mercredi 7 août 2024

noberias revin na

Oui, je suis capable de parler une nouvelle langue qui est le mry. C’est une langue quasiment inconnue. Même par moi, jusqu’à ce matin. Ou plutôt jusqu’à hier soir puisque j’ai écrit ce billet au brouillon hier soir afin de ne pas être à la bourre ce matin. Et pour ne pas être bourré non plus. N’est-ce pas, toi l’auvergnat qui sans façon… Alors oui, ce matin, je parle le mry qui est une langue d’origine égyptienne et le mot mry, en lui-même, signifie « qui est bien aimé » donc je parle une langue que personne ne connaît mais qui est bien aimée. Ça vaut toujours mieux que d’être très connu mais détesté. Un peu comme… Un peu comme… Un peu comme Macron ou Mélenchon, tiens. Ça doit venir de l’initiale M qui est à l’opposé de sa consonance. Ça va, tout le monde suit. Tant mieux, tant mieux.

Et moi, ce matin, je voudrais célébrer le retour d’une disparue (pourtant, il n’y a pas eu d’avis de recherche mais personne ne s’est inquiété outre mesure vu que Nordahl Le Landais (qui est devenu papa depuis qu’il est en prison) et Jonathann Daval sont justement incarcérés, on n’a pas cherché le corps de la disparue puisqu’elle ne l’était que de mes radars. Je voudrais donc fêter le retour de Myriam, de Mymy, revenue plus exactement le 5 août, trois jours avant son anniversaire et je lui suis très reconnaissant d’être toujours là même si elle ne l’a pas toujours été et même si elle avait de bonnes raisons pour cela. Fêter son retour et fêter son anniversaire comme il se doit. Ce doigt. De Porto ou de whisky ? Non, je crois qu’elle ne boit pas vraiment, Mymy. Et en plus, aujourd’hui, c’est son jour.

Je ne connais que deux personnes qui sont nées le 8 août : Mymy et ma belle-sœur. Je ne compte pas les célébrités comme Roger Federer, Martine Aubry, Bernard Menez, Dustin Hoffman ou Francis Lalanne bien que ce dernier compte pour des prunes depuis qu’il est passé de chanteur à complotiste. Ni Jean-Pierre Mocky, Barbara Bel Geddes et encore moins Olivia Newton-John qui eux sont morts un 8 août. Non, nous, ce matin, et moi avec, et moi dedans (dans le nous, pas dans Mymy), nous voulons juste lui souhaiter un noberias revin na et un agréable retour chez nous. Hein, Pomponnette ? Ça va, je n’en ai pas fait trop ? Ni pas assez ? Parce que moi, ce que je voulais, c’était de rester sobre. Je n’aime pas me faire remarquer et comme je pense que Mymy n’aime pas ça non plus, donc…

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mardi 6 août 2024

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

 

Gérard de Nerval
Les Chimères (1854)

 

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lundi 5 août 2024

méga top secret

J’ai oublié de vous dire que le président ne veut pas qu’on en parle, de ses problèmes de santé, alors, comme vous avez déjà dû vous en douter, vu que j’en ai quand même parlé (à mots couverts) dans les colonnes de ce blog, par pitié, faites comme si de rien n’avait été. C’est encore plus top secret que la santé des présidents de la république. C’est méga top secret. Voire secret défense. Parce que défense d’en parler. Il ne veut pas qu’on le plaigne. Il ne veut pas qu’on l’appelle ni qu’on lui envoie des messages pour lui dire qu’on pense à lui, qu’on le soutient, qu’on compatit et tout et tout (conconpathie ?)  Et donc, moi, je fais hyper attention car il ne faut pas que je vende la mèche et il ne faut pas que je me coupe. Et j’ai déjà fait une gaffe avec ma cousine Isabelle. Je ne veux pas recommencer.

L’autre jour, elle m’appelle pour me dire qu’elle n’arrive pas à joindre ma mère et au bout d’un moment, elle me demande « et le président, alors ? » et moi, dans « et le président, alors », j’ai entendu « comment va le président avec tous ses problèmes ? A-t-il des nouvelles ? Et tout et le toutim. Pas du tout, elle me demandait tout simplement « et le président, alors » comme «  alors, comment va Jean-Jacques, à part ça ? » et moi, du coup, comme j’ai mal compris et mal interprété, j’ai mal répondu « oh tu sais, avec sa première hospitalisation à venir la semaine prochaine, il n’en mène pas large » et vous imaginez la suite « ah bon, il se fait hospitaliser ? Et pourquoi ? » Pour se faire ligaturer les trompes, pardi ! Ben non, c’est un mec, il ne peut pas se faire ligaturer les trompes, forcément.

Comme je ne peux rien dire sous peine de me faire engueuler voire me faire censurer, je peux juste vous donner un indice : ça se passe entre le crâne et la plante des pieds. Mais je ne vous en dévoilerai pas un morceau de plus. Et encore moins un organe. Non mais des fois. Ah non, je n’ai rien dit. Bon, de toute façon, lui, le président, il ne lit pas mon blog alors je peux dire ce que je veux mais celles et ceux qui me lisent et peuvent être en contact avec lui, de grâce, ne lui dites pas que vous êtes au courant. Ne lui en parlez pas. C’est méga top secret. Et si vous désobéissez, non seulement, il ne sera pas content mais en plus, il ne sera vraiment pas content du tout. Et comme tout le monde sait combien il peut être soupe-au-lait (pour ne pas dire facilement ronchon), je vous préviens, je ne veux pas payer, moi.

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dimanche 4 août 2024

tout seul dans la chambre d’appel

Mais personne ne m’a appelé, hier soir ? Comment ça se fait qu’on m’a laissé dans mon coin ? Pourtant, j’étais fin prêt, hier soir, à partir de 19h55. J’étais avec les autres membres de l’équipe de Français. Bien sûr, il y avait Léon (Marchand), il y avait Maxime (Grousset), Yohann (Ndoye-Brouard) et Florent (Manaudou) et j’espérais secrètement que pourrais être le cinquième de ce relais 4 * 100 mètres 4 nages parce qu’il me convient bien d’être la cinquième roue du carrosse pendant des Jeux Olympiques, sinon, en temps normal, pas plus que ça. Et je m’étais bien préparé mentalement. Oui, parce que physiquement, il ne fallait pas croire que j’allais battre quelque record que ce soit. Ou alors, juste celui de la présence. Et du soutien et de la compassion. Et de la mythomanie, aussi, un peu.

Pourtant, ça n’avait pas si mal commencé, ce relais 4 * 100 mètres 4 nages. Yohann a fait le job, en dow crawlé et franchement, s’il n’y avait pas eu les chinois, on aurait été mieux classé au bout de cette première nage. Et ensuite, Léon a fait ce qu’on attendait de lui, une brasse forte et puissante, tout en mental et en physique et j’étais toujours aussi fier de lui mais s’il n’y avait pas eu les américains, en plus des chinois, on aurait certainement eu un meilleur classement au bout de ce deuxième 100 mètres. Ensuite, Maxime a bien avancé en crawl (je sais, on dit nage libre) et là, c’était dommage qu’il y ait toujours les chinois et les américains, franchement, je me demande ce qu’ils foutaient encore là, eux huit. Mais bon, en France, on sait recevoir. On n’est pas si chiens que ça, non, non.

Enfin, c’est Florent qui s’est jeté à l’eau et ce n’est pas parce que c’est mon nageur le moins préféré que je dis ça mais bon, si ça se trouve, avec un autre, on aurait peut-être fini deuxièmes voire premiers. Après, on dit que c’est une légende, Manaudou. Pour moi, la véritable légende, tout le monde le sait, c’est Léon Marchand dont je préfère nettement l’attitude et la mentalité (a priori) en tout cas, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on m’a laissé dans les vestiaires, pourquoi on ne m’a pas appelé, pourquoi on m’a laissé en plan. Là, il est presque 5 heures du matin et j’attends que quelqu’un vienne me chercher, que quelqu’un m’appelle. Même un Irlandais. Ça m’aurait fait tellement plaisir mais une journée sans rien, ce n’est vraiment rien à côté d’une nuit enfermé dans les vestiaires.

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samedi 3 août 2024

le retour du guerrier

Ça y est, le président est rentré au bercail. Après trois nuits à l’hôpital. Trois nuits au lieu de deux. À croire qu’il a aimé ça, qu’il y a pris goût. Alors que je peux vous jurer que non. Et même qu’il aurait largement mérité la médaille d’or, non, plusieurs médailles d’or. Car on l’a mis dans une chambre double et même si ça n’est pas épouvantable quand votre colocataire est sympathique, il n’en reste pas moins que quand il y a des soins pour l’autre, vous en profitez, vous aussi. Et quand je venais lui rendre visite, l’autre en profitait également. On nous a dit que c’était difficile d’avoir une chambre individuelle car il y en avait très peu. Sauf que moi qui ai arpenté les couloirs de l’aide D plusieurs fois, je peux vous dire que je n’en ai compté que deux, des chambres doubles. Alors, hein ? M2daille d’or de la résignation.

Ensuite, il aurait vraiment mérité de se trouver sur le podium pour le nombre de fromages blancs, nature ou avec des compotées de fruits qu’il a pu manger alors qu’il n’en mange justement jamais. Médaille d’or du fromage blanc, allez, ne soyons pas chiche, ne soyons pas chien. Il aurait aussi mérité la médaille d’au moins argent pour le nombre de prises de tension en trois jours de demis. Je suppose que d’autres en ont eu certainement autant et c’est pour ça que sur ce coup-là, le président n’a que la deuxième place. On ne peut pas tous être comme Léon Marchand. Encore, je pense qu’une bonne médaille dorée devrait lui revenir pour avoir réussi à ne pas péter les plombs quand on lui a dit qu’on le gardait une nuit de plus. Parce que ce n’était vraiment pas de son plein gré. Et encore moins pour son plaisir.

Sinon, moi, je lui avais prévu du poulet au pesto en papillote au cuit-vapeur, pour son déjeuner de retour, avec quelques courgettes, du poivron rouge et des olives, en gros, un plat tout en douceur et surtout, très, très, très diététique mais hier, il m’a dit « non, tu sais de quoi j’ai envie ? De saucisses de Francfort frites avec deux œufs au plat. » « Tu es sûr ? » « Oui, je suis sûr. » Parce que ce n’était pas léger, léger, comme premier vrai repas depuis trois jours. Comme premier repas en dehors de l’hôpital. Mais ça lui a convenu. Moi, ça m’a un peu pesé sur l’estomac, hier après-midi et voilà, le guerrier est de retour, il est un peu fatigué et il n’est pas sûr d’avoir envie d’y retourner, là-bas. Pourtant pile un mois, il y sera de retour. À ce moment-là, ce seront les jeux paralympiques. Peut-être des chances de médailles pour lui ?

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vendredi 2 août 2024

la victoire en marchant

Il y a eu des victoires en chantant mais depuis quelques jours, c’est une succession de victoires en marchant. Pardon, en Marchand. Ah, ce bon Léon, quel étrange animal est-il donc ? J’ai entendu des tas de surnoms pour lui : l’extra-terrestre, le marchand de rêves, le marchand de bonheur, le mammifère marin (d’ailleurs, je ne suis pas sûr que ce dernier ne soit pas un peu désobligeant – moi, il m’a fait sourire mais c’est vrai que c’est un peu limite) et hier soir, je n’ai pas manqué à l’appel, je suis rentré de l’hôpital pour avoir le temps de me changer et de manger (et non pas l’inverse) et j’ai laissé passer l’épreuve du 50 mètres nage libre (pourquoi on ne dit plus « crawl » ? Alors qu’on parle toujours de dos crawlé et non pas de dos nage libre, hein ?) pour me mettre en tenue avec mon maillot de bain, ma doudoune, mon bonnet et mes lunettes.

Quand Léon est sorti de la chambre d’appel, j’ai fait comme lui, je suis entré dans le salon, devant la télé, j’avais mis le son un peu fort et j’ai levé les bras pour saluer l’ensemble du public qui nous acclamait, Léon et moi. Et au moment où les 8 nageurs se sont mis en position pour plonge et démarrer la course, je me suis humblement mais aimablement effacé pour ne pas déranger notre grand champion. Un peu comme tous les Stéphane de mon entourage (voir billet d’hier : Étienne, Étienne), je n’aime pas l’idée de faire de l’ombre à qui que ce soit. Et non, contrairement aux apparences, je ne me la pète pas, en ce moment, je suis juste enthousiaste et je me dis que c’est un peu normal que j’en prenne ma part de toutes ces acclamations. Il n’y a pas de raison. Comme personne d’autre ne le fait pour moi, en me voyant ou en me lisant.

Alors voilà, c’est fait. Léon Marchand a remporté 4 médailles d’or en quelques jours. On dit qu’il est sur le toit du monde, qu’il est entré dans l’histoire des Jeux Olympiques de tous les temps mais je crois qu’il est surtout entré dans le cœur de tous les français et peut-être même de plein d’autres personnes de plein d’autres pays. Et quand je dis plein d’autres personnes, je veux bien dire « plein, plein, plein » et moi, je dois dire que si je n’avais jamais vraiment fait attention à lui jusqu’à cette année, là, je suis moi aussi tombé sous le charme de ses performances, de sa gestion du stress et des énergies et son calme que j’ai presque envie de qualifier d’olympien. Là encore, ce ne sont peut-être que des apparences. En tout cas, pour Teddy Riner, non, tout était vrai et je voulais le saluer honorablement lui aussi car c’est un autre immense champion, bravo.

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jeudi 1 août 2024

Étienne, Étienne

Moi, je ne consomme que du Stéphane parce que, à la tienne Étienne, tout compte fait, c’est vachement bien et c’est même mieux que bien, c’est vachement très bien. Je m’explique : hier, j’ai vu mon ostéopathe, celui qui se fait appeler Loïc mais qui se prénomme Stéphane et il ne veut pas qu’on le confonde avec moi, par respect. Un de mes meilleurs amis s’appelle Stéphane et son mec, aussi, s’appelle Stéphane. Mon vendeur préféré, à la librairie Mollat, la plus grande indépendante de France, c’est Stéphane, une femme adorable et qui connaît son métier sur le bout de ses doigts.

Mon médecin référent se fait appeler Éric mais en réalité, il se prénomme Stéphane et s’il a choisi son deuxième prénom, c’est pour ne pas me faire de l’ombre. Mon médecin précédent, c’était Nejib Hellali. Nejib Hellali, ça n’a rien à voir avec Stéphane, vous allez me rétorquer en amorçant un début d’ironie mal placée. Eh bien, vous aurez tort puisque Nejib, en tunisien, ça signifie Stéphane. Et toc ! Vous avez cru m’avoir mais c’est parce que vous ne saviez pas et c’est toujours comme ça quand on est dans l’ignorance. Parce que l’ignorance est la mère de la méconnaissance. Et du non-savoir.

C’est idem pour le jeune employé de la boulangerie, en bas, il s’appelle Stéphane, je ne connais pas son patronyme, et à vrai dire, je m’en fous un peu, mais c’est pratique, comme ça, je suis certain de ne pas me tromper quand je lui dis bonjour. Idem pour le caissier que j’ai l’habitude de fréquenter à Auchan. Et pareil quand je prends le tram, de plus en plus rarement mais quand même, pour le conducteur et même pour le contrôleur, le seul dont j’accepte les vérifications d’usage et de bon aloi. Sinon, je ne le prends pas et je vais à pied. Pareil pour mon nouveau garagiste, Stéphane Gramond.

À une époque, mon voyagiste s’appelait Stéphane David, je tairai le nom du tour-opérateur qui l’embauche car je suis un peu fâché depuis l’Égypte mais pour les connaisseurs, c’est à deux pas de chez moi. Et c’est pareil quand je vais au restaurant, je n’accepte de me faire servir que par des Stéphane. Sinon, je ne mange pas. À la brasserie de l’Orléans, c’est Stéphane Janpierre qui me sert. Et chez Tango Tango, c’est Stefano Victor et chez Hamourabi, c’est Stefan Luisse. Quand je vais au cinéma, je n’accepte qu’on ne vérifie mon billet que si la personne de l’accueil s’appelle Stéphane.

Et quand je lis, je ne lis que des auteurs qui se prénomment Stéphane : Mallarmé, Stéphane Sagan, Stéphane Flaubert, Stéphane Maupassant et Stéphane James. Pour la musique, je n’écoute que des artistes qui s’appellent comme moi : Stéphane Adamo, Steven Moby, Stéphane Dalida et Christophe Willem (Christophe, c’est un pseudonyme, son vrai prénom ? Je vous le donne en mille…) et Stéphane Brassens et Stéphane Brel. Et Stéphane Barbara. Et le nageur Stéphane Léon-Marchand.  Et tout compte fait, je crois qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. À la mienne, Étienne !

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plus rien d’avance

Avec tout ce qu’on vient de vivre, depuis plusieurs semaines (principalement les derniers samedis), j’ai été si obnubilé que j’en ai oublié ...