer à la non-douleur

C’est vraiment étrange. Depuis mon infiltration de mercredi après-midi, si j’ai eu quelques douleurs lancinantes, probablement dues à la fin de l’anesthésie locale, j’ai pu vivre, marcher, monter des escaliers normalement, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des mois. Comme quoi, j’ai probablement bien fait de me faire faire cette horrible et interminable piqûre. J’ai certainement bien fait, même. Sauf que maintenant, et je crains que vous ne me croyiez pas voire que vous me preniez pour un fou, maintenant, je me demande ce que je vais devenir sans cette inflammation chronique à laquelle je m’étais tant habitué. Oui, c’est ça, que vais-je devenir ? De quoi vais-je pouvoir me plaindre et me faire plaindre, chaque matin, hein ? Comment vais-je faire pour tirer parfois au flanc. Même si ça n’est pas vraiment mon truc, maintenant que je suis en retraite.

Car oui, j’ai pu être fumiste (un peu voire beaucoup, parfois) et tirer au flanc, de temps en temps voire souvent mais là, depuis quelques années, je suis un cœur vaillant et un bon petit soldat comme jamais. Et quand j’ai mal, j’avance quand même. Et quand j’ai envie de me faire porter pâle, je le dis mais je ne le fais jamais. C’est vrai aussi qu’en retraite, on n’a pas le droit aux arrêts maladie, on n’a aucun jour de carence et on ne connaît plus vraiment les RTT. Ni les jours fériés voire ni les week-ends. Je dirais même que régulièrement, tous ces jours chômés pour les autres, ça me contrarie, désormais mais ça, c’est vraiment un autre sujet. Je vais en revenir à mes boutons. À mes moutons. Et parler de cette douleur qui semble avoir disparu. Ça me rappelle quand j’étais migraineux, environ 45 ans de ma vie. Peut-être un peu moins mais peu importe, à vrai dire.

Eh bien, quand j’ai constaté que je n’avais presque plus de crises (j’en ai eu régulièrement un jour sur deux, pendant tant de temps) puis, plus du tout ou alors, si rares que sur un an, on peut les compter sur les doigts d’un manchot et encore, le manchot, il lui manque deux ou trois doigts à sa seule autre main. Bien sûr, j’ai eu et j’ai toujours des maux de tête ponctuels quand je suis fatigué, quand j’ai bu trop de champagne ou quand j’ai eu un coup de chaleur comme deux fois, ces derniers jours mais j’ai appris à vivre sans la bête. OK, pour l’aponévrosite, ça n’a duré que huit mois. Soit une goutte d’eau au regard de ces décennies de migraine mais je fais le même constat : si je suis (provisoirement) guéri, il va falloir que je m’habitue à cette non-douleur. Et je peux vous dire, d’expérience, que ce n’est pas si simple que ça. C’est vrai, je suis un éternel insatisfait. Je le sais.

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jeudi 3 juillet 2025

infiltré, chaussé (mais pas aux moines)

Alors, en ce moment, ça bouge dans tous les sens. Entre le président qui a enfin accepté d’aller consulter notre ophtalmo (à maman, au patron et à moi) et Shuka qui va devoir se faire opérer de sa rupture de ligaments croisés et moi qui ai (qui avais ?) toujours mon aponévrosite plantaire, ça n’arrête pas… Et bon, on fait avec tout ça et on attend des jours plus calmes. Déjà, la température a bien baissé depuis mercredi et on respire mieux, ce qui est déjà ça. Alors pour en revenir au titre de ce billet, « infiltré, chaussé », il faut savoir que depuis deux mois, je porte des baskets orthopédiques afin de préserver mes talons, surtout le gauche. Quand je parle de baskets orthopédiques, c’est parce que je porte tous les jours des modèles pour marathonien car ce sont des chaussures avec suffisamment d’amorti pour me soulager. Et dedans, j’y mets les semelles du podologue.

Et au bout de ces quelques semaines, j’avoue que comme j’en avais un peu marre de porter toujours la même paire, bleue, avant-hier, je suis allé en acheter une autre, grise. Comme ça, je vais pouvoir alterner et laisser chaque paire se reposer un peu entre deux.  C’est juste une question d’organisation et même, avec un brin de folie, je pourrais même mélanger les couleurs, le bleu et le gris, mes deux couleurs fétiches, ça se marie très bien. Et donc, je me suis mis aux baskets. Bon, j’avais déjà acheté des baskets bon marché pour faire mes séances de renforcement musculaire chez le kiné mais là, j’ai mis le prix. Même avec une bonne remise, ça m’a coûté un demi-pied à chaque fois. Ce qui est toujours mieux que quand ça coûte un bras. Mais quand on a mal, on ne compte pas, hein ? Bref, de ce côté-là, je me sens chaussé pour les mois à venir. Un grand pas de franchi.

En revanche, je dois vous avouer quelque chose de très personnel. Normalement, ça ne se dit pas (mais je suis en train de lire « L’énigme de la chambre 622 » de Joël Dicker et forcément, ça m’influence dans ce que je vais vous dire) : depuis mercredi après-midi, je suis quelqu’un d’infiltré. En théorie, je ne devrais même pas vous dire ça et encore moins continuer à en parler mais j’ai besoin de me confier, ce matin : je suis infiltré. On m’a fait une infiltration dans le talon gauche et je peux vous dire que ça n’a pas été agréable du tout (ça m’a fait super mal et c’était interminable) car quand l’aiguille est entré dans le tendon, aïe, aïe, aïe, mon skaï, ouille, ouille, ouille, mes… Je me suis littéralement liquéfié sur la table du médecin du sport (on ne rigole pas, oui, je suis suivi par un médecin du sport) et j’ai cru mourir. Non, je n’exagère pas. Chaussé-ée aux Moines...

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mercredi 2 juillet 2025

ode au froid

Je rêve de givre, de buée sur les vitres, de doigts engourdis dans des mitaines. Non, dans des gants épais. Des moufles. Je suis jaloux des esquimaux, enfouis sous des couches de fourrure, blottis dans leurs igloos de glace, loin de cette chaleur suffocante. Là-bas, le silence est craquant, l’air si pur qu’il mord les poumons à la première inspiration. J’aimerais marcher dans une neige bruyante, qui crisse sous mes après-skis. J’aimerais sentir mes bottes s’enfoncer dans la poudreuse immaculée sous un ciel d’hiver pâle, sous une lumière blanche, tranchante. Je tendrais mon visage aux vents du nord, celui qui fouette, celui qui glace les larmes, qui pique les joues jusqu’à les rendre rouges comme des braises gelées. Je voudrais frissonner sous un plaid en me demandant quand reviendront les étés, une tasse fumante dans les mains.

Dehors, tout serait figé. Les arbres givrés, les flaques d’eau devenues miroirs de glace et les toits brillant de gel. L’hiver a cette noblesse silencieuse que n’aura jamais la saison estivale. Cette pureté rude et tranchante, cette majesté austère et rigoureuse. En hiver, les haleines sont visibles car chaque souffle  devient une brume. C’est une saison propice au rapprochement des corps, pour se réchauffer voire plus. On s’emmitoufle, on se confine et on aime passer du temps chez soi, tranquillement. Cependant, l’été comme l’hiver sont propices à la lenteur. Dans les deux cas, on doit prendre son temps pour ne pas se trouver mal. Ce que j’aime aussi  pour la saison froide, c’est le fait que les nuits tombent vite et c’est très cohérent avec l’envie de s’enfermer chez soi alors qu’en été, on doit subir la canicule même tard le soir.

Ah, les nuits d’hiver, ténébreuses, noires, profondes. Quand le ciel est dégagé, les étoiles brillent d’un éclat particulier et on attend le lendemain avec confiance, on sait qu’on aura peut-être encore froid mais ça ne fait pas peur. Alors que lors des grandes chaleurs, on redoute les jours d’après. Dans les pays froids ou en hiver, parfois, on peut voir des stalactites se former aux bordures de certains toits, certains en profitent pour faire des feux à l’âtre et la morsure du froid peut aussi être une caresse. Un peu rude, mais une caresse malgré tout. Là, j’ai envie de grelotter, d’avoir les dents qui claquent, de sentir l’air qui cingle et qui nettoie. J’ai envie de brouillard givrant, ce qui permet aussi de masquer la tristesse de monde ambiant. Le froid plus que le chaud m’aide à écrire. Là, je vendrais mon âme pour un soupir glacé sur ma nuque brûlante.

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mardi 1 juillet 2025

froid et chaud

Il fait toujours aussi chaud. En tout cas, hier. Une chaleur sèche. Collante. Inéluctable. Personne n’est épargné. Une chaleur implacable. Le soleil semble avoir été cloué dans le ciel, tout juste bon à brûler tout ce qui est en-dessous. Mais, par la force de la persuasion dont je suis capable, dans ma tête, je me dis qu’il fait froid. Qu’il neige ou qu’il a neigé. Des flocons invisibles tombent sur moi et quand je transpire, ce sont des micro-glaçons qui me coulent dans la nuque ou sous les aisselles. Mais parfois, la chaleur fait tout fondre et je me retrouvé trempé de mes propres sueurs. Tièdes. Désagréables. Alors que moi, je ne rêve que de frissons. Je fantasme sur des chairs de poule. Et sur ces frémissements quand on sent qu’il fait frais, à la fin de l’automne qui annonce l’hiver. Saison attendue.

Mais ce matin encore, la ville pue la chaleur. Ça sent les tuyaux chauds, l’asphalte qui a commencé à fondre. Le béton suinte partout. Les murs respirent le feu de la veille. J’aimerais tant entendre le crissement de mes pas dans la neige, voir la buée qui sort de ma bouche quand j’expire et faire des dessins dans le givre qui recouvre les vitres. Non, ma gorge est déjà sèche. Ma peau est déjà moite. Mes draps étaient humides quand je me suis levé et je n’avais pourtant pas fait pipi dans mon lit. C’est tout juste si respirer ne demande pas un effort insurmontable. Et je me dis que si seulement il y avait une bonne bise, bien froide. Un vent qui vous pince, qui vous mordille, qui vous fait regretter l’été passé. J’ai juste envie, j’ai juste besoin de fraîcheur. De modération. Je n’aime décidément pas les extrêmes.

Le ventilateur du séjour tourne, je l’ai allumé en me levant. Tout comme celui de mon bureau. Celui de la chambre a tourné toute la nuit. Silencieusement. Ça brasse de l’air, souvent tiède, malheureusement. Juste une illusion. Une utopie. Sauf que moi, dans ma tête, je suis en Alaska, je suis retourné en Sibérie (la première et dernière fois, c’était il y a pile 40 ans). Je suis au Groenland, plutôt. Je découpe des blocs de glace pour passer le temps. Je m’enfouis dans des peaux de bête pour ne pas avoir trop froid. J’écoute le silence blanc. Toc, toc, toc. Quelqu’un frappe. Un ours polaire ? Non, c’est le soleil qui tape. Encore, encore et encore. Sans fin. Sans vergogne. Épuisant. Mais à sa chaleur étouffante, je préfèrerais tant celle d’un feu à l’âtre et d’une soupe fumante. Non, là, je me consume.

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que je déteste (films) (2)

L’autre jour, je parlais des chansons qui m’insupportent et après publication, je me suis rendu compte que j’en avais oublié une. Et pas la ...